Retour vers le futur! A Mossoul, des clients servis par des robots

Ici tout est technologique, même les 15 tables numériques, dont la surface tactile permet de consulter le menu et de passer commande. Elles sont aussi munies de chargeurs sans fil pour les téléphones. (Photo, AFP)
Ici tout est technologique, même les 15 tables numériques, dont la surface tactile permet de consulter le menu et de passer commande. Elles sont aussi munies de chargeurs sans fil pour les téléphones. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 22 novembre 2021

Retour vers le futur! A Mossoul, des clients servis par des robots

  • La décoration murale donne le ton: un astronaute qui flotte, une vue de la Terre ou d'autres planètes, comme si on les apercevait depuis les fenêtres d'un navire spatial. Au plafond, des constellations bleutées
  • Quand approche le robot, les consommateurs attablés sortent les smartphones. Avant de partir, les enfants se tiennent sagement à côté pendant que les parents prennent une photo souvenir

MOSSOUL : Burgers sur son plateau, un robot se déplace sous le regard amusé des clients. A Mossoul, un restaurant et ses serveurs automates propulsent les clients vers le futur grâce à une technologie montée en partie dans cette ville d'Irak ravagée par la guerre.

"Bienvenue à vous à la table numéro trois", "J'espère que vous passerez un bon moment dans notre restaurant", "N'oubliez pas de nous donner votre avis sur l'idée du restaurant et le niveau du service", égrène la voix mécanique --et féminine-- de l'étincelant robot blanc et bleu, la lumière rouge de ses yeux clignotant doucement.

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Le temps d'un dîner au White Fox, les habitants peuvent voyager dans l'espace. Et tous les soirs, le restaurant fait salle comble. (Photo, AFP)

Foulard élégamment noué au cou, béret noir sur la tête, il repart à travers la salle bondée, glissant lentement sur un rail au sol assurant son déplacement.

"A la télévision on voyait les robots et les tables numériques tactiles, aux Emirats arabes unis, en Espagne ou au Japon. J'ai essayé de rassembler ces idées ici à Mossoul", lance fièrement Rami Chkib Abdelrahmane, propriétaire de l'établissement qui a ouvert en juin.

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Ici tout est technologique, même les 15 tables numériques, dont la surface tactile permet de consulter le menu et de passer commande. Elles sont aussi munies de chargeurs sans fil pour les téléphones. (Photo, AFP)

"Nous avons vu le concept sur les réseaux sociaux, dans plus d'un restaurant", poursuit le trentenaire.

Grande métropole du nord de l'Irak, sous la coupe des djihadistes du groupe Etat islamique (EI) de 2014 à 2017, Mossoul porte encore les stigmates de la guerre.

Voyager dans l'espace

Le temps d'un dîner au White Fox, les habitants peuvent voyager dans l'espace. Et tous les soirs, le restaurant fait salle comble.

La décoration murale donne le ton: un astronaute qui flotte, une vue de la Terre ou d'autres planètes, comme si on les apercevait depuis les fenêtres d'un navire spatial. Au plafond, des constellations bleutées.

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Tous les soirs, le restaurant fait salle comble. (Photo, AFP)

La principale attraction reste les deux androïdes à la coque en plastique qui font la navette pour transporter les plats.

Quand approche le robot, les consommateurs attablés sortent les smartphones. Avant de partir, les enfants se tiennent sagement à côté pendant que les parents prennent une photo souvenir.

Les robots ont été importés de l'étranger, explique M. Abdelrahmane. Discret, ce dentiste préfère ne pas discuter du coût ou du financement de son projet.

Ici tout est technologique, même les 15 tables numériques, dont la surface tactile permet de consulter le menu et de passer commande. Elles sont aussi munies de chargeurs sans fil pour les téléphones.

C'est une équipe de l'université de Mossoul, de la faculté de mécatronique -une discipline alliant mécanique, électronique, informatique et nouvelles technologies- qui a mené à bien la programmation, la mise en place d'un réseau électronique et d'un serveur, dit-il.

«Restaurant préféré»

Certains clients du White Fox font le déplacement depuis les régions voisines, Salaheddine ou Erbil, assure M. Abdelrahmane, qui espère bientôt ouvrir pour le petit-déjeuner et le déjeuner.

Mais les machines n'ont pas totalement remplacé l'homme.

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Foulard élégamment noué au cou, béret noir sur la tête, il repart à travers la salle bondée, glissant lentement sur un rail au sol assurant son déplacement. (Photo, AFP)

Quatre jeunes serveurs s'activent en salle, déposant sur la table les plats du plateau du robot.

Venu dîner avec son épouse, Bachar Mahmoud est conquis. Il prend un selfie avec le robot en arrière-plan. Sourire amusé aux lèvres, il ne quitte pas des yeux l'automate qui s'éloigne.

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Quand approche le robot, les consommateurs attablés sortent les smartphones. Avant de partir, les enfants se tiennent sagement à côté pendant que les parents prennent une photo souvenir. (Photo, AFP)

"J'ai voyagé à l'étranger, je n'ai jamais rien vu de tel, ni en Turquie, ni en Jordanie, ni en Arabie saoudite", s'exclame le forgeron de 50 ans à la barbe poivre et sel.

"Que ce soit pour la propreté, la rapidité, les prix, ce service à Mossoul me rend très heureux. J'espère vraiment qu'il va se généraliser dans tous les restaurants", ajoute-t-il, tout sourire. "Cet endroit sera mon restaurant préféré à Mossoul."


Le président syrien dément vouloir intervenir au Liban

Le président syrien, Ahmad al-Chareh, a démenti dimanche que son pays cherche à intervenir militairement au Liban, où Israël et le Hezbollah sont en guerre, après que son homologue américain, Donald Trump, a suggéré à plusieurs reprises que Damas pourrait s'impliquer. (AFP)
Le président syrien, Ahmad al-Chareh, a démenti dimanche que son pays cherche à intervenir militairement au Liban, où Israël et le Hezbollah sont en guerre, après que son homologue américain, Donald Trump, a suggéré à plusieurs reprises que Damas pourrait s'impliquer. (AFP)
  • "Nous recherchons des canaux économiques entre le Liban et la Syrie et non des canaux militaires", a affirmé le chef de l'Etat syrien dans un entretien diffusé sur la chaîne de télévision Al Mashhad
  • Le même jour, Donald Trump a déclaré à Fox News être "déçu qu'Israël ne parvienne pas à vaincre le Hezbollah" libanais pro-iranien, ajoutant, au sujet de la lutte contre ce groupe armé: "Je suis sur le point de la confier à la Syrie"

DAMAS: Le président syrien, Ahmad al-Chareh, a démenti dimanche que son pays cherche à intervenir militairement au Liban, où Israël et le Hezbollah sont en guerre, après que son homologue américain, Donald Trump, a suggéré à plusieurs reprises que Damas pourrait s'impliquer.

"Nous recherchons des canaux économiques entre le Liban et la Syrie et non des canaux militaires", a affirmé le chef de l'Etat syrien dans un entretien diffusé sur la chaîne de télévision Al Mashhad.

Le même jour, Donald Trump a déclaré à Fox News être "déçu qu'Israël ne parvienne pas à vaincre le Hezbollah" libanais pro-iranien, ajoutant, au sujet de la lutte contre ce groupe armé: "Je suis sur le point de la confier à la Syrie".

Peu auparavant, au sommet du G7 en France, le président américain avait dit: "si Israël ne peut pas faire le boulot sans tuer tout le monde, il (M. al-Chareh, ndlr) le fera".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes sur Israël pour venger l'assassinat, quelques jours plus tôt, du guide suprême iranien Ali Khamenei, son soutien, au cours de frappes américano-israéliennes.

Israël a riposté par des bombardements aériens et une offensive terrestre.

L'accord irano-américain signé cette semaine visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient inclut le Liban, où les combats se sont arrêtés samedi soir.

Dans son interview dimanche, le chef de l'Etat syrien a assuré que son pays avait "proposé aux Etats-Unis que la guerre cesse", ajoutant : "il faut trouver diverses solutions, notamment économiques, politiques et sociales, y compris le rétablissement des relations et de l'axe économique vital entre la Syrie et le Liban".

"Parallèlement, il est nécessaire de mettre en place des mesures de sécurité qui répondent en priorité aux préoccupations syriennes et libanaises mais aussi à celles d'Israël", a-t-il poursuivi.

Le Hezbollah a combattu pendant la guerre civile en Syrie aux côtés de l'ex-président Bachar el-Assad.

De ce fait, Ahmad al-Chareh, qui a renversé ce dernier en 2024, est profondément hostile à ce mouvement.

La Syrie a dominé le Liban pendant des décennies à la suite de l'intervention de son armée au moment de la guerre civile de 1975-1990, ne se retirant qu'en 2005, ce qui rend toute nouvelle implication militaire extrêmement délicate.

"La Syrie dispose de nombreux moyens pour avoir un impact positif au Liban mais cela dépend avant tout de l'accord du Liban", a encore dit le chef de l'Etat.

"La Syrie est très préoccupée par la situation intérieure du Liban car la sécurité et la stabilité du Liban sont indissociables de celles de la Syrie", a martelé Ahmad al-Chareh.

Interrogé sur la possibilité de dialoguer avec le Hezbollah, il a répondu : "si cela sert les intérêts du Liban et préserve ceux de la Syrie, pourquoi pas?".


Liban: le chef du Hezbollah dit refuser toute zone de sécurité israélienne dans le sud

  • "Israël est un agresseur et doit partir. Les Etats-Unis assument l'entière responsabilité" des actions israéliennes, a réagi Naïm Qassem
  • "Même si Israël multiplie ses actes criminels, nous (nous) défendrons", a-t-il assuré

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a refusé dimanche toute zone de sécurité israélienne dans le sud du Liban, après qu'Israël a dit vouloir y maintenir son armée.

Le maintien de forces israéliennes sur le sol libanais est "impossible" et "il n'y a pas de zones de sécurité pour Israël", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans une adresse télévisée.

"Nous avons une armée libanaise seule à même de se déployer et responsable de la sauvegarde de la souveraineté" du Liban, "et c'est avec elle que nous coopérons", a-t-il ajouté.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars par le Hezbollah, en soutien à Téhéran visé par une offensive israélo-américaine.

Depuis, l'armée israélienne mène une offensive terrestre dans le sud du pays et opère dans ce qui est présenté comme une zone de sécurité d'une dizaine de kilomètres de profondeur à partir de la frontière, devant protéger les habitants du nord d'Israël.

Un cessez-le-feu avait été annoncé vendredi, après un précédent qui n'avait pas été respecté.

L'armée israélienne restera dans le sud du Liban "aussi longtemps que nécessaire", a déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sur fond de négociations entre l'Iran et les Etats-Unis en Suisse pour mettre fin au conflit dans la région.

Le ministre de la Défense, Israël Katz, a en outre affirmé que les troupes israéliennes pouvaient agir "sans aucune restriction" pour "éliminer les menaces" au Liban.

"Israël ne se retirera pas de la zone de sécurité au Liban", a-t-il répété.

"Israël est un agresseur et doit partir. Les Etats-Unis assument l'entière responsabilité" des actions israéliennes, a réagi Naïm Qassem.

"Même si Israël multiplie ses actes criminels, nous (nous) défendrons", a-t-il assuré.

Le chef du Hezbollah a tenu ces propos après l'ouverture en Suisse dimanche des pourparlers censés finaliser un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran.

L'Iran, qui a dit qu'aucun accord avec les Etats-Unis ne serait possible sans cessation des hostilités au Liban, avait annoncé samedi une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles aux attaques israéliennes sur ce pays.

Le Liban connaît depuis samedi soir une accalmie, l'armée israélienne ayant reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah.

"J'invite le pouvoir libanais à tirer profit du protocole d'entente", a affirmé Naïm Qassem.

L'Iran "a fermé le détroit d'Ormuz pour le Liban. C'est une arme entre vos mains (...). Utilisez-la", a-t-il ajouté.

Sous la pression des Etats-Unis, le Liban a entamé en avril des pourparlers directs avec Israël à Washington, que le Hezbollah rejette. Un cinquième cycle de négociations doit débuter la semaine prochaine.


Nouvel embrasement au Liban: quatre soldats israéliens tués, « tout le Liban doit brûler» estime Ben Gvir 

Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats. (AFP)
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  • "Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé
  • Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI)

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés selon Beyrouth, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

Il s'agit des bombardements les plus massifs et du bilan le plus lourd depuis l'annonce lundi d'un protocole irano-américain, qui prévoit une cessation des hostilités, y compris au Liban, où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.

"Les frappes aériennes israéliennes intensives menées à partir de minuit et jusqu'à ce matin ont empêché l'évacuation des martyrs et des blessés, et ont fait 18 morts et 33 blessés, selon un bilan provisoire", a indiqué le ministère libanais de la Santé dans un communiqué.

Elles ont touché au moins 10 localités, à proximité de la ville de Nabatiyé dans le sud du Liban, dont celle de Harouf, où huit personnes sont mortes, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI).

D'autres frappes israéliennes ont visé la région de Baalbek dans l'est du pays, relativement épargnée depuis le début du conflit le 2 mars.

De nombreux habitants ont fui le sud après ces raids, selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI). Des voitures bondées, avec matelas et effets personnels, ont envahi les routes, quittant la région de Tyr, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Tout le Liban doit brûler" 

L'armée israélienne a affirmé de son côté avoir frappé des infrastructures du Hezbollah en riposte à la mort de ces soldats, dont le char a été touché peu après minuit dans la zone de Kfar Tebnit, près de Nabatiyé.

Les correspondants militaires des médias israéliens évoquent l'impact d'"un missile ou d'un drone".

"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" dans le sud du Liban avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, a précisé l'armée. Elle dénonce les "violations répétées du cessez-le-feu par le Hezbollah", qui "continue de préparer et mener des attaques terroristes contre des soldats israéliens".

"Tout le Liban doit brûler", a réagi de son côté le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"Ça suffit le ping-pong. Au Proche-Orient, on ne gagne pas avec des réactions mesurées et de la retenue", a-t-il ajouté. "Il faut être fou, éradiquer. Et vaincre le terrorisme".

"Il faut faire parler le feu (...) Ouvrir les portes de l'enfer", a déclaré sur X son collègue et rival d'extrême droite Bezalel Smotrich, ministre des Finances, sans mentionner explicitement le Liban mais en faisant allusion à la mort des soldats.

Dans une déclaration publiée au petit matin, le groupe pro-iranien a annoncé que ses combattants avaient ciblé les forces israéliennes près des collines d'Ali Taher, qui surplombent la ville de Nabatiyé, par des tirs "de roquettes et d'obus de mortier".

Il avait affirmé dans la nuit avoir détruit trois chars israéliens lors d'affrontements entre ses combattants et une unité de l'armée israélienne dans le sud du Liban.