Algérie: la fin des subventions aux produits de base, un mal nécessaire qui inquiète

Une Algérienne fait ses courses dans un supermarché de la capitale Alger, le 21 novembre 2021. (Photo, AFP)
Une Algérienne fait ses courses dans un supermarché de la capitale Alger, le 21 novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 22 novembre 2021

Algérie: la fin des subventions aux produits de base, un mal nécessaire qui inquiète

  • Confrontée depuis 7 ans à une chute de ses revenus d'hydrocarbures, l'Algérie a décidé la semaine dernière de renoncer à un système d'aides qui engloutit des milliards de dollars chaque année
  • Le budget pour 2022 prévoit encore l'équivalent de 17 milliards de dollars de transferts sociaux, dont les mesures compensatoires et les aides à l'éducation, la santé, le logement et à la famille, contre entre 30 et 40 mds par an sur la période 2012-2017

ALGER : La fin prochaine des subventions aux produits de base suscite des craintes en Algérie, même si les économistes y sont tous favorables, à condition que le dispositif de compensations soit bien conçu. 

Confrontée depuis 7 ans à une chute de ses revenus d'hydrocarbures, l'Algérie a décidé la semaine dernière de renoncer à un système d'aides qui engloutit des milliards de dollars chaque année, tout en promettant de continuer à soutenir les plus défavorisés.

Les députés ont ainsi approuvé mercredi un article de la loi de finances pour 2022 ouvrant la voie à la suppression de ces subventions qui bénéficient à tous les ménages, indépendamment de leurs revenus. Le système sera remplacé par des mesures compensatoires ciblant les couches les plus modestes.

"C'est une catastrophe. Déjà qu'avec les prix actuels, nous avons du mal à joindre les deux bouts...", s'inquiète Hafidha, mère de deux enfants, rencontrée par l'AFP au marché Réda Houhou (ex-Clauzel) au coeur d'Alger.

"Les prix du sucre, l'huile, l'eau, et des carburants vont certainement augmenter", redoute aussi Rabah, un retraité dont la pension mensuelle n'excède pas les 50 000 dinars (318 euros). 

Le budget pour 2022 prévoit encore l'équivalent de 17 milliards de dollars de transferts sociaux, dont les mesures compensatoires et les aides à l'éducation, la santé, le logement et à la famille, contre entre 30 et 40 mds par an sur la période 2012-2017.

Les subventions s'étaient substituées, lors du passage à l'économie de marché dans les années 90, au système de contrôle des prix, hérité de l'économie planifiée adoptée à l'indépendance du pays en 1962.

Les prix des fruits et légumes ont connu une flambée ces dernières semaines. Celui de la pomme de terre a momentanément triplé à 140 dinars (0,90 euros) contre 40 dinars, sous l'effet d'une pénurie de cet aliment essentiel en Algérie. Une pénurie due à un trafic de spéculateurs démantelé par les autorités.

«Plus les moyens»

Pendant des années, l'Algérie a pu maintenir la paix sociale en finançant son système d'aides grâce à la manne d'hydrocarbures, d'où elle tire plus de 95% de ses revenus extérieurs et environ 60% du budget de l'Etat.

Avec la chute des cours, "l'Etat n'a plus les moyens d'une politique sociale aussi généreuse et indifférenciée", analyse pour l'AFP l'économiste Omar Berkouk. 

"Tous les experts de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) ainsi que les économistes ont attiré l'attention sur la nécessité de les réduire en ciblant mieux les destinataires", rappelle-t-il.

Début octobre, le FMI a ainsi appelé l'Algérie à "recalibrer" sa politique économique et mener des "réformes structurelles". 

De précédents gouvernements avaient envisagé un ciblage des subventions notamment fin 2015, et en 2017 quand l'actuel chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune était Premier ministre.

"C'est l'ex-président défunt Abdelaziz Bouteflika qui a empêché toute action dans ce sens. Il avait en tête de briguer un cinquième mandat", explique M. Berkouk.

Vice-président du parti Jil Jadid (nouvelle génération), Zoheir Rouis, estime que la suppression des subventions ne doit pas être "une fin en soi mais un levier supplémentaire pour optimiser davantage la dépense publique".

"Quelle que soit la forme de redistribution de la rente, la gouvernance (l'Etat, ndlr) doit changer de paradigme et préparer sa sortie de l'économie", a estimé le consultant Mohamed Said Kehoul, cité dimanche par le quotidien francophone El Watan.

Le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane a assuré devant les députés que le gouvernement n'entendait "nullement renoncer" au système des aides d'Etat.

La réforme vise, a-t-il expliqué, à "orienter les fonds alloués vers les véritables ayants-droit à travers un dispositif prévoyant un ciblage des plus nécessiteux".

L'économiste Berkouk s'est dit préoccupé de la façon dont seront calculées et attribuées les compensations. "Compte tenu de la sphère économique informelle, de l'absence de déclarations de revenus et de patrimoine, il est difficile de bien recenser les personnes qui en ont besoin", a-t-il mis en garde.

"Les pauvres se voient bien dans la rue mais il n'y a pas d'outils statistiques pour les identifier", a-t-il ajouté, jugeant possible que les consommateurs les plus aisés continuent de "bénéficier de droits indus".


Cisjordanie : la violence «ne fait qu'empirer», selon l'ONU

Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU. (AFP)
Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU. (AFP)
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  • Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU
  • Les Etats tiers doivent agir de toute urgence et de concert pour mettre un terme aux meurtres et aux expulsions

GENEVE: Deux ans après que la Cour internationale de justice a déclaré illégale l'occupation de la Cisjordanie par Israël, la violence des colons et l'annexion territoriale "ne font qu'empirer", a estimé mercredi l'ONU.

"Alors que les attaques perpétrées par des colons israéliens, ainsi que la création de colonies et d'avant-postes, atteignent des niveaux sans précédent, les Etats tiers doivent agir de toute urgence et de concert pour mettre un terme aux meurtres et aux expulsions dont continue d'être victime le peuple palestinien, et pour mettre fin à l'occupation israélienne", a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies, dans un communiqué.


Iran: les Gardiens disent avoir frappé trois pétroliers dans le détroit d'Ormuz

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz
  • "Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter"

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d'Ormuz, a annoncé l'agence de presse iranienne Tasnim.

"Il y a quelques heures, trois pétroliers contrevenants, qui avaient ignoré nos avertissements et continuaient à suivre une route dangereuse et illégale, ont été frappés et contraints de s'arrêter", ont affirmé les forces navales des Gardiens, citées par Tasnim.

 

 


L'Arabie saoudite frappe une milice irakienne soutenue par l'Iran

L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
L'Arabie saoudite a frappé des groupes alliés à l'Iran basés en Irak. (SPA/Archives)
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  • Le Royaume affirme ne pas rechercher l'escalade

RIYAD : Le ministère saoudien de la Défense a annoncé tôt mercredi avoir frappé des cibles appartenant à des groupes soutenus par l'Iran en Irak.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministère a indiqué que l'Arabie saoudite ne cherchait pas l'escalade, mais qu'elle répondrait à toute agression.

Selon le ministère, l'opération a été menée conjointement avec les forces américaines.

Plus tôt, le ministère avait annoncé avoir intercepté et détruit plusieurs drones mardi soir, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale.

Le porte-parole officiel du ministère, le général de division Turki Al-Malki, a déclaré que ces attaques « terroristes » provenaient une nouvelle fois du territoire irakien et avaient été menées par des milices terroristes soutenues par l'Iran.

Il a réaffirmé le droit inhérent du Royaume à défendre son territoire et ses infrastructures, ainsi que son droit de répondre au moment et à l'endroit qu'il jugera appropriés.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a déclaré que cette « approche agressive adoptée par les milices terroristes affiliées à l'Iran en Irak intervenait alors même que le Royaume déployait des efforts pour contribuer à mettre fin à l'escalade dans la région, de manière à préserver sa sécurité et sa stabilité ».

« Cependant, ces milices terroristes affiliées à l'Iran ont choisi une voie d'escalade irresponsable, en violation du droit international et au mépris des exigences de la fraternité islamique, qui imposent le respect des principes du bon voisinage », poursuit le communiqué.

Des drones lancés depuis l'Irak, qui tentaient de viser des installations pétrolières dans la Province orientale du Royaume ainsi que Riyad, avaient déjà été interceptés lundi.

Une coalition d'anciens groupes paramilitaires pro-iraniens en Irak a déclaré mercredi que plusieurs personnes avaient été tuées et blessées lors de frappes américano-saoudiennes sur le territoire irakien.

« Ces attaques ont entraîné la mort de plusieurs membres de nos forces, fait plusieurs blessés, et causé des dégâts matériels à plusieurs bâtiments et propriétés », a indiqué dans un communiqué les Forces de mobilisation populaire (PMF), connues en arabe sous le nom de Hashed Al-Shaabi

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com