Diffusée sur MBC durant le ramadan, la série télé Um Haroun laisse entrevoir l’espoir d’un nouveau Moyen-Orient

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Publié le Mardi 14 juillet 2020

Diffusée sur MBC durant le ramadan, la série télé Um Haroun laisse entrevoir l’espoir d’un nouveau Moyen-Orient

  • Le personnage principal est Um Haroun, une sage-femme juive très appréciée, interprétée à l’écran par la célèbre actrice koweïtienne Hayat Al Fahad
  • Les critiques dénoncent la série Um Haroun comme une tentative de remodeler le point de vue des Arabes concernant Israël

Nous sommes en 1948 et un groupe de personnes dansent au son de la musique dans une habitation aux murs de boue séchée dans un village koweïtien. Cependant, une annonce à la radio fait le silence autour d’elle. On annonce la création de l’État d’Israël. Um Haroun ou « Mère d’Aaron », une femme âgée aux cheveux grisonnants relevés en chignon met les mains sur sa tête et se met à pleurer, alors que les hommes du village espèrent que ce n’est qu’un mauvais rêve.

Cette scène est tirée d’une série qui raconte l’histoire d’une famille juive au Koweït dans les années 1940, vivant sous la loi arabo-musulmane. Le personnage principal est Um Haroun, une sage-femme juive très appréciée, interprétée à l’écran par la célèbre actrice koweïtienne Hayat Al Fahad, qui, au regard des événements qui se déroulent en Palestine, et de qui se passe au sein de sa propre communauté, voit son village où vivent d’individus de différentes religions se transformer rapidement. 

La série, qui a été diffusée sur MBC (Middle East Broadcasting Center), le plus gros diffuseur privé, détenu à 60% par l’État saoudien et à 40% par le président de MBC, Waleed Al-Ibrahim, a été sujet à controverse, avant même sa diffusion. Cependant, les créateurs du programme affirment que « la série n’est que pure fiction ». Les scénaristes, Muhammad et Ali Shams, ont décrit la production à Arab News comme « explorant des thèmes incluant le combat au quotidien des personnages, alors qu’ils font l’expérience de l’amour, la politique, les enjeux sociaux et les débats religieux ».

Tollé

La série a provoqué un tollé, pour avoir montré des juifs sous un jour favorable, que le porte-parole du Hamas palestinien, s’adressant à Reuters, a qualifié « d’agression culturelle et de lavage de cerveau » lors de sa première diffusion. Deux jours plus tard, un porte-parole des Forces de défense israéliennes (IDF) a répondu, faisant l’éloge du message porté par la série.

Les critiques dénoncent la série Um Haroun comme une tentative de remodeler le point de vue des Arabes concernant Israël, afin d’anticiper les relations formelles entre le Golfe et Israël, que certains Arabes appellent la « normalisation ». Ces affirmations ne sont pas sans fondement. Ces derniers temps, les responsables du Golfe voient Israël sous un nouveau jour – qui leur offre un allié potentiel contre les menaces partagées en provenance de l’Iran et des Frères musulmans.

Um Haroun est une série sociale inspirée de l’histoire ancienne du Moyen-Orient qui est, depuis des centaines d’années, le berceau de peuples de différentes religions. La force de la série, programmée pour être diffusée durant le ramadan 2021, réside dans le souvenir de cette part de l’histoire arabe souvent oubliée. 

« C’est un fait historique, les communautés juives se trouvaient dans le Golfe en ces temps-là », explique à Arab News l’actrice koweïtienne Hayat Al-Fahd, qui interprète le rôle principal de Um Haroun. « Cette série, bien qu’inspirée de certains faits vécus, n’est que pure fiction. Elle se concentre sur le caractère d’Um Haroun, personnage bon et bienveillant, et son parcours depuis l’enfance jusqu’à sa spécialisation dans le domaine professionnel. »

Selon Mazen Hayek, le porte-parole officiel du groupe MBC : « Um Haroun a été la série télévisée du Golfe la plus regardée sur nos chaînes durant le ramadan, avec des dizaines de millions de téléspectateurs. »

Série télé la plus commentée

Cette série télé, créée par MBC, a aussi été la plus commentée, faisant la une dans le monde, avec une couverture dans le New York Times, le FT, Reuters, et l’AP, d’innombrables autres réseaux régionaux portant son message.

« Ce n’est pas une série de science-fiction, Um Haroun est une fiction !,  a déclaré la MBC à Arab News. Elle n’était pas destinée à être une docu-fiction… Nous sommes heureux qu’une série du Moyen-Orient puisse donner un nouvel éclairage sur un aspect important de l’histoire de la région. »

« Um Haroun propose ‘’l’histoire humaine’’ convaincante d’une infirmière juive qui a soigné tout le monde, sans tenir compte des race, nationalité ou religion. Elle agit comme le font aujourd’hui , durant la pandémie de coronavirus, des millions de personnes qui travaillent dans le domaine de la santé, guérissant les blessures et mettant leur vie en danger afin d’aider les autres, a ajouté Hayek. Um Haroun en a fait autant. Elle était appréciée de tous, et il se trouvait qu’elle était juive ! »

Hayek affirme que la MBC comprend parfaitement la controverse autour de la série. « Les critiques ont utilisé certains aspects de la série pour être pour ou contre le conflit arabo-israélien et la “normalisation”. »

Dans un récent éditorial d’Arab News : Une révolution tranquille opère un changement au Moyen-Orient, Ronald Steven Lauder, homme d’affaires américain, collectionneur d’art et militant politique a écrit : « Ce qui est mis davantage en évidence, et qui est un fait inédit, est la façon fondamentalement humaine avec laquelle sont maintenant décrits les juifs. Au Moyen-Orient, une telle approche a pendant très longtemps été rare. Les manuels ont longtemps reproduit certains des pires tropes antisémites ancestraux, soutenant que le but du sionisme consistait en un gouvernement juif global qui contrôlerait le monde. C’est la raison pour laquelle cette série télévisée est si novatrice, en ce sens qu’elle essaie de tourner une nouvelle page dans les relations des musulmans avec les juifs. » 

Culture et patrimoine des juifs au Moyen-Orient

Le programme fait revivre la culture et le patrimoine des juifs au Moyen-Orient alors qu’ils vivaient sous la gouvernance Islamique avec, pendant près de 1300 ans, le statut de dhimmis ou personnes protégées. Durant les années 1940 et 1950, les communautés juives du Golfe ont prospéré aux côtés des membres de la communauté musulmane. Avant la fondation d’Israël en 1948, 800 000 juifs environ vivaient au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Um Haroun, le personnage principal, se base indirectement sur la sage-femme juive Um Jan qui a réellement existé. Elle a quitté l’Irak pour Bahreïn durant les années 1930, à une époque où juifs, chrétiens et musulmans vivaient et travaillaient ensemble dans le Golfe. Bahreïn continue d’avoir la seule communauté juive dans le Golfe.  

L’heureux temps de la tolérance a changé le 29 novembre 1947, lorsque les Nations unies adoptèrent la résolution 181. Elle appelait à la partition de la Palestine gouvernée par les britanniques en un État arabe et juif. Jérusalem devint en conséquence un « corpus separatum », une entité distincte qui devait être administrée par les Nations unies. Alors que 33 pays votaient en faveur de la résolution, aucun pays arabe ne l’a soutenue. Le Yémen, l’Arabie saoudite, l’Irak, l’Égypte, la Syrie et le Liban se trouvaient parmi les 13 pays qui ont voté contre. 

L’instabilité qui a suivi est bien connue. Le 15 mai 1948, une coalition de forces arabes a envahi la Palestine, brisant des siècles de coexistence pacifique entre les Arabes et les juifs. La guerre civile a éclaté en Palestine, suivie par la Nakba, qui signifie « catastrophe » en arabe, et près de 750 000 Arabes furent chassés de leur maison en Palestine. C’est un souvenir qui continue de troubler la conscience collective actuelle.

Le tour de force d’Um Haroun réside dans le rappel de cette importante partie de l’histoire du Moyen-Orient, qui a été largement oubliée jusqu’à récemment. Si la relation entre les différentes religions a un jour été possible et harmonieuse, elle peut l’être encore. 

Les racines de la pluralité religieuse dans le Golfe mises en avant dans la série et leur lien avec des événements récents sont d’actualité. Le 23 janvier 2020, le Dr. Mohammad ben Abdel Karim Issa, secrétaire général de la Ligue musulmane mondiale et président de l’Organisation islamique internationale Halal – ainsi qu’ancien ministre saoudien de la Justice –, a visité le camp de la mort d’Auschwitz-Birkenau a l’occasion du 75e anniversaire de la libération de ce lieu. Sa visite a marqué un moment fort dans la construction de la dynamique autour de la pluralité religieuse dans le Golfe. 

Le Dr Issa est le plus haut responsable islamique qui ait visité Auschwitz. À cette occasion, il a déclaré : « Les crimes inadmissibles dont nous sommes les témoins aujourd’hui sont vraiment des crimes contre l’humanité. » Quelques jours après sa visite, Abdallah ben Zayed al-Nahyan, ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis (EAU) tweetait en arabe : « En mémoire de l’holocauste nazi, nous sommes aux côtés de l’humanité contre le racisme, la haine et l’extrémisme. »

Des décennies durant, une synagogue a été à la disposition de la petite communauté juive des EAU. Ces derniers ont déclaré qu’ils accueilleraient une délégation israélienne lors de l’expo universelle, qui devrait avoir lieu d’octobre à mars 2021. 

Les EAU ont également déclaré 2019 « Année de la Tolérance ». Ils ont nommé Nahyan ben Mubarak al-Nahyan, membre de la famille royale, ministre de la Tolérance. « L’année de la Tolérance incarne l’approche adoptée par les EAU depuis sa création afin d’être une passerelle de communication entre les peuples du monde et leurs diverses cultures, dans un environnement d’ouverture et de respect qui rejette l’extrémisme et prône la coexistence », indique le site Internet émirati yearoftolerance.ae.

En accord avec l’Année de la Tolérance des EAU, en septembre 2019, Abou Dhabi a annoncé la construction d’un complexe interreligieux qui comprendra une mosquée, une église et une synagogue. Sous le nom de « Maison de la Famille d’Abraham », le complexe sera situé sur l’île de Saadiayt à Abou Dhabi, à côté du Louvre. 

Tout récemment, l’ambassadeur des EAU aux Nations unies a déclaré publiquement qu’ils étaient prêts à travailler avec Israël sur un vaccin contre le coronavirus.

Um Haroun a été diffusée à un moment où, comme le souligne Lauder dans son éditorial :  « Les plaques tectoniques du Moyen-Orient bougent d’une manière que nul jamais quelqu’un cru possible. » Les racines pour le dialogue interreligieux, la diplomatie et la résolution du conflit ont depuis longtemps été présentes dans le Golfe. Um Haroun est un exemple de « puissance douce », par le biais de la fiction, qui apporte ce que Lauder qualifie de « révolution tranquille ».

Le Moyen-Orient est en effet en train de se remodeler à l’image de l’époque interconnectée et transculturelle dans laquelle l’humanité s’est retrouvée. Le changement est à la fois proche et éloigné, mais Um Haroun nous rappelle les anciennes légendes annonciatrices d’espoir et de nouvelles façons d’envisager le présent.  


 


Syrie: deux explosions près de l'hôtel de Damas où Macron a passé la nuit

  • Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste
  • Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas

DAMAS: Une explosion a secoué mardi matin Damas, selon des journalistes de l'AFP, dans un secteur proche de l'hôtel du centre de la capitale syrienne où le président français Emmanuel Macron a passé la nuit.

Des témoins ont vu de la fumée s'élevant du quartier, alors que le dirigeant avait quitté l'hôtel Four Seasons et était arrivé au palais présidentiel pour un entretien avec son homologue Ahmad al-Chareh.

Des ambulances, sirènes hurlantes, se sont dirigées vers les lieux alors que les forces de sécurité ont bloqué plusieurs issues menant au secteur.

Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste.

Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas.

Lundi soir, Emmanuel Macron avait dîné avec le président syrien dans un restaurant du centre de Damas avant de se rendre avec lui à la célèbre mosquée des Omeyyades au cœur de la ville.


Israël: le Parlement adopte en première lecture la création d'une commission d'enquête sur le 7-Octobre défendue par Netanyahu

Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
  • "Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi
  • Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention

JERUSALEM: Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le vote a été boycotté par l'opposition qui estime que la commission proposée sera à la botte du gouvernement.

"Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi.

Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention.

Telle que définie par cette loi, les six membres de la commission seraient nommés par la Knesset, à la majorité des deux tiers. En l'absence d'un consensus, trois membres seraient désignés par la coalition au pouvoir et trois par l'opposition.

D'anciens otages, enlevés par le Hamas lors du 7-Octobre, ou des membres de familles endeuillées auraient un rôle d'observateurs, tandis que les délibérations de la commission seraient diffusées et accessibles au grand public.

Ariel Kallner, parlementaire à l'initiative de la loi, a défendu la composition bipartisane de la commission.

"Seule une commission formée de façon égalitaire nous permettra de découvrir la vérité et de préserver la confiance de l'opinion publique. Cette commission pourra enquêter sur n'importe quelle entité qui a profondément influencé la politique sécuritaire d'Israël", a-t-il déclaré dans un communiqué publié par la Knesset.

Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon des données officielles.

En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.000 morts en deux ans, d'après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.

Des personnalités d'opposition ont fait savoir qu'elles boycotteraient toute commission nommée par des hommes politiques.

Dans ce cas, le pouvoir de désigner des membres échoirait en dernière instance au président du Parlement, ce qui reviendrait à confier le contrôle du processus à la coalition au pouvoir.

L'opposition appelle depuis longtemps de ses voeux l'établissement d'une commission d'enquête nationale indépendante, mécanisme fréquemment mis en place par le passé lors de fiascos majeurs.

Les sondages indiquent qu'une majorité d'Israéliens, quelle que soit leur sensibilité politique, soutiennent un tel mécanisme pour conduire l'enquête.

Les membres de la commission seraient alors nommés par le président de la Cour suprême, actuellement en désaccord avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur plusieurs sujets.

"L'opposition ne prendra pas part à une comédie dont le seul but est de blanchir et d'empêcher une réelle enquête sur le plus grand désastre qu'a connu le peuple juif depuis l'Holocauste", a expliqué le  chef de l'opposition Yaïr Lapid sur X.

La proposition de loi doit maintenant être examinée par la commission de la Constitution de la Knesset pour de plus amples débats, avant les lectures finales, qui devraient se tenir la semaine prochaine.

Mardi, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tel-Aviv et ailleurs dans le pays pour commémorer les 1.000 jours depuis l'attaque du 7-Octobre, exigeant la création d'une commission nationale d'enquête.

glp/cgc/vl

 


Un tanker touché par un projectile non-identifié dans la région du détroit d'Ormuz

Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
  • L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman
  • Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché

LONDRES: Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO.

"Un tanker a indiqué avoir été touché par un projectile inconnu sur le côté bâbord, provoquant un incendie, alors qu'il naviguait vers le sud", a écrit l'UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l'incident n'avait pas fait de blessé ni causé de dommage à l'environnement.

L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman.

Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.

Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l'Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.

Le trafic maritime a repris après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.

Fin juin, accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays en retour, et l'Iran avait ciblé en représailles ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn. Iran et Etats-Unis s'étaient ensuite mis d'accord sur une pause des hostilités.

Le détroit d'Ormuz constitue la principale voie maritime connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, en particulier aux marchés asiatiques.

En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'Energie (EIA).