Antilles: situation tendue, Lecornu ouvert sur l'application de l'obligation vaccinale

Tentative d'incendie d'une mairie en Guadeloupe, barrages routiers en Martinique et à Saint-Martin: la situation était toujours tendue dans les Antilles françaises. (Photo, AFP)
Tentative d'incendie d'une mairie en Guadeloupe, barrages routiers en Martinique et à Saint-Martin: la situation était toujours tendue dans les Antilles françaises. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 01 décembre 2021

Antilles: situation tendue, Lecornu ouvert sur l'application de l'obligation vaccinale

  • A Pointe-à-Pitre, le ministre avait jugé qu'aucune discussion n'était possible
  • Avant la réunion, environ 120 personnes s'étaient rassemblées devant la préfecture, après une nuit relativement calme sur l'île

FORT-DE-FRANCE : Tentative d'incendie d'une mairie en Guadeloupe, barrages routiers en Martinique et à Saint-Martin: la situation était toujours tendue dans les Antilles françaises au dernier jour de la visite du ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, qui s'est montré ouvert sur l'application de l'obligation vaccinale, déjà repoussée au 31 décembre.

Arrivé lundi soir en Martinique, deuxième et dernière étape d'un court séjour destiné à apaiser les tensions et sortir de la crise sociale les Antilles françaises, le ministre a rencontré à la préfecture une délégation de 20 syndicalistes et les élus locaux, après que des discussions similaires la veille en Guadeloupe ont tourné court.

A Pointe-à-Pitre, le ministre avait jugé qu'aucune discussion n'était possible tant que les syndicats ne condamnaient pas les "tentatives d'assassinat contre des policiers et des gendarmes".

A Fort-de-France, l'issue a été différente, le membre du gouvernement se montrant ouvert à une "adaptation de l'application de la loi" d'obligation vaccinale, qui devait initialement s'appliquer le 15 novembre dans les Antilles, jour où a débuté la grève générale en Guadeloupe.

Né du refus de cette obligation vaccinale pour soignants et pompiers, le mouvement s'est étendu à des revendications politiques et sociales, notamment contre la vie chère, occasionnant violences, pillages et incendies et gagnant la Martinique où la contestation a débuté le 22 novembre. Les deux îles sont placées sous couvre-feu.

Vendredi, M. Lecornu et son collègue de la Santé Olivier Véran avaient annoncé repousser au 31 décembre 2021 la "finalisation de la mise en oeuvre de l'obligation vaccinale" pour la Guadeloupe et la Martinique.

Mais "je ne vois pas comment le 31 décembre, on pourra accepter l'obligation vaccinale telle que c'est aujourd'hui", a souligné mardi à la sortie de la réunion Serge Letchimy, président du conseil exécutif de Martinique, car "on n'atteindra pas un niveau qui permette la continuité des soins".

"Le ministre a bien compris que notre spécificité doit être prise en compte dans cette question d'obligation vaccinale", s'est réjoui Bertrand Cambusy, secrétaire général de la CSTM, syndicat à l'origine de l'appel à la grève générale, qui s'est exprimé en tant que porte-parole de l'intersyndicale.

Avant la réunion, environ 120 personnes s'étaient rassemblées devant la préfecture, après une nuit relativement calme sur l'île. Des barrages ont toutefois été érigés, notamment sur l'autoroute, coupant l'île en deux, et un centre de traitement postal situé dans un quartier de Fort-de-France a été vandalisé, a indiqué La Poste, qui déplore la détérioration d'une partie des colis.

Une journaliste de l'AFP a constaté la présence de voitures brûlées et retournées sur un barrage au rond-point de Mahault, sur la commune du Lamentin, avec une dizaine de personnes présentes.

Reprise des blocages à Saint-Martin

En Guadeloupe, la mairie de Basse-Terre a été la cible d'un début d'incendie, rapidement maîtrisé. Dans le même secteur, la préfecture a annoncé interdire les rassemblements de plus de six personnes à Rivière-des-Pères, où les gendarmes ont fait lever un barrage.

"Des barrages sont actuellement installés sur les routes de Guadeloupe", a toutefois indiqué la préfecture dans le même communiqué. Plus tôt dans la journée, l'accès à Mare-Gaillard sur Grande-Terre, entre Le Gosier et Saint-François, était à nouveau complètement bloqué par un barrage alors qu'il était dégagé depuis plusieurs jours.

Et à Baie-Mahault, la situation était incertaine dans la vaste zone commerciale de Jarry que les forces de l'ordre tentaient de sécuriser, au lendemain de l'annonce par M. Lecornu de l'envoi d'un escadron de 70 gendarmes mobiles et 10 membres du GIGN supplémentaires.

Les élus guadeloupéens ont annoncé mardi dans un communiqué avoir pris contact avec le "collectif des organisations en lutte" pour "déterminer les modalités d’ouverture des négociations entre l’ensemble des parties". Et la CCI de Guadeloupe, déplorant un "lourd tribut" du monde du travail, a également invité "à créer les conditions de retour à la table des négociations pour un règlement rapide de ce funeste conflit", dans un communiqué.

A Saint-Martin, autre territoire français des Antilles confronté depuis quelques semaines à un mouvement social, des barrages perturbaient de nouveau la circulation mardi après trois semaines d'accalmie, et des commerces ont été attaqués.

A Paris, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a réaffirmé la position du gouvernement consistant à refuser de "débattre avec des personnes" refusant de condamner les violences contre les forces de l'ordre.

"La grande majorité des Guadeloupéens ne soutiennent pas ce mouvement de contestation de casseurs", a-t-il estimé à l'Assemblée, soulignant le bilan du gouvernement qui "a mis fin à la difficulté de l'approvisionnement de l'eau en Guadeloupe" ou encore "versé 1,5 milliard d'euros" pour lutter contre le Covid sur l'île.

Au même moment, la préfecture de Guadeloupe annonçait la révision mensuelle des prix des carburants et du gaz, l'un des objets du mouvement social: super sans plomb en hausse de deux centimes par litre, gazole en baisse de deux centimes, prix maximum d'une bouteille de gaz en baisse de 1,26 euros. La préfecture de Martinique avait annoncé des évolutions identiques lundi.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.