A la recherche des migrants morts ou disparus sur la route des Canaries

Mamadou, un migrant malien de 21 ans, arrivé dans un bateau en août 2020, est photographié dans un "cimetière de bateaux" à Arinaga le 18 novembre 2021, sur l'île espagnole des Canaries de Gran Canaria. (AFP)
Mamadou, un migrant malien de 21 ans, arrivé dans un bateau en août 2020, est photographié dans un "cimetière de bateaux" à Arinaga le 18 novembre 2021, sur l'île espagnole des Canaries de Gran Canaria. (AFP)
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Publié le Vendredi 03 décembre 2021

A la recherche des migrants morts ou disparus sur la route des Canaries

  • "Ces personnes ne devraient pas mourir", martèle Teodoro Bondyale de la Fédération des Associations africaines des Canaries (FAAC), à côté de la tombe d'une enfant malienne de deux ans, morte au printemps après la traversée. 
  • Depuis deux ans, le nombre d'arrivées de migrants aux Canaries sur des bateaux surchargés partant du Sahara occidental, voire du Sénégal à 1.500 kilomètres au sud, a bondi en raison des contrôles en Méditerranée et de l'impact social de la pandémie. En co

PARIS: Sans nouvelles de sa femme et de sa fille de 6 ans, dix jours après leur départ vers les Canaries, Hamido, Ivoirien installé en France, a pris un avion vers l'archipel espagnol pour découvrir que sa femme était morte lors de la traversée et sa fille traumatisée de l'avoir vu mourir.

"Cet homme nous a contactés car il était désespéré que personne ne lui donne d'informations", raconte Helena Maleno, de l'ONG Caminando Fronteras.  Pour les familles des migrants morts ou disparus sur la dangereuse route migratoire qui sépare les côtes du nord-ouest de l'Afrique des Canaries, obtenir des informations sur leur sort tourne souvent au cauchemar.

Depuis deux ans, le nombre d'arrivées de migrants aux Canaries sur des bateaux surchargés partant du Sahara occidental, voire du Sénégal à 1.500 kilomètres au sud, a bondi en raison des contrôles en Méditerranée et de l'impact social de la pandémie. En conséquence, le nombre de morts a augmenté aussi. 

L'Organisation Internationale des Migrations (OIM) a compté 202 décès en 2019 et déjà 937 cette année, ce qui ferait de 2021 l'année "la plus meurtrière" sur cette route depuis 1997, selon des données collectées par l'OIM dans le cadre du projet "Migrants disparus" et par l'ONG espagnole APDHA.

Des données sous-évaluées de l'aveu même de l'agence onusienne. Pour Caminando Fronteras, le chiffre serait de 2.087 sur les six premiers mois de l'année, contre 2.170 sur l'ensemble de 2020.

"Cela a été une année horrible, les migrants savent que partir en mer peut leur coûter la vie", insiste Helena Maleno.

 Des bateaux devenus des cercueils 

Pour nombre de migrants, ces bateaux censés les conduire à une vie meilleure en Europe peuvent devenir des cercueils. 

"Je savais que prendre ce bateau n'était pas une bonne chose mais il y avait la guerre au Mali", confie Mamadou, qui préfère ne pas donner son vrai nom. Il avait 17 ans lorsqu'il a quitté Nouadhibou en Mauritanie en août 2020 avec 58 autres migrants.

Après trois jours en mer, les réserves d'eau et de nourriture étaient épuisées et nombre de migrants à bord ont commencé à mourir. Seuls 11, dont Mamadou, ont survécu. Cinq corps ont été retrouvés à bord par les sauveteurs, les autres avaient été jetés par-dessus bord, allongeant la longue liste des disparus. 

Errant dans le "cimetière des bateaux" de migrants sur le port d'Arinaga à Grande Canarie, le jeune homme regarde en silence les vieilles coques en bois des "pateras", comme on appelle en Espagne ces bateaux de fortune, submergé par les souvenirs traumatisants de ses deux semaines en mer.

"Ces personnes ne devraient pas mourir", martèle Teodoro Bondyale de la Fédération des Associations africaines des Canaries (FAAC), à côté de la tombe d'une enfant malienne de deux ans, morte au printemps après la traversée. 

Un ours en peluche est posé sur la tombe. Sur une plaque, ces mots: "Tu seras toujours dans mon coeur, ma fille". Selon l'OIM, au moins 83 enfants sont morts cette année sur cette route migratoire.

"Si l'immigration pouvait être effectuée normalement, avec un passeport et un visa, les gens pourraient voyager et tenter d'avoir une vie meilleure" mais "nous les condamnons à voyager sur des routes migratoires dangereuses avec des trafiquants sans scrupules", ajoute Teodoro Bondyale.

 Plus de bateaux, plus de morts 

"La situation empire, le nombre de bateaux et de morts a beaucoup plus augmenté cette année que l'année dernière", insiste Daniel Arencibia, avocat spécialiste des questions migratoires qui réclame la création d'un office central de recherche des disparus.

"Il n'y a pas d'organisme chargé" de cette recherche, "ce sont donc les familles (...) qui s'en chargent. Mais bien souvent, elles ne les trouvent jamais", dit-il.

Le prêtre José Antonio Benitez tente, grâce à ses relations avec les autorités et les ONG, d'aider ces familles à obtenir des informations sur leurs proches, en contactant les hôpitaux ou les centres de rétention.

"Tant que l'on a pas trouvé le corps, on ne peut pas être sûr qu'une personne est morte", explique-t-il.

Le mois dernier, des Marocains installés en Espagne s'étaient adressés à lui après le sauvetage d'un bateau dont 10 passagers sont morts.

"Ils ont passé plusieurs jours à aller dans les hôpitaux mais personne n'a pu leur donner de réponse car ils devaient prouver leur lien de parenté", ajoute Benitez en dénonçant les lourdeurs bureaucratiques.

Finalement, ils ont trouvé leur réponse... à la morgue. 

Depuis mi-juin, Caminando Fronteras a aidé 570 familles à tenter de retrouver leurs proches. La Croix Rouge espagnole a reçu 359 requêtes.

Mais la plupart des personnes mortes en mer ne seront jamais retrouvées.

"Que se passe-t-il pour ces familles quand il n'y a pas de corps ? Il faut trouver d'autres moyens" de les aider à obtenir des informations sur leurs proches, estime Jose Pablo Baraybar.

Cet anthropologue légiste est en charge d'un projet pilote de la Croix Rouge aux Canaries dont le but est de comprendre qui était à bord des bateaux et ce qu'il s'est passé durant la traversée en rassemblant de multiples sources.

"Les familles ont le droit de savoir et nous avons l'obligation de leur garantir ce droit", dit-il.

Témoins de la «tragédie» des migrants, ils changent de vie pour les aider

Assister, impuissant, à un drame de l'immigration a changé l'existence de José Antonio Benitez, amenant ce prêtre à laisser derrière lui une vie passée à enseigner pour aider les migrants arrivant en Espagne.

Vivant à Séville, ce religieux de 57 ans n'était pas totalement étranger au sort des migrants et avait pour habitude d'emmener des jeunes à Tanger au Maroc pour les sensibiliser.

"Je me suis rendu compte qu'il y avait énormément de préjugés sur l'immigration et les préjugés ne volent en éclats que lorsqu'on se confronte à la réalité, qu'on la touche", explique-t-il.

Mais lors d'un voyage retour vers l'Espagne, le prêtre et les adolescents aperçoivent un frêle canot pneumatique secoué par une mer agitée, avec cinq personnes à bord.

Leur bateau s'approche mais heurte l'embarcation de fortune. "Ils sont tous tombés à l'eau. On criait tous" mais en vain et "on les a vus se noyer", raconte-t-il. Trois sont morts, deux ont pu être sauvés. Un des membres de l'équipage s'est jeté à l'eau pour tenter de les aider mais est mort également.

"C'est une tragédie absolue. Un drame que je porte et que je revis constamment. Cela a été l'expérience qui a tout changé", poursuit le prêtre qui a décidé depuis de se consacrer à plein temps aux migrants et a déménagé à l'été 2019 à Grande Canarie, où il aide les nouveaux arrivés ou les familles cherchant leurs proches morts dans la traversée.

« Leur maison  »

Adelina Abdola, 56 ans, a elle décidé d'ouvrir un nouveau chapitre dans sa vie après une manifestation de soutien aux migrants en avril.

Inquiète pour ceux qui ne cessaient d'arriver à Grande Canarie, "sans abri ni rien", cette habitante du petit port de La Isleta, près de Las Palmas, se demande ce qu'elle peut faire.

Lors de la manifestation, "nous étions là, uniquement des personnes blanches, et soudain les migrants sont arrivés de la plage avec des pancartes disant +nous voulons juste une chance+ et là, j'ai explosé en sanglots. C'est là que j'ai décidé de prendre certains de ces jeunes chez moi", se souvient-elle.

Grâce à "Somos Red" (nous sommes un réseau), une association d'aide aux migrants, elle a accueilli chez elle Modu et Mamadou, deux Sénégalais de 26 ans, qui ont "très vite fait partie de la famille".

Elle héberge actuellement Ousmane, arrivé en octobre. 

"Adelina m'a dit que je pouvais rester chez elle et m'a inscrit dans une école" pour apprendre l'espagnol, "elle m'a vraiment beaucoup, beaucoup aidé", sourit ce Sénégalais de 32 ans, qui veut se former au métier de mécanicien ou de soudeur, en sirotant avec elle un thé dans la cuisine.

"Ils font partie de la famille maintenant et ils me donnent tant en retour. Ils sont jeunes, ils ne réclament pas d'aides du gouvernement, ils veulent juste travailler", souligne Adelina. Bien que Mamadou et Modu aient déménagé, ils viennent souvent lui rendre visite. "Je leur ai dit que cela sera toujours leur maison".

Aux Canaries, d'autres habitants voient en revanche d'un mauvais oeil ces nouveaux venus et de nombreux rassemblements anti-immigration se sont tenus depuis le début de l'année.

« A l'aide, on coule »

Défenseuse des droits humains, chercheuse et journaliste, Helena Maleno travaillait depuis des années avec des migrants lorsqu'en 2007, elle a reçu un coup de fil qu'elle n'a jamais oublié.

"Une nuit, j'étais chez moi et un homme qui avait mon numéro, m'a appelée. Il criait: +à l'aide à l'aide, à l'aide, je suis sur un bateau, et on coule+", se remémore cette femme de 51 ans. "On n'avait aucune info, mais il nous a dit qu'il allait à Almeria, alors j'ai cherché sur internet et j'ai trouvé le numéro des secours en mer, j'ai appelé et je leur ai donné son numéro de téléphone".

Elle fait alors les cent pas toute la nuit jusqu'à ce qu'elle apprenne que les passagers du bateau étaient sains et saufs. "C'était une nuit horrible et je me suis dit plus jamais ça, que plus personne ne m'appelle comme ça". 

Mais les gens ont continué à appeler. Depuis, les migrants s'échangent son numéro et Helena Maleno a fondé l'ONG Caminando Fronteras (traverser les frontières), qui alerte les secours sur les bateaux en détresse.

"C'est vrai, ça a un coût, c'est compliqué, c'est difficile, mais d'un autre côté on défend la vie, et là où il y a la vie, elle doit être protégée".


Les Etats-Unis et l'Iran cessent les hostilités «pour le moment»

Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain. (AFP)
  • Les deux camps s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu ces derniers jours, dans un regain de tensions après la signature le 17 juin de leur protocole d'accord
  • Le responsable américain n'a cependant pas confirmé des informations de médias américains faisant état d'une rencontre entre Iraniens et Américains mardi au Qatar, avec Ormuz au programme

WASHINGTON: Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain.

"Il est prévu que les discussions techniques continuent sur tous les points du protocole d'accord. Les deux parties vont cesser (leurs attaques) pour le moment et les navires peuvent circuler librement" dans le détroit d'Ormuz et autour, a expliqué dans un mail transmis à l'AFP ce responsable.

Les deux camps s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu ces derniers jours, dans un regain de tensions après la signature le 17 juin de leur protocole d'accord.

Le responsable américain n'a cependant pas confirmé des informations de médias américains faisant état d'une rencontre entre Iraniens et Américains mardi au Qatar, avec Ormuz au programme.

Verrouillé par la République islamique pendant la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, ce qui a déstabilisé le commerce mondial d'hydrocarbures et fait flamber les cours du pétrole, le détroit a rouvert la semaine dernière.

Téhéran n'autorise cependant qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes, et menace de s'en prendre à tout navire contrevenant. "Aucune autre institution ni aucun autre pays" que l'Iran n'est "responsable" de la gestion du détroit, a martelé dimanche le chef de la diplomatie Abbas Araghchi.

"Toute ingérence" dans la gestion du détroit conduira "à des retards dans (sa) réouverture et augmentera les tensions", a-t-il lancé.

Possible rencontre au Qatar 

L'Iran a vu d'un mauvais oeil l'annonce par Oman de l'ouverture d'une voie de navigation alternative temporaire, présentée comme une initiative concertée avec l'ONU pour évacuer les marins et navires bloqués. Des dizaines de bateaux l'ont empruntée cette semaine.

Et depuis jeudi, deux navires ont été touchés par des projectiles d'origine inconnue - des attaques attribuées à Téhéran par l'armée américaine qui a riposté deux jours de suite en bombardant l'Iran.

Téhéran a de son côté répliqué en tirant missiles et drones vers ses voisins du Golfe, notamment le Koweït et Bahreïn.

Citant deux responsables américains et une troisième source ayant connaissance du dossier, le média Axios a affirmé que des discussions devaient avoir lieu mardi au Qatar pour résoudre les différends concernant Ormuz, voie par laquelle transite habituellement quelque 20% des hydrocarbures mondiaux.

Si l'Iran et Oman revendiquent leur souveraineté sur Ormuz, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), adoptée en 1982, garantit un droit de "passage en transit" dans les détroits qui servent à la navigation internationale, comme celui d'Ormuz, incontournable pour relier le Golfe au reste du monde.

Le texte, non ratifié par Téhéran, dispose que "tous les navires et aéronefs" dont le but est le transit "continu et rapide" du détroit jouissent d'une liberté de navigation "sans entrave".

Frappes israéliennes au Liban 

Au Liban, que Téhéran avait exigé d'inclure dans le protocole d'accord avec les Etats-Unis, Israël a poursuivi ses frappes dimanche. Et ce malgré, aussi, la signature vendredi à Washington d'un accord-cadre en vue d'une "paix durable".

Dans un communiqué conjoint, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense israéliens Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit un long et profond tunnel du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'Agence libanaise d'information ANI (officielle) a rapporté des bombardements, le ministère de la Santé faisant état de deux blessés après le lancement d'une grenade par "l'ennemi israélien" sur une localité du sud du pays.

Le chef du Parlement libanais allié au Hezbollah pro-Iran, Nabih Berri, a affirmé dimanche que l'accord avec Israël "ne sera pas adopté" en l'état.

Le mouvement chiite, qui rejette lui aussi cet accord, a dit se réserver le droit de "défendre sa patrie" après les dernières attaques israéliennes.

L'accord conditionne le retrait d'Israël du Liban - dont les troupes occupent un secteur dans le sud - au désarmement du Hezbollah. Une exigence de longue date que Beyrouth peine à mettre en oeuvre.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran.


Etats-Unis et Iran échangent des frappes

Des avions de chasse F-16 en patrouille au Moyen-Orient. Des appareils militaires américains ont bombardé vendredi des sites de missiles, de drones et de radars en Iran. (Commandement central des États-Unis)
Des avions de chasse F-16 en patrouille au Moyen-Orient. Des appareils militaires américains ont bombardé vendredi des sites de missiles, de drones et de radars en Iran. (Commandement central des États-Unis)
  • L’Iran affirme avoir visé des cibles américaines dans le Golfe en riposte aux frappes américaines contre des sites militaires iraniens, après une attaque contre un navire dans le détroit d’Ormuz
  • Malgré cette escalade, le trafic maritime reprend progressivement dans le détroit d’Ormuz, tandis que les États-Unis ont dévoilé un accord-cadre entre Israël et le Liban pour une paix durable

TEHERAN: L'Iran a affirmé samedi avoir riposté, en attaquant des cibles américaines dans le Golfe, à des frappes menées la veille par Etats-Unis contre son territoire.

Les frappes américaines, les premières connues depuis la signature du protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin, ont été lancées à la suite de l'attaque d'un navire commercial ayant franchi le détroit d'Ormuz la veille et attribuée à l'Iran par les Etats-Unis.

"Si l'agression se répète, notre réponse sera plus large que ça", ont averti les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, cités par la télévision d'Etat Irib.

De son côté, l'armée américaine avait annoncé avoir "ciblé des lieux de stockage de missiles et de drones et des sites radar côtiers en Iran", en réponse "à l'attaque de la veille contre un navire commercial qui transitait par le détroit d'Ormuz". Elle a ensuite publié sur X une vidéo de sa frappe contre l'Iran.

La télévision d'Etat iranienne a fait état vendredi soir d'une explosion et d'un impact de projectile sur un quai de la ville de Sirik, dans le sud du pays, ainsi que plusieurs tirs d'avertissement visant ce que Téhéran qualifie de "navires en infraction" dans le détroit d'Ormuz.

"Le port de Sirik n'a subi aucun dommage lors de l'attaque ennemie", a plus tard indiqué un responsable des ports de la région d'Hormozgan, cité par l'agence de presse iranienne Mehr.

Le vice-président américain JD Vance a écrit sur X que l'Iran avait "signé un accord de cessez-le-feu. Nous l'avons respecté. S'ils ont des désaccords sur la mise en œuvre du protocole d'accord, ils peuvent décrocher leur téléphone. Mais la violence n'engendrera que la violence".

Plus tôt dans la journée, Donald Trump a qualifié l'attaque du cargo de "violation stupide" du cessez-le-feu, alors que les deux belligérants sont entrés dans une phase de soixante jours de négociations pour parvenir à un accord final.

"Vous verrez bien", a-t-il répondu de manière évasive aux questions sur une éventuelle réponse militaire américaine.

 

- Accord-cadre entre Liban et Israël -

 

Des navires ont néanmoins continué vendredi à traverser le détroit d'Ormuz, que l'Iran a rouvert suite au protocole d'accord entre Washington et Téhéran.

Et plusieurs bateaux ont emprunté une route non approuvée par Téhéran, même si l'autorité maritime iranienne avait averti que "tout passage en dehors du cadre défini ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé".

Vendredi, 29 navires commerciaux ont franchi le détroit, selon les données du site de suivi Kpler en fin d'après-midi. Dix-sept ont suivi une route longeant les côtes d'Oman. Après un pic de 57 navires mercredi, 42 étaient passés jeudi.

Suspendu après l'attaque du cargo, le processus d'évacuation des quelque 600 navires, avec 11.000 marins à bord bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre, sera relancé dès l'obtention de "confirmations supplémentaires" sur les garanties de sécurité, a expliqué l'Organisation maritime internationale (OMI).

Depuis son lancement mardi, quelque 2.500 marins et 115 navires ont été évacués jusque-là, selon l'OMI.

Sur l'autre front, Washington a publié vendredi le texte d'un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, entre Israël et le Liban, avec l'objectif affiché de "paix et sécurité durables" entre les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies.

 

- "Vers une guerre civile" -

 

Dans une vidéo diffusée juste après l'annonce, Benjamin Netanyahu a semblé dévoiler les succès obtenus côté israélien, à commencer par le maintien de son armée dans le sud du Liban "tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé", malgré la mise en place de deux "zones pilotes" rendues au contrôle de l'armée libanaise.

Il a également averti que la population civile déplacée ne pourrait pas revenir.

"L'Iran essaie de nous contraindre à nous retirer du sud du Liban par la pression, mais en réalité, Israël, le Liban et les États-Unis lui répondent: cela ne vous regarde pas", a-t-il considéré.

L'accord est "un premier pas" vers la restauration de la souveraineté entière du Liban sans "occupation", "subordination" ni "tutelle", a réagi son président Joseph Aoun.

Tant l'ambassade libanaise à Washington que le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio ont évoqué dans leurs communications la question du désarmement du Hezbollah.

Les "autorités libanaises seront incapables d'imposer" sa mise en oeuvre, à moins "qu'elles ne se dirigent, avec le soutien américain, vers une guerre civile", a réagi Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, le mouvement pro-iranien armé très implanté dans le sud du Liban et qui a toujours rejeté ces négociations directes.

Le député a aussi qualifié l'accord de "tentative de perturber" celui conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris au Liban - sur l'insistance de l'Iran qui ne veut pas dissocier les deux dossiers.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran le 28 février.


Une vérification nucléaire «très poussée» est nécessaire en Iran après la guerre, selon le chef de l'AIEA

Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
  • "L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi
  • "Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi

TOKYO: Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi lors d'une conférence de presse au Japon.

"Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi.

Il a également indiqué que l'organisme de surveillance avait "à peine entamé" des discussions avec l'Iran à la suite de son récent accord préliminaire avec les États-Unis sur le devenir du stock d'uranium de Téhéran.

"Des discussions initiales ont eu lieu (...) Nous nous attendons à ce que ce travail s'accélère prochainement", a déclaré M. Grossi.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

En vertu d'une loi votée par le Parlement, les autorités iraniennes ont suspendu en juillet 2025 la coopération avec l'AIEA.

Elles avaient toutefois accepté en septembre d'accueillir de nouveau des inspecteurs, après s'être mis d'accord sur un nouveau cadre et des membres de l'agence se sont rendus ces derniers mois sur place, y compris en juin 2026 pour visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. Mais ils n'ont pas eu accès aux sites bombardés.