Les émissaires africain et américain de retour Ethiopie pour tenter de mettre fin à la guerre

Le porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères commente les visites en Ethiopie du président kenyan Uhuru Kenyattades et des émissaires Olusegun Obasanjo (UA), Jeffrey Feltman (États-Unis). (Photo, AFP)
Le porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères commente les visites en Ethiopie du président kenyan Uhuru Kenyattades et des émissaires Olusegun Obasanjo (UA), Jeffrey Feltman (États-Unis). (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 18 novembre 2021

Les émissaires africain et américain de retour Ethiopie pour tenter de mettre fin à la guerre

Le porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères commente les visites en Ethiopie du président kenyan Uhuru Kenyattades et des émissaires Olusegun Obasanjo (UA), Jeffrey Feltman (États-Unis). (Photo, AFP)
  • Une source au sein du TPLF a déclaré jeudi que l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, pourrait retourner à Mekele cette semaine
  • En visite mercredi au Kenya, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a renouvelé ses appels à un cessez-le-feu

ADDIS ABEBA: Les émissaires de l'Union africaine (UA) et des Etats-Unis étaient de retour jeudi en Ethiopie, dans un nouvel effort pour obtenir un cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et les rebelles tigréens qui s'affrontent dans le nord du pays. 

L'émissaire de l'UA pour la Corne de l'Afrique, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, et son homologue américain Jeffrey Feltman s'étaient déjà rendus en Ethiopie au début du mois, alors que les combats connaissaient une escalade. 

Après avoir gagné du terrain ces dernières semaines, les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) n'ont pas exclu de marcher sur la capitale Addis Abeba, ravivant les inquiétudes de la communauté internationale sur ce conflit qui dure depuis plus d'un an. 

Lors de sa dernière visite, M. Obasanjo avait notamment fait deux voyages dans la capitale tigréenne Mekele, où il a rencontré des dirigeants du TPLF, signes de progrès après les nombreuses déclarations du TPLF jugeant l'UA -dont le siège est à Addis Abeba- comme partiale et favorable au gouvernement. 

Une source au sein du TPLF a déclaré jeudi à l'AFP que M. Obasanjo pourrait retourner à Mekele cette semaine. 

Lors d'une conférence de presse, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Dina Mufti, a expliqué qu'Olusegun Obasanjo « faisait la navette » entre les deux camps « dans une mission de type exploratoire ».   

« Je pense qu'il est en train d'évaluer, il s'entretient avec différents partenaires. Au final, il présentera des propositions. Ces propositions ne sont pas encore évidentes », a-t-il déclaré.   

« La même chose vaut pour M. Feltman », a-t-il ajouté.  

Avertissement aérien 

La guerre dans le nord de l'Ethiopie a débuté en novembre 2020 quand le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée destituer les autorités régionales issues du TPLF, qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires. 

Abiy Ahmed a déclaré la victoire le 28 novembre, mais les combattants du TPLF ont repris en juin l'essentiel du Tigré, puis avancé dans les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara. 

Cette semaine, l'Autorité fédérale de l'aviation a conseillé aux transporteurs américains de faire preuve de prudence lorsqu'ils volent à destination ou à proximité d'Addis Abeba, car « les avions civils peuvent être directement ou indirectement exposés à des tirs ».  

En visite mercredi au Kenya, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a renouvelé ses appels à un cessez-le-feu.  

La semaine dernière, M. Dina a déclaré que toute « solution pacifique » devrait avoir comme préalable un retrait du TPLF de l'Amhara et de l'Afar, ce que le TPLF considère comme »absolument pas envisageable ».  

Le TPLF demande, lui, la fin de ce que l'ONU qualifie de blocus « de facto » du Tigré, où des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions proches de la famine, selon les Nations unies. 

Près de 200 enfants sont morts de faim dans 14 hôpitaux de la région, selon des données recueillies par des médecins et des chercheurs locaux détaillées cette semaine à l'AFP. 

Le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Demeke Mekonnen, a informé jeudi à Jeffrey Feltman que le gouvernement avait autorisé l'entrée de 369 camions d'aide au Tigré ainsi que des vols humanitaires vers Kombolcha et Lalibela, deux villes de l'Amhara qui seraient sous contrôle du TPLF, a affirmé un communiqué gouvernemental.  

Aucun camion n'était en revanche entré au Tigré via Semera, la capitale de l'Afar, jeudi à midi, selon des responsables humanitaires.  

Commission d'enquête 

Les parlementaires éthiopiens ont annoncé jeudi la création d'une nouvelle commission d'enquête sur les arrestations massives menée dans le cadre de l'état d'urgence décrété le 2 novembre dans tout le pays. 

Les arrestations de Tigréens se sont multipliées depuis l'instauration de ces mesures d'urgence, que le gouvernement défend comme nécessaires pour éradiquer les « terroristes » du TPLF.  

La Commission éthiopienne des droits de l'homme (EHRC), organisme rattaché au gouvernement, a affirmé mercredi que « des milliers » de personnes étaient détenues dans la seule ville d'Addis Abeba, et déploré s'être vue refuser l'accès à un grand nombre de centres de détention. 

La commission parlementaire commencera vendredi des visites pour enquêter sur un éventuel profilage ethnique, a déclaré sa présidente, Lemma Tessema. 

« Nous déterminerons si actuellement l'appareil sécuritaire applique l'état d'urgence en ciblant les personnes en fonction de leur appartenance ethnique ou en fonction de (...) crimes commis », a-t-elle déclaré. 


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.