Des agents israéliens ont convaincu des scientifiques iraniens de faire exploser leurs propres installations nucléaires

Ci-dessus, un entrepôt endommagé dans l'installation de Natanz, l'une des principales usines d'enrichissement d'uranium d'Iran. (Organisation atomique iranienne via AFP)
Ci-dessus, un entrepôt endommagé dans l'installation de Natanz, l'une des principales usines d'enrichissement d'uranium d'Iran. (Organisation atomique iranienne via AFP)
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Publié le Vendredi 03 décembre 2021

Des agents israéliens ont convaincu des scientifiques iraniens de faire exploser leurs propres installations nucléaires

Ci-dessus, un entrepôt endommagé dans l'installation de Natanz, l'une des principales usines d'enrichissement d'uranium d'Iran. (Organisation atomique iranienne via AFP)
  • Ils se sont fait passer pour des dissidents iraniens et ils ont introduit des bombes dans les installations de Natanz qu’ils ont dissimulées dans de la nourriture
  • Israël s’est engagé à ne jamais permettre à l'Iran d'obtenir des armes nucléaires

LONDRES: Des agents du Mossad ont convaincu des scientifiques iraniens de faire exploser leurs propres installations nucléaires en dissimulant des explosifs dans de la nourriture et en prétendant être des dissidents pour se rendre jusqu’aux installations, selon des informations. 

Selon The Jewish Chronicle, des agents israéliens ont convaincu jusqu'à dix scientifiques de détruire l'installation nucléaire de Natanz, anéantissant 90 % de ses centrifugeuses – cruciales pour la recherche sur les armes nucléaires. 

Ils auraient introduit en contrebande des explosifs dans l'usine dans des camions de ravitaillement, tandis que d'autres auraient été largués par des drones et récupérés par des scientifiques – qu'ils ont convaincus d'utiliser contre les sites nucléaires en se faisant passer pour des dissidents iraniens. 

L'attaque contre l'installation n'est que l'une des longues séries de sabotages israéliens des installations nucléaires iraniennes, une stratégie dans laquelle ils se sont davantage engagés à mesure que la recherche nucléaire iranienne progressait. 

L'installation de Natanz, site critique de recherche nucléaire, a été touchée par au moins trois attaques du Mossad, les services secrets israéliens. 

Au cours d’une autre intervention, des agents ont utilisé un drone quadricoptère pour tirer des missiles sur l'Iran Centrifuge Technology Company dans le but de perturber ses recherches. 

Ces dernières années, à la suite du retrait des États-Unis de l'accord nucléaire iranien de 2015, l'Iran a intensifié ses recherches sur l'énergie atomique, notamment en enrichissant des quantités croissantes d'uranium au-delà des niveaux requis pour l'activité nucléaire civile telle que la production d'énergie. 

En avril, l'Iran a déclaré qu'il commencerait à enrichir de l'uranium jusqu'à 60 % après l'attaque contre sa centrale de Natanz qu'il a imputée à Israël – ce qui se rapproche de l'enrichissement de 90 à 95 % requis pour les armes nucléaires. 

Cette semaine – au grand dam d’Israël – l’Iran et les États-Unis ont repris les négociations en vue de trouver un accord pour freiner l'activité nucléaire de l'Iran en échange d'un allégement des sanctions économiques écrasantes imposées au pays par les États-Unis et leurs alliés. 

Mais jeudi, des responsables israéliens ont appelé directement les États-Unis à cesser ces négociations. 

Lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a demandé que des «mesures concrètes» soient prises contre l'Iran. 

Il déclare que Téhéran exerce un «chantage nucléaire» comme tactique de négociation et «qu’il faut y répondre par un arrêt immédiat des négociations et des mesures concrètes de la part des grandes puissances», selon un communiqué publié par son bureau. 

Le dirigeant israélien exprime également son inquiétude au sujet d'un nouveau rapport de l’Organisation des nations unies (ONU), publié lors des pourparlers américano-iraniens à Vienne, qui montre que l'Iran a «commencé le processus d’enrichissement de l’uranium à un niveau de pureté de 20 % avec des centrifugeuses avancées dans son installation souterraine de Fordo». 

Israël, le seul État doté d'armes nucléaires au Moyen-Orient, s'est engagé à ne jamais permettre à l'Iran d'obtenir l’arme nucléaire. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.