Au Vatican, le grand imam d'Al-Azhar discute du Document sur la fraternité humaine

Cette déclaration a été signée par le chef de l'Église catholique, le pape François, et le cheikh Al-Tayeb le 4 février 2019 à Abu Dhabi; elle propose une série de solutions aux problèmes auxquels le monde est actuellement confronté dans une perspective religieuse. (Archive/AFP)
Cette déclaration a été signée par le chef de l'Église catholique, le pape François, et le cheikh Al-Tayeb le 4 février 2019 à Abu Dhabi; elle propose une série de solutions aux problèmes auxquels le monde est actuellement confronté dans une perspective religieuse. (Archive/AFP)
Short Url
Publié le Lundi 06 décembre 2021

Au Vatican, le grand imam d'Al-Azhar discute du Document sur la fraternité humaine

  • Les deux hommes ont discuté de la façon dont ils conçoivent la relation entre les adeptes des deux religions
  • Le cheikh Al-Tayeb a rencontré le mois dernier le pape François en marge du Sommet des chefs religieux sur le changement climatique

LE CAIRE: Le grand imam d'Al-Azhar, Ahmed al-Tayeb, a rencontré au Vatican le cardinal Miguel Angel Ayuso Guixot, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Les deux hommes ont étudié la façon de mettre en œuvre les dispositions du Document sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune.

Cette déclaration a été signée par le chef de l'Église catholique, le pape François, et le cheikh Al-Tayeb le 4 février 2019 à Abu Dhabi. Elle propose une série de solutions aux problèmes auxquels le monde est actuellement confronté dans une perspective religieuse.

Lors de la réunion, le cheikh Al-Tayeb a mis l'accent sur «la relation qui unit Al-Azhar et le Vatican et qui constitue un modèle concret et réel de tolérance et de paix axé sur la lutte contre l'extrémisme, la haine, les guerres et les conflits». Il a par ailleurs précisé que «la voie de la paix et du dialogue est certes semée d'embûches, mais qu’il s’agit d’une solution qui évolue et se concrétise grâce à des efforts», ajoutant que le monde a impérativement besoin des valeurs de fraternité, de coexistence pacifique et de respect de l'autre.

Le cheikh Al-Tayeb a par ailleurs affirmé que les chefs religieux et les érudits avaient l'obligation religieuse et sociétale de contrer les phénomènes néfastes, notamment ceux qui touchent aux questions morales.

Les deux hommes ont discuté de la façon dont ils conçoivent la relation entre les adeptes des deux religions et du rôle qu’elles devraient jouer dans le monde actuel. L'objectif du document est de favoriser le dialogue sur la coexistence entre les hommes.

Le cardinal Ayuso Guixot a rappelé que le grand imam et le pape François avaient eu le courage de mener des batailles au service de l'humanité. Il a rappelé que la conclusion du Document sur la fraternité humaine n’avait pas été une tâche facile.

C’est la persistance et la sincérité des deux hommes qui ont permis de briser les barrières et de réparer les ponts rompus entre certains musulmans et chrétiens. Ces qualités ont également permis de maintenir le dialogue entre Al-Azhar et le Vatican, après une rupture de près de six ans. Selon les deux religieux, le document a commencé à porter ses fruits avec un rapprochement au niveau des institutions et des instituts officiels, mais aussi entre leurs adeptes au sein des populations en général.

Le cardinal Ayuso Guixot a évoqué les efforts considérables déployés par le Haut Comité pour la fraternité humaine, organisme né du document. Il a rappelé que ce comité est composé de chefs religieux et culturels issus de différents milieux ethniques, sociaux et culturels issus du monde entier.

Selon lui, les membres du comité, en dépit de leur diversité, se lient d'amitié et restent fidèles à l'humanité. C'est le souci de servir l'humanité et de mettre un terme à ses souffrances qui les unit. Ils s'efforcent de remplacer la haine par l'amour et l'intolérance par le dialogue, notamment entre les jeunes, en vue de tisser des relations saines et un avenir meilleur au profit des générations à venir.

Le cheikh Al-Tayeb a rencontré le mois dernier le pape François en marge du Sommet des chefs religieux sur le changement climatique, au cours duquel ils ont appelé à un retour aux enseignements religieux afin de sauver le monde de l'extrémisme et de la division.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


L'Iran jure de continuer à riposter aux frappes américaines

Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
Cette capture d'écran, réalisée le 23 juillet 2026 à partir d'une séquence vidéo diffusée par le Commandement central américain (CENTCOM) le 22 juillet 2026, montre les forces américaines en train de lancer ce que l'armée qualifie de frappes de précision contre l'Iran pour la douzième nuit consécutive. (AFP)
Short Url
  • Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront"
  • Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord"

TEHERAN: L'Iran a juré jeudi de poursuivre ses représailles contre l'ennemi américain tant qu'il serait attaqué, tandis que ses alliés houthis yéménites ont ouvert un deuxième front dans la guerre régionale en revendiquant des attaques en mer Rouge contre deux pétroliers saoudiens.

Les affrontements entre Téhéran et Washington, qui ont repris le 7 juillet, font craindre un blocage durable des exportations d'hydrocarbures alors que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran et que les rebelles yéménites ont annoncé un blocus de la flotte d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.

Avec pour conséquence une flambée des cours du pétrole: vers 06H15 GMT, le Brent, référence internationale, se rapprochait des 100 dollars à 96,31 dollars le baril (+2,38%), loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Après une douzième nuit consécutive d'hostilités, l'armée iranienne a juré qu'elle poursuivrait ses "représailles", "tant que les attaques américaines contre les infrastructures et les zones côtières du pays perdureront".

Téhéran continuera "à payer un prix très lourd", a pour sa part déclaré le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, en marge de l'Asean à Manille, affirmant que l'Iran n'était "clairement pas prêt à passer un accord".

Téhéran a dit avoir notamment frappé, au Koweït, des dépôts de munitions et des réservoirs de carburant, et en Jordanie, un radar américain du système antimissile THAAD et un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques.

L'armée jordanienne a fait état de dix missiles et drones tirés vers le royaume ces 24H, dont neuf interceptés, et l'armée du Koweït a annoncé dans la nuit répondre à des attaques de "drones hostiles".

Voies maritimes paralysées 

Côté américain, l'armée a dit avoir visé des cibles militaires iraniennes, pour "réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux" transitant dans le détroit d'Ormuz, au coeur des tensions.

Des médias iraniens ont rapporté des frappes à deux reprises sur Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement, et à Chalamcheh, à proximité d'un poste-frontière avec l'Irak, où deux personnes ont été tuées.

D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe et sur la ville de Konarak, non loin du port de Chabahar sur le golfe d'Oman, ainsi que des explosions à Sirik, près du détroit d'Ormuz.

La discorde irano-américaine sur cette voie stratégique, par laquelle transitait d'ordinaire un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, a déclenché la reprise des hostilités le 7 juillet.

La République islamique veut y instaurer des frais de passage et n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant.

Les Gardiens de la Révolution, son armée idéologique, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de le franchir.

En réaction, les Etats-Unis imposent un blocus maritime à l'Iran. Le Commandement pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que ses forces "ont dérouté neuf navires commerciaux et en a immobilisé un", pour les empêcher "d'entrer dans ou de quitter les ports iraniens".

De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont revendiqué "une opération militaire" contre "deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus", identifiés comme l'Encelia et le Layla.

Après avoir lundi annoncé cette mesure, ils avaient menacé de viser les navires tentant de se frayer un passage.

Une source officielle saoudienne a confirmé que l'Encelia, "appartenant à une société saoudienne", avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence officielle SPA.

Coût exorbitant 

En ciblant l'Arabie saoudite, les Houthis "ont l'air de s'être laissés entraîner", a estimé M. Rubio, jugeant qu'ils "s'étaient fait avoir par les Iraniens".

Selon des données analysées par l'AFP, au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrême sud du Yémen, depuis la menace houthie.

La guerre a un prix, estimé par la Défense américaine jusqu'à présent à 37,5 milliards de dollars. Mercredi, la Chambre des représentants a approuvé un cadre budgétaire de 95 milliards de dollars, qui se dirige désormais vers le Sénat, et est  prévu en grande partie pour le Pentagone afin de financer le conflit.

Aucun signe d'apaisement n'apparaît, mais le Pakistan, pays médiateur, veut rester optimiste. "Nous n'avions pas perdu espoir même durant les heures les plus sombres. Nous ne sommes pas découragés", a déclaré le porte-parole de la diplomatie.

Sur le front yéménite, où une trêve négociée en 2022 entre les rebelles et le gouvernement soutenu par Ryad, était toujours active malgré son expiration, le sultanat d'Oman a dit vouloir oeuvrer pour reprendre des discussions en vue d'une désescalade.


Iran: les Gardiens de la Révolution disent avoir détruit en Jordanie des équipements militaires américains

La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
La forteresse d'Aqaba s'illumine en rouge pour célébrer la semaine de l'inclusion en Jordanie, à Amman, le 20 juillet 2026. (Photo : George SAIF / Special Olympics / FACTSTORY)
Short Url
  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD
  • Les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont affirmé jeudi avoir détruit en Jordanie un radar américain du système antimissile THAAD, en représailles aux frappes des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, les Gardiens font également état de la destruction d'un système Patriot, conçu pour intercepter les projectiles balistiques, ainsi que de l'incendie d'un hangar présenté comme servant à la maintenance d'hélicoptères.

 

 


L'armée iranienne revendique des frappes au Koweït contre des sites militaires américains

L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis. (AFP)
Short Url
  • L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis
  • Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé jeudi avoir frappé, en représailles aux attaques américaines, plusieurs sites au Koweït présentés comme servant aux Etats-Unis.

Dans un communiqué relayé par la télévision d'Etat, l'armée iranienne a indiqué avoir ciblé au moyen de drones "les dépôts de munitions et de logistique de l'armée américaine à camp Doha, les réservoirs de carburant de la base Ali al-Salem, ainsi que le dépôt de munitions du camp Arifjan", tous situés au Koweït.