"Couleurs du monde", collection du Musée d'art moderne et contemporain de la Palestine

«Couleurs du monde», une exposition consacrée à la collection du musée d’Art moderne et contemporain de la Palestine, coorganisée par l’Institut du monde arabe (IMA), le 17 septembre 2020 (Fournie)
«Couleurs du monde», une exposition consacrée à la collection du musée d’Art moderne et contemporain de la Palestine, coorganisée par l’Institut du monde arabe (IMA), le 17 septembre 2020 (Fournie)
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Publié le Dimanche 27 septembre 2020

"Couleurs du monde", collection du Musée d'art moderne et contemporain de la Palestine

  • Cette 3e édition rend hommage au premier donateur, l’artiste Vladimir Velickovic, décédé en 2019
  • La collection du futur musée d’Art moderne et contemporain de Palestine est considérée comme une collection solidaire, essentiellement constituée de dons d’artistes

PARIS : «Couleurs du monde», une exposition consacrée à la collection du musée d’Art moderne et contemporain de la Palestine, coorganisée par l’Institut du monde arabe (IMA) et la délégation de la Palestine auprès de l’Unesco, a été inaugurée le 17 septembre, en présence du président de l’IMA, Jack Lang.

Les deux premières initiatives, intitulées «Pour un musée en Palestine» et «Nous aussi, nous aimons l’art», ont été organisées à l’Institut du monde arabe en 2017 et 2018. Cette 3e édition rend hommage au premier donateur, l’artiste Vladimir Velickovic, décédé en 2019. Elle présente de nouvelles donations qui ont été sélectionnées selon la sensibilité du romancier, dramaturge et poète Laurent Gaudé, prix Goncourt 2004 et commissaire invité de cette édition.  

La sensibilité de l’écrivain est exacerbée par la couleur, les couleurs… «Ce mot “couleurs”, au pluriel, me semble intéressant, car lorsqu’il s’agit de la Palestine, on pense aux images de guerre, de souffrance, en noir et blanc», explique-t-il. «Un banquet de couleurs. Pour que le gris ne règne pas en maître. Pour être aux côtés de la Palestine. Et prendre rendez-vous avec ce jour heureux où toutes les œuvres d’art, côte à côte, peintures, photographies, sculptures du monde entier, constitueront un musée de l’amitié, précise le romancier. Le premier message consiste à dire que nous sommes avec le peuple palestinien, et il délivre lui-même un autre message: un jour, toutes ces œuvres iront là-bas, dans un musée pour le peuple palestinien. C’est une très belle démarche qui porte un regard sur le long terme, ce n’est pas une utopie, ce musée existera.»

Le commissaire de la 3e édition raconte: «C’est à travers la poésie de Mahmoud Darwich que j’ai rencontré Elias Sanbar, chez Actes Sud.» L’écrivain explique que cette édition n’est pas sans lien avec Mahmoud Darwich. «J’aime ce mélange qu’il y a chez Darwich, ces voix lyriques et en colère, la présence de ce grondement me touche beaucoup», souligne Laurent Gaudé. «C’est une voix de combat, mais qui n’oublie pas de célébrer quelque chose du monde: ça peut être l’amour, ça peut être la terre, mais que le combat n’oublie pas la célébration me semble important.»

Des peintres, plasticiens et photographes du monde entier ont tenu à participer à cet événement. Les œuvres sont ainsi présentées au public parisien, mais elles sont aussi dédiées au peuple palestinien. «Cette exposition marque la solidarité avec le peuple palestinien, une solidarité qui se manifeste à travers l’expression artistique, qui pourrait suggérer, dans le fond, un message politique. Quelques œuvres d’artistes, dont celles des artistes palestiniens, relatent la culture et la civilisation de leur peuple», nous confie Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine à l’Unesco.

«Ce mot “couleurs”, au pluriel, me semble intéressant, car lorsqu’il s’agit de la Palestine, on pense aux images de guerre, de souffrance, en noir et blanc» (Fournie)
«Ce mot “couleurs”, au pluriel, me semble intéressant, car lorsqu’il s’agit de la Palestine, on pense aux images de guerre, de souffrance, en noir et blanc» (Fournie)

Mounir Anastas, ambassadeur adjoint de Palestine et délégué permanent alternant à l’Unesco, explique, quant à lui, l’importance de la dimension internationale de ce projet de solidarité des artistes et des intellectuels du monde entier, qui fait écho au droit international pour la cause palestinienne.

Interrogé par Arab News en français, Marwan, un visiteur, nous dit qu’il tenait à être présent à cette inauguration pour «sa passion pour l’art, mais surtout pour marquer son engagement politique et militant pour la cause palestinienne».

Des œuvres exposées, destinées au futur musée d’Art moderne et contemporain de la Palestine

Initiée par Elias Sanbar et par l’artiste Ernest Pignon-Ernest, la collection du futur musée d’Art moderne et contemporain de Palestine, est considérée comme une collection solidaire, essentiellement constituée de dons d’artistes. Abritée par l’IMA depuis 2016, elle recense aujourd’hui près de 420 œuvres. «Faire de l’IMA le port d’attache de “cette collection solidaire”, constituée de dons d’artistes, en attendant, qu’un jour, elle prenne place dans un musée construit tout spécialement pour l’accueillir, à Jérusalem-Est », affirme Jack Lang dans le communiqué.

De son côté, Elias Sanbar considère que, dès son lancement, le projet a été un défi à relever, et qu’il est important que «nous continuions, à relever ce défi, coûte que coûte, quelle que ce soit la conjoncture. C’est capital et montre que notre choix, c’est d’aller dans le sens de la vie et non pas des désastres», explique-t-il.

Le plasticien Ernest Pignon-Ernest collabore à la constitution de cette collection. Riche de précédentes expériences de ce type – membre du musée des Artistes du monde contre l’apartheid –, il a réuni des dons d’artistes de nombreux pays à travers le monde pour condamner le régime apartheid en Afrique du Sud. Interrogé par Arab News en français, Ernest Pignon-Ernest explique: «Nous avons constitué une collection qui a circulé dans cinquante pays pour dénoncer le régime, alors que Nelson Mandela était en prison. Et, un jour, j’ai moi-même présenté cette collection au premier gouvernement démocratique de l’Afrique du Sud dans lequel Nelson Mandela a été élu. »

«L’objectif est d’avoir des œuvres qui nous permettent de constituer un musée. Ce n’est pas une exposition temporaire, ce sont des œuvres très symboliques de notre période, un éventail de tous les courants de recherche, de sensibilité. Il y a des peintures abstraites, des peintures figuratives, des peintures politiques ou optiques», poursuit-il. «On peut citer, parmi les œuvres exposées aujourd’hui à l’IMA: La Longue Marche, un don de l’artiste argentin Julio Le Parc, qui a reçu le grand prix international à la Biennale d’art de Venise et qui représente une métaphore de la condition humaine ; et Cuando Llego Madoff, une huile sur toile d’Antonio Segui, un peintre, illustrateur, graveur et sculpteur argentin, exilé à Paris depuis les années 1960.»

La singularité de l’art, c’est une affirmation de la vie

«La singularité de l’art, c’est une affirmation de la vie», poursuit-il. «On compte, parmi les artistes qui se sont engagés dans ce projet, Christian Boltanski, un artiste juif, qui a fait don de la série des Animitas.» Ces œuvres font référence au thème de la mémoire. Le titre de la série s’inspire du nom donné par les Chiliens aux autels religieux édifiés au bord des routes, là où se sont produits des accidents. Boltanski a voulu évoquer la présence des morts qui nous entourent. «De petites clochettes accrochées à de longues tiges bougent et sonnent au rythme du vent (…), leur tintement évoque pour l’artiste “la musique des astres et la voix des âmes flottantes”», lit-on sur la fiche descriptive de l’œuvre. Christian Boltanski désire installer deux nouvelles Animitas, l’une devant le musée d’Israël à Jérusalem, et l’autre devant le musée d’Art moderne et contemporain de Palestine.

Lors de son séjour de quelques mois à Ramallah, Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien engagé, considéré comme l’un des précurseurs de l’art urbain en France, a constaté que le peuple palestinien était sensible à la poésie, à l’art. «Invité par Mahmoud Darwich, je suis allé à sa rencontre. Ma contribution dans cette exposition, une œuvre intitulée Parcours de Mahmoud Darwich sur les murs de Ramallah, est un portrait en sérigraphie que j’ai pu exposer dans des lieux significatifs de sa vie, à Ramallah, à Naplouse, à Bethléem, en hommage à cet immense poète après son décès», nous explique le plasticien devant son œuvre, exposée à l’IMA.

«La symbolique est importante pour exprimer les droits légitimes des Palestiniens. L’œuvre avec laquelle je participe fait partie de la collection Standby, ce qui correspond parfaitement aux objectifs de ce projet collectif, celui de l’attente de la concrétisation de la destinée de la Palestine», nous confie avec émotion Hani Zurob, un artiste palestinien de Naplouse, dont les œuvres sont réalisées avec du goudron («Zeft» en arabe) et de l’acrylique, et dont l’univers scrute l’exil, l’attente et le déplacement. «Ce projet est très important, car les œuvres survivent aux hommes», conclut-il.

Des peintres, plasticiens et photographes du monde entier ont tenu à participer à cet événement (Fournie)
Des peintres, plasticiens et photographes du monde entier ont tenu à participer à cet événement (Fournie)

Un public nombreux et enthousiaste était présent lors de cette inauguration. Deux heures après l’ouverture de l’exposition, une grande file d’attente s’est constituée à l’entrée de l’IMA. «Nous attendrons le temps qu’il faudra, et si ce n’est pas possible aujourd’hui, nous reviendrons ce week-end», nous confie une femme que nous avons interrogée lors de notre passage. Une chose est sûre, il règne, ce soir, un esprit festif, convivial et fortement solidaire. On en sort avec le cœur un peu plus léger, un air d’espoir caresse l’atmosphère.


L’art de vivre français revisité à Dubaï, signé CQ French Brasserie

Un jardin-orangerie inspiré des jardins français, signature du nouveau CQ French Brasserie à Dubaï. (Photo: Arab News en français)
Un jardin-orangerie inspiré des jardins français, signature du nouveau CQ French Brasserie à Dubaï. (Photo: Arab News en français)
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  • CQ French Brasserie offre une vision contemporaine de la cuisine française à Dubaï, mêlant patrimoine culinaire, exigence de qualité et convivialité intergénérationnelle
  • Avec son nouveau lieu et son modèle d’hospitalité sans contraintes, le restaurant propose une expérience accessible et durable, centrée sur le service et le partage

​​​​​​DUBAÏ: À Dubaï, où la restauration oscille souvent entre extravagance et formalisme, CQ French Brasserie trace une voie singulière : celle d’une cuisine française enracinée dans la culture, ouverte à tous et portée par une obsession assumée de la qualité. Derrière ce projet, Ziad Kamel, fondateur et directeur de Rosy Hospitality, revendique plus de vingt ans d’expérience et une vision claire : faire de la brasserie française un lieu de convivialité intergénérationnelle, accessible et sincère.

« CQ signifie Consistent Quality », explique-t-il. « C’est la philosophie qui nous a permis de réussir : une qualité constante dans la cuisine, le service, l’expérience et même dans le beurre et la baguette. »

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Des huîtres françaises issues de fermes familiales aux légumes de saison cultivés localement, CQ privilégie une sélection rigoureuse de produits via des distributeurs certifiés. (Photo: Arab News en français)

Une cuisine française ancrée dans le patrimoine… et dans son époque

Chez CQ, la carte rend hommage aux grands classiques de la culture culinaire française : soupe à l’oignon, steak frites, escargots, foie gras, baguette et beurre de caractère. « Ce sont des plats qui appartiennent à une culture. La France a fait un travail remarquable pour les préserver », souligne Ziad Kamel.

Mais loin d’un exercice nostalgique, la brasserie adapte cette tradition à la réalité cosmopolite de Dubaï. Le menu s’élargit pour accueillir végétariens, pescatariens et amateurs de viande, tout en restant fidèle à son ADN français. « Nous avons voulu une brasserie pour les amis et la famille, où chacun trouve sa place, quelle que soit sa culture », ajoute-t-il.

Le nouveau lieu : un jardin français “sur mesure”

Ouverte en janvier 2026, la deuxième adresse de CQ French Brasserie marque une nouvelle étape. Pensée “sur mesure” pour son quartier, elle prolonge l’âme de l’établissement de JLT tout en affirmant une identité forte. Sa signature : un jardin-orangerie, inspiré des jardins français.

« Nous ne parlons pas de terrasse, mais de “jardin”. C’est une orangerie inversée, utilisable toute l’année », raconte le fondateur. Un projet ambitieux, fruit de six mois de travaux et de deux ans de réflexion, transformant un ancien espace en véritable cœur du restaurant.

Une expérience fondée sur l’hospitalité

CQ se distingue également par son modèle opérationnel, à contre-courant des standards de nombreux restaurants à Dubaï : pas de créneau horaire imposé ni de dress code, entre autres. « Nous sommes une brasserie humble. Vous pouvez rester six heures si vous le souhaitez. Nous voulons que les gens se sentent chez eux », affirme Ziad Kamel.

Cette philosophie se reflète dans une proposition de valeur assumée : une cuisine de haute qualité à des prix accessibles, avec un ticket moyen autour de 250 AED, boissons incluses. Une démarcation dans un marché dominé par des concepts haut de gamme.

La qualité comme fil conducteur

Des huîtres françaises issues de fermes familiales aux légumes de saison cultivés localement, CQ privilégie une sélection rigoureuse de produits via des distributeurs certifiés. « Tout ce que nous faisons vise à préserver la qualité, sans compromis, tout en restant accessibles », insiste-t-il.

Livraison, menus saisonniers et programmes hebdomadaires emblématiques (steak frites, moules-frites, gentlemen’s menu) : chaque détail renforce la cohérence du concept.

Au final, CQ French Brasserie n’est pas seulement un restaurant. C’est une déclaration : celle d’une cuisine française vivante, généreuse et profondément humaine, pensée pour durer et rassembler.

Un groupe multi-concepts

Aux côtés de son épouse Rawan, Ziad Kamel pilote Rosy Hospitality, garantissant stratégie, cohérence et gestion efficace de ses restaurants et concepts innovants.

Rosy Hospitality ne se limite pas à CQ French Brasserie. Le groupe possède également Girl & the Goose, un restaurant latino-américain situé à l’Anantara Downtown Dubai Hotel, ainsi que Butter by the Dozen, une marque dédiée aux cookies en livraison.


Un nouveau livre explore 12 chefs-d’œuvre de l’art du manuscrit islamique à travers les siècles

« Illuminated » par William Greenwood. (Fourni)
« Illuminated » par William Greenwood. (Fourni)
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  • William Greenwood évoque son nouveau livre consacré à une douzaine de manuscrits islamiques d’exception

DUBAÏ : Un nouveau livre consacré à 12 manuscrits islamiques extraordinaires vient d’être publié, avec pour ambition de rendre ces chefs-d’œuvre richement illustrés accessibles au plus grand nombre.

Intitulé « Illuminated: Art, Knowledge, and Wonder in Twelve Islamic Manuscripts » et publié par Empty Quarter Press, l’ouvrage présente une sélection de douze des plus beaux manuscrits jamais produits. Parmi eux figurent des classiques arabes médiévaux tels que Maqamat al-Hariri, Kalila wa Dimna, Aja’ib Al-Makhluqat Wa Ghara’ib Al-Mawjudat et Kitab Al-Diryaq, ainsi que des œuvres spectaculaires issues des mondes timouride, safavide et moghol, du XIIIe au XVIIe siècle.

Son auteur, William Greenwood, est spécialiste de l’art et de la culture islamiques. Les manuscrits présentés étaient conçus à la fois comme des réceptacles de savoir et comme des objets artistiques à part entière. Des traités médicaux aux cartes célestes, de la poésie épique aux fables, chacun reflète la richesse et la diversité des traditions intellectuelles et artistiques du monde islamique.

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« Maqamat Al Hariri » (vers 1236-1237). (Fourni)

Pour Greenwood, qui a travaillé plus de dix ans comme conservateur — dernièrement au Zayed National Museum d’Abou Dhabi — ces manuscrits sont importants pour plusieurs raisons. D’abord, ce sont des œuvres d’art remarquables. Ensuite, chacun constitue « un instantané de l’époque de sa création, tant par son style artistique et son contenu que par son contexte historique ».

Le premier chapitre du Kitab al-Diryaq, par exemple, est attribué à Mossoul au milieu du XIIIe siècle et « vise clairement à glorifier le souverain », explique Greenwood. Kitab Suwar al-Kawakib al-Thabita, copié au XVe siècle à Samarcande, témoigne de l’essor des sciences durant la Renaissance timouride, tandis que le Hamzanama, réalisé dans l’Inde du XVIe siècle, marque l’émergence d’un style pictural proprement moghol.

« La troisième raison, poursuit-il, est que, aussi belles que soient les peintures et les enluminures, elles sont presque toujours destinées à magnifier des textes qui sont en eux-mêmes remarquables — qu’il s’agisse d’épopées nationales comme le Shahnameh, d’ouvrages encyclopédiques comme Aja’ib al-Makhluqat, ou de démonstrations de virtuosité linguistique telles que les Maqamat d’Al-Hariri. »

Enfin, ces manuscrits constituent, selon lui, « des témoignages remarquables d’un monde islamique multiculturel et cosmopolite, capable d’absorber, de raffiner et de repenser des influences aussi diverses que les fables indiennes ou l’astronomie classique pour en faire un ensemble cohérent et distinctement “islamique” ».

L’intérêt de Greenwood pour les manuscrits enluminés a été éveillé par une copie mamlouke du milieu du XIVe siècle de Sulwan al-Muta’ fi ‘Udwan al-Atba’, qu’il a découverte alors qu’il travaillait au Musée d’art islamique de Doha.

« Il s’agit de la seule copie médiévale illustrée de ce texte, probablement réalisée pour un mécène royal », explique Greenwood, qui a également travaillé au British Museum de Londres. « Le mélange d’éléments byzantins, persans et chinois dans les peintures correspondait parfaitement à mon intérêt pour les échanges interculturels. Le texte appartient au genre des “miroirs des princes”, destiné à conseiller les souverains — un type d’écriture fondamental, également représenté dans Illuminated par une copie mamlouke du début du XIVe siècle de Kalila wa Dimna. »

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« Kalila wa Dimna » (vers 1310). (Fourni)

Cependant, ce n’est pas une découverte isolée qui l’a poussé à écrire ce livre, mais le constat progressif que, bien que le grand public s’intéresse aux manuscrits islamiques illustrés et enluminés, il existe peu d’ouvrages de synthèse accessibles.

« Il existe de nombreuses publications très spécialisées consacrées soit à des manuscrits précis, soit à certains éléments décoratifs, mais peu de livres destinés à un public curieux mais non universitaire. Il était aussi stimulant de rassembler, dans un même ouvrage, des peintures issues de manuscrits très différents. Cela permet de suivre l’évolution des styles et des idées du XIIIe au XVIIe siècle, ce qui est particulièrement utile pour les non-spécialistes. »

Le résultat est un livre richement illustré, conçu pour un large public. À la fois célébration des traditions artistiques du livre islamique et invitation à en découvrir la beauté et les trésors, Illuminated réunit art islamique, savoir et récit dans une forme accessible et attrayante.

« J’espère que le fait de voir ces œuvres réunies dans une même publication ouvrira les yeux des lecteurs sur leur caractère exceptionnel », conclut Greenwood. « Ce livre s’adresse vraiment à tout le monde, et s’il suscite un intérêt plus large pour les manuscrits présentés, il aura déjà une valeur unique. Toutes ces œuvres sont liées, d’une manière ou d’une autre, à la transmission du savoir et de la sagesse, et si ce livre peut contribuer à les diffuser un peu plus, alors il aura pleinement rempli sa mission. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tarboosh Jedde Maallak : une histoire d’amour libanaise entre mémoire et diaspora

Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
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  • Tarboosh Jedde Maallak arrive à Dubaï pour une représentation unique, après avoir rempli plus de 25 salles au Liban
  • À travers le destin croisé de ses personnages, la pièce offre une réflexion sensible sur la diaspora libanaise et le lien profond avec la terre natale

​​​​​​DUBAÏ: Après une tournée exceptionnelle de plus de 25 représentations à guichets fermés au Liban, la pièce théâtrale Tarboosh Jedde Maallak s’apprête à rencontrer le public de Dubaï pour une représentation très attendue.

Écrite par Marwa Khalil et Riad Chirazi (également auteurs de la pièce Mafroukeh), qui signe aussi la mise en scène, la production met en scène le comédien et stand-uppeur Junaid Zeineddine, aux côtés de l’actrice Marwa Khalil. Ensemble, ils livrent une pièce à la fois touchante et teintée d’humour, explorant l’amour, la perte et la quête d’identité.

Mêlant romance et regard socio-politique acéré, la pièce aborde les thèmes du départ et du retour, des promesses brisées, de l’amour qui persiste malgré le chaos, ainsi que de la nostalgie et de la mémoire collective.

L’histoire se déroule sur fond de l’histoire mouvementée du Liban, de 1980 à 2025. Elle suit deux personnages principaux dont les trajectoires divergent profondément. Hala, contrainte de quitter son pays, traverse Paris, Montréal et Dubaï, incarnant l’expérience de la diaspora libanaise tout en portant en elle le poids émotionnel de sa terre natale. Ibrahim, quant à lui, choisit de rester au Liban, ancré dans un pays marqué par la lutte, la résilience et l’espoir.

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Sur scène, l’émotion et l’humour se mêlent dans Tarboosh Jedde Maallak. (Photo: fournie)

Leur histoire d’amour devient un miroir sensible de l’impact des bouleversements nationaux sur les relations intimes, offrant une réflexion poignante sur l’appartenance, l’identité et le coût émotionnel de l’instabilité politique et sociale. Avec finesse et tendresse, Tarboosh Jedde Maallak évoque les souvenirs partagés d’une génération tout en touchant à des expériences universelles de séparation et de manque.

À Dubaï, la pièce sera présentée lors de deux représentations à 19h et 21h30, offrant au public une occasion de découvrir une œuvre qui a marqué les spectateurs arabophones de la région.

Présentée par Bayroute Events et BYL Events, en collaboration avec Art For All, cette soirée promet d’attirer les passionnés de théâtre, les membres de la diaspora libanaise et les amateurs de théâtre arabe contemporaine.

Véritable hommage à l’esprit humain libanais, Tarboosh Jedde Maallak s’annonce comme une pièce, émouvante et profondément culturelle.