Face à une offre d'emplois pléthorique, des millions d'Américains démissionnent

02 DÉCEMBRE: Des ouvriers du bâtiment érigent des échafaudages autour de la statue du président Theodore Roosevelt au Musée américain d'histoire naturelle alors qu'il se prépare à être retiré le 2 décembre 2021 à New York. (AFP)
02 DÉCEMBRE: Des ouvriers du bâtiment érigent des échafaudages autour de la statue du président Theodore Roosevelt au Musée américain d'histoire naturelle alors qu'il se prépare à être retiré le 2 décembre 2021 à New York. (AFP)
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Publié le Samedi 11 décembre 2021

Face à une offre d'emplois pléthorique, des millions d'Américains démissionnent

  • Les salariés américains continuent à quitter par millions chaque mois leur emploi depuis la sortie de la pandémie pour bénéficier des opportunités créées par la reprise et les entreprises sont confrontées à des pénuries de main d'œuvre inédites
  • Quelque 4,2 millions d'Américains ont ainsi démissionné en octobre, après 4,4 millions en septembre et 4,3 millions en août, selon les dernières données du bureau des statistiques

WASHINGTON : Les salariés américains continuent à quitter par millions chaque mois leur emploi depuis la sortie de la pandémie pour bénéficier des opportunités créées par la reprise et les entreprises sont confrontées à des pénuries de main d'œuvre inédites. 

A 184.000, les demandes d'allocations chômage sont tombées la semaine dernière à leur plus bas niveau depuis septembre 1969, a annoncé jeudi le ministère du Travail. 

Le nombre de postes vacants atteint des sommets à la faveur de la reprise de la demande dans les bars, hôtels, restaurants et autres industries des services. 

Pourtant, recruter, en particulier du personnel non qualifié acceptant de venir travailler en personne, est devenu un casse-tête pour de nombreux employeurs.

"Nous n'avons jamais vu un tel écart entre le nombre d'offres d'emplois et les chômeurs" accompagné de démissions en bloc, témoigne Curtis Dubay, économiste à la Chambre de commerce américaine.

Pour lui, la pandémie a certainement changé la relation au travail. 

Les entreprises qui offrent "des emplois traditionnellement moins agréables et moins qualifiés ont plus de mal à retenir les travailleurs", souligne-t-il. Ces derniers "ne supportent tout simplement plus" de revenir à leurs conditions d'avant Covid-19. 

Depuis avril, des millions de personnes, en écrasante majorité des salariés peu qualifiés du secteur des services, n'hésitent plus en effet à quitter leur emploi alors que les offres ne manquent pas.

« Grande démission  »

Quelque 4,2 millions d'Américains ont ainsi démissionné en octobre, après 4,4 millions en septembre et 4,3 millions en août, selon les dernières données du bureau des statistiques.

Sur Twitter où le hashtag "#GreatResignation" ("La grande démission") a fait son apparition, les témoignages se multiplient: "commençons par traiter les gens avec plus d'humanité et de compassion", "nous quittons notre travail car nous n'avons rien à perdre", peut-on lire.

Et certains de prévenir les entreprises: "mettez le meilleur sur la table et peut-être que nous ferons de même".

"L'environnement actuel donne définitivement aux employés davantage de pouvoir de négociation", observe Erik Lundh, économiste au centre de recherches Conference Board.

Pour tenter de contenir la "grande démission", les entreprises ont déjà augmenté les salaires et proposé plus d'avantages sociaux.

La part des offres d'emploi proposant des primes en plus du salaire de base a ainsi plus que doublé entre le début de la pandémie, en mars 2020 et octobre 2021, selon une étude menée par le Conference Board publiée mercredi. 

Et la hausse de ces primes est plus marquée pour les emplois manuels ne nécessitant pas de diplôme universitaire et sans possibilité de télétravail, ainsi que pour les emplois dans les industries confrontées aux plus grandes pénuries de main-d'œuvre, notamment l'éducation et les soins de santé.

La tendance devrait se poursuivre l'année prochaine. "La plupart des entreprises projettent d'augmenter les salaires de 4%" en 2022, indique Erik Lundh.

Au risque d'"exacerber l'actuelle dynamique inflationniste", signale Lydia Boussour, économiste pour Oxford Economics.

Personne n'avait anticipé un retournement si brutal alors qu'en avril 2020, le taux de chômage avait culminé à 14,8%, plus haut niveau depuis 1948 quand il a commencé à être mesuré. En novembre, il est retombé à 4,2%.

L'augmentation des bas salaires était souhaitable compte-tenu des écarts salariaux importants, soulignent les économistes.

Pour autant, Erik Lundh ne s'attend pas à "une révolution" du marché du travail américain.

Aux Etats-Unis, il y a toujours eu "moins d'obstacles aux licenciements et à la possibilité de quitter son emploi", rappelle-t-il. D'où une grande volatilité aujourd'hui.

Curtis Dubay ajoute que pour le moment de nombreux Américains peuvent se permettre de démissionner et de prendre leur temps pour retravailler grâce à l'épargne accumulée pendant la pandémie et les aides gouvernementales. Mais il s'attend aussi à une normalisation au fil des mois.

En attendant, "il est très risqué pour les entreprises de licencier du personnel à moins qu'elles n'aient pas d'autre choix, car réembaucher des personnes plus tard sera difficile et probablement coûteux", conclut Ian Shepherdson, économiste chez Pantheon Macroeconomics.


Flambée des prix de l'énergie: en France, "baisse des taxes pas envisagée" à ce stade

La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
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  • Le gouvernement français, via sa porte-parole Maud Bregeon, n’envisage pas de baisser les taxes sur les carburants malgré la hausse des prix liée aux tensions au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron appelle à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et insiste sur la nécessité de maîtriser le déficit public

PARIS: Le gouvernement français n'envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les prix des carburants, a indiqué jeudi sa porte-parole, alors que les prix du gaz et du pétrole ont grimpé de nouveau après des attaques par l'Iran d'installations énergétiques au Qatar.

"Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé à l'heure où on se parle. En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie" de différents secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs, a affirmé sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon qui est également chargée du portefeuille de l'Energie.

Elle a expliqué que le gouvernement n'avait "plus les moyens du quoi qu'il en coûte" comme pendant l'épidémie de Covid et devait tenir le déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB), en rappelant avoir fait "le choix" dans le budget 2026 de "ne pas augmenter l'impôt des Français".

Maud Bregeon a souligné aussi que la situation n'avait "rien à voir" avec 2022, quand les prix de l'énergie avaient augmenté après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Evoquant une réunion prévue sur l'énergie, jeudi en fin de matinée autour du Premier ministre Sébastien Lecornu, la porte-parole a indiqué que ce rendez-vous visait à faire "le point sur la situation pour envisager les différentes possibilités en fonction de la durée du conflit, en fonction de la difficulté que rencontrent les secteurs économiques".

"Toutes les options sont sur la table", a-t-elle dit.

"J'entends ceux qui voudraient qu'on débourse d'ores et déjà des milliards pour aider des gens dont j'entends les difficultés (...) mais il faut aussi porter ce discours de vérité" sur la "nécessité" de réduire le déficit, a-t-elle insisté.

La représentante du gouvernement a aussi rappelé les initiatives d'Emmanuel Macron en faveur du déblocage du détroit d'Ormuz.

Le président a en outre appelé jeudi à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient, notamment énergétiques, et a dit avoir échangé avec le président américain Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.