Diffamation: Le Monde relaxé 20 ans après un article sur l'affaire Borrel

Elisabeth Borrel, veuve du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort près de Djibouti en 1995, et son avocat Laurent De Caunes lors d'une conférence de presse, le 13 juin 2007 à Paris (Photo, AFP/Archives)
Elisabeth Borrel, veuve du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort près de Djibouti en 1995, et son avocat Laurent De Caunes lors d'une conférence de presse, le 13 juin 2007 à Paris (Photo, AFP/Archives)
Short Url
Publié le Dimanche 27 septembre 2020

Diffamation: Le Monde relaxé 20 ans après un article sur l'affaire Borrel

  • L'avocat du journal, François Saint-Pierre, a estimé que « cette décision illustre parfaitement l'évolution de la liberté d'expression et de la liberté de la presse en 20 ans
  • La veuve de Borrel défend depuis le début la thèse selon laquelle son mari a été victime d'un assassinat politique

PARIS : Vingt ans après la publication d'un article sur l'affaire Borrel, le directeur et un journaliste du Monde, poursuivis en diffamation par deux magistrats, ont été relaxés par la cour d'appel de Paris, à l'issue d'une tortueuse procédure.

Les juges d'instruction Roger Le Loire et Marie-Paule Moracchini avaient attaqué le journal pour un article du 7 septembre 2000, qui questionnait leur « impartialité » dans l'enquête concernant le juge Bernard Borrel, mort à Djibouti en 1995 dans des conditions mystérieuses.

L'article relayait les propos de l'un des avocats de sa veuve, Elisabeth Borrel, critiquant la manière dont les deux magistrats avaient transmis une pièce de l'instruction un mois après en avoir été dessaisis. Les deux magistrats étaient en outre accusés de « connivence » avec le procureur de la République de Djibouti.

Le directeur du Monde à l'époque, Jean-Marie Colombani, ainsi que l'auteur de l'article Franck Johannès et l'avocat cité, Olivier Morice, avaient été condamnés en 2002 à des peines d'amende par le tribunal de Nanterre.

Les condamnations avaient été confirmées en appel après deux passages par la Cour de cassation.

Me Morice avait alors saisi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH): cette dernière a estimé en 2015 que la France avait violé sa liberté d'expression. L'avocat avait saisi la Cour de révision et de réexamen et la Cour de cassation avait annulé, en 2016, sa condamnation.

A son tour, MM. Colombani et Johannès avaient saisi la Cour de révision qui a ordonné un nouveau procès, aboutissant à un arrêt daté de jeudi, confirmant une information du Monde. La cour d'appel de Paris y relaxe le journal au bénéfice de la bonne foi.

L'avocat du journal, François Saint-Pierre, a estimé que « cette décision illustre parfaitement l'évolution de la liberté d'expression et de la liberté de la presse en 20 ans. Les journalistes étaient condamnés, ils sont relaxés. C'est le signe que la justice protège beaucoup mieux la liberté de la presse aujourd'hui qu'autrefois ».

« C'est une décision qui n'a strictement aucun sens en ce qu'elle ouvre la porte à tous les condamnés d'il y a 20 ans de se faire rejuger avec les critères d'aujourd'hui qui évidemment changent l'appréciation », a au contraire estimé Me Marie-Alix Canu-Bernard, avocate des magistrats.

« Nous allons aller vers une troisième cassation », a-t-elle ajouté, indiquant qu'elle allait former un nouveau pourvoi.

Une instruction est toujours en cours dans l'affaire Borrel. Sa veuve défend depuis le début la thèse selon laquelle son mari a été victime d'un assassinat politique, alors que la justice a longtemps privilégié celle d'un suicide avant de réorienter l'enquête vers la piste criminelle à partir de 2002.

En juin 2017, un collège d'experts a confirmé « l'origine criminelle » de cette mort.


La France va signer un accord de partenariat stratégique avec l'Arménie

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Short Url
  • La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants
  • Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

EREVAN: Emmanuel Macron achève mardi une visite d'Etat en Arménie, ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie, par la signature d'un partenariat et de contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense.

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants.

Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

Au premier jour de la visite lundi, Emmanuel Macron a rappelé cette "relation singulière", l'accueil à Marseille (sud de la France) des réfugiés fuyant les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'influence du chanteur Charles Aznavour dans les deux pays.

La chanson française était d'ailleurs à l'honneur au dîner d'Etat : Emmanuel Macron a entonné la "Bohême" de Charles Aznavour avec le président arménien Vahagn Khatchatourian au piano et le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie. Son homologue a aussi interprété les "Feuilles mortes" d'Yves Montand.

"La Russie pas là"

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. "Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges" quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a raconté le président français.

Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4.000 soldats en Arménie, "n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes (...) ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes", a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de "se tourner vers l'Europe", malgré les avertissements à peine voilés de la Russie.

Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons (...). Nous voulons être de cette aventure", a lancé M. Macron lors du dîner en son honneur au palais présidentiel.

Le rapprochement avec l'UE reste toutefois entravé par les liens forts unissant Erevan et Moscou, tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective, alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024.

L'Arménie, enclavée entre l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière est toujours fermée, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales et sortir de son isolement.

Efforts de défense 

"Cette nouvelle ère de coopération régionale peut mettre le Caucase encore plus au milieu d'un carrefour entre l'Europe et l'Asie", souligne l'Elysée.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat.

La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Elysée, évoquant des "prospects potentiels pour Airbus" ainsi que "l'engagement de l'Etat français" dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Le président s'inclinera dans la matinée au Mémorial commémorant les massacres d'Arméniens à Erevan. Il visitera le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.

Le président Macron et le Premier ministre Pachinian se rendront aussi à Gyumri, ville martyr du tremblement de terre qui fit quelque 25.000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.


Macron dénonce les frappes iraniennes «inacceptables» contre les Emirats

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Short Url
  • "Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables"
  • Il a de nouveau appelé à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis, qui ont fait état lundi des premières attaques de Téhéran en plus d'un mois dans la guerre au Moyen-Orient, avec des drones et des missiles de croisière.

"Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables", a dénoncé M. Macron tôt mardi sur X, assurant les Emirats du soutien de la France et appelant de nouveau à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région.

Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables.

Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 4, 2026

Seine-saint-Denis: un homme fuyant un contrôle de police mortellement percuté sur l'autoroute

 Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Short Url
  • L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier
  • L'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute

BOBIGNY: Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser, a-t-on appris de source policière, confirmant une information du Parisien.

L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier.

Il a été déclaré mort par le Samu (service d'aide médicale d'urgence) peu après 15H30. Des policiers avaient tenté de le ranimer avant l'arrivée de pompiers, selon la même source policière.

Selon cette source, l'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute.