Pollution marine: les pays méditerranéens s'engagent à réduire les émissions de soufre

D'autres problèmes se posent au-delà de la pollution marine, comme les collisions entre les navires et les mammifères marins (Photo, AFP).
D'autres problèmes se posent au-delà de la pollution marine, comme les collisions entre les navires et les mammifères marins (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 11 décembre 2021

Pollution marine: les pays méditerranéens s'engagent à réduire les émissions de soufre

  • Ces émissions sont un problème majeur car elles participent de l'acidification des océans, aux conséquences néfastes pour les organismes marins
  • Elles sont par ailleurs à l'origine de 60000 décès prématurés par an dans le monde, selon les estimations de certains experts

ANTALYA: Vingt-et-un pays du bassin méditerranéen se sont engagés vendredi à Antalya (Turquie) à réduire la teneur en soufre des carburants utilisés par les navires en Méditerranée, dont les rejets ont un effet dévastateur sur la vie marine et au-delà.

Leur décision de limiter à 0,1% - contre 0,5% actuellement - le taux de soufre dans le carburant marin utilisé en Méditerranée doit désormais être soumise à l'approbation de l'Organisation maritime internationale (OMI). En cas d'issue positive, cette limitation entrera en vigueur en janvier 2025.

Des mesures similaires ont déjà été prises ces dernières années. Depuis le 1er janvier 2020, le taux de soufre dans le carburant marin est ainsi limité à 0,5%, contre 3,5% auparavant -en dehors des zones sensibles où il était déjà limité à 0,1%.

Ces émissions sont un problème majeur car elles participent de l'acidification des océans, aux conséquences néfastes pour les organismes marins. Elles sont par ailleurs à l'origine de 60.000 décès prématurés par an dans le monde, selon les estimations de certains experts.

"Nous espérons que la mise en œuvre de cette décision permettra une réduction importante de la pollution émanant des navires", a déclaré à l'AFP Tatjana Hema, coordinatrice du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et du Plan d'action pour la Méditerranée.

Cet accord visant à réduire le taux de soufre dans le carburant marin est une "avancée majeure", a jugé pour sa part Patrick Child, directeur général adjoint pour l'environnement à la Commission européenne, soulignant que la Méditerranée est "une des mers dont la biodiversité est la plus menacée". 

«Zone à risque»

"C'est une zone à risque en termes de changement climatique", une région "particulièrement vulnérable" à la pollution, abonde Carlos Bravo, consultant en politique environnementale pour l'ONG OceanCare, basée en Suisse.

D'autres problèmes se posent au-delà de la pollution marine, comme les collisions entre les navires et les mammifères marins, note M. Bravo, le trafic maritime en Méditerranée étant l'un des plus denses au monde. 

Des mesures supplémentaires sont nécessaires pour éliminer les "prises accessoires" - des espèces comme les tortues et les requins se retrouvent parfois piégées dans des filets de pêche - et pour réduire la pollution sonore des navires, qui affecte également plus de 150 espèces, affirme-t-il.

Pays hôte de la réunion, la Turquie a été confrontée récemment à plusieurs problèmes de pollution maritime très médiatisés. 

Des pans entiers de la mer de Marmara, située au sud d'Istanbul, ont notamment été recouverts au printemps d'une épaisse couche de mucilages, mousse visqueuse et pestilentielle.

Selon les scientifiques, ces mucilages, qu'il a fallu des mois à éliminer, sont la conséquence d'années de négligence dans le traitement des déchets agricoles et industriels par les autorités turques. Ce problème est résolu, a toutefois affirmé Soner Olgun, responsable du département Laboratoires, mesures et surveillance du ministère turc de l'Environnement.

Interrogé par l'AFP, le vice-ministre turc de l'Environnement Mehmet Emin Birpinar a reconnu que la pollution marine est "aussi liée au système de traitement des eaux usées, comme nous l'avons vu à Istanbul avec les mucilages". 80% des déchets marins arrivent par la terre, a-t-il dit.

3760 T de déchets plastiques

Selon une étude de l'Institut océanographique grec (HCMR) publiée en octobre, 3.760 tonnes de déchets plastiques flottent actuellement dans la mer Méditerranée.

Les tortues caouannes (Caretta caretta), présentes sur la côte sud de la Turquie, font partie des victimes de cette pollution.

Ces carnivores ont en effet tendance à confondre sacs plastique et méduses, explique Yakup Kaska, directeur d'une structure consacrée aux tortues marines à Mugla, dans le sud-ouest de la Turquie.

Un autre risque pèse sur cette espèce protégée: le réchauffement de la mer Méditerranée entraîne une augmentation du nombre de tortues femelles, la chaleur influant sur le sexe de l’œuf.

"Nous avons [désormais] près de 90% des nouveau-nés qui sont des femelles. Nous avons besoin de mâles", fait valoir M. Kaska. 

"Même avec le meilleur scénario - une augmentation de la température d'un degré -, nous pourrions n'avoir que des femelles dans 50 à 100 ans."


L'Iran annonce avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz malgré la prolongation de la trêve

Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
Cette photo fournie par la Marine américaine et publiée le 21 avril 2026 par le service des relations publiques du Commandement central américain montre des forces américaines en patrouille dans la mer d'Oman, près du Touska, un cargo battant pavillon iranien, le 20 avril 2026. (AFP)
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  • Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien
  • "Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, au coeur du bras de fer avec Washington, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump.

Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation. Mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d'Etat iranienne.

Côté américain, le président a jugé "possible" une reprise des discussions entre les belligérants dans les prochains jours. "C'est possible! Président DJT", a-t-il écrit en réponse à un texto d'une journaliste du New York Post, qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent dans les prochaines "36 à 72 heures", soit d'ici vendredi.

En attendant, la tension reste forte dans le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures et enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont annoncé avoir intercepté deux navires qui tentaient de franchir le stratégique détroit, soumis à un double blocus américain et iranien.

"Les deux navires en infraction ont été saisis par les forces navales des Gardiens de la Révolution et dirigés vers la côte iranienne", ont-ils indiqué dans un communiqué.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz.

Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.

Ces incidents illustrent la précarité de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, d'autant que les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris.

Islamabad en attente 

Les pourparlers, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts -essentiellement en Iran et au Liban- et ébranlé l'économie mondiale.

Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de l'expiration annoncée, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.

Il a parlé d'une extension jusqu'à ce que "l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad, bouclée et sous haute surveillance depuis le début de la semaine, provoquant la lassitude d'habitants privés d'écoles et limités dans leur déplacements.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad". Il a reçu mercredi matin l'ambassadeur iranien à Islamabad.

Trois morts au Liban 

Sur l'autre front principal de la guerre, trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve, qui expire dimanche, et dont Beyrouth va demander l'extension lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.

"Le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.

Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.

Selon le dernier bilan officiel, au moins 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.

Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mort d'un 2e militaire français de la force de paix de l'ONU au Liban, Finul, blessé dans une embuscade samedi au cours de laquelle un premier Casque Bleu français avait été tué. Paris a attribué l'attaque au Hezbollah, ce que le groupe islamiste chiite a nié.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.