Ce que le désaccord croissant entre les États-Unis et Israël signifie pour la question nucléaire iranienne

Les négociateurs, que l’on voit sur cette photo lors des discussions destinées à relancer l'accord sur le nucléaire iranien à Vienne, qui a redémarré le 29 novembre, semblent loin d’avoir trouvé une solution pour sortir de l’impasse. (AFP)
Les négociateurs, que l’on voit sur cette photo lors des discussions destinées à relancer l'accord sur le nucléaire iranien à Vienne, qui a redémarré le 29 novembre, semblent loin d’avoir trouvé une solution pour sortir de l’impasse. (AFP)
Cette image satellite publiée par Maxar Technologies, prise le 31 mai 2021, montre en gros plan la future installation nucléaire de Sanjarian, à l'est de la capitale de l’Iran, Téhéran. (AFP)
Cette image satellite publiée par Maxar Technologies, prise le 31 mai 2021, montre en gros plan la future installation nucléaire de Sanjarian, à l'est de la capitale de l’Iran, Téhéran. (AFP)
Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)
Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)
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Publié le Jeudi 16 décembre 2021

Ce que le désaccord croissant entre les États-Unis et Israël signifie pour la question nucléaire iranienne

  • Jean-Yves Le Drian a déclaré à une commission parlementaire qu'il craignait que les Iraniens essaient de gagner du temps afin de diluer les termes de l'accord
  • Les observateurs iraniens veulent que l'administration Biden prenne davantage au sérieux les problèmes de sécurité d'Israël

WASHINGTON: Les pourparlers destinés à relancer l'accord nucléaire iranien, qui pourrait voir la levée des sanctions sévères contre Téhéran en échange de garanties d'arrêt de son programme d'enrichissement d'uranium, ont repris à Vienne à la fin du mois dernier.

Cependant, les retards et les obstructions occasionnés par le gouvernement radical du président iranien, Ebrahim Raïssi, les attaques israéliennes contre des cibles iraniennes en Syrie et le discours de plus en plus agressif de Tel-Aviv ont mis collectivement en doute le succès de ce dialogue renouvelé.

Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, a déclaré le 7 décembre dernier à une commission parlementaire qu'il craignait que les Iraniens essaient de gagner du temps afin de diluer les termes de l'accord.

«Nous avons le sentiment que les Iraniens veulent le faire durer; et plus les pourparlers se prolongent, plus ils reviennent sur leurs engagements et se rapprochent de la capacité d'obtenir l'arme nucléaire», déclare le ministre, cité par l'agence de presse Reuters.

Peu de temps après la reprise des pourparlers, le chef de l'agence de renseignement israélienne Mossad, David Barnea, a juré qu'Israël ne permettrait jamais à l'Iran d'acquérir des armes nucléaires, indiquant que le gouvernement de Naftali Bennett, qui perd patience avec les efforts diplomatiques, était de plus en plus disposé à utiliser la force.

En effet, le 7 décembre, Israël a lancé une frappe aérienne contre le principal port syrien de Lattaquié. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, situé au Royaume-Uni, la frappe a détruit une cargaison d'armes iraniennes. L'armée israélienne n'a pas encore commenté l'attaque.

«L'Iran n'aura pas d'armes nucléaires – pas dans les années à venir, jamais», a fait savoir Barnea lors d'une cérémonie de remise des prix de l'agence au début du mois de décembre. «C'est mon engagement personnel; c'est l'engagement du Mossad», a-t-il ajouté.

«Nous ouvrons les yeux, nous sommes vigilants, et, avec nos collègues de l'establishment de la défense, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour écarter cette menace de l'État d'Israël et pour la contrecarrer de toutes les manières.»

Barnea et Benny Gantz, le ministre israélien de la Défense, ont effectué – chose rare – un voyage conjoint à Washington la semaine dernière. Ils auraient insisté auprès des hauts responsables de la Maison Blanche sur la nécessité d'envisager sérieusement des frappes conjointes sur des cibles militaires et nucléaires iraniennes stratégiques.

Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)

L'Iran a accéléré son enrichissement depuis que les États-Unis se sont retirés de l'accord, en 2018. Le président de l'époque, Donald Trump, avait affirmé que l'accord n'allait pas assez loin pour réduire les ambitions atomiques de Téhéran. L'Iran a longtemps insisté sur le fait que son programme n'avait qu’un objectif énergétique civil.

Le président américain, Joe Biden, qui a aidé, en 2015, à négocier l'accord initial en tant que vice-président de Barack Obama, veut rejoindre un accord nucléaire renforcé que les cosignataires (la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l'Union européenne) se sont battus pour sauver.

Cependant, Israël n'est pas convaincu que la relance de l'accord de 2015 permette de réduire les capacités nucléaires de l'Iran et son programme de missiles balistiques, sans même parler de l’influence déstabilisatrice qu’il exerce sur le Moyen-Orient. Les Israéliens réclament un moyen de dissuasion plus puissant.

La perspective d’une résolution non militaire du programme nucléaire iranien s’amenuise rapidement. Les services de renseignement israéliens indiquent que les scientifiques nucléaires iraniens se préparent à enrichir de l'uranium à 90% de pureté, rapprochant plus que jamais Téhéran de la construction d'une bombe.

À moins qu'un enrichissement supplémentaire ne soit empêché, l'Iran pourrait stocker suffisamment d'uranium de qualité militaire dans les mois à venir afin de produire une arme nucléaire viable sans réel avertissement.

La frustration d'Israël face à la position de l'administration Biden n'a cessé de croître ces dernières semaines. Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, Naftali Bennett a appelé les autres dirigeants mondiaux à ne pas permettre à l'Iran de s'en tirer avec ce qu'il a appelé «le chantage nucléaire».

Les responsables israéliens craignent que l'équipe de négociation de Biden n’annule les sanctions contre l'Iran, à la fois celles qui sont de nature nucléaire et celles qui sont liées au terrorisme, libérant ainsi des milliards de dollars, une manne financière dont le régime a désespérément besoin, en échange de garanties minimales sur la réduction de son programme nucléaire.

En outre, Bennett laisse entendre qu'Israël est prêt à prendre les choses en main si les États-Unis acceptent un accord intérimaire avec l'Iran qui donnerait potentiellement au régime une latitude suffisante afin de parvenir à une avancée nucléaire dans un proche avenir.

Un tel accord progressif pourrait finir par enhardir davantage le réseau terroriste transnational régional iranien en fournissant à des mandataires chiites en Irak, au Liban, en Syrie, au Yémen et au-delà un financement qui leur était auparavant refusé en vertu de sanctions sévères.

Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)
Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)

«Poursuivre le terroriste du jour envoyé par la force Al-Qods n’est plus concluant», a déclaré Bennett lors d'une conférence télévisée organisée par l'université Reichman le 23 novembre dernier. «Nous devons poursuivre le commanditaire.»

Les États-Unis et Israël ont traditionnellement agi de concert quand il s’est agi de restreindre l'Iran, de sorte que la récente divergence d'opinion et la perspective croissante d'une action israélienne unilatérale suscitent des inquiétudes à Washington.

«Le gouvernement de Naftali Bennett s'est efforcé de coopérer avec l'équipe Biden lorsqu'elle est entrée en fonction pour présenter un front commun sur la politique iranienne, car il pensait vraiment que cela pourrait amener les États-Unis à l’écouter davantage», déclare Gabriel Noronha, directeur exécutif du Forum pour le leadership américain, qui fut conseiller spécial du département d'État pour l'Iran Action Group auprès du secrétaire d'État Mike Pompeo.

«Ils ont de mieux en mieux compris qu’ils étaient naïfs sur ce point et ils ont peu à peu exprimé leurs plaintes dans les journaux, tandis que, dans le même temps, les responsables américains ont divulgué à la presse des détails sur les opérations militaires israéliennes.

«Les responsables israéliens et les dirigeants militaires américains pensent qu'il est nécessaire d’exprimer une menace militaire crédible pour dissuader le programme nucléaire iranien. Cependant, ils sont en désaccord avec les nominations politiques de Biden au département d'État, au Conseil de sécurité nationale, et avec celle de Colin Kahl, le numéro trois du Pentagone. En effet, ces personnes restent dans l'illusion que l'apaisement envers l'Iran est la meilleure carte à jouer.

Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique se sont vu refuser à plusieurs reprises un accès total aux installations nucléaires iraniennes. (photo d'archives AFP)
Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique se sont vu refuser à plusieurs reprises un accès total aux installations nucléaires iraniennes. (photo d'archives AFP)

Noronha a mis en garde contre la minimisation des plaintes d'Israël dans l’effort qui vise à relancer l'accord nucléaire. Il a estimé que le fait de prendre au sérieux les problèmes de sécurité du pays pourrait, en réalité, servir de levier pour les États-Unis vis-à-vis de l'Iran.

«Les États-Unis doivent changer leur approche et reconnaître qu'Israël est leur meilleur partenaire contre la menace iranienne dans la mesure où sa pression militaire, diplomatique et économique contre le régime donne aux États-Unis davantage de poids dans les négociations», déclare-t-il à Arab News.

«De nombreux responsables israéliens sont incroyablement frustrés par l’antagonisme de Washington envers la politique israélienne, qui essaie simplement de garantir que ses besoins de sécurité fondamentaux sont satisfaits. Israël peut aider les États-Unis – et leurs négociations – en continuant à prendre des mesures secrètes contre les exportations de pétrole de l'Iran et contre son programme nucléaire.

«Les États-Unis seraient avisés de partager davantage de renseignements avec Israël pour faire avancer et soutenir ses opérations ainsi que pour accélérer sa coopération militaire au sujet d’une éventuelle frappe aérienne contre les installations nucléaires iraniennes.»

L’administration Biden diffère fortement des perspectives de Bennett: elle est disposée à accepter un «seuil» au sujet des capacités nucléaires de l'Iran.

En effet, il semblerait que la Maison Blanche de Biden soit prête à tolérer un statu quo dans lequel l'Iran détiendrait les composants d'une «percée nucléaire», au nombre desquels les connaissances, le matériel militaire et la capacité d'enrichissement requis sans réellement construire une arme nucléaire.

Les Israéliens, eux, pensent qu'un tel seuil est tout aussi dangereux que le fait que l'Iran développe réellement une arme nucléaire.

Ellie Cohanim, qui était l'envoyée spéciale adjointe chargée de surveiller et de combattre l'antisémitisme au département d'État sous l'administration Trump, s'inquiète que l'administration Biden ne prête pas attention aux préoccupations israéliennes.

Le directeur de l’Organisation de l'énergie atomique, l’Iranien Mohammed Eslami (à gauche) et le gouverneur iranien de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Kazem Gharib Abadi (au centre), sortent d’une réunion de l'AIEA à Vienne, en Autriche, le 20 septembre 2021. (AFP)
Le directeur de l’Organisation de l'énergie atomique, l’Iranien Mohammed Eslami (à gauche) et le gouverneur iranien de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Kazem Gharib Abadi (au centre), sortent d’une réunion de l'AIEA à Vienne, en Autriche, le 20 septembre 2021. (AFP)

«Il semble que, dans les coulisses, les différences entre l'administration Biden et son équipe de négociation iranienne avec le gouvernement israélien s'accroissent», déclare Cohanim à Arab News. Elle ajoute que l'équipe Biden n'a pas réussi à reproduire la politique de «tolérance zéro» de l'administration Trump.

«Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a déclaré officiellement que les États-Unis et les puissances mondiales doivent prendre conscience du fait que le régime iranien cherche des armes nucléaires, et il semblerait donc que les Israéliens éprouvent un sentiment de frustration envers l’administration actuelle des États-Unis», confie-t-elle à Arab News.

«Le président Donald Trump a clairement déclaré qu'il ne permettrait jamais à l'Iran de développer une bombe nucléaire, et il est temps que le président américain, Joe Biden, fasse de même.»

«Les Israéliens ont démontré à maintes reprises leur remarquable capacité en matière de renseignement, en particulier en ce qui concerne l'Iran. L’administration Biden serait tout à fait avisée de s’appuyer sur les données du renseignement israélien et de prendre toutes les mesures militaires nécessaires afin de mettre fin à l’activité d’armement nucléaire de l’Iran si jamais Israël estimait que les Iraniens avaient franchi la ligne alors qu’il n’existe aucune alternative à l’activité cinétique.»

Cette frontière fragile reste un point de litige entre Biden et les équipes de sécurité nationale de Bennett. Ne pas parvenir à une position commune pourrait entraîner une action israélienne unilatérale contre l'infrastructure nucléaire de l'Iran. Et pourtant, la faille semble plus importante que jamais.

Le 27 août 2021, le président américain, Joe Biden, rencontre le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, à la Maison Blanche, à Washington, D.C., pour évoquer la question iranienne. (photo AFP)
Le 27 août 2021, le président américain, Joe Biden, rencontre le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, à la Maison Blanche, à Washington, D.C., pour évoquer la question iranienne. (photo AFP)

«Depuis la visite qu’a effectuée le Premier ministre Bennett à Washington pour rencontrer le président Biden, de hauts responsables israéliens ont publiquement exprimé leur mécontentement face au projet de Biden d'aller de l'avant avec la diplomatie avec la République islamique», déclare à Arab News Bryan Leib, directeur exécutif d'Iranian Americans for Liberty.

«Il y a une semaine à peine, l'envoyé spécial américain de Biden en Iran était en Israël pour rencontrer plusieurs hauts responsables israéliens, mais il semble que le Premier ministre Bennett ait refusé de le rencontrer.»

«Au cours des quarante dernières années, le régime iranien a censuré, opprimé et assassiné ses propres citoyens, tandis que ses dirigeants appellent publiquement à la destruction des États-Unis et de la seule nation juive au monde, Israël », souligne Leib.

«La diplomatie avec la République islamique échouera une nouvelle fois car ce ne sont pas des acteurs rationnels qui souhaitent réellement la paix et un avenir meilleur pour leur peuple.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Des pourparlers indirects en cours entre les États-Unis et l’Iran, dit le Pakistan

Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. (AFP)
Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar. (AFP)
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  • M. Dar, qui est également vice-Premier ministre, a qualifié les spéculations sur des "pourparlers de paix" d’"inutiles", ajoutant : "En réalité, des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont lieu par le biais du Pakistan"
  • "Dans ce contexte, les États-Unis ont transmis 15 points, qui sont actuellement examinés par l'Iran", a-t-il poursuivi sur X

ISLAMABAD: Des négociations indirectes sont en cours pour mettre fin à la guerre en Iran et Islamabad joue le rôle d'intermédiaire, a confirmé jeudi le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar.

M. Dar, qui est également vice-Premier ministre, a qualifié les spéculations sur des "pourparlers de paix" d’"inutiles", ajoutant : "En réalité, des discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran ont lieu par le biais de messages transmis par le Pakistan".

"Dans ce contexte, les États-Unis ont transmis 15 points, qui sont actuellement examinés par l'Iran", a-t-il poursuivi sur X.

"Des pays frères comme la Turquie et l'Égypte, entre autres, apportent également leur soutien à cette initiative", a-t-il ajouté.

Les déclarations de M. Dar constituent la première confirmation officielle de la part d'Islamabad que le Pakistan joue un rôle de facilitateur.

Islamabad a été présenté comme un médiateur potentiel, compte tenu de ses liens anciens avec l’Iran voisin et avec les États-Unis, ainsi que de son réseau de contacts dans la région.

Le Premier ministre Shehbaz Sharif et M. Dar sont tous deux en contact régulier avec de hauts responsables du gouvernement iranien, ainsi qu'avec leurs alliés du Golfe, notamment l’Arabie saoudite.

Le puissant chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, est lui aussi impliqué dans ces efforts diplomatiques et a parlé au président américain Donald Trump dimanche dernier, ont indiqué des responsables.

Mais le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l'Iran n'avait "pas l'intention de négocier" et comptait "continuer à résister".

L'Iran veut "mettre fin à la guerre à ses propres conditions", a-t-il souligné. "Parfois, des messages peuvent être transmis (...) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation".


Trump affirme que l'Iran veut un accord pour mettre fin à la guerre

Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre, tandis qu'Israël poursuit jeudi ses frappes sur l'Iran. (AFP)
Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre, tandis qu'Israël poursuit jeudi ses frappes sur l'Iran. (AFP)
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  • "Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire" par crainte de "se faire tuer par les leurs"
  • "Ils ont aussi peur qu'on les tue", a lancé Donald Trump, au 27e jour d'un conflit qui embrase le Moyen-Orient et menace l'économie mondiale.

TEHERAN: Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre, tandis qu'Israël poursuit jeudi ses frappes sur l'Iran.

"Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire" par crainte de "se faire tuer par les leurs", a affirmé le président américain mercredi soir devant un parterre de parlementaires républicains réunis mercredi soir à Washington.

"Ils ont aussi peur qu'on les tue", a-t-il lancé, au 27e jour d'un conflit qui embrase le Moyen-Orient et menace l'économie mondiale.

Plus tôt dans la journée de mercredi, la Maison Blanche avait prévenu que Donald Trump était "prêt à déchaîner l'enfer" si Téhéran faisait "encore un mauvais calcul".

Aucune information n'est disponible sur le ou les dirigeants iraniens en charge des négociations évoquées par Washington.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l'Iran n'a "pas l'intention de négocier" et compte "continuer à résister".

Une proposition américaine pour faire taire les armes, qui, selon des médias américains et israéliens, contient quinze points, a été transmis à l'Iran par Islamabad, en bons termes avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais.

"Parfois, des messages peuvent être transmis (...) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation", a noté M. Araghchi à la télévision d'Etat.

L'Iran veut "mettre la fin à la guerre à ses propres conditions", a-t-il souligné.

Les initiatives diplomatiques se sont multipliées ces derniers jours pour tenter de mettre un terme à une guerre devenue "hors de contrôle", selon les termes du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

Sans toutefois d'ouverture diplomatique jusqu'ici, même si Pékin a dit jeudi voir "des signaux en faveur de négociations" émis à la fois par les Etats-Unis et l'Iran.

Le conflit sera au menu jeudi d'une réunion en France des chefs de la diplomatie du G7, qui ne seront rejoints que vendredi par l'Américain Marco Rubio.

"Ce qui m’inquiète le plus dans cette guerre, c’est qu’il n’y a pas eu de consultation, il n’y a pas de stratégie, il n’y a pas d’objectif clair et, le pire de mon point de vue, c’est qu’il n’y a pas de stratégie de sortie", a lâché le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius, en visite en Australie.

Installations détruites 

Sur le terrain, les attaques se poursuivent dans un sens et dans l'autre. Tôt jeudi, l'armée israélienne a indiqué avoir achevé des "frappes à grande échelle" sur des infrastructures non spécifiées dans plusieurs zones d'Iran, dont Ispahan dans le centre du pays.

Israël a également dit faire l'objet d'une nouvelle attaque de missiles iraniens. L'Arabie saoudite, le Koweït et Bahreïn, où les infrastructures énergétiques et les intérêts américains sont régulièrement ciblés, ont aussi dit faire face à de nouvelles attaques.

L'armée américaine a assuré avoir endommagé ou détruit "plus des deux tiers" des installations de production de drones et de missiles ainsi que des chantiers navals iraniens, et "92%" de la flotte iranienne.

Le quasi blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal 20% du pétrole et gaz naturel liquéfié mondiaux, a provoqué une hausse d'environ 60% des cours du brut depuis le début de l'attaque israélo-américaine le 28 février.

Jeudi, les cours du baril de pétrole, tant du Brent, référence mondiale, que du WTI, référence américaine, remontaient à nouveau après un léger repli la veille, alors que l'Iran a dit autoriser le passage de navires de pays "non-hostiles".

Dépendant quasiment entièrement de pétrole transitant par Ormuz, le Japon a annoncé jeudi devoir puiser pour la deuxième fois dans ses réserves stratégiques.

Israël poursuit par ailleurs son intervention contre le Hezbollah pro-iranien au Liban, où ses frappes ont fait plus d'un million de déplacés depuis que ce pays a été entraîné dans la guerre.

Jeudi, l'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été grièvement blessé mercredi par un tir de mortier tiré en direction de ses troupes au Liban.

 

 


Iran: Trump fait soudain miroiter une fin du conflit et un «changement de régime»

Donald Trump, ravissant les marchés et prenant de court la communauté internationale, a annoncé lundi que les Etats-Unis négociaient la fin des hostilités avec des responsables iraniens non identifiés, parmi lesquels il espère trouver un futur dirigeant compatible avec Washington. (AFP)
Donald Trump, ravissant les marchés et prenant de court la communauté internationale, a annoncé lundi que les Etats-Unis négociaient la fin des hostilités avec des responsables iraniens non identifiés, parmi lesquels il espère trouver un futur dirigeant compatible avec Washington. (AFP)
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  • Des médias iraniens, citant le ministère des Affaires étrangères, ont démenti lundi l'existence de négociations entre Washington et la République islamique
  • Donald Trump a précisé dans son message sur Truth Social que les discussions "continueraient cette semaine" et a surtout fait part d'un report "de cinq jours" de toute frappe sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran

PALM BEACH: Donald Trump, ravissant les marchés et prenant de court la communauté internationale, a annoncé lundi que les Etats-Unis négociaient la fin des hostilités avec des responsables iraniens non identifiés, parmi lesquels il espère trouver un futur dirigeant compatible avec Washington.

Le président américain a parlé sur son réseau Truth Social de "très bonnes et productives discussions pour une cessation totale" des hostilités.

Interrogé par téléphone par l'AFP, il a assuré peu après que "tout se passait très bien" avec Téhéran.

Des médias iraniens, citant le ministère des Affaires étrangères, ont démenti lundi l'existence de négociations entre Washington et la République islamique.

Donald Trump a précisé dans son message sur Truth Social que les discussions "continueraient cette semaine" et a surtout fait part d'un report "de cinq jours" de toute frappe sur des centrales électriques ou des infrastructures énergétiques en Iran.

Khamenei "indisponible" 

Après cette volte-face, il a longuement parlé aux journalistes avant de quitter la Floride pour un déplacement rapide à Memphis (sud), mais ses propos ont suscité plus de questions qu'ils n'ont apporté d'éclaircissements.

Il a évoqué des "points d'accord majeurs" lors de négociations menées sans le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, qu'il a dit être "indisponible".

"Nous négocions avec des gens que je trouve très raisonnables, très solides (...) Ils sont très respectés et peut-être que l'un d’entre eux sera celui que nous cherchons", a-t-il dit.

"Il y a automatiquement un changement de régime" parce que "tous les représentants du régime ont été tués", a encore déclaré le président américain lors de ce dialogue au pied de l'avion.

Le milliardaire, comme souvent quand il évoque l'Iran, a donné l'exemple du Venezuela, où les Etats-Unis ont capturé l'ancien dirigeant Nicolas Maduro et traitent depuis avec l’ancienne vice-présidente Delcy Rodriguez, qu'il présente régulièrement comme une interlocutrice "formidable".

Uranium enrichi 

Le républicain, coutumier des déclarations contradictoires, a aussi menacé de "continuer à bombarder allègrement" l'Iran si les discussions échouaient, et dit qu'il ne "garantissait rien" quant à une fin des hostilités, débutées le 28 février par des frappes israélo-américaines, suivies de ripostes iraniennes.

"Nous voulons l'uranium enrichi" des Iraniens, a aussi déclaré Donald Trump, mais sans préciser comment il comptait en prendre possession.

Son message sur Truth Social, écrit intégralement en lettres capitales, a eu au moins un effet immédiat, celui de faire baisser le cours du pétrole et grimper les marchés.

"JE SUIS CONTENT DE RAPPORTER QUE LES ETATS-UNIS D'AMERIQUE ET LE PAYS DE L'IRAN ONT EU, CES DEUX DERNIERS JOURS, DE TRES BONNES ET PRODUCTIVES DISCUSSIONS POUR UNE CESSATION TOTALE ET COMPLETE DE NOS HOSTILITES AU MOYEN-ORIENT", a annoncé Donald Trump sur sa plate-forme.

Il avait donné samedi à l'Iran un ultimatum de 48 heures pour rouvrir le détroit d'Ormuz avant de frapper les infrastructures énergétiques iraniennes, et n'avait pas fait état récemment de négociations.

Mines 

Il a précisé que le moratoire de cinq jours sur des frappes sur les sites énergétiques dépendait "DU SUCCES DES REUNIONS ET DES DISCUSSIONS EN COURS", en concluant son annonce par sa formule habituelle: "MERCI DE VOTRE ATTENTION".

Les dernières annonces venues auparavant du Moyen-Orient ne laissaient pas présager d'un apaisement.

Défiant l'ultimatum émis samedi par le président américain, l'Iran a menacé lundi de poser des mines navales dans le Golfe.

Tôt lundi, l'armée israélienne a elle annoncé mener "une large vague d'attaques" à Téhéran, où des agences iraniennes ont signalé des explosions. D'après Fars, les frappes ont touché le nord, le centre, l'est et l'ouest de la capitale.