Ce que le désaccord croissant entre les États-Unis et Israël signifie pour la question nucléaire iranienne

Les négociateurs, que l’on voit sur cette photo lors des discussions destinées à relancer l'accord sur le nucléaire iranien à Vienne, qui a redémarré le 29 novembre, semblent loin d’avoir trouvé une solution pour sortir de l’impasse. (AFP)
Les négociateurs, que l’on voit sur cette photo lors des discussions destinées à relancer l'accord sur le nucléaire iranien à Vienne, qui a redémarré le 29 novembre, semblent loin d’avoir trouvé une solution pour sortir de l’impasse. (AFP)
Cette image satellite publiée par Maxar Technologies, prise le 31 mai 2021, montre en gros plan la future installation nucléaire de Sanjarian, à l'est de la capitale de l’Iran, Téhéran. (AFP)
Cette image satellite publiée par Maxar Technologies, prise le 31 mai 2021, montre en gros plan la future installation nucléaire de Sanjarian, à l'est de la capitale de l’Iran, Téhéran. (AFP)
Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)
Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)
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Publié le Jeudi 16 décembre 2021

Ce que le désaccord croissant entre les États-Unis et Israël signifie pour la question nucléaire iranienne

  • Jean-Yves Le Drian a déclaré à une commission parlementaire qu'il craignait que les Iraniens essaient de gagner du temps afin de diluer les termes de l'accord
  • Les observateurs iraniens veulent que l'administration Biden prenne davantage au sérieux les problèmes de sécurité d'Israël

WASHINGTON: Les pourparlers destinés à relancer l'accord nucléaire iranien, qui pourrait voir la levée des sanctions sévères contre Téhéran en échange de garanties d'arrêt de son programme d'enrichissement d'uranium, ont repris à Vienne à la fin du mois dernier.

Cependant, les retards et les obstructions occasionnés par le gouvernement radical du président iranien, Ebrahim Raïssi, les attaques israéliennes contre des cibles iraniennes en Syrie et le discours de plus en plus agressif de Tel-Aviv ont mis collectivement en doute le succès de ce dialogue renouvelé.

Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, a déclaré le 7 décembre dernier à une commission parlementaire qu'il craignait que les Iraniens essaient de gagner du temps afin de diluer les termes de l'accord.

«Nous avons le sentiment que les Iraniens veulent le faire durer; et plus les pourparlers se prolongent, plus ils reviennent sur leurs engagements et se rapprochent de la capacité d'obtenir l'arme nucléaire», déclare le ministre, cité par l'agence de presse Reuters.

Peu de temps après la reprise des pourparlers, le chef de l'agence de renseignement israélienne Mossad, David Barnea, a juré qu'Israël ne permettrait jamais à l'Iran d'acquérir des armes nucléaires, indiquant que le gouvernement de Naftali Bennett, qui perd patience avec les efforts diplomatiques, était de plus en plus disposé à utiliser la force.

En effet, le 7 décembre, Israël a lancé une frappe aérienne contre le principal port syrien de Lattaquié. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, situé au Royaume-Uni, la frappe a détruit une cargaison d'armes iraniennes. L'armée israélienne n'a pas encore commenté l'attaque.

«L'Iran n'aura pas d'armes nucléaires – pas dans les années à venir, jamais», a fait savoir Barnea lors d'une cérémonie de remise des prix de l'agence au début du mois de décembre. «C'est mon engagement personnel; c'est l'engagement du Mossad», a-t-il ajouté.

«Nous ouvrons les yeux, nous sommes vigilants, et, avec nos collègues de l'establishment de la défense, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour écarter cette menace de l'État d'Israël et pour la contrecarrer de toutes les manières.»

Barnea et Benny Gantz, le ministre israélien de la Défense, ont effectué – chose rare – un voyage conjoint à Washington la semaine dernière. Ils auraient insisté auprès des hauts responsables de la Maison Blanche sur la nécessité d'envisager sérieusement des frappes conjointes sur des cibles militaires et nucléaires iraniennes stratégiques.

Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)

L'Iran a accéléré son enrichissement depuis que les États-Unis se sont retirés de l'accord, en 2018. Le président de l'époque, Donald Trump, avait affirmé que l'accord n'allait pas assez loin pour réduire les ambitions atomiques de Téhéran. L'Iran a longtemps insisté sur le fait que son programme n'avait qu’un objectif énergétique civil.

Le président américain, Joe Biden, qui a aidé, en 2015, à négocier l'accord initial en tant que vice-président de Barack Obama, veut rejoindre un accord nucléaire renforcé que les cosignataires (la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l'Union européenne) se sont battus pour sauver.

Cependant, Israël n'est pas convaincu que la relance de l'accord de 2015 permette de réduire les capacités nucléaires de l'Iran et son programme de missiles balistiques, sans même parler de l’influence déstabilisatrice qu’il exerce sur le Moyen-Orient. Les Israéliens réclament un moyen de dissuasion plus puissant.

La perspective d’une résolution non militaire du programme nucléaire iranien s’amenuise rapidement. Les services de renseignement israéliens indiquent que les scientifiques nucléaires iraniens se préparent à enrichir de l'uranium à 90% de pureté, rapprochant plus que jamais Téhéran de la construction d'une bombe.

À moins qu'un enrichissement supplémentaire ne soit empêché, l'Iran pourrait stocker suffisamment d'uranium de qualité militaire dans les mois à venir afin de produire une arme nucléaire viable sans réel avertissement.

La frustration d'Israël face à la position de l'administration Biden n'a cessé de croître ces dernières semaines. Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, Naftali Bennett a appelé les autres dirigeants mondiaux à ne pas permettre à l'Iran de s'en tirer avec ce qu'il a appelé «le chantage nucléaire».

Les responsables israéliens craignent que l'équipe de négociation de Biden n’annule les sanctions contre l'Iran, à la fois celles qui sont de nature nucléaire et celles qui sont liées au terrorisme, libérant ainsi des milliards de dollars, une manne financière dont le régime a désespérément besoin, en échange de garanties minimales sur la réduction de son programme nucléaire.

En outre, Bennett laisse entendre qu'Israël est prêt à prendre les choses en main si les États-Unis acceptent un accord intérimaire avec l'Iran qui donnerait potentiellement au régime une latitude suffisante afin de parvenir à une avancée nucléaire dans un proche avenir.

Un tel accord progressif pourrait finir par enhardir davantage le réseau terroriste transnational régional iranien en fournissant à des mandataires chiites en Irak, au Liban, en Syrie, au Yémen et au-delà un financement qui leur était auparavant refusé en vertu de sanctions sévères.

Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)
Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)

«Poursuivre le terroriste du jour envoyé par la force Al-Qods n’est plus concluant», a déclaré Bennett lors d'une conférence télévisée organisée par l'université Reichman le 23 novembre dernier. «Nous devons poursuivre le commanditaire.»

Les États-Unis et Israël ont traditionnellement agi de concert quand il s’est agi de restreindre l'Iran, de sorte que la récente divergence d'opinion et la perspective croissante d'une action israélienne unilatérale suscitent des inquiétudes à Washington.

«Le gouvernement de Naftali Bennett s'est efforcé de coopérer avec l'équipe Biden lorsqu'elle est entrée en fonction pour présenter un front commun sur la politique iranienne, car il pensait vraiment que cela pourrait amener les États-Unis à l’écouter davantage», déclare Gabriel Noronha, directeur exécutif du Forum pour le leadership américain, qui fut conseiller spécial du département d'État pour l'Iran Action Group auprès du secrétaire d'État Mike Pompeo.

«Ils ont de mieux en mieux compris qu’ils étaient naïfs sur ce point et ils ont peu à peu exprimé leurs plaintes dans les journaux, tandis que, dans le même temps, les responsables américains ont divulgué à la presse des détails sur les opérations militaires israéliennes.

«Les responsables israéliens et les dirigeants militaires américains pensent qu'il est nécessaire d’exprimer une menace militaire crédible pour dissuader le programme nucléaire iranien. Cependant, ils sont en désaccord avec les nominations politiques de Biden au département d'État, au Conseil de sécurité nationale, et avec celle de Colin Kahl, le numéro trois du Pentagone. En effet, ces personnes restent dans l'illusion que l'apaisement envers l'Iran est la meilleure carte à jouer.

Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique se sont vu refuser à plusieurs reprises un accès total aux installations nucléaires iraniennes. (photo d'archives AFP)
Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique se sont vu refuser à plusieurs reprises un accès total aux installations nucléaires iraniennes. (photo d'archives AFP)

Noronha a mis en garde contre la minimisation des plaintes d'Israël dans l’effort qui vise à relancer l'accord nucléaire. Il a estimé que le fait de prendre au sérieux les problèmes de sécurité du pays pourrait, en réalité, servir de levier pour les États-Unis vis-à-vis de l'Iran.

«Les États-Unis doivent changer leur approche et reconnaître qu'Israël est leur meilleur partenaire contre la menace iranienne dans la mesure où sa pression militaire, diplomatique et économique contre le régime donne aux États-Unis davantage de poids dans les négociations», déclare-t-il à Arab News.

«De nombreux responsables israéliens sont incroyablement frustrés par l’antagonisme de Washington envers la politique israélienne, qui essaie simplement de garantir que ses besoins de sécurité fondamentaux sont satisfaits. Israël peut aider les États-Unis – et leurs négociations – en continuant à prendre des mesures secrètes contre les exportations de pétrole de l'Iran et contre son programme nucléaire.

«Les États-Unis seraient avisés de partager davantage de renseignements avec Israël pour faire avancer et soutenir ses opérations ainsi que pour accélérer sa coopération militaire au sujet d’une éventuelle frappe aérienne contre les installations nucléaires iraniennes.»

L’administration Biden diffère fortement des perspectives de Bennett: elle est disposée à accepter un «seuil» au sujet des capacités nucléaires de l'Iran.

En effet, il semblerait que la Maison Blanche de Biden soit prête à tolérer un statu quo dans lequel l'Iran détiendrait les composants d'une «percée nucléaire», au nombre desquels les connaissances, le matériel militaire et la capacité d'enrichissement requis sans réellement construire une arme nucléaire.

Les Israéliens, eux, pensent qu'un tel seuil est tout aussi dangereux que le fait que l'Iran développe réellement une arme nucléaire.

Ellie Cohanim, qui était l'envoyée spéciale adjointe chargée de surveiller et de combattre l'antisémitisme au département d'État sous l'administration Trump, s'inquiète que l'administration Biden ne prête pas attention aux préoccupations israéliennes.

Le directeur de l’Organisation de l'énergie atomique, l’Iranien Mohammed Eslami (à gauche) et le gouverneur iranien de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Kazem Gharib Abadi (au centre), sortent d’une réunion de l'AIEA à Vienne, en Autriche, le 20 septembre 2021. (AFP)
Le directeur de l’Organisation de l'énergie atomique, l’Iranien Mohammed Eslami (à gauche) et le gouverneur iranien de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Kazem Gharib Abadi (au centre), sortent d’une réunion de l'AIEA à Vienne, en Autriche, le 20 septembre 2021. (AFP)

«Il semble que, dans les coulisses, les différences entre l'administration Biden et son équipe de négociation iranienne avec le gouvernement israélien s'accroissent», déclare Cohanim à Arab News. Elle ajoute que l'équipe Biden n'a pas réussi à reproduire la politique de «tolérance zéro» de l'administration Trump.

«Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a déclaré officiellement que les États-Unis et les puissances mondiales doivent prendre conscience du fait que le régime iranien cherche des armes nucléaires, et il semblerait donc que les Israéliens éprouvent un sentiment de frustration envers l’administration actuelle des États-Unis», confie-t-elle à Arab News.

«Le président Donald Trump a clairement déclaré qu'il ne permettrait jamais à l'Iran de développer une bombe nucléaire, et il est temps que le président américain, Joe Biden, fasse de même.»

«Les Israéliens ont démontré à maintes reprises leur remarquable capacité en matière de renseignement, en particulier en ce qui concerne l'Iran. L’administration Biden serait tout à fait avisée de s’appuyer sur les données du renseignement israélien et de prendre toutes les mesures militaires nécessaires afin de mettre fin à l’activité d’armement nucléaire de l’Iran si jamais Israël estimait que les Iraniens avaient franchi la ligne alors qu’il n’existe aucune alternative à l’activité cinétique.»

Cette frontière fragile reste un point de litige entre Biden et les équipes de sécurité nationale de Bennett. Ne pas parvenir à une position commune pourrait entraîner une action israélienne unilatérale contre l'infrastructure nucléaire de l'Iran. Et pourtant, la faille semble plus importante que jamais.

Le 27 août 2021, le président américain, Joe Biden, rencontre le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, à la Maison Blanche, à Washington, D.C., pour évoquer la question iranienne. (photo AFP)
Le 27 août 2021, le président américain, Joe Biden, rencontre le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, à la Maison Blanche, à Washington, D.C., pour évoquer la question iranienne. (photo AFP)

«Depuis la visite qu’a effectuée le Premier ministre Bennett à Washington pour rencontrer le président Biden, de hauts responsables israéliens ont publiquement exprimé leur mécontentement face au projet de Biden d'aller de l'avant avec la diplomatie avec la République islamique», déclare à Arab News Bryan Leib, directeur exécutif d'Iranian Americans for Liberty.

«Il y a une semaine à peine, l'envoyé spécial américain de Biden en Iran était en Israël pour rencontrer plusieurs hauts responsables israéliens, mais il semble que le Premier ministre Bennett ait refusé de le rencontrer.»

«Au cours des quarante dernières années, le régime iranien a censuré, opprimé et assassiné ses propres citoyens, tandis que ses dirigeants appellent publiquement à la destruction des États-Unis et de la seule nation juive au monde, Israël », souligne Leib.

«La diplomatie avec la République islamique échouera une nouvelle fois car ce ne sont pas des acteurs rationnels qui souhaitent réellement la paix et un avenir meilleur pour leur peuple.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump nomme Tony Blair et Marco Rubio à son Conseil de la paix pour Gaza

L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair. (AFP/Archives)
L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair. (AFP/Archives)
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  • Donald Trump a dévoilé la composition du Conseil de la paix pour Gaza, qu’il présidera, avec notamment Marco Rubio, Tony Blair et plusieurs figures politiques et économiques américaines
  • Ce Conseil doit superviser la mise en œuvre de la phase 2 du plan Trump pour Gaza, incluant le désarmement du Hamas, le retrait israélien progressif et le déploiement d’une force internationale, dans un contexte de cessez-le-feu fragile

WASHINGTON: Donald Trump a dévoilé vendredi la liste de membres du Conseil de la paix pour Gaza, qu'il présidera et auquel siégeront en particulier le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Cette présentation intervient deux jours après que Steve Witkoff, son émissaire, a annoncé le lancement de la phase 2 du plan Trump visant à mettre fin à la guerre dans le territoire, après trois mois de fragile cessez-le feu obtenu le 10 octobre sous la pression de Washington.

Cette deuxième phase prévoit le désarmement du Hamas, le retrait progressif des troupes israéliennes de la bande de Gaza et le déploiement de la Force internationale de stabilisation, selon les termes de ce plan endossé par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre.

Le Conseil de la paix doit superviser ce processus ainsi que le comité palestinien temporaire et technocratique composé de 15 personnalités formées pour administrer temporairement la bande de Gaza.

Outre MM. Blair et Rubio, il compte M. Witkoff ainsi que le gendre du président américain Jared Kushner, homme d'affaires et médiateur officieux du gouvernement Trump, ou encore le président de la Banque mondiale Ajay Banga, a indiqué M. Trump dans un communiqué.

La liste de sept personnalités - dont cinq Américains - composant ce que la Maison Blanche appelle le "founding executive board" comprend aussi Marc Rowan, un milliardaire patron du fonds d'investissement Apollo Global Management, et Robert Gabriel, un conseiller de Donald Trump.

Chacun d'eux va "superviser un secteur défini, nécessaire à la stabilisation et au succès à long terme de Gaza, ce qui inclut la mise en place de structures de gouvernement, les relations régionales, la reconstruction, l'attractivité pour les investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation de capital", selon le communiqué.

- Reconstruction -

M. Trump avait annoncé dès octobre la présence de M. Blair dans son futur Conseil de la paix, mais des doutes avaient émergé quant à la participation effective de l'ex-dirigeant face à la vive opposition de pays arabes en raison de son soutien à l'invasion américaine de l'Irak en 2003.

Donald Trump avait promis, avec son emphase habituelle, le "plus grand et prestigieux conseil jamais assemblé".

Le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, que l'on savait destiné à un rôle important, sera Haut représentant pour Gaza, a annoncé la Maison Blanche. Et le général américain Jasper Jeffers dirigera la Force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien.

Le déploiement de cette force, prévu par le plan Trump, doit permettre d'aider à sécuriser Gaza et de former des unités de police palestiniennes.

Les travaux de reconstruction "s'appuieront essentiellement" sur le plan égyptien arabo-islamique, a affirmé le président du comité palestinien, Ali Shaath, ingénieur et ancien vice-ministre palestinien, dans un entretien à la chaîne de télévision égyptienne al-Qahera News, réputée proche des services de renseignement égyptiens.

Ce plan avait été adopté en mars 2025, avec le soutien des pays européens, en réponse au projet alors avancé par M. Trump d'une prise de contrôle du territoire palestinien par les Etats-Unis pour en faire la "Riviera du Moyen-Orient" après en avoir expulsé les habitants.

Sur le terrain, l'armée israélienne a affirmé avoir mené jeudi des frappes en riposte à des tirs plus tôt cette semaine contre ses troupes dans le sud du territoire palestinien, qu'elle a qualifiés de "violation flagrante" du cessez-le-feu.

Dans un communiqué, le Hamas a de son côté accusé Israël d'avoir commis une "nouvelle violation" du cessez-le-feu avec ces raids, qui ont fait au moins sept morts selon la Défense civile de Gaza, une organisation de premiers secours opérant sous son autorité.

Le Hamas avait rejeté en octobre la création du Conseil de la paix pour Gaza, un de ses hauts responsables, Osama Hamdan, dénonçant un retour "à l'ère des mandats et du colonialisme".


Washington sanctionne des Iraniens accusés d'orchestrer la répression des manifestants

M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué. (AFP)
M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué. (AFP)
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  • Est en particulier visé Ali Larijani, à la tête de la plus haute instance de sécurité en Iran en tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale
  • M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques"

WASHINGTON: Le gouvernement américain a annoncé jeudi des sanctions économiques à l'encontre de plusieurs responsables sécuritaires iraniens accusés de coordonner la répression des manifestations dans le pays.

"Les dirigeants iraniens ont répondu brutalement aux manifestations pacifiques par des actes de violence, allant de tueries massives dans les rues à des attaques contre des victimes blessées et des hôpitaux", a dénoncé dans un message vidéo le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

En réponse, le Trésor impose une nouvelle série de sanctions économiques contre les intérêts iraniens.

Est en particulier visé Ali Larijani, à la tête de la plus haute instance de sécurité en Iran en tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale.

M. Larijani "coordonne la réponse aux manifestations au nom du Guide suprême de l'Iran et a publiquement appelé les forces de sécurité iraniennes à recourir à la force pour réprimer les manifestants pacifiques", écrit le ministère dans un communiqué.

Sont aussi sanctionnés quatre responsables sécuritaires opérant à l'échelle régionale en Iran.

"Notre message au peuple iranien est clair: vos revendications sont légitimes. Vous manifestez pour une noble cause", a déclaré le ministre Bessent dans la vidéo.

"Notre message aux dirigeants iraniens est également clair", a-t-il continué.

"Le Trésor américain sait que, tels des rats qui quittent un navire en perdition, vous transférez frénétiquement les fonds volés aux familles iraniennes vers des banques et des institutions financières à travers le monde. Soyez assurés que nous les traquerons, et vous avec."

Les sanctions américaines entraînent le gel de l'ensemble des avoirs détenus aux Etats-Unis par les personnes et entités visées.

Elles interdisent aussi à toute entreprise ou citoyen américain de faire des affaires avec elles, au risque d'être à leur tour frappés par des sanctions.


«Continuez à manifester», «l'aide est en route», lance Donald Trump aux Iraniens

Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran.  Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté. (AFP)
Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran. Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté. (AFP)
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  • La Maison Blanche avait affirmé lundi que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait "la première option"
  • Donald Trump a par ailleurs annoncé des sanctions contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25% prenant effet "immédiatement

PARIS: Donald Trump a encouragé mardi les manifestants en Iran à renverser les institutions et a promis que "l'aide" arrivait, Téhéran dénonçant de son côté des "troubles orchestrés" pour servir de prétexte à une intervention militaire américaine.

"CONTINUEZ A MANIFESTER - PRENEZ LE CONTROLE DE VOS INSTITUTIONS!!!", a écrit le président américain sur son réseau Truth social, soulignant que "beaucoup d'aide est en route".

Le président américain a menacé plusieurs fois d'intervenir militairement depuis le début le 28 décembre du mouvement, l'un des plus vastes depuis la proclamation de la République islamique en 1979.

La mission iranienne à l'ONU a accusé mardi les Etats-Unis de chercher à renverser le régime par la force, "des troubles orchestrés et le chaos servant de modus operandi pour fabriquer un prétexte à une intervention militaire".

Fils de l'ancien chah d'Iran chassé du pouvoir en 1979 et figure de l'opposition iranienne en exil aux Etats-Unis, Reza Pahlavi a assuré mardi aux manifestants que "le monde n'a pas seulement vu et entendu votre voix et votre courage, maintenant il répond".

La répression a fait au moins 734 morts selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège, qui estime toutefois que le nombre réel de morts pourrait s'élever à plusieurs milliers.

Des rapports crédibles font état "de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays", affirme également l'ONG Human Rights Watch.

De nouvelles vidéos, authentifiées par l'AFP, sont apparues sur les réseaux sociaux montrant des dizaines de corps alignés dans une mosquée au sud de la capitale iranienne.

"Tirs au hasard" 

Les condamnations internationales ont afflué mardi: l'ONU s'est dit "horrifiée" et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé un bilan "effroyable" et dit plancher sur de nouvelles sanctions contre Téhéran.

L'UE et des capitales européennes ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour dénoncer la "répression la plus brutale et la plus sanglante contre des manifestations" depuis des années, selon Londres.

La Maison Blanche avait affirmé lundi que la possibilité de frappes aériennes était toujours sur la table, mais que la diplomatie demeurait "la première option".

Donald Trump a par ailleurs annoncé des sanctions contre les partenaires commerciaux de l'Iran - des droits de douane de 25% prenant effet "immédiatement".

L'Iran reste privé d'internet depuis le 8 janvier. Des défenseurs des droits humains accusent Téhéran de chercher ainsi à masquer la répression.

L'IHR évoque 10.000 arrestations.

"La violence augmente, les arrestations aussi. Les oppresseurs tirent au hasard", relate Kian Tahsildari à Istanbul, relayant le témoignage d'amis à Mashad (nord-est de l'Iran).

Téhéran "prêt à toute éventualité" 

Les liaisons téléphoniques internationales, coupées depuis vendredi, ont été rétablies mardi depuis l'Iran vers l'étranger mais restent précaires, selon un journaliste de l'AFP à Téhéran.

Dans la capitale, les forces de sécurité ont été mardi moins visibles aux principaux carrefours de Téhéran, a-t-il constaté.

Les médias d'Etat diffusent en boucle des images des dégâts et rendent hommage aux membres des forces de sécurité tués.

Les autorités iraniennes ont annoncé la tenue mercredi d'une cérémonie funéraire géante à Téhéran en l'honneur des "martyrs" des derniers jours, en référence essentiellement à ceux-ci.

Depuis le début du mouvement, initialement lié au coût de la vie, le pouvoir dit comprendre les revendications portant sur des questions économiques mais accuse des "émeutiers" pilotés par l'étranger d'être à l'origine des violences.

Mardi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a affirmé sur Al Jazeera que la décision de couper l'internet avait été prise en raison "d'opérations terroristes" dont "les ordres venaient de l'étranger".

"Nous sommes préparés pour toute éventualité et nous espérons que Washington fera un choix guidé par la sagesse. Peu importe quelle option ils choisiront, nous y sommes prêts", a-t-il ajouté.

Agé de 86 ans, l'ayatollah Khamenei a déjà été confronté à d'importants défis, notamment durant la guerre de 12 jours avec Israël en juin 2025, déclenchée par une attaque massive contre les installations militaires et nucléaires iraniennes.

Mais ces manifestations "représentent sans doute le défi le plus sérieux" pour le guide suprême "depuis des années, tant par leur ampleur que par leurs revendications politiques de plus en plus explicites", relève Nicole Grajewski, professeure au Centre de recherches internationales de Sciences Po.

Des analystes jugent cependant prématuré de prédire dans l'immédiat la chute du pouvoir théocratique iranien, soulignant que la République islamique dispose de solides leviers répressifs, à commencer par le Corps des Gardiens de la Révolution.