Ce que le désaccord croissant entre les États-Unis et Israël signifie pour la question nucléaire iranienne

Les négociateurs, que l’on voit sur cette photo lors des discussions destinées à relancer l'accord sur le nucléaire iranien à Vienne, qui a redémarré le 29 novembre, semblent loin d’avoir trouvé une solution pour sortir de l’impasse. (AFP)
Les négociateurs, que l’on voit sur cette photo lors des discussions destinées à relancer l'accord sur le nucléaire iranien à Vienne, qui a redémarré le 29 novembre, semblent loin d’avoir trouvé une solution pour sortir de l’impasse. (AFP)
Cette image satellite publiée par Maxar Technologies, prise le 31 mai 2021, montre en gros plan la future installation nucléaire de Sanjarian, à l'est de la capitale de l’Iran, Téhéran. (AFP)
Cette image satellite publiée par Maxar Technologies, prise le 31 mai 2021, montre en gros plan la future installation nucléaire de Sanjarian, à l'est de la capitale de l’Iran, Téhéran. (AFP)
Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)
Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)
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Publié le Jeudi 16 décembre 2021

Ce que le désaccord croissant entre les États-Unis et Israël signifie pour la question nucléaire iranienne

  • Jean-Yves Le Drian a déclaré à une commission parlementaire qu'il craignait que les Iraniens essaient de gagner du temps afin de diluer les termes de l'accord
  • Les observateurs iraniens veulent que l'administration Biden prenne davantage au sérieux les problèmes de sécurité d'Israël

WASHINGTON: Les pourparlers destinés à relancer l'accord nucléaire iranien, qui pourrait voir la levée des sanctions sévères contre Téhéran en échange de garanties d'arrêt de son programme d'enrichissement d'uranium, ont repris à Vienne à la fin du mois dernier.

Cependant, les retards et les obstructions occasionnés par le gouvernement radical du président iranien, Ebrahim Raïssi, les attaques israéliennes contre des cibles iraniennes en Syrie et le discours de plus en plus agressif de Tel-Aviv ont mis collectivement en doute le succès de ce dialogue renouvelé.

Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, a déclaré le 7 décembre dernier à une commission parlementaire qu'il craignait que les Iraniens essaient de gagner du temps afin de diluer les termes de l'accord.

«Nous avons le sentiment que les Iraniens veulent le faire durer; et plus les pourparlers se prolongent, plus ils reviennent sur leurs engagements et se rapprochent de la capacité d'obtenir l'arme nucléaire», déclare le ministre, cité par l'agence de presse Reuters.

Peu de temps après la reprise des pourparlers, le chef de l'agence de renseignement israélienne Mossad, David Barnea, a juré qu'Israël ne permettrait jamais à l'Iran d'acquérir des armes nucléaires, indiquant que le gouvernement de Naftali Bennett, qui perd patience avec les efforts diplomatiques, était de plus en plus disposé à utiliser la force.

En effet, le 7 décembre, Israël a lancé une frappe aérienne contre le principal port syrien de Lattaquié. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, situé au Royaume-Uni, la frappe a détruit une cargaison d'armes iraniennes. L'armée israélienne n'a pas encore commenté l'attaque.

«L'Iran n'aura pas d'armes nucléaires – pas dans les années à venir, jamais», a fait savoir Barnea lors d'une cérémonie de remise des prix de l'agence au début du mois de décembre. «C'est mon engagement personnel; c'est l'engagement du Mossad», a-t-il ajouté.

«Nous ouvrons les yeux, nous sommes vigilants, et, avec nos collègues de l'establishment de la défense, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour écarter cette menace de l'État d'Israël et pour la contrecarrer de toutes les manières.»

Barnea et Benny Gantz, le ministre israélien de la Défense, ont effectué – chose rare – un voyage conjoint à Washington la semaine dernière. Ils auraient insisté auprès des hauts responsables de la Maison Blanche sur la nécessité d'envisager sérieusement des frappes conjointes sur des cibles militaires et nucléaires iraniennes stratégiques.

Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)

L'Iran a accéléré son enrichissement depuis que les États-Unis se sont retirés de l'accord, en 2018. Le président de l'époque, Donald Trump, avait affirmé que l'accord n'allait pas assez loin pour réduire les ambitions atomiques de Téhéran. L'Iran a longtemps insisté sur le fait que son programme n'avait qu’un objectif énergétique civil.

Le président américain, Joe Biden, qui a aidé, en 2015, à négocier l'accord initial en tant que vice-président de Barack Obama, veut rejoindre un accord nucléaire renforcé que les cosignataires (la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l'Union européenne) se sont battus pour sauver.

Cependant, Israël n'est pas convaincu que la relance de l'accord de 2015 permette de réduire les capacités nucléaires de l'Iran et son programme de missiles balistiques, sans même parler de l’influence déstabilisatrice qu’il exerce sur le Moyen-Orient. Les Israéliens réclament un moyen de dissuasion plus puissant.

La perspective d’une résolution non militaire du programme nucléaire iranien s’amenuise rapidement. Les services de renseignement israéliens indiquent que les scientifiques nucléaires iraniens se préparent à enrichir de l'uranium à 90% de pureté, rapprochant plus que jamais Téhéran de la construction d'une bombe.

À moins qu'un enrichissement supplémentaire ne soit empêché, l'Iran pourrait stocker suffisamment d'uranium de qualité militaire dans les mois à venir afin de produire une arme nucléaire viable sans réel avertissement.

La frustration d'Israël face à la position de l'administration Biden n'a cessé de croître ces dernières semaines. Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, Naftali Bennett a appelé les autres dirigeants mondiaux à ne pas permettre à l'Iran de s'en tirer avec ce qu'il a appelé «le chantage nucléaire».

Les responsables israéliens craignent que l'équipe de négociation de Biden n’annule les sanctions contre l'Iran, à la fois celles qui sont de nature nucléaire et celles qui sont liées au terrorisme, libérant ainsi des milliards de dollars, une manne financière dont le régime a désespérément besoin, en échange de garanties minimales sur la réduction de son programme nucléaire.

En outre, Bennett laisse entendre qu'Israël est prêt à prendre les choses en main si les États-Unis acceptent un accord intérimaire avec l'Iran qui donnerait potentiellement au régime une latitude suffisante afin de parvenir à une avancée nucléaire dans un proche avenir.

Un tel accord progressif pourrait finir par enhardir davantage le réseau terroriste transnational régional iranien en fournissant à des mandataires chiites en Irak, au Liban, en Syrie, au Yémen et au-delà un financement qui leur était auparavant refusé en vertu de sanctions sévères.

Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)
Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)

«Poursuivre le terroriste du jour envoyé par la force Al-Qods n’est plus concluant», a déclaré Bennett lors d'une conférence télévisée organisée par l'université Reichman le 23 novembre dernier. «Nous devons poursuivre le commanditaire.»

Les États-Unis et Israël ont traditionnellement agi de concert quand il s’est agi de restreindre l'Iran, de sorte que la récente divergence d'opinion et la perspective croissante d'une action israélienne unilatérale suscitent des inquiétudes à Washington.

«Le gouvernement de Naftali Bennett s'est efforcé de coopérer avec l'équipe Biden lorsqu'elle est entrée en fonction pour présenter un front commun sur la politique iranienne, car il pensait vraiment que cela pourrait amener les États-Unis à l’écouter davantage», déclare Gabriel Noronha, directeur exécutif du Forum pour le leadership américain, qui fut conseiller spécial du département d'État pour l'Iran Action Group auprès du secrétaire d'État Mike Pompeo.

«Ils ont de mieux en mieux compris qu’ils étaient naïfs sur ce point et ils ont peu à peu exprimé leurs plaintes dans les journaux, tandis que, dans le même temps, les responsables américains ont divulgué à la presse des détails sur les opérations militaires israéliennes.

«Les responsables israéliens et les dirigeants militaires américains pensent qu'il est nécessaire d’exprimer une menace militaire crédible pour dissuader le programme nucléaire iranien. Cependant, ils sont en désaccord avec les nominations politiques de Biden au département d'État, au Conseil de sécurité nationale, et avec celle de Colin Kahl, le numéro trois du Pentagone. En effet, ces personnes restent dans l'illusion que l'apaisement envers l'Iran est la meilleure carte à jouer.

Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique se sont vu refuser à plusieurs reprises un accès total aux installations nucléaires iraniennes. (photo d'archives AFP)
Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique se sont vu refuser à plusieurs reprises un accès total aux installations nucléaires iraniennes. (photo d'archives AFP)

Noronha a mis en garde contre la minimisation des plaintes d'Israël dans l’effort qui vise à relancer l'accord nucléaire. Il a estimé que le fait de prendre au sérieux les problèmes de sécurité du pays pourrait, en réalité, servir de levier pour les États-Unis vis-à-vis de l'Iran.

«Les États-Unis doivent changer leur approche et reconnaître qu'Israël est leur meilleur partenaire contre la menace iranienne dans la mesure où sa pression militaire, diplomatique et économique contre le régime donne aux États-Unis davantage de poids dans les négociations», déclare-t-il à Arab News.

«De nombreux responsables israéliens sont incroyablement frustrés par l’antagonisme de Washington envers la politique israélienne, qui essaie simplement de garantir que ses besoins de sécurité fondamentaux sont satisfaits. Israël peut aider les États-Unis – et leurs négociations – en continuant à prendre des mesures secrètes contre les exportations de pétrole de l'Iran et contre son programme nucléaire.

«Les États-Unis seraient avisés de partager davantage de renseignements avec Israël pour faire avancer et soutenir ses opérations ainsi que pour accélérer sa coopération militaire au sujet d’une éventuelle frappe aérienne contre les installations nucléaires iraniennes.»

L’administration Biden diffère fortement des perspectives de Bennett: elle est disposée à accepter un «seuil» au sujet des capacités nucléaires de l'Iran.

En effet, il semblerait que la Maison Blanche de Biden soit prête à tolérer un statu quo dans lequel l'Iran détiendrait les composants d'une «percée nucléaire», au nombre desquels les connaissances, le matériel militaire et la capacité d'enrichissement requis sans réellement construire une arme nucléaire.

Les Israéliens, eux, pensent qu'un tel seuil est tout aussi dangereux que le fait que l'Iran développe réellement une arme nucléaire.

Ellie Cohanim, qui était l'envoyée spéciale adjointe chargée de surveiller et de combattre l'antisémitisme au département d'État sous l'administration Trump, s'inquiète que l'administration Biden ne prête pas attention aux préoccupations israéliennes.

Le directeur de l’Organisation de l'énergie atomique, l’Iranien Mohammed Eslami (à gauche) et le gouverneur iranien de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Kazem Gharib Abadi (au centre), sortent d’une réunion de l'AIEA à Vienne, en Autriche, le 20 septembre 2021. (AFP)
Le directeur de l’Organisation de l'énergie atomique, l’Iranien Mohammed Eslami (à gauche) et le gouverneur iranien de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Kazem Gharib Abadi (au centre), sortent d’une réunion de l'AIEA à Vienne, en Autriche, le 20 septembre 2021. (AFP)

«Il semble que, dans les coulisses, les différences entre l'administration Biden et son équipe de négociation iranienne avec le gouvernement israélien s'accroissent», déclare Cohanim à Arab News. Elle ajoute que l'équipe Biden n'a pas réussi à reproduire la politique de «tolérance zéro» de l'administration Trump.

«Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a déclaré officiellement que les États-Unis et les puissances mondiales doivent prendre conscience du fait que le régime iranien cherche des armes nucléaires, et il semblerait donc que les Israéliens éprouvent un sentiment de frustration envers l’administration actuelle des États-Unis», confie-t-elle à Arab News.

«Le président Donald Trump a clairement déclaré qu'il ne permettrait jamais à l'Iran de développer une bombe nucléaire, et il est temps que le président américain, Joe Biden, fasse de même.»

«Les Israéliens ont démontré à maintes reprises leur remarquable capacité en matière de renseignement, en particulier en ce qui concerne l'Iran. L’administration Biden serait tout à fait avisée de s’appuyer sur les données du renseignement israélien et de prendre toutes les mesures militaires nécessaires afin de mettre fin à l’activité d’armement nucléaire de l’Iran si jamais Israël estimait que les Iraniens avaient franchi la ligne alors qu’il n’existe aucune alternative à l’activité cinétique.»

Cette frontière fragile reste un point de litige entre Biden et les équipes de sécurité nationale de Bennett. Ne pas parvenir à une position commune pourrait entraîner une action israélienne unilatérale contre l'infrastructure nucléaire de l'Iran. Et pourtant, la faille semble plus importante que jamais.

Le 27 août 2021, le président américain, Joe Biden, rencontre le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, à la Maison Blanche, à Washington, D.C., pour évoquer la question iranienne. (photo AFP)
Le 27 août 2021, le président américain, Joe Biden, rencontre le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, à la Maison Blanche, à Washington, D.C., pour évoquer la question iranienne. (photo AFP)

«Depuis la visite qu’a effectuée le Premier ministre Bennett à Washington pour rencontrer le président Biden, de hauts responsables israéliens ont publiquement exprimé leur mécontentement face au projet de Biden d'aller de l'avant avec la diplomatie avec la République islamique», déclare à Arab News Bryan Leib, directeur exécutif d'Iranian Americans for Liberty.

«Il y a une semaine à peine, l'envoyé spécial américain de Biden en Iran était en Israël pour rencontrer plusieurs hauts responsables israéliens, mais il semble que le Premier ministre Bennett ait refusé de le rencontrer.»

«Au cours des quarante dernières années, le régime iranien a censuré, opprimé et assassiné ses propres citoyens, tandis que ses dirigeants appellent publiquement à la destruction des États-Unis et de la seule nation juive au monde, Israël », souligne Leib.

«La diplomatie avec la République islamique échouera une nouvelle fois car ce ne sont pas des acteurs rationnels qui souhaitent réellement la paix et un avenir meilleur pour leur peuple.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.


Trump dit qu'il va appeler Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles iraniens 

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  • "Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)"
  • "Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement"

WASHINGTON: Le président américain Donald Trump dit qu'il va appeler le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour lui demander de ne pas répliquer aux missiles tirés dimanche par l'Iran vers Israël, rapporte dimanche le média Axios.

"Je vais appeler Bibi (le surnom de Netanyahu, ndlr) tout de suite pour lui dire de ne pas riposter. Israël a eu sa frappe et l'Iran a eu sa frappe. On n'a pas besoin d'une autre (frappe)", a déclaré le président américain selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, qui dit l'avoir eu au téléphone.

"Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l'Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu'il tombe à l'eau à cause de ce qui se passe actuellement", a-t-il ajouté selon la même source qui a publié le message sur son compte X.

Dans une autre interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump affirme que les frappes iraniennes "ne vont pas aider les négociations".

"On est très proches. Je dirais qu'un accord peut être signé lundi, mardi ou mercredi de cette semaine. Et voilà qu'il se passe ceci", a-t-il dit selon le journaliste Trey Yingst, qui dit également l'avoir eu au téléphone.

Selon elle, M. Trump lui a dit être "pas très content" de la frappe israélienne ayant visé Beyrouth dimanche.

"Revenez à la table des négociations et concluez un accord", a-t-il lancé à l'adresse de l'Iran, selon Fox News.