Ce que le désaccord croissant entre les États-Unis et Israël signifie pour la question nucléaire iranienne

Les négociateurs, que l’on voit sur cette photo lors des discussions destinées à relancer l'accord sur le nucléaire iranien à Vienne, qui a redémarré le 29 novembre, semblent loin d’avoir trouvé une solution pour sortir de l’impasse. (AFP)
Les négociateurs, que l’on voit sur cette photo lors des discussions destinées à relancer l'accord sur le nucléaire iranien à Vienne, qui a redémarré le 29 novembre, semblent loin d’avoir trouvé une solution pour sortir de l’impasse. (AFP)
Cette image satellite publiée par Maxar Technologies, prise le 31 mai 2021, montre en gros plan la future installation nucléaire de Sanjarian, à l'est de la capitale de l’Iran, Téhéran. (AFP)
Cette image satellite publiée par Maxar Technologies, prise le 31 mai 2021, montre en gros plan la future installation nucléaire de Sanjarian, à l'est de la capitale de l’Iran, Téhéran. (AFP)
Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)
Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)
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Publié le Jeudi 16 décembre 2021

Ce que le désaccord croissant entre les États-Unis et Israël signifie pour la question nucléaire iranienne

  • Jean-Yves Le Drian a déclaré à une commission parlementaire qu'il craignait que les Iraniens essaient de gagner du temps afin de diluer les termes de l'accord
  • Les observateurs iraniens veulent que l'administration Biden prenne davantage au sérieux les problèmes de sécurité d'Israël

WASHINGTON: Les pourparlers destinés à relancer l'accord nucléaire iranien, qui pourrait voir la levée des sanctions sévères contre Téhéran en échange de garanties d'arrêt de son programme d'enrichissement d'uranium, ont repris à Vienne à la fin du mois dernier.

Cependant, les retards et les obstructions occasionnés par le gouvernement radical du président iranien, Ebrahim Raïssi, les attaques israéliennes contre des cibles iraniennes en Syrie et le discours de plus en plus agressif de Tel-Aviv ont mis collectivement en doute le succès de ce dialogue renouvelé.

Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, a déclaré le 7 décembre dernier à une commission parlementaire qu'il craignait que les Iraniens essaient de gagner du temps afin de diluer les termes de l'accord.

«Nous avons le sentiment que les Iraniens veulent le faire durer; et plus les pourparlers se prolongent, plus ils reviennent sur leurs engagements et se rapprochent de la capacité d'obtenir l'arme nucléaire», déclare le ministre, cité par l'agence de presse Reuters.

Peu de temps après la reprise des pourparlers, le chef de l'agence de renseignement israélienne Mossad, David Barnea, a juré qu'Israël ne permettrait jamais à l'Iran d'acquérir des armes nucléaires, indiquant que le gouvernement de Naftali Bennett, qui perd patience avec les efforts diplomatiques, était de plus en plus disposé à utiliser la force.

En effet, le 7 décembre, Israël a lancé une frappe aérienne contre le principal port syrien de Lattaquié. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, situé au Royaume-Uni, la frappe a détruit une cargaison d'armes iraniennes. L'armée israélienne n'a pas encore commenté l'attaque.

«L'Iran n'aura pas d'armes nucléaires – pas dans les années à venir, jamais», a fait savoir Barnea lors d'une cérémonie de remise des prix de l'agence au début du mois de décembre. «C'est mon engagement personnel; c'est l'engagement du Mossad», a-t-il ajouté.

«Nous ouvrons les yeux, nous sommes vigilants, et, avec nos collègues de l'establishment de la défense, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour écarter cette menace de l'État d'Israël et pour la contrecarrer de toutes les manières.»

Barnea et Benny Gantz, le ministre israélien de la Défense, ont effectué – chose rare – un voyage conjoint à Washington la semaine dernière. Ils auraient insisté auprès des hauts responsables de la Maison Blanche sur la nécessité d'envisager sérieusement des frappes conjointes sur des cibles militaires et nucléaires iraniennes stratégiques.

Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)
Une photo fournie par la présidence iranienne le 8 octobre 2021 montre le président iranien, Ebrahim Raïssi, en train de visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. (AFP)

L'Iran a accéléré son enrichissement depuis que les États-Unis se sont retirés de l'accord, en 2018. Le président de l'époque, Donald Trump, avait affirmé que l'accord n'allait pas assez loin pour réduire les ambitions atomiques de Téhéran. L'Iran a longtemps insisté sur le fait que son programme n'avait qu’un objectif énergétique civil.

Le président américain, Joe Biden, qui a aidé, en 2015, à négocier l'accord initial en tant que vice-président de Barack Obama, veut rejoindre un accord nucléaire renforcé que les cosignataires (la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l'Union européenne) se sont battus pour sauver.

Cependant, Israël n'est pas convaincu que la relance de l'accord de 2015 permette de réduire les capacités nucléaires de l'Iran et son programme de missiles balistiques, sans même parler de l’influence déstabilisatrice qu’il exerce sur le Moyen-Orient. Les Israéliens réclament un moyen de dissuasion plus puissant.

La perspective d’une résolution non militaire du programme nucléaire iranien s’amenuise rapidement. Les services de renseignement israéliens indiquent que les scientifiques nucléaires iraniens se préparent à enrichir de l'uranium à 90% de pureté, rapprochant plus que jamais Téhéran de la construction d'une bombe.

À moins qu'un enrichissement supplémentaire ne soit empêché, l'Iran pourrait stocker suffisamment d'uranium de qualité militaire dans les mois à venir afin de produire une arme nucléaire viable sans réel avertissement.

La frustration d'Israël face à la position de l'administration Biden n'a cessé de croître ces dernières semaines. Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, Naftali Bennett a appelé les autres dirigeants mondiaux à ne pas permettre à l'Iran de s'en tirer avec ce qu'il a appelé «le chantage nucléaire».

Les responsables israéliens craignent que l'équipe de négociation de Biden n’annule les sanctions contre l'Iran, à la fois celles qui sont de nature nucléaire et celles qui sont liées au terrorisme, libérant ainsi des milliards de dollars, une manne financière dont le régime a désespérément besoin, en échange de garanties minimales sur la réduction de son programme nucléaire.

En outre, Bennett laisse entendre qu'Israël est prêt à prendre les choses en main si les États-Unis acceptent un accord intérimaire avec l'Iran qui donnerait potentiellement au régime une latitude suffisante afin de parvenir à une avancée nucléaire dans un proche avenir.

Un tel accord progressif pourrait finir par enhardir davantage le réseau terroriste transnational régional iranien en fournissant à des mandataires chiites en Irak, au Liban, en Syrie, au Yémen et au-delà un financement qui leur était auparavant refusé en vertu de sanctions sévères.

Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)
Des manifestants iraniens brandissent l’effigie du président américain, Joe Biden, lors d'un rassemblement qui s’est tenu devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 2021, pour marquer le 42e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (AFP)

«Poursuivre le terroriste du jour envoyé par la force Al-Qods n’est plus concluant», a déclaré Bennett lors d'une conférence télévisée organisée par l'université Reichman le 23 novembre dernier. «Nous devons poursuivre le commanditaire.»

Les États-Unis et Israël ont traditionnellement agi de concert quand il s’est agi de restreindre l'Iran, de sorte que la récente divergence d'opinion et la perspective croissante d'une action israélienne unilatérale suscitent des inquiétudes à Washington.

«Le gouvernement de Naftali Bennett s'est efforcé de coopérer avec l'équipe Biden lorsqu'elle est entrée en fonction pour présenter un front commun sur la politique iranienne, car il pensait vraiment que cela pourrait amener les États-Unis à l’écouter davantage», déclare Gabriel Noronha, directeur exécutif du Forum pour le leadership américain, qui fut conseiller spécial du département d'État pour l'Iran Action Group auprès du secrétaire d'État Mike Pompeo.

«Ils ont de mieux en mieux compris qu’ils étaient naïfs sur ce point et ils ont peu à peu exprimé leurs plaintes dans les journaux, tandis que, dans le même temps, les responsables américains ont divulgué à la presse des détails sur les opérations militaires israéliennes.

«Les responsables israéliens et les dirigeants militaires américains pensent qu'il est nécessaire d’exprimer une menace militaire crédible pour dissuader le programme nucléaire iranien. Cependant, ils sont en désaccord avec les nominations politiques de Biden au département d'État, au Conseil de sécurité nationale, et avec celle de Colin Kahl, le numéro trois du Pentagone. En effet, ces personnes restent dans l'illusion que l'apaisement envers l'Iran est la meilleure carte à jouer.

Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique se sont vu refuser à plusieurs reprises un accès total aux installations nucléaires iraniennes. (photo d'archives AFP)
Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique se sont vu refuser à plusieurs reprises un accès total aux installations nucléaires iraniennes. (photo d'archives AFP)

Noronha a mis en garde contre la minimisation des plaintes d'Israël dans l’effort qui vise à relancer l'accord nucléaire. Il a estimé que le fait de prendre au sérieux les problèmes de sécurité du pays pourrait, en réalité, servir de levier pour les États-Unis vis-à-vis de l'Iran.

«Les États-Unis doivent changer leur approche et reconnaître qu'Israël est leur meilleur partenaire contre la menace iranienne dans la mesure où sa pression militaire, diplomatique et économique contre le régime donne aux États-Unis davantage de poids dans les négociations», déclare-t-il à Arab News.

«De nombreux responsables israéliens sont incroyablement frustrés par l’antagonisme de Washington envers la politique israélienne, qui essaie simplement de garantir que ses besoins de sécurité fondamentaux sont satisfaits. Israël peut aider les États-Unis – et leurs négociations – en continuant à prendre des mesures secrètes contre les exportations de pétrole de l'Iran et contre son programme nucléaire.

«Les États-Unis seraient avisés de partager davantage de renseignements avec Israël pour faire avancer et soutenir ses opérations ainsi que pour accélérer sa coopération militaire au sujet d’une éventuelle frappe aérienne contre les installations nucléaires iraniennes.»

L’administration Biden diffère fortement des perspectives de Bennett: elle est disposée à accepter un «seuil» au sujet des capacités nucléaires de l'Iran.

En effet, il semblerait que la Maison Blanche de Biden soit prête à tolérer un statu quo dans lequel l'Iran détiendrait les composants d'une «percée nucléaire», au nombre desquels les connaissances, le matériel militaire et la capacité d'enrichissement requis sans réellement construire une arme nucléaire.

Les Israéliens, eux, pensent qu'un tel seuil est tout aussi dangereux que le fait que l'Iran développe réellement une arme nucléaire.

Ellie Cohanim, qui était l'envoyée spéciale adjointe chargée de surveiller et de combattre l'antisémitisme au département d'État sous l'administration Trump, s'inquiète que l'administration Biden ne prête pas attention aux préoccupations israéliennes.

Le directeur de l’Organisation de l'énergie atomique, l’Iranien Mohammed Eslami (à gauche) et le gouverneur iranien de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Kazem Gharib Abadi (au centre), sortent d’une réunion de l'AIEA à Vienne, en Autriche, le 20 septembre 2021. (AFP)
Le directeur de l’Organisation de l'énergie atomique, l’Iranien Mohammed Eslami (à gauche) et le gouverneur iranien de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Kazem Gharib Abadi (au centre), sortent d’une réunion de l'AIEA à Vienne, en Autriche, le 20 septembre 2021. (AFP)

«Il semble que, dans les coulisses, les différences entre l'administration Biden et son équipe de négociation iranienne avec le gouvernement israélien s'accroissent», déclare Cohanim à Arab News. Elle ajoute que l'équipe Biden n'a pas réussi à reproduire la politique de «tolérance zéro» de l'administration Trump.

«Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a déclaré officiellement que les États-Unis et les puissances mondiales doivent prendre conscience du fait que le régime iranien cherche des armes nucléaires, et il semblerait donc que les Israéliens éprouvent un sentiment de frustration envers l’administration actuelle des États-Unis», confie-t-elle à Arab News.

«Le président Donald Trump a clairement déclaré qu'il ne permettrait jamais à l'Iran de développer une bombe nucléaire, et il est temps que le président américain, Joe Biden, fasse de même.»

«Les Israéliens ont démontré à maintes reprises leur remarquable capacité en matière de renseignement, en particulier en ce qui concerne l'Iran. L’administration Biden serait tout à fait avisée de s’appuyer sur les données du renseignement israélien et de prendre toutes les mesures militaires nécessaires afin de mettre fin à l’activité d’armement nucléaire de l’Iran si jamais Israël estimait que les Iraniens avaient franchi la ligne alors qu’il n’existe aucune alternative à l’activité cinétique.»

Cette frontière fragile reste un point de litige entre Biden et les équipes de sécurité nationale de Bennett. Ne pas parvenir à une position commune pourrait entraîner une action israélienne unilatérale contre l'infrastructure nucléaire de l'Iran. Et pourtant, la faille semble plus importante que jamais.

Le 27 août 2021, le président américain, Joe Biden, rencontre le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, à la Maison Blanche, à Washington, D.C., pour évoquer la question iranienne. (photo AFP)
Le 27 août 2021, le président américain, Joe Biden, rencontre le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, à la Maison Blanche, à Washington, D.C., pour évoquer la question iranienne. (photo AFP)

«Depuis la visite qu’a effectuée le Premier ministre Bennett à Washington pour rencontrer le président Biden, de hauts responsables israéliens ont publiquement exprimé leur mécontentement face au projet de Biden d'aller de l'avant avec la diplomatie avec la République islamique», déclare à Arab News Bryan Leib, directeur exécutif d'Iranian Americans for Liberty.

«Il y a une semaine à peine, l'envoyé spécial américain de Biden en Iran était en Israël pour rencontrer plusieurs hauts responsables israéliens, mais il semble que le Premier ministre Bennett ait refusé de le rencontrer.»

«Au cours des quarante dernières années, le régime iranien a censuré, opprimé et assassiné ses propres citoyens, tandis que ses dirigeants appellent publiquement à la destruction des États-Unis et de la seule nation juive au monde, Israël », souligne Leib.

«La diplomatie avec la République islamique échouera une nouvelle fois car ce ne sont pas des acteurs rationnels qui souhaitent réellement la paix et un avenir meilleur pour leur peuple.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les tensions au Moyen-Orient occupent le devant de la scène à Davos

Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
Des dirigeants du monde entier, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires se rendent dans la station alpine de Davos chaque année au mois de janvier. (AFP/File Photo)
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  • Pour sa 56e édition, la réunion annuelle du WEF devrait attirer environ 3 000 participants de plus de 130 pays
  • La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, partagera les expériences réussies du Royaume dans le cadre de Vision 2030

DAVOS : Des dirigeants mondiaux, des PDG, des innovateurs technologiques et des responsables d'organisations humanitaires arrivent dans la ville suisse de Davos, recouverte de neige, pour le Forum économique mondial 2026, que les organisateurs ont qualifié de "l'un des rassemblements de plus haut niveau de l'histoire de l'événement".

La réunion de cette année, qui se tiendra du 19 au 23 janvier, abordera une série de défis géopolitiques urgents, de la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, où de nombreux points chauds à Gaza, au Liban et sur la mer Rouge ont ravivé les craintes d'une escalade régionale plus large.

Placé sous le thème "Un esprit de dialogue", le forum se tient à un moment de fragmentation mondiale sans précédent, d'inégalités économiques croissantes et de changements technologiques perturbateurs, offrant une plateforme pour favoriser la coopération mondiale afin de faire face aux grandes incertitudes.

Le forum de cette année devrait attirer un nombre record de participants gouvernementaux : 400 dirigeants politiques de premier plan, six dirigeants du G7, près de 850 PDG et présidents de conseils d'administration parmi les plus importants au monde, et près de 100 licornes et pionniers de la technologie de premier plan sont attendus.

Le président américain Donald Trump, le président français Emmanuel Macron, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi, le président syrien Ahmad Al-Sharaa et Aziz Akhannouch, le chef du gouvernement marocain, figurent parmi les 65 chefs d'État qui participeront à cet événement de premier plan.

La délégation saoudienne, dirigée par le ministre des affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, comprendra la princesse Reema Bandar Al-Saud, ambassadrice d'Arabie saoudite aux États-Unis, Khalid Al-Falih, ministre de l'investissement, Bandar Alkhorayef, ministre de l'industrie et des ressources minérales, Ahmed Al-Khateeb, ministre du tourisme, Faisal Alibrahim, ministre de l'économie et de la planification, Abdullah Al-Swaha, ministre des communications et des technologies de l'information, et Mohammed Al-Jadaan, ministre des finances.

Les ministres engageront un dialogue avec des leaders mondiaux, tout en partageant les expériences réussies du Royaume dans le cadre de la Vision saoudienne 2030, selon un communiqué du ministère de l'économie et de la planification.

En marge du WEF, le ministère accueillera pour la deuxième année consécutive le pavillon de la Maison saoudienne, qui réunira des leaders d'opinion internationaux pour plus de 20 sessions axées sur les principales tendances et les défis qui façonnent l'économie mondiale.

Borge Brende, président-directeur général du FEM, a déclaré que la réunion de cette année serait "l'une des plus importantes", soulignant que "le dialogue n'est pas un luxe en période d'incertitude ; c'est une nécessité urgente".

Le forum mondial "offrira un espace à un mélange inégalé de dirigeants et d'innovateurs mondiaux pour dépasser les divisions, se faire une idée d'un paysage mondial en évolution rapide et proposer des solutions aux défis les plus importants et les plus pressants d'aujourd'hui et de demain", a ajouté M. Brende.


Malgré les frappes russes et le froid, Kiev danse le ska

Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses. (AFP)
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  • Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin
  • Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage

KIEV: Dans un quartier de Kiev englouti par la nuit, une source de lumière éclaire les immeubles de style soviétique, alors que le ska ukrainien retentit dans le froid polaire: "On relâche la pression!" hurle Olena pour couvrir les basses.

C'est une "flashmob", explique-t-elle, une fête improvisée entre les habitants des immeubles environnants pour "ne pas penser aux problèmes", alors que le quartier est quotidiennement privé d'électricité pendant "17 ou 18 heures".

Chaque hiver depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, Moscou pilonne les infrastructures énergétiques de son voisin.

Début janvier, des bombardements massifs ont plongé Kiev dans le noir et privé la moitié de ses habitants de chauffage.

Le réseau a été rétabli depuis, mais reste extrêmement fragile et les coupures de courant font partie du quotidien des habitants de la capitale.

Ces derniers jours, le mercure flirte avec les -20 degrés, faisant chuter la température des logements, avec parfois 10 petits degrés dans les pièces.

"Les gens en ont assez de rester sans courant, de se sentir tristes", résume Olena Chvydka. "C’est une charge psychologique pour chacun".

Pour résister, Olena a organisé une fête en plein air. Platines et baffles ont été installées à 13H, quand il faisait encore -10 °C. "Maintenant, il doit faire -15 ou moins", sourit-elle.

"Invincibles" 

House, rap, ska... les styles s'enchaînent sous les doigts gelés du DJ, dont le visage dépasse à peine d'une doudoune épaisse et d'un gros bonnet.

Pieds dans la neige glacée, une femme se déhanche, auréolée de fourrure synthétique, engoncée dans une combinaison en satin bleu.

Des verres de vin chaud, des pas de danse maladroits sur la glace, des sourires sur les visages: "Les gens sont détendus ici. C’est vraiment cool", dit à l'AFP Olga Pankratova, résidente et ancienne officier des forces armées.

"Beaucoup de résidences font cela maintenant. Je suppose que c’est une question d’unité", glisse-t-elle.

"Ce genre de rassemblements apporte une forme de résistance civilisée à la force qui nous est imposée: missiles, explosions, flammes... Ça nous unit".

Un effet de mode s'est emparé de la capitale et les vidéos de soirées de ce genre fleurissent sur les réseaux sociaux.

L'ambiance tranche avec l'atmosphère de la capitale. Depuis janvier, le ronron des générateurs est devenu la bande originale des rues de Kiev, moins peuplées qu'à l'accoutumée à cause de la glace qui recouvre ses pavés.

L'Ukraine craint aussi une reprise des frappes russes sur ses infrastructures, alors que des drones de reconnaissance russes survolent Kiev en journée, alimentant les rumeurs de possibles attaques massives sur la ville.

"Peu importe à quel point on se force à faire bonne figure, cela affecte beaucoup notre état émotionnel sur le moment", confie Olga en évoquant les coupures de courant et accusant la Russie de "vouloir instiller la peur et la haine" dans la société ukrainienne.

"Les gens sont invincibles", lance pour sa part Ievgueniï, officier militaire à la retraite, qui a participé à l'organisation de la fête.

"Malgré la situation très compliquée, ils veulent tenir bon et célébrer. Et ils attendent la victoire quoi qu’il arrive", conclut-il.


Les candidats à un siège permanent au «Conseil de paix» de Trump doivent verser un milliard de dollars 

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger. (AFP)
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  • Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces"
  • "Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits"

BRUXELLES: Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces", selon la "charte" obtenue lundi par l'AFP.

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de cette charte envoyée aux pays invités à y siéger.