L'ONU appelle les autorités libyennes à respecter les millions d'électeurs en quête de stabilité

La Une de ce journal libyen annonce le report des élections dans le pays. (Photo, Mahmoud Tourkia / AFP)
La Une de ce journal libyen annonce le report des élections dans le pays. (Photo, Mahmoud Tourkia / AFP)
Les gens se rassemblent dans un café de Tripoli, la capitale libyenne, le 23 décembre 2021. Les Libyens ont exprimé un mélange de frustration et d'anxiété après le report des élections prévues pour le 24 décembre. (Photo, Mahmoud Turkia/AFP)
Les gens se rassemblent dans un café de Tripoli, la capitale libyenne, le 23 décembre 2021. Les Libyens ont exprimé un mélange de frustration et d'anxiété après le report des élections prévues pour le 24 décembre. (Photo, Mahmoud Turkia/AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 24 décembre 2021

L'ONU appelle les autorités libyennes à respecter les millions d'électeurs en quête de stabilité

  • Stephanie Williams, la conseillère spéciale de l'ONU, a mis en garde contre l'utilisation de l'incertitude électorale pour raviver le conflit
  • Williams a remarqué un changement dans le discours, de la guerre vers la paix et la réconciliation

NEW YORK: L'ONU a rappelé jeudi aux autorités libyennes que des élections présidentielles et législatives, conduites «dans des conditions appropriées, sur un pied d'égalité entre tous les candidats», sont indispensables pour une solution pacifique à la crise politique libyenne.

«Les défis actuels du processus électoral ne doivent en aucun cas être instrumentalisés pour saper la stabilité et les progrès réalisés en Libye au cours des 15 derniers mois», a averti Stephanie Williams, conseillère spéciale de l'ONU pour la Libye.

Appelant les dirigeants à honorer la volonté de millions de Libyens qui se sont inscrits sur les listes électorales, Williams a également exhorté les politiciens à rester concentrés sur le processus électoral et à s'efforcer de créer les conditions nécessaires pour que les élections soient sûres, équitables et libres.

L'élection présidentielle libyenne tant attendue, initialement prévue pour le 24 décembre, a été repoussée d'un mois mercredi, sur la recommandation de la Haute Commission électorale nationale en raison de différends concernant les lois régissant les élections, l'éligibilité de plusieurs candidats divisés et les conflits internes occasionnels entre divers groupes armés.

Le processus électoral a également été entravé par des rivalités est-ouest et la présence de milliers de combattants et de mercenaires étrangers. Plusieurs rapports font état de harcèlement par les milices d'agents électoraux, de juges et d'agents de sécurité.

Une commission parlementaire libyenne a déclaré qu'il est «impossible» de tenir les élections vendredi.

Diana Eltahawy, d'Amnesty International, a cité l'intimidation exercée par les groupes armés et les milices qui «non seulement jouissent d'une impunité généralisée, mais sont intégrés dans les institutions de l'État sans aucun contrôle pour écarter les responsables de crimes conformément au droit international».

Williams a signalé que l'ONU «se félicite de l'engagement de la Haute Commission électorale nationale envers le processus électoral en cours et la poursuite de l'examen des dossiers des candidats aux élections législatives».

La conseillère spéciale, qui est arrivée à Tripoli au début du mois et a rencontré «des centaines de personnes de toutes les régions de la Libye», a révélé qu'elle était ravie d'assister «au passage d'un discours de conflit à un dialogue pacifique».

«Même ceux qui, l'année dernière seulement, portaient les armes les uns contre les autres ont continué à se rassembler», a-t-elle ajouté. «Malgré les nombreuses épreuves endurées par de nombreux Libyens, en particulier dans le sud de la Libye, et les appels de ceux qui sont toujours déplacés par le conflit qui a déchiré le pays au cours des dix dernières années, j'ai rencontré de nombreux Libyens qui ont retrouvé un sentiment de normalité.

«J'ai entendu des histoires de familles séparées qui ont enfin pu voyager pour rendre visite à des proches, une évolution rendue possible par le cessez-le-feu, la reprise des vols et la réouverture des routes.»

Williams avait supervisé les efforts de médiation de l'ONU qui ont conduit à un cessez-le-feu en octobre 2020 et à la formation d'un gouvernement de transition, ainsi qu’aux élections prévues pour le 24 décembre.

«J'ai également entendu à maintes reprises le désir écrasant des Libyens de se rendre aux urnes dans le but de déterminer leur avenir et de mettre fin à la longue période de transition par la tenue d'élections inclusives, libres, équitables et crédibles», a soutenu Williams, ajoutant: «J'ai aussi entendu leurs espoirs sincères que les élections fassent partie de la solution, et non du problème, en Libye.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Israël et le Liban conviennent de renouveler le cessez-le-feu

Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington. (AFP)
Short Url
  • Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration
  • Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet

WASHINGTON: Israël et le Liban ont convenu mercredi de "la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu" et de la création de "zones pilotes" sous contrôle de l'armée libanaise, selon une déclaration commune publiée à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington.

"A l'issue des négociations menées sous l'égide des Etats-Unis, Israël et le Liban ont convenu de la mise en œuvre d'un cessez-le-feu", qui sera subordonné "à l'arrêt complet des tirs du Hezbollah et à l'évacuation de tous les membres du Hezbollah du secteur du Sud-Litani", peut-on lire dans cette déclaration entre les trois parties aux négociations.

"Les deux parties ont convenu de faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif sur le territoire, à l'exclusion de tous les acteurs non étatiques", selon la même source.

Ces mesures doivent permettre de "progresser vers un accord global de paix et de sécurité".

"Tous les pays ont réaffirmé que l'avenir des relations entre Israël et le Liban devait être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban", une référence implicite à l'Iran, accusé de soutenir le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont également convenu de participer à un nouveau round de pourparlers la semaine du 22 juin en vue d'un "accord global", ajoute la déclaration.

Plus tôt, le président Donald Trump avait insisté pour "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.

Des délégations israéliennes et libanaises se sont réunies à Washington mardi et mercredi, alors que des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.


Liban: un média d'Etat rapporte des frappes israéliennes après l'annonce d'un cessez-le-feu conditionnel

Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah. (AFP)
Short Url
  • Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif"
  • Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur"

BEYROUTH: Un média d'Etat libanais a fait état jeudi de plusieurs frappes israéliennes sur le sud du pays, quelques heures après l'annonce à Washington d'un accord israélo-libanais pour un cessez-le-feu  conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah.

L'Agence nationale d'information (ANI) a annoncé des frappes de drones israéliens le long de routes dans trois localités du sud du Liban, indiquant qu'au moins une d'entre elles avait fait des victimes, sans préciser s'il s'agissait de morts ou de blessés.

Quelques heures plus tôt, l'armée israélienne avait annoncé qu'une "infiltration d'appareil hostile" avait déclenché une alerte aérienne dans un village du nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Israël et le Liban sont convenus mercredi, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington, de la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et à "l'évacuation" de tous les membres du mouvement de la zone située au sud du fleuve Litani, qui coule à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël.

Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont également mis d'accord pour "faire avancer rapidement la mise en place de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif".

Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de "grave erreur".

De son côté, Mahmoud Qomati, haut responsable du Hezbollah, avait assuré mardi que sa formation n'accepterait pas un "cessez-le-feu partiel" avec Israël.

Un accord de cessez-le-feu au Liban est entré en vigueur le 17 avril mais les deux parties ont poursuivi leurs attaques à un rythme quasi-quotidien, s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, plus de 600 personnes ont été tuées au Liban depuis le 17 avril.

Les frappes israéliennes ont fait 3.516 morts depuis le 2 mars, début de la guerre au Liban, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.

 


Au moins 8 morts dans des frappes israéliennes sur Gaza

 Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. (AFP)
Short Url
  • Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati
  • Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes

GAZA: Au moins huit personnes ont été tuées tôt jeudi dans des bombardements israéliens sur la ville de Gaza, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien.

Cinq et deux personnes ont été tuées respectivement dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza, et une autre dans un raid contre une maison dans le camp de réfugiés d'Al-Shati, dans l'ouest de la ville, a indiqué ce porte-parole, Mahmoud Bassal.

Ces frappes ont également fait au moins 15 blessés, a-t-il ajouté.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025, la bande de Gaza reste le théâtre de violences, avec des frappes israéliennes quasi quotidiennes.

Selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas, plus de 900 personnes ont été tuées depuis l'entrée en vigueur de cette trêve, conclue après deux ans de guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas contre Israël.

La première phase de la trêve a vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l'armée israélienne, semble complètement grippé.

La semaine dernière, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré avoir ordonné à l'armée de prendre le contrôle de 70% de la bande de Gaza, contre 60% contrôlé actuellement.

Fin mai, le tout nouveau chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Odeh, a été tué par une frappe israélienne, 11 jours après l'assassinat de son prédécesseur.