L'euro a 20 ans et rêve toujours de concurrencer le dollar

Même si la devise européenne ne menace en rien l'hégémonie du dollar, elle est devenue un concurrent respectable. (Photo, AFP)
Même si la devise européenne ne menace en rien l'hégémonie du dollar, elle est devenue un concurrent respectable. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 28 décembre 2021

L'euro a 20 ans et rêve toujours de concurrencer le dollar

  • Quand l'économie mondiale s'est retrouvée à l'arrêt avec la pandémie de Covid-19, les investisseurs se sont empressés de convertir leurs actifs en dollars, faisant grimper le billet vert
  • Plus de 2 100 milliards de dollars sont aujourd'hui en circulation et environ 60% des réserves de change des banques centrales sont libellées en dollars. Pour l'euro, cette part est d'environ 20%, selon la Banque centrale européenne (BCE)

BRUXELLES : Il y a 20 ans, des millions d'Européens dans douze pays abandonnaient leurs lires, leurs francs et leurs drachmes pour l'euro, un événement alors salué par le président français Jacques Chirac comme "une victoire de l'Europe" qui affirmait "enfin son identité et sa puissance".

Symbole de l'unité européenne, la nouvelle monnaie entendait aussi se poser en rival du tout-puissant dollar américain.

Le dollar (encore) roi

Mais deux décennies plus tard, le dollar règne toujours en maître comme la devise la plus sûre du monde.

Quand l'économie mondiale s'est retrouvée à l'arrêt avec la pandémie de Covid-19, les investisseurs se sont empressés de convertir leurs actifs en dollars, faisant grimper le billet vert.

Plus de 2 100 milliards de dollars sont aujourd'hui en circulation et environ 60% des réserves de change des banques centrales sont libellées en dollars.

Pour l'euro, cette part est d'environ 20%, selon la Banque centrale européenne (BCE).

Mais même si la devise européenne ne menace en rien l'hégémonie du dollar, elle est devenue un concurrent respectable.

L'euro en péril

L'euro est le fruit d'un compromis douloureux entre l'Allemagne, qui a accepté de renoncer au deutschemark, symbole de son redressement d'après-guerre, en échange du soutien de la France à la réunification du pays après la chute du mur de Berlin.

Au départ, l'euro s'est inspiré du mark dont la priorité était la stabilité dans une Allemagne hantée par les grandes crises inflationnistes des années 1920 et 1970.

A l'époque, faire de l'euro une devise internationale de premier plan "a pu être l'ambition de la France, mais certainement pas celle des Allemands", estime Guntram Wolff, directeur du centre de réflexion Bruegel basé à Bruxelles.

"Quand la BCE a commencé à fonctionner, elle s'est largement inspirée du modèle de la Bundesbank, en restant neutre sur cette question", explique l'économiste.

Mais quels qu'aient été les desseins des uns et des autres, le rêve d'une devise leader s'est fracassé dix ans plus tard sur le crise de la dette de la zone euro avec une monnaie européenne en lutte pour sa survie.

Effet Trump

L'idée de faire de l'euro un outil de politique économique puissant au service du Vieux Continent a fait son retour avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Quand les Etats-Unis se sont retirés en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien, rétablissant leurs sanctions contre Téhéran, les sociétés européennes qui avaient investi en Iran se sont retrouvées sous la menace de représailles américaines.

L'UE a alors imaginé un mécanisme pour qu'elles puissent y échapper mais les investisseurs ont reculé par peur de s'exposer aux foudres de Washington. Plusieurs pays membres, dont la France, ont alors exigé de relancer le débat sur le rôle géopolitique de la monnaie européenne mais sans grand résultat.

Divergences

Depuis le départ de Trump, la question a quelque peu perdu de son intérêt et dans tous les cas "quand vous parlez du rôle international de l'euro, vous parlez de tout et de rien à la fois", souligne un responsable européen au fait du dossier.

"Tout le monde est d'accord pour que l'euro joue un plus grand rôle sur la scène mondiale, mais il y a des divergences sur la façon d'y parvenir", explique-t-il.

Et un élément crucial fait défaut: l'équivalent en euros des bons du Trésor américain, devenus depuis la Deuxième Guerre mondiale la valeur refuge des investisseurs en cas de turbulences sur les marchés.

L'idée d'un titre de dette européen, l'Eurobond, a été relancée au moment des négociations des Vingt-Sept sur le plan post-Covid de 800 milliards d'euros qui a créé un endettement commun de l'Union.

Mais elle s'est heurtée aux pays les plus riches ou les plus "frugaux" comme l'Allemagne ou les Pays-Bas qui refusent de pérenniser un emprunt qui avantagerait les pays les plus endettés comme l'Italie, la France, l'Espagne ou la Grèce.

Pour Guntram Wolff cependant, la clé d'un succès de l'euro est avant tout lié à la croissance économique. "Si vous avez une économie dynamique, elle attire les investissement en Europe, et l'euro se retrouve renforcé."


Airbus pénalisé par ses faibles livraisons d'avions

Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
Des écrans affichant le logo de la société française Airbus, cotée au CAC 40, principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse, le 31 mars 2026. (AFP)
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  • Airbus voit ses résultats baisser au T1 2026 (bénéfice -26%, CA -7%) à cause de livraisons d’avions retardées et de problèmes de moteurs
  • Le groupe maintient ses objectifs annuels et s’appuie sur la défense, tandis que Boeing prend l’avantage sur les livraisons

PARIS: L'avionneur européen Airbus est pénalisé au premier trimestre par de faibles livraisons d'avions commerciaux, qui pèsent sur ses comptes, tandis que son concurrent américain Boeing, en phase de redressement, signe des livraisons record.

En dépit de cette déconvenue due principalement à la pénurie des moteurs de l'américain Pratt & Whitney et la situation volatile au Moyen-Orient qui n'a pour l'instant "pas d'impact" sur ses activités, Airbus maintient ses objectifs pour l'année.

Il compte toujours livrer un nombre record de 870 avions commerciaux en 2026, soit plus que la meilleure année, en 2019, avant la pandémie du Covid (863 appareils).

Les livraisons d'avions commerciaux qui patinent ont fait chuter le bénéfice net de l'avionneur européen de 26% à 586 millions d'euros au premier trimestres.

Le chiffre d'affaires s'est établi à 12,65 milliards d'euros, en recul de 7% par rapport à la même période de l'année dernière.

Ces résultats "reflètent un niveau plus faible de livraisons d'avions commerciaux et une solide performance de notre division Defense and Space", a déclaré le patron d'Airbus Guillaume Faury.

- "Impact" de Pratt jusqu'en 2028  -

Depuis le début de l'année, Airbus n'a livré que 114 avions commerciaux contre 143 pour Boeing. L'an dernier l'écart s'est resserré au sein du duopole sur le terrain des livraisons, mais l'américain a pris l'avantage sur les commandes.

Pratt & Whitney "reste le principal facteur limitant de notre trajectoire de montée en cadence sur l’A320", la famille la mieux vendue d'Airbus, "avec un impact sur 2026 et 2027", a déclaré Guillaume Faury au cours d'une conférence téléphonique.

En conséquence, l’entreprise maintient sa prévision d'un rythme de production de cette famille d'avions compris entre 70 et 75 avions par mois d’ici la fin 2027, objectif revu à la baisse en février contre 75 auparavant.

Le carnet de commandes d'Airbus affiche 9.037 appareils, soit plus de dix ans de production au rythme actuel.

Airbus a également été confronté en début de l'année "à un retard administratif qui a affecté la livraison de près de 20 avions à des clients chinois", mais ce problème a été résolu.

Le problème de qualité des panneaux de l'A320 découvert en décembre aura "un impact résiduel" sur les livraisons sur le premier semestre, selon Guillaume Faury.

Le bilan des livraisons des avionneurs est toujours scruté, car il préfigure les résultats financiers, les compagnies aériennes acquittant la majorité du prix d'achat lorsqu'elles reçoivent leurs appareils.

Le "cash flow" d'Airbus qui emploie près de 170.000 personnes dans le monde s'est également nettement dégradé.

La trésorerie disponible consolidée avant financement des clients s’est ainsi établie à -2,485 milliards d’euros contre -310 millions d’euros il y a un an.

- Désaccords non résolus sur le Scaf -

Les mauvaises performances côté avions commerciaux sont toutefois contrebalancées par le succès de la branche défense.

Le chiffre d'affaires dans ce domaine a progressé de 7% à 2,8 milliards d'euros.

Interrogé sur le programme européen d'avion de combat Scaf mené par Airbus qui représente l'Allemagne et l'Espagne et Dassault Aviation pour la France, Guillaume Faury a indiqué que les discussions étaient "en cours" dans le cadre d'une mission demandée par le président français Emmanuel Macron pour réconcilier les industriels.

"Je ne dis pas que les désaccords sont résolus, mais qu’un travail est en cours entre les différents acteurs pour tenter d’identifier la meilleure voie à suivre", a-t-il poursuivi.

"La France, l'Allemagne et l'Espagne ont chacune leurs attentes et travaillent actuellement à résoudre ces divergences", a-t-il conclu. 


Vision Golfe 2026 : France-CCG, de la coopération à la transformation

L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats. (Photo: fournie)
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  • La France et les pays du Golfe intensifient leur partenariat économique avec un forum stratégique axé sur des projets concrets et des investissements mesurables
  • Les secteurs clés incluent l’IA, les énergies propres et les infrastructures, dans un contexte où la géopolitique redéfinit les échanges mondiaux

DUBAÏ: Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations profondes des flux commerciaux et des impératifs liés à la transition énergétique, la France et les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur relation stratégique. Les 18 et 19 juin 2026, Paris accueillera la quatrième édition de Vision Golfe, un forum de haut niveau destiné à accélérer les échanges économiques, les investissements et les coopérations industrielles entre les deux régions.

Organisé par Business France sous le haut patronage du président Emmanuel Macron, cet événement réunira ministres, décideurs publics et dirigeants d’entreprises au ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique. Il s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel des relations franco-golfiques, fondée sur la recherche de résilience économique et d’autonomie stratégique.

Au fil des éditions, Vision Golfe s’est imposé comme une plateforme incontournable pour transformer le dialogue en projets concrets. La dernière édition a rassemblé plus de 1 250 participants et généré plus de 2 000 rencontres B2B, témoignant d’une forte demande pour des échanges ciblés et opérationnels. L’édition 2026, placée sous le thème « De la coopération à la transformation » (“From Cooperation to Transformation”), entend aller plus loin en mettant l’accent sur des partenariats orientés résultats, notamment à travers le co-investissement, l’innovation conjointe et la collaboration industrielle.

Les relations économiques entre la France et les pays du Golfe connaissent une croissance soutenue. En 2025, les échanges commerciaux entre la France et les Émirats arabes unis ont atteint 10,8 milliards d’euros, en hausse de 27 % sur un an. À l’échelle régionale, le commerce entre la France et le CCG s’est élevé à 24,9 milliards d’euros, porté notamment par l’Arabie saoudite, le Koweït et le Qatar. Ces chiffres illustrent la solidité du corridor économique en construction, tout en laissant entrevoir un potentiel encore largement inexploité.

Dans un environnement où la géopolitique influence directement les décisions économiques — qu’il s’agisse de contrôle des exportations, de politiques industrielles ou de sécurité des chaînes d’approvisionnement — le partenariat entre la France et le Golfe apparaît de plus en plus complémentaire. Les pays du Golfe apportent leur capacité d’investissement, leur rapidité d’exécution et leur ambition technologique, tandis que la France contribue par son expertise industrielle, ses standards réglementaires et son accès aux marchés européens.

Comme le souligne Axel Baroux, directeur de Business France pour le Proche et Moyen-Orient : « Dans un monde où l’inaction est l’ennemi de la croissance, Vision Golfe 2026 vise à générer des avancées concrètes et mesurables. Le forum réunit les bons acteurs pour catalyser des initiatives, mobiliser des investissements et transformer les échanges en projets à fort impact. »

Le programme de Vision Golfe 2026 mettra en avant des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les énergies propres, l’industrie avancée, la mobilité intelligente, les systèmes de santé et le développement urbain durable. La notion de sécurité, au sens large, sera également centrale, englobant les infrastructures critiques, la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau ou encore les corridors logistiques et maritimes.

Au-delà des panels et des discussions, l’événement privilégiera des formats orientés action : rencontres B2B et B2G, sessions de networking et événements exclusifs comme la « French Gulf Night » au Palais Galliera. L’objectif est clair : accélérer la prise de décision et transformer les convergences stratégiques en projets concrets, investissements et créations d’emplois.

Vision Golfe 2026 s’affirme ainsi comme un catalyseur de la prochaine phase du partenariat entre la France et le CCG, où l’enjeu n’est plus seulement de coopérer, mais bien de transformer durablement les économies des deux régions.


Les Emirats annoncent leur retrait de l'Opep à partir de mai 

Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie. (AP)
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  • Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep)
  • "Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale"

DUBAI: Les Emirats arabes unis vont se retirer de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de l'alliance Opep+ comptant aussi la Russie, à partir du 1er mai, a annoncé l'agence de presse émiratie.

"Cette décision reflète la vision stratégique et économique à long terme des Emirats arabes unis ainsi que l'évolution de leur profil énergétique, notamment l'accélération des investissements dans la production d'énergie nationale", explique l'agence Wam.