Les PME britanniques inquiètes de nouveaux contrôles à l'importation post-Brexit

Le Premier ministre britannique Boris Johnson (à gauche) pose avec une sélection de confitures à bord d'un bus londonien converti vendant des cocktails, lors de sa visite dans un marché britannique d'alimentation et de boissons installé à Downing Street, dans le centre de Londres, le 30 novembre 2021. (Justin Tallis / AFP / Pool)
Le Premier ministre britannique Boris Johnson (à gauche) pose avec une sélection de confitures à bord d'un bus londonien converti vendant des cocktails, lors de sa visite dans un marché britannique d'alimentation et de boissons installé à Downing Street, dans le centre de Londres, le 30 novembre 2021. (Justin Tallis / AFP / Pool)
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Publié le Vendredi 31 décembre 2021

Les PME britanniques inquiètes de nouveaux contrôles à l'importation post-Brexit

  • Les denrées alimentaires constituent la principale source d'inquiétude, selon le CBI, car elles risquent d'être affectées par une multitude de problèmes
  • Selon le calendrier actuel des autorités britanniques, des déclarations de douanes complètes et certains contrôles seront introduits dès le 1er janvier

LONDRES : Un an après la sortie effective du Royaume-Uni de l'Union européenne, les contrôles aux frontières des marchandises en provenance du continent seront renforcés progressivement côté britannique en 2022, suscitant l'inquiétude des PME du pays, en particulier dans l'agroalimentaire.

"Le degré de préparation pour les contrôles entrant en vigueur au 1er janvier est contrasté", explique l'organisation patronale CBI: si les grandes entreprises sont globalement rodées aux nouvelles pratiques, "la préparation des PME est plus faible".

Les denrées alimentaires constituent la principale source d'inquiétude, selon le CBI, car elles risquent d'être affectées par une multitude de problèmes: "paperasse, coûts élevés, perte de nourriture périssable et disponibilité des services vétérinaires" pour établir les certificats exigés en douane.

Pour éviter des files de camions à la frontière à cause du Brexit, le gouvernement britannique a déjà reporté à plusieurs reprises l'entrée en vigueur complète des formalités pour les importations venues d'Europe - même si certaines marchandises, comme l'alcool ou le tabac, sont déjà soumises à contrôles.

"Les entreprises ont été confrontées à une série de défis au cours des derniers mois" et "le gouvernement a pris en compte les demandes pour leur donner plus de temps pour s'adapter", justifie l'exécutif dans un document détaillant l'entrée en vigueur des contrôles frontaliers avec l'UE et actualisé en décembre.

- Mise en place progressive -

Selon le calendrier actuel des autorités britanniques, des déclarations de douanes complètes et certains contrôles seront introduits dès le 1er janvier, ainsi que l'exigence d'une notification préalable à l'importation de produits sanitaires et phyto-sanitaires.

Mais la certification et les contrôles physiques sur certains types de viandes ou de plantes, par exemple, attendront le 1er juillet et même le 1er septembre pour l'ensemble des produits laitiers. Ils s'appliqueront à partir du 1er novembre pour "tous les autres produits réglementés d'origine animale".

En dépit d'une entrée en vigueur progressive des nouvelles règles, la Fédération britannique des petites entreprises (FSB) dit s'attendre à des "perturbations importantes" des importations en provenance de l'UE.

"Dans la période chargée à l'approche de Noël, de nombreuses petites entreprises importatrices ont eu du mal à se préparer", d'autant qu'elles font déjà face à des perturbations des chaînes d'approvisionnement, des pénuries de personnel et des inquiétudes liées à la nouvelle vague de Covid-19 explique Martin McTague, vice-président de la FSB.

Selon la fédération, un tiers des petits importateurs britanniques ne sont même pas au courant des changements à venir, et parmi ceux qui savent, seul un sur quatre est prêt. "Pour certains, les démarches et les coûts supplémentaires signifieront qu'il ne sera plus possible pour eux d'importer".

- "Problèmes inévitables" -

Si elle n'anticipe pas de "grands embouteillages de camions dans les ports ou aux frontières", la fédération britannique des industries alimentaires (FDF) juge pour sa part "inévitable que les entreprises rencontrent des problèmes" qui pourraient dans certains cas "bloquer complètement les livraisons de fournisseurs de l'UE, au moins temporairement".

Le National Audit Office (NAO), le contrôleur des comptes britanniques, a prévenu début novembre que le gouvernement devait mettre les bouchées doubles pour être prêt à l'augmentation des contrôles aux frontières, notamment en ce qui concerne la mise en place de nouveaux systèmes ou infrastructures dédiées.

La surveillance des importations est nécessaire pour lutter contre la contrebande et les activités illicites, soulignait la NAO, mais aussi à cause du déséquilibre créé alors que l'UE contrôle déjà de son côté les biens en provenance du Royaume-Uni.

En dépit d'un accord commercial entre l'UE et le Royaume-Uni, le commerce de biens entre l'île et le continent avait baissé fortement juste après l'entrée en vigueur effective du Brexit, avant de rebondir.

La situation de l'Irlande du Nord est à part, alors que le protocole nord-irlandais la maintient de fait dans le marché unique européen. C'est l'une des sources de tensions principales entre Bruxelles et Londres, qui exige de renégocier l'accord en profondeur.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.


Le pétrole flambe, la tech recule: les marchés sous pression avant la Fed

Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
Un tableau d'affichage boursier présente l'indice de référence sud-coréen, le KOSPI, après la clôture de la séance à Séoul, le 28 juillet 2026. (AFP)
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  • Les marchés mondiaux restent sous pression face à la flambée du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient, tandis que les investisseurs attendent la décision de la Fed sur les taux
  • Les valeurs technologiques, notamment les fabricants de puces et acteurs de l’IA, subissent de fortes ventes, alors que les secteurs de l’énergie profitent de la hausse du brut

PARIS: Les marchés mondiaux hésitent mercredi, tiraillés entre le regain des tensions au Moyen-Orient qui fait bondir les prix du pétrole, la poursuite du repli des valeurs technologiques et l'attente de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed).

"Les marchés ont de nouveau été pris dans les turbulences, au cours des dernières 24 heures, entre la volatilité des prix du pétrole et la poursuite de la chute des valeurs liées aux semi-conducteurs", résume Jim Reid, économiste pour Deutsche Bank.

Les cours du brut ont bondi à la suite de la reprise des frappes au Moyen-Orient. Vers 15H45 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord flambait de 7,66% à 90,53 dollars. Son équivalent américain, le baril de WTI, grimpait de 7,03% à 84,83 dollars.

Donald Trump a averti que les États-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit au Moyen-Orient.

"Cette escalade a renforcé les inquiétudes concernant une guerre régionale prolongée, notamment en raison des risques pesant sur les routes d'approvisionnement pétrolier, les coûts du transport maritime et les anticipations d'inflation", souligne Patrick Munnelly de Tickmill Group.

- Nouveau record pour le "footsie"  -

"Contrairement à certaines séances précédentes, ces tensions géopolitiques n'ont toutefois pas entraîné un repli généralisé du marché", remarque M. Munnelly.

En Europe, la Bourse de Londres a terminé en hausse de 0,34% peu après que son indice phare, le FTSE 100 a battu un nouveau record historique en séance, proche des 11.000 points. Il profite en effet de sa faible exposition aux valeurs technologiques, plombées à travers le monde, et du poids des minières et pétrolières dans sa composition.

Les valeurs énergétiques se sont illustrées avec la flambée du brut, BP gagnant 3,39% et Shell 2,75% à Londres. A Oslo, le géant Equinor a grimpé de 4,00%. Eni a flambé de 7,09% à Milan.

La Bourse de Francfort a, elle, terminé quasi à l'équilibre (-0,01%).

"Seule l'absence d'ADN technologique soutient en ce moment l’indice phare allemand", estime Andreas Lipkow de CMC Markets. "Alors que de nombreux autres indices subissent de fortes pressions vendeuses pour cette raison, les investisseurs se tournent davantage vers les actions de la vieille économie."

- Ventes massives dans la tech -

A New York, vers 15H45 GMT, le Dow Jones perdait 1,64%, l'indice Nasdaq reculait de 1,32% et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,97%.

Les valeurs de fabricants de composants électroniques cèdent du terrain, à l'image du mastodonte Nvidia (-2,57%), AMD (-5,76%), Broadcom (-2,28%) ou Micron (-5,48%).

En Europe, Infineon a terminé en baisse de 5,69% à Francfort. Le géant des machines spécialisées pour la gravure de puces ASML a reculé de 1,89% à Amsterdam.

Le recul de la "tech" et de l'IA se fait surtout sentir à la Bourse de Séoul, son indice phare Kospi ayant terminé sur une chute de 5,98%  plombé par la dégringolade de SK Hynix (-9,61%). Ses prévisions de dépenses d'investissement inquiètent les investisseurs.

Pour Stephen Innes, gérant de SPI AM, "l'onde de choc reste largement concentrée sur l'univers de l'IA, où une quantité excessive de capitaux s'était concentrée sur un nombre trop restreint de valeurs."

Les investisseurs attendent désormais la publication des résultats trimestriels des géants de la tech américaine Microsoft et Meta (Facebook, Instagram) mercredi après la clôture de Wall Street. Ils seront suivis par ceux d'Apple et Amazon jeudi.

- L'attention sur la Fed -

La nouvelle flambée des cours du brut survient alors que les investisseurs attendent, à 14H00, heure locale (18H00 GMT), la décision du comité de politique monétaire de la Fed à propos de ses taux directeurs.

Les acteurs du marché misent sur un statu quo, mais, fait inhabituel, ils attribuent encore une probabilité supérieure à 30% à un relèvement d'un quart de point, selon l'outil de veille du CME, FedWatch.

"Si la Fed décidait effectivement de relever ses taux (...), cette décision ne serait pas fondée sur la situation actuelle du marché du travail ou sur les dernières données d'inflation, mais relèverait plutôt d'une logique de gestion des risques, au cas où ces indicateurs se dégraderaient à l'avenir", estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB. 


Talc et cancer : Johnson & Johnson propose 5,5 milliards de dollars pour clore la bataille judiciaire

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  • J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020
  • J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers

NEW YORK: Johnson & Johnson (J&J) est prêt à payer 5,5 milliards de dollars pour régler des dizaines de milliers de procédures judiciaires liées à des produits à base de talc accusés de provoquer des cancers ovariens, a annoncé le géant pharmaceutique américain lundi.

La proposition d'accord vise à mettre un terme à des années de bataille judiciaire en couvrant 76.000 plaintes, soit presque tous les recours liés à ces produits qui pèsent encore sur le groupe basé dans le New Jersey, selon la même source.

J&J récuse que ses produits à base de talc aient pu être à l'origine de cancers, mais a cessé de vendre sa poudre pour bébé à base de talc aux Etats-Unis et au Canada en 2020.

Pour Erik Haas, vice-président du groupe chargé du contentieux, les plaintes "manquent de fondement scientifique".

La proposition sur la table "permet à l’entreprise de tourner la page de cette affaire et de rester concentrée sur sa mission: développer des médicaments et des dispositifs qui sauvent des vies", a-t-il déclaré dans un communiqué.

J&J a déjà réglé la majorité des litiges accusant sa poudre de talc de contenir des traces d’amiante, jugées responsables de cancers.

Le géant américain est également visé par une plainte au Royaume-Uni, déposée en 2025 sur la base d'accusations similaires.

Le cabinet qui a engagé cette procédure devant la Haute Cour de Londres dit représenter plus de 3.000 plaignants et estime que le montant du dédommagement réclamé pourrait s'élever "à plus d'un milliard de livres" (1,3 milliard d'euros).

Les plaignants affirment qu’eux-mêmes ou un membre de leur famille ont développé différents types de cancer de la plèvre, du péritoine ou des ovaires après avoir utilisé la poudre pour bébé de J&J.

Le produit incriminé avait été retiré du marché britannique en 2023, trois ans après les Etats-Unis et le Canada