Les relations franco-britanniques post-Brexit: zizanies et compétitions

 Dans cette photographie d'archives prise le 6 mai 2021, des pêcheurs français rassemblent leurs prises dans un filet sur le pont d'un navire près du port de Saint-Hélier au large de l'île britannique de Jersey
Dans cette photographie d'archives prise le 6 mai 2021, des pêcheurs français rassemblent leurs prises dans un filet sur le pont d'un navire près du port de Saint-Hélier au large de l'île britannique de Jersey
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Publié le Jeudi 23 décembre 2021

Les relations franco-britanniques post-Brexit: zizanies et compétitions

  • Le Brexit a changé profondément la nature de relations franco-britanniques où des compétitions qui étaient autrefois largement amicales sont devenues féroces et hostiles
  • Malgré les péripéties post-Brexit et les récentes tensions, la France et la Grande- Bretagne sont condamnées à s'entendre; elles ne peuvent pas ignorer les pages brillantes de leur Histoire bilatérales

PARIS: Le divorce entre Londres et l’Union européenne (UE) affecte pleinement les relations franco-britanniques traversées par l’accumulation de plusieurs litiges allant des droits de pêche à la compétition stratégique et économique. De surcroît, l’absence de toute alchimie entre Boris Johnson et Emmanuel Macron accroît la tension entre les deux voisins. Mais malgré ce climat, les deux pays sont condamnés à la recherche de compromis pour sauvegarder de nombreux intérêts communs, et leurs statuts d’alliés historiques.
Pêche post-Brexit: un litige insurmontable?
Les différends et les litiges entre Londres et Paris dans la période post-Brexit ne manquent pas. Mais le litige autour des droits de pêche semble le plus critique. Entre discussions vives et épreuves de force, les licences de droits de pêche attribuées par le gouvernement britannique aux pêcheurs français ont été parmi les dossiers amplement discutés au cours de longues négociations pour parvenir au Brexit. À cause d’un accord de divorce mal ficelé, les droits de pêche et d’autres sujets ont été traités sous l’angle de «l’ambiguïté constructive» pour faciliter la sortie britannique de l’UE.
Cet accord post-Brexit, conclu in extremis à la fin de l'année dernière entre Londres et Bruxelles, prévoit que les pêcheurs européens puissent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition d'obtenir une licence, accordée s'ils peuvent prouver qu'ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l'ampleur des justificatifs à fournir.
En octobre dernier, le non-respect par Londres de termes de l’accord stipulant d’accorder de nouvelles licences a provoqué une crise et des blocages autour de l’île de Jersey, et il a failli être l’étincelle d’un conflit entre les deux parties: le gouvernement de l'île anglo-normande de Jersey et la France, à cause d’un différend sur l'octroi de licences à des bateaux français.
Après beaucoup d’hésitations, le 8 décembre, le Royaume-Uni a accordé vingt-trois licences supplémentaires aux pêcheurs français, au lendemain d'une date butoir fixée par Paris pour résoudre le conflit des droits de pêche post-Brexit.
Mais ce pas anglais fut jugé insuffisant par les pêcheurs français. Ainsi, le 17 décembre, Paris annonce que la France va demander à la Commission européenne d'engager un contentieux contre le Royaume-Uni; il s’agit d’une «procédure juridique pour les licences auxquelles les pêcheurs français ont droit, qui sont les plus prioritaires, les plus importantes».
Après des semaines de conflit, on constate que les Britanniques ont accordé mille vingt-septlicences aux pêcheurs français, dont vingt-trois dernièrement. Actuellement, le litige restant concerne des dizaines de licences, et surtout soixante licences prioritaires. La France a opté pour la procédure juridique (le contentieux) auprès de la Commission européenne, au lieu de sanctions et de mesures de rétorsion contre les navires britanniques dans les ports français.
Enfin, ce litige autour des droits de pêche est «gelé» et la solution définitive semble lointaine.

Le duel Macron-Johnson: annulation du contrat de sous-marins australiens
Le Brexit a profondément changé la nature de relations franco-britanniques où des compétitions qui étaient autrefois largement amicales sont devenues féroces et hostiles.
Pour l’entourage de Boris Johnson, la France a été accusée à plusieurs reprises de vouloir «punir la Grande-Bretagne pour sa sortie». Mais à Paris, on justifie simplement le durcissement de la position française par la décision de la Grande-Bretagne de quitter l’UE et de ce fait, d’être devenue un «pays tiers», selon les traités de l'UE, avec de nombreuses implications juridiques et réglementaires. Ce n’est pas passé inaperçu et l’«entente cordiale» marquant les liens entre les deux pays, se transforme en «compétition stratégique» dont le dernier chapitre n’est que l’annulation par l’Australie d’un contrat géant de sous-marins conclu avec Paris, en faveur de sous-marins américains et une inclusion dans l’Accord Aukus avec Washington et Londres, sous l’impulsion de Boris Johnson.
À la suite du revirement australien, les liens entre Paris et Londres se sont dégradés. Ce nouveau cap des relations politiques et diplomatiques est considéré comme le pire de nos jours, du moins par rapport aux cinquante dernières années, particulièrement durant la période de partenariat étroit au sein de l'UE.
Depuis les rudes négociations du Brexit menées au nom de l’Europe par le commissaire français Michel Barnier (ancien ministre français des Affaires étrangères), les griefs sont mutuels entre les deux rives de la Manche. Ainsi, la méfiance domine les liens et les perceptions entre Emmanuel Macron et Boris Johnson. Pour les Français, Boris Johnson est décrit comme «celui qu'il ne réalisait pas tout à fait de quoi il parlait, ou qu'il prenait des engagements qu'il n'avait jamais voulu tenir». Le paroxysme a été atteint avec l’amertume française face au «comportement conspirationniste» de Boris Johnson lors du clash des sous-marins.
Le résultat fut une perte de confiance entre les deux voisins. Dans ce contexte, entre «deux enfants turbulents de l’Europe», la question de l’immigration clandestine provoque une crise supplémentaire, notamment lors de l’horrible accident, à la fin de novembre dernier, du naufrage d'un bateau d’immigrés non réguliers dans les eaux de la Manche, entre les deux pays, au cours duquel vingt-sept personnes sont mortes. Si le ministère français de l'Intérieur tient les passeurs pour responsables, les organisations non gouvernementales (ONG)considèrent qu’il s’agit de la responsabilité des autorités françaises et britanniques.
Après que Londres a insisté sur la responsabilité d’une France prise dans «sa campagne électorale», Emmanuel Macron a répondu en exhortant à ce que la tragédie ne soit pas exploitée politiquement. Force est de constater que la tension dans les relations franco-britanniques à l'ère post-Brexit affecte négativement la coordination entre les deux parties dans de nombreux dossiers, dont ce dossier humain et sécuritaire à la fois. La proposition britannique de faire circuler des patrouilles communes a été rejetée, et en réaction à un tweet de Boris Johnson dépassant les normes diplomatiques, Paris a préféré traiter avec l’UE, l’Allemagne et la Belgique en excluant Londres de réunions de coordination contre l’immigration clandestine. Mais, en fin de compte, le dialogue entre Paris et Londres a étérétabli pour mettre un terme aux passages de bateaux.

Perspectives des relations Paris-Londres
Malgré les péripéties post-Brexit et les récentes tensions, la France et la Grande-Bretagne sont condamnées à s'entendre. Elles ne peuvent pas ignorer les pages brillantes de leur Histoire bilatérale: entente cordiale, deux Guerres mondiales et, plus récemment, l’accord de Saint-Malo de 1998 (Jacques Chirac-Tony Blair) pour une «défense européenne commune» entre ces deux seules puissances atlantiques, européennes et nucléaires à la fois.
La désescalade entre les deux parties s’impose compte tenu de la montée des périls. Moins d'Amérique et plus de Russie en Europe devrait signifier, en dépit du Brexit, plus de liens franco-britanniques en matière de défense et d’entente stratégique.


Après Itamar Ben Gvir, le ministre israélien Bezalel Smotrich interdit de territoire en France

Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. (Photo d’archives/AFP)
Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. (Photo d’archives/AFP)
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  • La France interdit l’entrée au ministre israélien Bezalel Smotrich en raison de ses positions en faveur de l’annexion de la Cisjordanie et de la recolonisation de Gaza
  • Cette décision s’ajoute à celle visant Itamar Ben Gvir et à des sanctions contre des colons violents

PARIS: Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, qui "promeut activement l'annexion de la Cisjordanie" et "revendique ouvertement" la "recolonisation de Gaza", est interdit d'accès au territoire français, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

C'est le deuxième membre du gouvernement israélien visé par une telle mesure après le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, autre figure de l'extrême droite, interdit d'entrer sur le sol français depuis le 23 mai, après la diffusion d'une vidéo de militants de la "flottille pour Gaza" agenouillés et mains liées.

"Bezalel Smotrich promeut activement l'annexion de la Cisjordanie, qu'il revendique ouvertement, la création de nouvelles colonies en Cisjordanie, la recolonisation de Gaza, l'effondrement économique de l'Autorité palestinienne et ses conséquences délétères sur la population palestinienne: c'est une politique que ne peut accepter l'écrasante majorité de la communauté internationale, fermement attachée à la solution à deux Etats", a écrit M. Barrot sur X.

"Quatre responsables d'organisations de colons et 21 colons violents" sont également interdits de territoire français, a-t-il ajouté.

M. Barrot indique par ailleurs avoir pris "de nouvelles sanctions contre les responsables de l'intensification de la colonisation et des violences en Cisjordanie" conjointement avec le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège, sans détailler ces mesures ni préciser les personnes visées.

Ces cinq pays avaient déjà annoncé le 10 juin 2025 interdire leurs territoires aux ministres Ben Gvir et Smotrich, les accusant d'"incitation à la violence" contre les Palestiniens, en particulier en Cisjordanie. Le gouvernement israélien avait alors dénoncé ces sanctions, les jugeant "scandaleuses".

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé dans ce territoire en marge de la guerre de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.

Depuis lors, au moins 1.080 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.

Dans le même temps, d'après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.


Téhéran réplique après des frappes américaines sur l'Iran répondant à un hélicoptère abattu

Le drone ayant effectué le sauvetage était un Corsair de l’US Navy, un navire maritime autonome de 7,3 mètres fabriqué par Saronic. (Saronic)
Le drone ayant effectué le sauvetage était un Corsair de l’US Navy, un navire maritime autonome de 7,3 mètres fabriqué par Saronic. (Saronic)
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  • L’Iran a frappé des bases américaines au Bahreïn et en Jordanie après des raids américains près du détroit d’Ormuz
  • L’escalade régionale se poursuit malgré les discussions de paix, faisant monter les prix du pétrole

TEHERAN: L'Iran a annoncé mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d'Ormuz, dans un nouvel embrasement régional après la destruction d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

Le président américain Donald Trump avait assuré mardi matin être proche d'un "très, très bon accord" pour mettre fin aux hostilités ouvertes le 28 février, évoquant un délai de "deux à trois jours". Mais cet optimisme a été douché plus tard dans la journée quand il a annoncé qu'un hélicoptère américain Apache avait été abattu par l'Iran et promis une réponse appropriée.

Tôt mercredi, l'Iran a annoncé des attaques contre des bases américaines abritées par le Bahreïn et la Jordanie. Et au Koweït, l'armée a dit faire face à "des cibles aériennes hostiles" sans préciser leur provenance.

En Jordanie, les Gardiens de la révolution iraniens ont dit avoir "visé et détruit quatre cibles majeures, notamment des groupes de chasseurs F35 sur une base aérienne et le centre de commandement militaire américain" d'Azraq, l'armée jordanienne annonçant avoir abattu cinq missiles iraniens.

A Bahreïn, des combattants de cette armée idéologique iranienne ont, eux, annoncé avoir procédé à "une attaque de drones contre la Ve flotte" américaine. Peu après, les sirènes d'alerte ont retenti dans ce pays du Golfe.

Les Gardiens ont justifié leur opération par des attaques américaines conduites dans la nuit sur Jask, Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran dans le détroit d'Ormuz toujours bloqué. Celles-ci ont "endommagé un pylône de télécommunications à Sirik et détruit deux réservoirs d'eau dans la ville", ont-ils précisé.

Des médias iraniens avaient signalé plus tôt plusieurs séries d'explosions au niveau du détroit, stratégique pour le transport mondial d'hydrocarbures.

L'armée américaine y a frappé "des installations de défense aérienne, des postes de contrôle au sol et des sites de radars de surveillance iraniens" près du détroit, selon un communiqué du Commandement central pour le Moyen-Orient (Centcom) des forces américaines.

Le Commandement américain a présenté ces frappes comme des mesures "en légitime défense" et de façon "proportionnée" en réponse à la destruction d'un hélicoptère Apache de l'armée américaine.

Celui-ci survolait lundi le détroit d'Ormuz lorsqu'il a été abattu par l'Iran, selon le président Trump.

Ces nouveaux échanges de feu ont fait repartir à la hausse les prix du pétrole. Le baril de WTI, référence américaine du brut, prenait 0,74% à 88,85 dollars, mercredi vers 02H30 GMT.

- Accord en attente -

Le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi a semblé vouloir minimiser l'incident impliquant l'hélicoptère.

"Les forces étrangères à proximité de notre territoire sont constamment exposées à des risques (...) la meilleure solution est qu'elles partent", a-t-il souligné sur X. "Nous préférons le langage diplomatique, mais nous parlons aussi d'autres langues."

Après l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les attaques réciproques entre l'Iran et Israël avaient repris dimanche et lundi, tuant trois personnes dont deux militaires et blessant 15 personnes en Iran, selon la télévision d'Etat.

M. Trump avait exhorté les deux pays à cesser "immédiatement" les hostilités. Le chef de l'Etat américain cherche à sortir de ce conflit impopulaire aux Etats-Unis, qu'il a déclenché au côté d'Israël le 28 février.

Téhéran avait d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'avait ensuite imité.

- Appel israélien à évacuer Tyr -

L'Iran exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient englobe la fin des hostilités sur le front libanais, où s'affrontent depuis le 2 mars son allié libanais du Hezbollah et Israël.

Dans le sud du Liban, Tyr et ses environs sont pilonnés sans relâche par l'armée israélienne.

Les bombardements ont fait au moins 11 morts mardi, selon les autorités libanaises.

Pour la première fois depuis le début des affrontements entre Israël et le mouvement chiite, l'armée israélienne a appelé tous les habitants à évacuer Tyr, y compris ceux du quartier chrétien.

"Le quartier chrétien est désormais vide à 99%", a rapporté à l'AFP Walid al-Tawil, du conseil municipal.

Le Hezbollah a, lui, revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban - qui n'ont pas fait de blessés selon l'armée israélienne.

L'armée a par ailleurs rapporté avoir abattu dans le nord d'Israël un homme accusé d'avoir tiré sur des soldats après avoir traversé la frontière depuis le Liban.


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.