La Chine ne piège pas l'Afrique dans la dette, selon son ministre des AE

«Il s'agit d'un discours qui a été créé par ceux qui ne veulent pas voir le développement de l'Afrique», a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi. (Photo, AFP)
«Il s'agit d'un discours qui a été créé par ceux qui ne veulent pas voir le développement de l'Afrique», a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 07 janvier 2022

La Chine ne piège pas l'Afrique dans la dette, selon son ministre des AE

  • Pékin est le premier partenaire commercial du continent africain, avec des échanges directs de plus de 200 milliards de dollars en 2019
  • Mais la Chine est souvent accusée d'utiliser son statut de créancier pour arracher des concessions diplomatiques et commerciales

MOMBASA : La Chine ne piège pas l'Afrique dans la dette, a affirmé jeudi au Kenya le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, à l'occasion d'une tournée africaine durant laquelle ce dernier doit notamment visiter divers projets d'infrastructures financés par son pays.

À Mombasa, sur la côte kényane, où la Chine finance la construction d'un nouveau terminal au sein du plus grand port d'Afrique de l'Est, M. Wang a affirmé que les prêts liés à ces projets représentaient un "bénéfice mutuel", rejetant l'idée d'un piège.

"Il s'agit d'un discours qui a été créé par ceux qui ne veulent pas voir le développement de l'Afrique", a-t-il déclaré à des journalistes. "S'il y a un piège, c'est celui de la pauvreté et du sous-développement".

La visite de M. Wang suit de peu celle qu'a effectuée en novembre sur le continent le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, un voyage en partie destiné à contrer l'influence grandissante de la Chine en Afrique.

À Washington, le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price a d'ailleurs tenu à vanter les "partenariats" offerts par les Américains aux pays africains, "sur la base des opportunités mutuelles, du respect mutuel", contrastant, selon lui, avec les projets chinois.

"Nous ne demandons pas à nos partenaires de choisir entre les Etats-Unis et d'autres pays, notamment la République populaire de Chine. Nous ne voulons pas leur imposer de choisir, mais nous voulons leur donner des choix", a-t-il dit à des journalistes.

Pékin est le premier partenaire commercial du continent africain, avec des échanges directs de plus de 200 milliards de dollars en 2019, selon les chiffres officiels chinois.

Mais la Chine est souvent accusée d'utiliser son statut de créancier pour arracher des concessions diplomatiques et commerciales, suscitant l'inquiétude quant à la capacité de nombreux Etats africains à assumer les dettes contractées.

«Recalibrer»

La Chine est ainsi devenue le second créancier du Kenya après la Banque mondiale et a financé de coûteux projets d'infrastructures dans un pays où les niveaux de dette ont explosé ces dernières années. 

À Mombasa, la construction du nouveau terminal représente un investissement de 353 millions de dollars.

Pékin a également financé l'infrastructure la plus chère depuis l'indépendance du Kenya, une ligne ferroviaire ayant coûté cinq milliards de dollars. 

Lors d'une visite au Kenya en janvier 2020, M. Wang avait décrit cette ligne comme un "étalon" des Nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative), une initiative chinoise qui finance des projets d'infrastructures.

Interrogé par l'AFP, l'analyste économique et géopolitique Alikhan Satchu, a pointé que le Kenya faisait face à des niveaux d'intérêts élevés pour financer des investissements qui ne "génèrent pas de retour sur investissement dans un avenir proche".

Le ministre chinois s'est entretenu jeudi avec le président Kenyatta, après avoir rencontré plusieurs ministres kényans et signé des accords dans les domaines du commerce, de la santé, de la sécurité ou encore des transferts de technologies vertes. 

"La visite est un témoignage de l'approfondissement des relations entre les deux pays", a déclaré à l'issue de la rencontre la ministre kényane des Affaires étrangères Raychelle Omamo.

Envoyé spécial

Jeudi, M. Wang a également annoncé la nomination d'un envoyé spécial chinois pour la Corne de l'Afrique, marquant la volonté de son pays de s'impliquer diplomatiquement dans cette région en proie à divers conflits. 

"Nous allons continuer à jouer un rôle encore plus grand pour la paix et la stabilité de la région", a-t-il déclaré en mandarin, traduit par un interprète.

Son annonce coïncide avec l'arrivée de l'émissaire américain sortant pour la Corne de l'Afrique, Jeffrey Feltman, qui a rencontré jeudi à Addis Abeba le Premier ministre éthiopien Abyi Ahmed, dont le pays est secoué depuis plus d'un an par une guerre opposant l'armée fédérale aux rebelles du Tigré, région du nord du pays. 

Mercredi, en Erythrée, M. Wang a exprimé l'opposition de la Chine aux sanctions américaines contre ce pays extrêmement fermé et aux interférences "dans les affaires internes d'autres pays sous le prétexte de la démocratie et des droits humains". 

Washington a imposé l'année dernière des sanctions contre Asmara en raison de l'implication de son armée dans le conflit au Tigré, marqué par des massacres de civils et des viols de masse. 

Après le Kenya, M. Wang doit se rendre dans l'archipel des Comores.


Choose France: le groupe américain Ecolab investit 100 millions d'euros

Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
Une employée travaille au centre de recherche et développement du groupe américain de technologies de l’eau, de l’hygiène et de l’énergie Ecolab, à Sainghin-en-Mélantois, dans le nord de la France, le 11 septembre 2020. (AFP)
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  • Le groupe américain Ecolab investira 100 M€ en France dans le cadre de Choose France, pour soutenir la décarbonation industrielle et l’électrification
  • Les fonds seront répartis entre les projets GravitHy (fer décarboné) et HoloSolis (panneaux solaires), avec à la clé environ 2.500 emplois

MARSEILLE: Le spécialiste américain du traitement de l'eau Ecolab va investir 100 millions d'euros sur deux sites en France, près de Marseille et en Moselle, a annoncé samedi le ministre délégué à la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.

L'annonce se fait dans le cadre des journées de l'investissement Choose France, avant un sommet prévu lundi à Versailles.

"Je suis très heureux de vous annoncer qu'Ecolab confirme son engagement en faveur de la croissance durable de l'économie française avec un investissement de 100 millions d'euros", a déclaré à La Provence le ministre.

"Ces investissements soutiennent la décarbonation industrielle et l'électrification, le développement économique régional et la création d'environ 2.500 emplois qualifiés", a-t-il ajouté.

La somme se répartit entre deux sites industriels.

Le premier est celui où s'implante, à Fos-sur-Mer, l'usine de fer GravitHy, qui réunit, en plus d'Ecolab, le géant des métaux anglo-australien Rio Tinto, le fonds Japan Hydrogen Fund, l'allemand Siemens et le français Engie.

Le premier, GravitHy, promet un fer "décarboné", c'est-à-dire produit sans énergie fossile, à partir d'hydrogène vert. La construction de l'usine doit commencer en 2027, pour un démarrage de la production en 2030.

Le second est une usine de cellules et modules photovoltaïques, HoloSolis, à Hambach (Moselle) près de Sarreguemines. Appartenant au néerlandais InnoEnergy, elle doit être la plus grande d'Europe lorsqu'elle démarrera en 2027.


Al-Nassr entre dans le top 10 mondial des clubs en termes de ventes de maillots

Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
Cristiano Ronaldo fête sa première victoire dans la Saudi Pro League avec Al-Nassr. (X/@AlNassrFC_FR)
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  • Une étude souligne l'influence de Cristiano Ronaldo sur les marchés commerciaux
  • Les nouveaux champions saoudiens ont vendu plus de 1,2 million de maillots au cours de la saison 2025-26

RIYAD: Al-Nassr s'est assuré une place parmi les 10 clubs de football les plus vendus au monde en termes de ventes de maillots, ayant vendu plus de 1,2 million de maillots dans le monde entier au cours de la saison actuelle, au cours de laquelle il a remporté le titre de Roshn Saudi League, selon une étude menée par Euromericas Sport Marketing.

L'étude attribue l'ascension du club à l'influence de Cristiano Ronaldo, dont les millions d'adeptes sur les médias sociaux ont contribué à transformer le maillot d'Al-Nassr en une icône marketing mondiale qui s'est étendue au-delà du Moyen-Orient, attirant des milliers de fans et de collectionneurs à travers les Amériques, l'Asie et l'Australie.

Les données publiées par Euromericas Sport Marketing montrent une nette avance pour le Real Madrid d'Espagne, qui a pris la tête du classement mondial avec des ventes dépassant les 3,13 millions de maillots, grâce au pouvoir des stars française Kylian Mbappé et brésilienne Vinicius Junior.

Euromericas Sport Marketing fait partie des agences et des sociétés de conseil spécialisées dans le marketing et la recherche dans le domaine du sport, se classant parmi les cinq premières sociétés dans ce domaine et étant la première de son genre en Amérique latine.

La deuxième place revient au FC Barcelone, avec des ventes atteignant 2,94 millions de maillots, tandis que le Paris Saint-Germain se classe troisième avec 2,54 millions de maillots vendus à la suite de la victoire en Ligue des champions de l'UEFA.

Le Bayern Munich (Allemagne) s'est classé quatrième avec 2,3 millions de maillots vendus, suivi de l'Inter Miami (États-Unis) avec 2,1 millions, du Boca Juniors (Argentine) avec 1,9 million, du Manchester United (Angleterre) avec 1,85 million, du CR Flamengo (Brésil) avec 1,6 million, et du Chelsea (Angleterre) à la neuvième place avec 1,4 million de maillots vendus.

Al-Nassr s'est classé 10e au niveau mondial et 4e parmi les clubs non européens, devenant ainsi le seul club arabe et asiatique à figurer dans le prestigieux classement international, dépassant des géants du football européen établis de longue date.

La liste met également en lumière un phénomène marketing similaire à celui d'Al-Nasser, à savoir la remarquable ascension de l'Inter Miami, qui s'est hissé à la cinquième place mondiale avec 2,16 millions de maillots vendus, grâce à la présence de la star argentine Lionel Messi.

En revanche, les clubs de football historiques italiens sont absents du top 10, ce que le rapport décrit comme une indication du fossé commercial et marketing qui se creuse entre la ligue italienne et les ligues émergentes menées par la ligue saoudienne, qui sont de plus en plus en concurrence pour obtenir des parts importantes dans l'industrie mondiale du sport.


Bercy missionne quatre économistes pour plancher sur les finances publiques

Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
Le ministre français du Budget et des Comptes publics, Laurent Saint-Martin, tient une conférence de presse à l'occasion d'un séminaire interministériel sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, au ministère de l'Économie et des Finances (Bercy), à Paris, le 7 octobre 2024.
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  • "On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5
  • Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques"

PARIS: Les ministres de l'Economie et des Comptes publics ont confié une mission à quatre économistes pour analyser les enjeux des finances publiques à l'horizon 2030 et plancher sur des scénarios de redressement dès 2027, a annoncé Bercy mardi.

Les économistes Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier, Xavier Jaravel et Natacha Valla mèneront ces travaux avec l'appui de l'Inspection générale des finances (IGF). Les conclusions de leur mission indépendante sont attendues en juillet, a précisé le ministère.

"On voit bien la tentation qu'il va y avoir, celle de faire l'autruche devant l'ampleur des efforts budgétaires qui sont devant nous", a déclaré le ministre des Comptes publics David Amiel sur France 5.

"C'est la raison pour laquelle, parce qu'on ne peut pas se permettre d'aller en somnambules d'abord vers le débat budgétaire pour 2027, ensuite vers l'élection présidentielle, que j'ai décidé, avec mon collègue Roland Lescure, de faire une opération de transparence inédite en confiant à quatre économistes indépendants le soin de faire un état des lieux", a-t-il ajouté.

Dans la lettre de mission adressée aux économistes, les ministres soulignent qu'"il apparaît essentiel de disposer d'une analyse prospective des enjeux de finances publiques".

"Vous vous attacherez à construire l'évolution probable des finances publiques entre 2027 et 2030" et à élaborer "différents scénarios de redressement des finances publiques en 2027, dont des cibles souhaitables de déficit pour 2027", poursuivent-ils.

Ils précisent que ces travaux participeront "au cadrage des réflexions relatives à la construction du projet de loi de finances pour 2027".

Selon Bercy, "cet exercice inédit permet de poser les bases du débat parlementaire avec des données objectives en amont du début de la discussion".

Xavier Ragot est président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Natacha Valla doyenne de l'École du management de Sciences Po, Xavier Jaravel président délégué du Conseil d'Analyse Économique (CAE), et Jean-Luc Tavernier inspecteur général des finances et ex-directeur général de l'Insee (de 2012 à 2025).

Le gouvernement, qui travaille à la préparation du projet de loi de finances pour 2027, souhaite éviter les difficiles négociations de l'an dernier. Il a aussi a chargé l'IGF de plancher sur les conséquences économiques d'une reconduction l'an prochain du budget actuel par une loi spéciale.

Le gouvernement vise un déficit public à 5% du PIB cette année, après 5,1% en 2025. Il s'est engagé à faire passer le déficit sous la barre des 3% en 2029, comme demandé par Bruxelles.