Sur le front en Ukraine, peu d'attentes des pourparlers russo-américains

L'est de l'Ukraine est déchiré depuis 2014 par une guerre entre Kiev et les séparatistes appuyés, malgré ses dénégations, par la Russie. (Photo, AFP)
L'est de l'Ukraine est déchiré depuis 2014 par une guerre entre Kiev et les séparatistes appuyés, malgré ses dénégations, par la Russie. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 10 janvier 2022

Sur le front en Ukraine, peu d'attentes des pourparlers russo-américains

  • Sur le terrain, les tensions se traduisent par d'incessants tirs de harcèlement de la part des séparatistes, affirment les militaires ukrainiens
  • «L'ennemi nous provoque en permanence avec des tirs», notamment de mortier et de mitrailleuse, déclare Dmitro, un militaire de 29 ans

AVDIÏVKA : Sur la ligne de front dans l'est de l'Ukraine, les forces de Kiev doutent que des pourparlers qui débutent lundi entre Washington et Moscou changeront grand-chose au conflit qui les oppose aux séparatistes prorusses.

"Ça n'aggravera pas la situation (...) Mais ça ne changera pas la politique de Poutine", déclare Mikhaïlo, un soldat de 29 ans à l'épaisse moustache, dans sa tranchée non loin de la ville d'Avdiïvka, dans la région de Donetsk.

"Compte tenu que la guerre dans l'Est dure depuis huit ans déjà, et au vu des négociations précédentes, je doute que les choses vont changer. Sa politique (à Poutine) ne peut absolument pas être influencée", ajoute-t-il.

Des responsables américains et russes doivent tenir une réunion lundi à Genève pour discuter de la situation en Ukraine et de la sécurité en Europe, dans un contexte de vives tensions.

Kiev et les Occidentaux accusent en effet la Russie d'avoir massé des dizaines de milliers de militaires et des équipements lourdes à la frontière de l'Ukraine en prévision d'une possible invasion, ce que Moscou dément.

De son côté, le gouvernement russe accuse l'Otan d'être la cause des tensions actuelles, et exige notamment des garanties juridiques qui écarteraient la possibilité d'une future adhésion de l'Ukraine à l'Alliance atlantique.

"Des garanties sur une non-adhésion à l'Otan n'arrêteront pas (M. Poutine)", pense Mikhaïlo. "Il veut revenir à une Union soviétique 2.0", ajoute-t-il.

Sur le terrain, ces tensions se traduisent par d'incessants tirs de harcèlement de la part des séparatistes, affirment les militaires ukrainiens.

«Provocation permanente»

À l'abri de sacs de sable empilés, un soldat scrute les positions ennemies avec un périscope pendant que deux collègues agrandissent la tranchée avec des pelles.

"L'ennemi nous provoque en permanence avec des tirs", notamment de mortier et de mitrailleuse, déclare Dmitro, un autre militaire de 29 ans, aux yeux bleus et aux traits tirés. "Sans cesse", ajoute-t-il, les mains enfouies entre sa veste et son gilet pare-balles pour les protéger du froid mordant.

"Nous sommes tout le temps prêts" à repousser d'éventuelles attaques, ajoute Mikhaïlo, le premier soldat, casque camouflage sur la tête et fusil d'assaut en bandoulière.

L'est de l'Ukraine est déchiré depuis 2014 par une guerre entre Kiev et des séparatistes. Le conflit, qui a fait plus de 13 000 morts, a éclaté après l'annexion de la Crimée par Moscou.

Mikhaïlo, le soldat ukrainien, affirme que les séparatistes ont déployé des équipements "à une échelle beaucoup plus grande" qu'autrefois, ces derniers mois.

Il assure toutefois que l'armée ukrainienne, qui avait été submergée en 2014, est "prête", cette fois. "Nous pouvons retenir l'ennemi", assure-t-il. "Le plus important, c'est d'avoir quelqu'un derrière nous pour nous soutenir".

Méfiance

L'Ukraine a notamment reçu des Etats-Unis des munitions, des navires, des dispositifs de missiles antichar américains Javelin et du matériel médical.

"Ces Javelin sont une chose merveilleuse", sourit Mikhaïlo.

Les Etats-Unis, qui ont exclu toute intervention militaire pour appuyer l'Ukraine, ont toutefois multiplié les assurances de soutien ces dernières semaines.

Le mois dernier, le président américain Joe Biden a ainsi menacé son homologue russe Vladimir Poutine de sanctions "comme il n'en a jamais vues" en cas de nouvelle agression de l'Ukraine, Moscou rétorquant qu'il commettrait une "erreur colossale".

Les pourparlers à Genève s'annoncent tendus. Dimanche, la Russie s'est dite "déçue" par les récentes déclarations occidentales et affirmé qu'elle ne ferait "aucune concession".

Dans tous les cas, Mikhaïlo est méfiant. "Connaissant notre ennemi, je suis sûr à 100% que les discussions ne pencheront pas en notre faveur", dit-il.

"Et même s'ils parviennent à s'entendre sur quelque chose", ajoute-t-il, "les accords avec la Russie ne valent même pas le papier sur lequel ils sont imprimés".


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.