Un ancien ingénieur de Ma'aden envisage de combler une lacune dans la chaîne de valeur minière du Royaume

(Golden Compass)
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Publié le Mercredi 12 janvier 2022

Un ancien ingénieur de Ma'aden envisage de combler une lacune dans la chaîne de valeur minière du Royaume

(Golden Compass)
  • En commençant avec une petite équipe de géologues et d'ingénieurs miniers, Golden Compass s'est étendue à 120 employés
  • Golden Compass prévoit un chiffre d'affaires de 100 millions de SR pour l'exercice en cours

Alors que l'Arabie saoudite entame une nouvelle ère minière, avec des gisements de minéraux inexploités évalués à plus de 1,3 trillion de dollars, il existe un besoin de compétences locales en matière d'exploration, de forage et de traitement. 

L’entreprise qui envisage de mobiliser ce potentiel est Golden Compass, société d’exploitation minière basée à Djeddah, lancée en 2016 et axée sur l'or, le calcaire, le cuivre et la silice - utilisée dans une gamme de produits, allant des micropuces aux panneaux solaires. 

Golden Compass a deux principales sources de revenus: le repérage et l'évaluation des ressources souterraines, ainsi que l'exploitation et l'extraction effectives des minéraux. 

Son fondateur et directeur général, Meshary Al-Ali, a commencé sa carrière dans le secteur minier par une courte période en Australie, avant de passer neuf ans auprès de Ma'aden en Arabie saoudite - la plus grande compagnie minière de la région du Golfe - où il a été finalement promu ingénieur principal de projet. 

Al-Ali a indiqué qu'il avait démissionné de Ma'aden pour créer une startup qui «sera la plus grande société de conseil et de services miniers en Arabie saoudite dans la première phase, et au Moyen-Orient dans la deuxième phase.» 

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En commençant par une petite équipe de géologues et d'ingénieurs miniers, Golden Compass s'est étendue à 120 employés. 

Son premier investissement fructueux a eu lieu en 2018 avec la société de capital-risque saoudienne Naif Al Rajhi Investment Group. L’ampleur de cet accord reste confidentielle, mais celui-ci a conféré à NRI une participation majoritaire. Peu de temps après, NRI a injecté 20 millions de SR supplémentaires (5,3 millions de dollars). 

En 2020, 10% de Golden Compass ont été achetés par Saud Al Rajhi Investment Group (NRI et Saud font toutes deux partie de la dynastie du secteur bancaire Al Rajhi) pour 7 millions de SR, valorisant la société à 70 millions de SR. 

Un troisième investissement est en cours de finalisation, dont les détails sont également confidentiels, avec une introduction en bourse prévue pour 2028. 

Al-Ali a déclaré à Arab News que la nécessité de tels niveaux d'investissements découlait de la quantité d'équipements requis dans le secteur minier. 

«Les grandes sociétés minières ne veulent pas nécessairement investir leur capital dans des appareils de forage, des foreuses et des bulldozers, qui sont chers, et dont par ailleurs la valeur se déprécie rapidement», a affirmé Al-Ali. 

Il a ajouté: «Si vous êtes une société minière multinationale ayant remporté une concession pour une mine d'or ou de cuivre en Arabie saoudite, vous ne l'exploiterez généralement pas vous-même. 

«Vous la sous-traiterez  à travers un opérateur reconnu spécialisé dans l'exploration, l'estimation des ressources et des réserves et les profondes excavations – et disposant de ses propre foreuses, bulldozers, installations de traitement, laboratoires et, bien sûr, main-d'œuvre. Tout cela nécessite d'énormes investissements en capital - plus de 50 millions de SR jusqu'à présent, dans notre cas. 

«Nous effectuons l'exploration, la prospection, le dynamitage, l'extraction, le forage — le cercle entier des opérations. Nous sommes devenus une adresse unique de services pour les sociétés minières.» 

La société se trouve sur une trajectoire ascendante rapide, avec des revenus s’élevant à 30 millions de SR en 2020 et 27 millions de SR en 2021, une baisse en partie due aux changements de direction chez leur principal client Ma'aden, provoquant un retard dans la clôture d'un contrat. 

Cependant, Golden Compass prévoit un chiffre d'affaires de 100 millions de SR pour l'exercice en cours. 

«Le secteur minier de l'Arabie saoudite est en plein essor», a indiqué Al-Ali. «Cela a vraiment commencé avec le nouveau code minier le 1er janvier 2021. L'Arabie saoudite met maintenant en avant son industrie minière dans le monde et souhaite attirer davantage d'acteurs mondiaux. 

«De quelle façon? En promulguant une loi très solide qui protégera les investissements des entreprises étrangères et fournira un accès facile aux informations et aux données - par exemple via le programme de base de données géologiques nationales et de cartographie, qui met à jour de nombreuses informations historiques. 

«Les sociétés minières internationales disposent désormais d'une loi très solide pour les protéger ainsi que d'un bon environnement commercial dans un pays stable ayant des réserves minérales confirmées – et le gouvernement saoudien soutient désormais les sociétés minières avec un financement à 70 %. C'est donc un ensemble complet.» 

Le programme d'exploration accélérée de l'Arabie saoudite est une autre nouvelle initiative importante, à travers laquelle le ministère de l'Industrie et des Ressources minérales du Royaume cherche à «motiver et encourager les sociétés d'exploration de petite envergure.» 

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Golden Compass a soumissionné pour certains de ces contrats, et les noms des sociétés sélectionnées seront annoncés au courant de cette année. 

L'exploitation minière comporte trois phases. L'amont comprend l'exploration et l'extraction, alors que le traitement s’opère au niveau intermédiaire. Et en aval se trouve la fabrication des produits finis. 

«Jusqu'à présent, plus de 80% du secteur minier de l'Arabie saoudite était concentré en amont», a indiqué Al-Ali. «Mais l'objectif maintenant est que le pays soit engagé dans l'ensemble de la chaîne de valeur.» 

Il a précisé que l'une des façons d'y parvenir était de mettre en place des usines qui transforment la silice abondante du Royaume en panneaux solaires, avec un transfert de technologie et de savoir-faire, ainsi que la création potentielle de nombreux emplois. 

«L'Arabie saoudite doit diversifier ses revenus au cours des vingt prochaines années», a affirmé Al-Ali. «Je pense que les dirigeants de notre secteur minier sont sur la bonne voie et construisent un système sain, durable et transparent pour les investisseurs et les sociétés minières.» 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.