Des Britanniques déchus de leur citoyenneté s'opposent dans une lettre à un projet de loi controversé du Royaume-Uni

En cas d’adoption du projet de loi, le gouvernement ne sera plus tenu de notifier sa décision de retirer la citoyenneté si cela n’est pas «raisonnablement réalisable». (Photo, Shutterstock)
En cas d’adoption du projet de loi, le gouvernement ne sera plus tenu de notifier sa décision de retirer la citoyenneté si cela n’est pas «raisonnablement réalisable». (Photo, Shutterstock)
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Publié le Mercredi 12 janvier 2022

Des Britanniques déchus de leur citoyenneté s'opposent dans une lettre à un projet de loi controversé du Royaume-Uni

  • Des politiciens de la Chambre des lords, la chambre haute du Parlement du Royaume-Uni, examinent actuellement le projet de loi sur la nationalité et les frontières
  • Le débat autour du projet de loi fait suite au cas très médiatisé de Shamima Begum, qui a quitté son domicile londonien en 2015, à l’âge de 15 ans, pour rejoindre Daech en Syrie

LONDRES: Des ressortissants britanniques qui affirment avoir été détenus et torturés après avoir été déchus de leur nationalité à l’étranger ont rédigé une lettre dans laquelle ils expriment leur opposition à un projet de loi controversé débattu au Parlement britannique.

Des politiciens de la Chambre des lords, la chambre haute du Parlement du Royaume-Uni, examinent actuellement le projet de loi sur la nationalité et les frontières, dont la neuvième clause donnerait au gouvernement le droit de retirer la citoyenneté d’une personne sans avertissement.

En cas d’adoption du projet de loi, le gouvernement ne sera plus tenu de notifier sa décision de retirer la citoyenneté si cela n’est pas «raisonnablement réalisable».

Cette proposition est en contradiction avec le droit international qui stipule que toute personne a droit à une nationalité et que nul ne peut être laissé apatride.

Dix ressortissants britanniques qui ont été déchus de leur citoyenneté au cours de la dernière décennie et qui disent s’être retrouvés bloqués à travers le monde, ne possédant pas d’autre nationalité, ont utilisé la lettre, préparée par le groupe de défense Cage, pour demander une procédure plus équitable dans les cas de retrait de la citoyenneté, a rapporté The Independent mercredi.

Deniz Solak a été déchu de sa nationalité britannique en 2015 avant d’être acquitté de toute implication dans des activités terroristes deux ans plus tard par un tribunal turc, tandis que Tauqir Sharif a été déchu de sa nationalité en 2017 et accusé de liens avec un groupe aligné sur Al-Qaïda, une accusation qu’il nie.

Certains des signataires de la lettre ouverte ont également été accusés d’appartenir à un groupe terroriste, raison pour laquelle on leur aurait retiré leur citoyenneté. Cependant, aucun d’entre eux n’a été jugé au Royaume-Uni pour les crimes dont il est accusé.

«Si nous, ou toute autre personne d’ailleurs, avons commis un crime, nous demandons simplement à être entendus par un tribunal qui nous donnera la possibilité de contester les preuves contre nous», réclament-ils dans leur lettre.

«La politique actuelle consistant à utiliser des “preuves secrètes” et des “tribunaux secrets” permet au gouvernement et aux services de sécurité de se comporter comme des juges, un jury et, dans certains cas, des bourreaux à notre égard.»

«Nous ne bénéficions du soutien ou de la protection d’aucun pays au monde; nous sommes essentiellement apatrides. En pratique, cela signifie que certains d’entre nous ont été détenus, emprisonnés et torturés en toute impunité», ajoutent-ils.

La colère suscitée par l’extension potentielle des pouvoirs du gouvernement s’est accrue en Grande-Bretagne et les signataires de la lettre ont confié qu’ils avaient été «accablés» par l’opposition publique au projet de loi.

Le débat autour du projet de loi fait suite au cas très médiatisé de Shamima Begum, qui a quitté son domicile londonien en 2015, à l’âge de 15 ans, pour rejoindre Daech en Syrie et épouser un combattant du groupe terroriste.

Elle a été déchue de sa nationalité britannique et considérée comme un risque pour la sécurité nationale peu après avoir été retrouvée, enceinte, dans un camp de réfugiés syriens en février 2019. Toutefois, celle-ci nie toute implication dans des activités terroristes.

Anas Mustapha, du groupe Cage, a expliqué à The Independent que la privation de la citoyenneté constituait une «violation flagrante», car elle n’a pas seulement pour effet d’exiler une personne de son foyer mais aussi de la «priver totalement de ses droits et de l’exposer aux abus».

«Il est essentiel que la voix des survivants des politiques draconiennes actuelles en matière de citoyenneté soit entendue; elle met en lumière l’impunité absolue dont jouit le ministère britannique de l’Intérieur lorsqu’il exerce ce pouvoir», ajoute-t-il.

«Le projet de loi sur la nationalité et les frontières renforcera et étendra ces pouvoirs, afin de permettre au Bureau de l'Intérieur d’ôter aux  gens leurs droits plus librement. Cela porte atteinte à l’égalité de citoyenneté pour tous et fait des Britanniques issus de minorités ethniques des citoyens de seconde classe pour toujours. L’annulation de ces pouvoirs est donc avant tout une question d’égalité des droits de citoyenneté».

«Bien qu’ils n’aient jamais été accusés d’une infraction terroriste, mes clients ont été soumis à la peine la plus sévère, celle d’être déchus de leur citoyenneté et exilés», a déclaré Fahad Ansari, avocat représentant quatre signataires de la lettre.

«Le caractère oppressif de ce pouvoir peut être évalué à partir du fait que ce type de sanction ne pourrait pas être adopté par un juge de l’application des peines si mes clients avaient été condamnés pour les plus grands massacres.»

En réponse aux critiques formulées à l’encontre du projet de loi sur la nationalité et les frontières, le Bureau de l’Intérieur a refusé de s’excuser pour le retrait de la citoyenneté des «terroristes, des personnes impliquées dans la grande criminalité organisée et d’autres individus qui ont tourné le dos au Royaume-Uni et souhaitent nous nuire», précise un porte-parole.

«La privation de la citoyenneté n’intervient qu’après un examen attentif des conseils des fonctionnaires et des avocats, et conformément au droit international. Chaque cas est évalué individuellement et est toujours assorti d’un droit d’appel», ajoutent-ils.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Trump dit mener les "derniers efforts" en vue d'un accord avec l'Iran

US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
US President Donald Trump said on Tuesday that he was in the “final throes” of reaching a Middle East peace deal. (AFP file photo)
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  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran
  • Trump annonce un accord “très proche” avec l’Iran, attendu sous 2–3 jours après une baisse des tensions Israël-Iran

TEHERAN: Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un accord avec l'Iran, au lendemain de la cessation de frappes réciproques inédites depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord", a-t-il affirmé, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour que cet accord soit conclu.

Après 100 jours de guerre et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un fragile cessez-le-feu, les explosions et alertes avaient de nouveau retenti à Téhéran ou Tel-Aviv dimanche et lundi. Les attaques ont fait 15 blessés en Iran, selon le chef de l'organisation nationale des urgences.

Donald Trump, qui cherche une sortie à ce conflit impopulaire aux Etats-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, avait exhorté l'Iran et Israël à cesser "immédiatement" les hostilités.

Téhéran a d'abord annoncé l'arrêt de son opération militaire contre Israël, qui l'a ensuite imité. "A l'heure actuelle, les hostilités sur ce front ont cessé", a confirmé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Signe d'accalmie, le principal aéroport international de Téhéran a annoncé tôt mardi un "retour à la normale" de ses conditions d'exploitation, au lendemain de la réouverture de l'espace aérien du pays, partiellement fermé entre dimanche et lundi.

En moins de 24 heures, l'Iran a tiré une trentaine de missiles contre Israël selon un responsable militaire israélien, en réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, dans laquelle deux personnes sont mortes et 20 ont été blessées.

Lundi à la mi-journée, le commandement des forces armées iraniennes a annoncé "la cessation de l'opération", qualifiée de "sévère riposte" à Israël. Mais, a-t-il prévenu, "en cas de poursuite de l'agression et des hostilités, y compris dans le sud du Liban, des actions bien plus sévères et répressives qu'auparavant seront entreprises".

- 14 tués au Liban -

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et principal négociateur de Téhéran, avait affirmé que l'Iran avait "rompu l'équation qui consiste à conclure un cessez-le-feu sur le papier et à le violer systématiquement sur le terrain."

Sur le même ton, Benjamin Netanyahu a assuré qu'Israël riposterait "avec force" à toute nouvelle attaque iranienne.

Lui qui avait ordonné des frappes contre l'Iran malgré l'objection du président américain a aussi dit, "avec respect", qu'Israël exercerait son droit à se défendre "chaque fois que nécessaire".

Plus tôt, le ministre de la Défense Israël Katz a affirmé que son pays  "continuera(it) d'agir" contre le Hezbollah.

Téhéran exige un traitement simultané du conflit entre Israël et le Hezbollah, et celui plus large déclenché par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, tandis que Washington souhaite conclure le dossier libanais dans un second temps.

Les frappes israéliennes se sont poursuivies lundi dans le sud du Liban, contre une quinzaine de localités dont la ville de Tyr, faisant 14 tués et plus d'une vingtaine de blessés, selon le gouvernement et la Croix-Rouge.

Le Hezbollah a lui revendiqué de nouvelles attaques contre des forces israéliennes dans le sud du Liban, mais pas sur le territoire israélien.

L'armée israélienne a de son côté affirmé que trois projectiles avaient été tirés "en direction de soldats israéliens en opération dans le sud du Liban", et qu'un projectile supplémentaire était "tombé à proximité des troupes" sans faire de blessé.

Le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, a lui rencontré mardi au Pakistan son homologue pakistanais, Asim Munir. Le Pakistan fait figure de principal médiateur dans les pourparlers visant à mettre fin durablement à la guerre.

Le Pakistan a "souligné l'engagement de son armée à renforcer sa collaboration en matière de défense avec les forces armées libanaises" et à prendre en compte "l'évolution du contexte sécuritaire régional", selon un communiqué militaire.

Alimentant les craintes d'une nouvelle extension du conflit, l'armée israélienne a annoncé tôt mardi avoir intercepté une "cible aérienne suspecte en provenance du Yémen", moins de 24 heures après que les rebelles houthis installés dans ce pays et alliés de l'Iran ont revendiqué une attaque contre Israël et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, qui ont flambé ces dernières semaines en raison du blocage du détroit d'Ormuz, ont légèrement reculé mardi matin, le prix du baril de Brent de la Mer du Nord perdant 0,90% à 93,40 dollars, tandis que le West Texas Intermediate se repliait de 1,16% à 90,24 dollars.


Trump affirme qu'Iran et Israël veulent «conclure un cessez-le-feu immédiat»

Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
Un colon israélien se tient à côté d'un fragment de missile qui dépasse du sol, à la suite des frappes iraniennes, dans le centre de la Cisjordanie occupée par Israël, le 8 juin 2026. (Reuters)
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  • "Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite"
  • Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de tirer".

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran et Israël "(cherchaient) à conclure un cessez-le-feu immédiat", alors que les deux pays ont repris leurs attaques directes pour la première fois depuis la trêve conclue il y a deux mois.

"Les négociations finales sur la +paix+ se poursuivent, sous réserve que l'ignorance ou la stupidité ne viennent pas s'y opposer", a ajouté sur son réseau Truth Social le président américain, qui ne cache pas ses désaccords avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Le blocus restera en place, avec toute sa force et son effet, jusqu'à ce qu'un +accord final+ soit conclu. Les choses devraient aller vite".

Quelques minutes auparavant, dans un autre message, le milliardaire républicain avait estimé qu'"Israël et l'Iran (devaient) immédiatement cesser de +tirer+".

Donald Trump cherche une issue au conflit, très impopulaire aux Etats-Unis, à l'approche des élections législatives de mi-mandat en novembre prochain.

Si des escarmouches ont eu lieu ces derniers jours autour du détroit d'Ormuz entre Etats-Unis et Iran, c'est la première fois que Téhéran cible le territoire israélien depuis le cessez-le-feu du 8 avril et qu'Israël bombarde le sol iranien.

 


Des chasseurs français de l'Otan abattent un drone en Lettonie

Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze. (AFP)
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  • L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone
  • Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT)

VILNIUS: Des chasseurs français de l'Otan stationnés dans les pays baltes ont abattu un drone en Lettonie, a déclaré lundi la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

"Merci à nos alliés français d'avoir abattu le drone qui a pénétré dans l'espace aérien letton!", a‑t‑elle écrit sur X.

L'armée lettone a indiqué dans un communiqué qu'"un aéronef sans pilote étranger avait pénétré dans l'espace aérien letton à la suite de la guerre électronique russe", sans révéler l'origine du drone.

Les deux avions français "ont décollé de la base aérienne de Siauliai", dans le nord de la Lituanie, avant d'abattre le drone vers 10H00 locales (07H00 GMT), a indiqué  pour sa part Gintautas Ciunis, porte-parole de l'armée lituanienne.

Le 19 mai, un chasseur de l'Otan avait abattu dans l'espace aérien de l'Estonie un drone ukrainien, première interception d'un drone étranger dans le ciel d'un Etat balte par la police de l'air de l'Otan depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en 2022.

Les Etats baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.

Selon les Européens, la Russie fait dévier délibérément de leur trajectoire des drones ukrainiens destinés à frapper des installations industrielles et des terminaux pétroliers dans la région de Saint-Pétersbourg, située sur le golfe de Finlande.

Ces incidents ont mis au jour les carences des défenses aériennes des pays baltes, impuissantes à neutraliser un drone errant avant sa chute sur leur territoire.