Le feu vert de l'ONU pour l'aide à Idlib met en relief les souffrances de la guerre en Syrie

Des enfants assistent à un événement en plein air célébrant la Journée mondiale de l'enfance au camp de Haranbouch pour les Syriens déplacés, le 20 novembre 2021. (Photo, Omar Haj Kadour / AFP)
Des enfants assistent à un événement en plein air célébrant la Journée mondiale de l'enfance au camp de Haranbouch pour les Syriens déplacés, le 20 novembre 2021. (Photo, Omar Haj Kadour / AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 13 janvier 2022

Le feu vert de l'ONU pour l'aide à Idlib met en relief les souffrances de la guerre en Syrie

  • Les Casques blancs affirment que les attaques du régime d’Al-Assad et de ses alliés militaires étrangers se sont intensifiées ces derniers mois
  • Les militants affirment que les enfants du nord-ouest de la Syrie sont traumatisés et incapables d'aller à l'école à cause des bombardements constants

WASHINGTON: Les frappes aériennes qui ciblent les infrastructures civiles dans l'enclave d'Idlib en Syrie, tenue par les rebelles, sont devenues si fréquentes ces derniers mois qu'elles ont cessé d'être prises en considération par de nombreux médias occidentaux, selon des militants des droits de l'homme.
Selon la Défense civile syrienne, les premiers intervenants affiliés aux rebelles, également connus sous le nom de Casques blancs, les attaques du régime de Bachar al-Assad et de ses alliés militaires étrangers se sont intensifiées, mutilant et tuant des dizaines d'enfants.
Une photo publiée par les Casques blancs à la mi-novembre montre des premiers intervenants soulevant le corps sans vie d'une petite fille des décombres de ce qui était sa maison. De telles images faisaient autrefois la une des journaux. Aujourd’hui, elles sont à peine visibles sur le radar des médias.
Depuis juin de cette année, les Casques blancs ont recensé la mort de 63 enfants lors d'attaques aériennes et d'artillerie contre le nord-ouest de la Syrie, sous le contrôle des rebelles. Pour souligner le problème, le groupe a lancé une campagne d’hashtag sur les réseaux sociaux, #ChildrenUnderAttack (enfants attaqués).
Le nord-ouest de la Syrie bénéficie d’un minimum d'attention médiatique chaque fois que l'ONU prolonge une mesure autorisant l'aide transfrontalière dans la région pour une période de six mois, comme ce fut le cas lundi. Environ trois millions de personnes vivent à Idlib, qui échappe toujours au contrôle du régime d'Al-Assad.
Le feu vert pour la poursuite de l’acheminement de l’aide humanitaire par le point de passage de Bab al-Hawa, à la frontière syro-turque, a été donné bien que le gouvernement d’Al-Assad n'ait pas approuvé cette décision et que le Conseil de sécurité n'ait pas voté sur la question.

Des volontaires des Casques blancs syriens fouillent les décombres d'un bâtiment détruit par l'explosion d'une bombe à Idlib. (Photo AFP)


De nombreux analystes soutiennent qu'Al-Assad a «gagné» la guerre civile syrienne et que la communauté internationale doit donc accepter le nouveau statu quo. Cependant, les enseignants des zones contrôlées par les rebelles ont souligné que le monde avait tort de fermer les yeux sur les crimes du régime.
Le personnel scolaire d'Idlib a récemment publié une lettre ouverte avec l'aide d'une organisation caritative basée au Royaume-Uni, The Syria Campaign, exhortant les dirigeants mondiaux à ne pas oublier les enfants de la région qui vivent sous des bombardements quasi quotidiens.
«Nous sommes les enseignants des élèves du nord-ouest de la Syrie qui sont délibérément pris pour cibles dans leurs maisons, leurs salles de classe et alors qu'ils se rendent à pied à l'école», peut-on lire dans la lettre. «Nous allons au travail craignant une autre attaque et une autre journée traumatisante qui, nous le savons, affectera nos élèves pour le reste de leur vie.»
«Notre lettre ne pourrait être plus urgente. Tôt le mercredi 20 octobre, quatre élèves et notre collègue, le professeur d'arabe Qamar Hafez, ont été tragiquement tués sur le chemin de l'école lorsque les forces gouvernementales syriennes ont attaqué la ville d'Ariha, dans le sud d'Idlib, avec des obus d'artillerie.
«Un million d'enfants à Idlib sont terrifiés à l'idée d'être les prochaines victimes ou de perdre leur meilleur ami à tout moment. Comme les enseignants du monde entier, nous sommes profondément engagés envers les enfants que nous enseignons, et nous faisons tout notre possible afin d’essayer de les protéger, mais cela ne suffit pas. Nous avons besoin que les dirigeants mondiaux mettent fin aux attaques et veillent à ce que les enfants soient en sécurité et puissent poursuivre leur éducation.»
Les enfants ont été les plus durement touchés par le conflit syrien, qui a commencé il y a plus de dix ans lorsque des manifestations antigouvernementales se sont heurtées à une répression violente, déclenchant une guerre civile.
Selon le Réseau syrien pour les droits de l'homme, un autre observateur basé au Royaume-Uni, au moins 29 661 enfants ont été tués en Syrie depuis mars 2011, dont 22 930 aux mains des forces du régime.
Dans son dernier rapport, publié le 20 novembre pour coïncider avec la Journée mondiale de l'enfance, le réseau indique qu'au moins 1 197 écoles et 29 crèches ont été complètement ou partiellement détruites en Syrie depuis mars 2011.

Des enfants se rendent à la première journée d'école dans un village de la campagne de la province d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, le 9 octobre 2021. (Photo, Omar Haj Kadour / AFP)


On estime que 2,5 millions d'enfants en Syrie ne sont pas scolarisés, et 1,6 million d’autres risquent d'abandonner l’école, selon l'UNICEF, qui évalue que neuf enfants sur dix en Syrie vivent dans la pauvreté et plus de 5 700 enfants, certains âgés de sept ans seulement, ont été recrutés pour combattre.
Selon l'UNICEF, 512 enfants ont été tués dans des attaques l'année dernière, la plupart dans le nord-ouest de la Syrie. Environ 1,7 million d'enfants vulnérables résident dans les zones tenues par les rebelles, la plupart ayant été déplacés à plusieurs reprises par les offensives successives du régime. Il y a actuellement au moins 2,5 millions d'enfants déplacés en Syrie.
Les premiers intervenants ont répertorié l'impact de la guerre sur la santé mentale des enfants vivant dans les camps de déplacés de la région. Les travailleurs humanitaires ont qualifié cette tendance de «catastrophe psychologique qui menace cette génération et les générations futures de la Syrie».
S'adressant à Arab News, Layla Hasso, directrice du plaidoyer syrien pour le réseau Hurras, une ONG de protection de l'enfance, a déclaré: «L'objectif est de terrifier le demi-million d'enfants qui vivent dans la province d'Idlib et d'envoyer un message clair à leurs familles qu'il n'y a pas d'avenir pour leurs enfants ici. C'est pourquoi les civils sont pris pour cible dans leurs maisons, leurs écoles et leurs hôpitaux.
«C'est ce que j'appelle du terrorisme et cela doit cesser. La communauté internationale ne peut pas continuer à fermer les yeux sur cette horreur.»
Cependant, des preuves non confirmées suggèrent que le public international est fatigué par le flux incessant d'images de dévastation qui proviennent de la région. Par conséquent, l'inquiétude mondiale à l’égard de la Syrie et son peuple a sensiblement diminué ces dernières années.
Les analystes affirment que cette indifférence, associée à l'inaction du Conseil de sécurité de l'ONU, a encouragé le régime à poursuivre sa campagne de bombardements. En donnant à la crise syrienne un visage humain, l’organisation des droits de l'homme «The Syria Campaign» espère raviver l'intérêt international pour le sort des enfants d'Idlib.
«Les enseignants se sont réunis dans le but d’écrire cette lettre afin de rappeler aux dirigeants mondiaux que les forces syriennes et russes continuent de bombarder des civils, surtout des enfants, dans le nord-ouest de la Syrie, sans aucune responsabilité», a déclaré à Arab News, Sara Hachach, directrice des communications chez «The Syria Campaign».
«Les enfants du nord-ouest de la Syrie sont traumatisés et incapables d'aller à l'école à cause des bombardements et des déplacements constants. Un enfant a été tué presque tous les deux jours au cours des quatre derniers mois.»
«Le 15 novembre, deux enfants ont été tués par des tirs d'artillerie du régime syrien sur Kafr Nouran, dans la campagne d'Alep. Il est frustrant que beaucoup de ces attaques ne bénéficient plus d'une large couverture médiatique.»

Des photos de victimes du régime syrien sont affichées lors d'une manifestation à Coblence, en Allemagne, lors du procès de deux anciens responsables syriens accusés de crimes contre l'humanité. (Photo, AFP)


Le résultat du silence des médias sur la question s'est traduit par une inaction politique. Le régime d'Al-Assad est déjà accueilli de nouveau dans le giron régional. Nombreux sont ceux qui pensent que ce n'est peut-être qu'une question de temps avant que les puissances occidentales et arabes modérées acceptent qu'Al-Assad soit là pour rester.
Dans des commentaires aux journalistes le 11 novembre, Ned Price, porte-parole du département d'État américain, a déclaré que l'administration Biden «n’exprimera aucun soutien aux efforts visant à normaliser ou à réhabiliter Bachar al-Assad, qui est un dictateur brutal.»
Il a affirmé qu'«il n'y a eu aucun changement dans notre position et Bachar al-Assad n'a certainement rien dit qui puisse redorer son image ou qui puisse suggérer que lui ou son régime change de voie.»
Dans sa chronique dans Asharq al-Awsat, le commentateur syrien Ibrahim Hamidi a récemment développé: «En l'état actuel des choses, la marge de manœuvre pour la confrontation se limite désormais à deux options: la première consiste à engager Assad et à mettre fin à l'isolement de Damas dans l'espoir d’atténuer l'influence de l'Iran. Certains pays arabes sont en effet allés de l'avant avec la normalisation, exigeant que Damas commence à réduire l’influence de l'Iran en Syrie et dans la région.
«La deuxième option consiste à miser sur le leadership du président russe, Vladimir Poutine, et sur sa capacité à maîtriser l'Iran. Cette option découle de la position selon laquelle la guerre avait rapproché Poutine et le guide suprême iranien, Ali Khamenei, en Syrie, mais la paix et la normalisation les sépareront.»

Les enfants au nord-ouest de la Syrie ne peuvent pas aller à l'école à cause des bombardements et des déplacements constants. (Photo, AFP)

 

EN CHIFFRES

2,5 millions d'enfants non scolarisés en Syrie.
9/10 vivent dans la pauvreté.
5 700 recrutés pour combattre.
(Source: UNICEF)

Un avion MiG-23 de l'armée de l'air syrienne largue une charge d’explosifs lors d'une frappe aérienne dans la ville d'Arbin, tenue par les rebelles, dans la région de la Ghouta orientale, dans la banlieue de Damas, le 7 février 2018. (Photo, AFP)

Selon Sara Hachach, l'effort de normalisation reste limité aux dirigeants régionaux, pour le meilleur ou pour le pire. «Au niveau international, Al-Assad est toujours largement isolé et dépendant du soutien de la Russie et de l'Iran, et lourdement sanctionné par les États-Unis et l'UE», a-t-elle déclaré à Arab News.
«Il faut rappeler aux dirigeants régionaux qui semblent être prêts à tourner la page sur les crimes d'Al-Assad qu'il ne peut y avoir de paix réelle en Syrie sans justice et sans responsabilité.»
Selon les Casques blancs, le nombre de victimes civiles a augmenté de façon spectaculaire depuis que le régime syrien et la Russie ont commencé à utiliser l'artillerie à guidage laser de Krasnopol. Le groupe des Casques blancs affirme que plusieurs membres d'une même famille sont souvent tués dans de telles frappes.
Les Casques blancs prétendent que l'artillerie du régime syrien et les avions à réaction russes ont délibérément pris pour cibles des écoles et privé les enfants d’éducation.
Les rapports de la Commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies sur la République arabe syrienne corroborent nombre de leurs affirmations selon lesquelles des zones résidentielles, des marchés et des installations médicales ont été délibérément ciblés, souvent sans discrimination.

Dans de nombreux cas, des familles entières sont tuées dans les bombardements et les obus aveugles du régime Assad. (Photo, AFP)


L'armée russe contrôlant l'espace aérien d'Idlib et exploitant une base aérienne dans la province voisine de Lattaquié, les travailleurs médicaux et humanitaires locaux sont sans équivoque les seuls qui peuvent dénoncer les responsables.
Le gouvernement russe a constamment et vigoureusement nié toute responsabilité dans les frappes aériennes, ainsi que les accusations selon lesquelles ses forces attaquent sans discrimination les civils.
Dans ce contexte de récits contradictoires, Hachach a un message pour les médias internationaux : ils doivent s’adresser aux Syriens pour amplifier leurs voix et s'assurer que leur récit est mis en avant lorsqu’ils rendent compte de ce pays déchiré par la guerre.
«Quand les histoires sont racontées, le monde écoute», a-t-elle soutenu.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Dans une rare visite en Egypte, Xi appelle à combattre «les ingérences» au Moyen-Orient

L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières. (AFP)
L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières. (AFP)
Short Url
  • Pékin, partenaire majeur de Téhéran, est en première ligne et cherche l'appui du Caire, dont les banques sont aussi ciblées
  • La semaine dernière, le Trésor américain a en effet annoncé des sanctions contre la branche émiratie de la deuxième plus grande banque égyptienne, Banque Misr, accusée de participer aux échanges financiers avec Téhéran

LE CAIRE: Le président chinois Xi Jinping, à l'occasion de sa première visite en Egypte en dix ans, a mis en garde mercredi contre les "ingérences extérieures" au Moyen-Orient, au moment où la région s'enfonce de nouveau dans la guerre.

Le conflit était au coeur des discussions au palais d'Al-Ittihadiya au Caire, Xi et son homogue égyptien Abdel Fattah al-Sissi appelant à des "solutions diplomatiques" pour mettre durablement fin aux hostilités.

"Nous devons défendre le principe selon lequel les peuples du Moyen-Orient sont maîtres de leurs propres affaires, nous opposer aux ingérences extérieures (...)", a déclaré M. Xi, dont les propos ont été rapportés par l'agence de presse officielle Chine Nouvelle.

Il s'est aussi dit prêt à travailler avec les pays de la région pour assurer la sécurité de la navigation, ébranlée par les attaques régulières de navires dans le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Canal de Suez 

L'Egypte a déroulé le tapis rouge à Xi Jinping pour cette visite porteuse de promesses financières.

Les deux pays ont notamment signé un accord lançant la troisième phase de la zone industrielle égypto-chinoise, qui accueille déjà 200 entreprises et représente environ quatre milliards de dollars d'investissements, selon les autorités.

Cette annonce, dont les détails financiers n'ont pas été dévoilés, permettra à Pékin de renforcer davantage sa présence dans la zone du canal de Suez, alors que la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran menace le commerce maritime mondial.

Une série d'accords supplémentaires ont été signés, sans que les autorités égyptiennes en précisent la teneur.

La venue du président chinois intervient au moment où Washington accroît sa pression sur les partenaires commerciaux de l'Iran.

Pékin, partenaire majeur de Téhéran, est en première ligne et cherche l'appui du Caire, dont les banques sont aussi ciblées.

La semaine dernière, le Trésor américain a en effet annoncé des sanctions contre la branche émiratie de la deuxième plus grande banque égyptienne, Banque Misr, accusée de participer aux échanges financiers avec Téhéran.

Autonomie stratégique 

Dans le cadre de son offensive contre l'Iran lancée avec Israël fin février, Washington a juré le mois dernier d'asphyxier l'économie iranienne, menaçant d'élargir ses sanctions, qui pourraient également frapper des banques chinoises.

La Chine, grand acheteur de pétrole iranien, a de son côté promis de défendre ses intérêts.

A l'approche d'une rencontre annoncée entre Xi Jinping et le président américain Donald Trump plus tard en septembre, Pékin cherche également à renforcer ses liens avec les pays de la région proches de Washington.

Or l'Egypte est l'un des plus gros bénéficiaires de l'aide militaire américaine et un médiateur historique clé au Moyen-Orient.

Selon des analystes, Le Caire compte utiliser cette visite pour mettre en avant son autonomie stratégique, en montrant qu'il peut tirer parti de ses relations étroites avec Washington comme avec Pékin.

Abdel Fattah al-Sissi, dans un texte publié mardi dans les médias égyptiens, a ainsi vanté sa "politique étrangère indépendante". Il a aussi assuré que ces deux membres des Brics étaient des "partenaires" pour "renforcer le rôle du Sud global", dans un monde de plus en plus polarisé.

"Générations d'amitié" 

Xi Jinping doit se rendre plus tard mercredi au Grand Musée égyptien près des pyramides de Gizeh.

A travers la mégapole de plus de 26 millions d'habitants, les grandes avenues ont été décorées de drapeaux chinois et égyptiens, ainsi que de panneaux montrant les deux présidents ou vantant des "générations d'amitié égypto-chinoise coulant comme le Nil".

Les investissements chinois jouent déjà un rôle clé dans les grands projets du président Sissi: ils ont financé le quartier des finances et des affaires, constellé de gratte-ciels, dans la nouvelle capitale administrative située à 50 km à l'est du Caire.

Pékin est un important exportateur vers l'Egypte, avec un excédent commercial atteignant 12 milliards de dollars sur les sept premiers mois de 2026, selon les douanes chinoises.

Les deux pays sont également liés par leur coopération militaire: l'Egypte qui, sous l'administration Sissi, est devenue l'un des plus gros pays acheteurs d'armes au monde, a accueilli en août d'importants exercices conjoints de combat aérien avec l'armée chinoise, mettant en scène le puissant chasseur J-16.


Liban: une frappe israélienne tue un homme dans le sud 

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani. (AFP)
Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani. (AFP)
Short Url
  • Depuis des semaines, les violences se concentrent dans la région de Nabatiyé où l'armée israélienne, qui occupe une partie du sud du Liban, tente de déloger le Hezbollah d'une colline stratégique, Ali Taher
  • Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur Nabatiyé

BEYROUTH: Un homme a été tué et un autre blessé mercredi dans une frappe israélienne sur la ville de Nabatiyé, dans le sud du Liban, a rapporté un média d'Etat, l'armée israélienne affirmant avoir visé des infrastructures du Hezbollah pro-iranien.

Depuis des semaines, les violences se concentrent dans la région de Nabatiyé où l'armée israélienne, qui occupe une partie du sud du Liban, tente de déloger le Hezbollah d'une colline stratégique, Ali Taher.

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), "un homme a été tué et un autre blessé dans une frappe menée par un drone ennemi" mercredi matin sur un quartier de Nabatiyé. L'armée israélienne avait mené plusieurs frappes sur le secteur à l'aube, d'après l'Ani.

De son côté, l'armée israélienne a annoncé dans un communiqué avoir "frappé des infrastructures terroristes dans la région de Nabatiyé", affirmant riposter "au lancement par le Hezbollah dans la nuit de deux drones d'attaques" contre ses soldats dans la région de la crête d'Ali Taher.

Les violences entre les deux parties ont baissé d'intensité depuis le mois de juin, à la suite d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran puis de la signature d'un accord cadre entre le Liban et Israël.

Mais 11 personnes avaient été tuées le 15 août dans des frappes israéliennes, les attaques les plus meurtrières depuis, et une femme a trouvé la mort la semaine dernière dans un raid israélien.

Le Hezbollah avait entraîné le Liban dans la guerre régionale en menant des frappes sur Israël le 2 mars en soutien à Téhéran, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre qui ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités libanaises.

L'accord-cadre signé entre le Liban et Israël prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif israélien du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région.

Le Hezbollah est opposé aux négociations entre le Liban et Israël qui doivent en principe tenir une nouvelle session en septembre, dont la date n'a toujours pas été fixée.

Le groupe armé et financé par l'Iran avait déjà entraîné le Liban dans une guerre avec Israël en octobre 2023, en solidarité avec le Hamas palestinien dans la bande de Gaza.

Au total, les deux guerres ont fait 8.920 morts selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé.

 


«Nous ne nous retirerons pas», lance Netanyahu lors d'un déplacement à Gaza

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre. (AFP)
Short Url
  • "Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent"
  • Le Premier ministre israélien s'exprimait après avoir rencontré des soldats près de la "ligne jaune" qui délimite la zone sous contrôle militaire israélien, après le repli des troupes israéliennes opéré dans le cadre du cessez-le-feu très fragile

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mercredi, lors d'une rare visite dans la bande de Gaza, que son pays n'avait pas l'intention de se retirer des zones qu'il contrôle dans ce territoire palestinien ravagé par la guerre.

"Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous contrôlons 60% de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent", a-t-il dit.

Le Premier ministre israélien s'exprimait après avoir rencontré des soldats près de la "ligne jaune" qui délimite la zone sous contrôle militaire israélien, après le repli des troupes israéliennes opéré dans le cadre du cessez-le-feu très fragile, en vigueur depuis octobre 2025.

Lors de cette visite, la première depuis la trêve, M. Netanyahu a réitéré son objectif de "désarmer le Hamas et démilitariser Gaza".

"Gaza ne représentera plus une menace pour Israël. Cet objectif a, dans une large mesure, déjà été atteint. Mais il reste encore du travail à accomplir, et nous l'achèverons", a dit le dirigeant, venu pour la dernière fois en avril 2025.

Ce déplacement intervient en pleine campagne pour les élections législatives en Israël, où la question du devenir de la présence israélienne dans ce territoire palestinien joue un rôle central.

Il se tient aussi au moment où le président américain Donald Trump tente d'arracher un accord pour tourner la page de la guerre déclenchée par Israël à Gaza après les attaques sans précédent du 7 octobre 2023 menées par le mouvement islamiste Hamas.

Confronté à un scrutin qui s'annonce très serré, M. Netanyahu a rejeté le mois dernier l'ultime étape du plan de paix. Le Hamas avait lui accepté le texte qui, dans sa version publiée par le "Conseil de paix", lie son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes.

Mais Israël refuse tout retrait militaire tant que le mouvement islamiste palestinien ne serait pas "véritablement" désarmé.

En dépit du cessez-le-feu, l'armée israélienne bombarde quasi quotidiennement le territoire palestinien.

Mardi, Israël a affirmé avoir arrêté le chef de la sécurité intérieure du mouvement islamiste palestinien Hamas lors d'une opération à Gaza.

Les opérations israéliennes y ont fait au moins 1.334 morts depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

L'armée israélienne a fait état de cinq morts dans ses rangs sur la même période, ainsi que d'un employé civil sous contrat.