Les nouveaux NFT de l’artiste franco-tunisien Idriss B. nous projettent dans l’avenir de l’art

L’artiste est connu pour ses sculptures d’animaux polygonales en 3D. (Photo fournie)
L’artiste est connu pour ses sculptures d’animaux polygonales en 3D. (Photo fournie)
Short Url
Publié le Vendredi 14 janvier 2022

Les nouveaux NFT de l’artiste franco-tunisien Idriss B. nous projettent dans l’avenir de l’art

  • En plus de l’œuvre d’art physique, les adeptes de la cryptomonnaie qui achètent l’un des jetons d’Idriss B. bénéficient d’avantages réels comme un accès exclusif à des concerts privés
  • «Vous devenez propriétaire d’un objet rare tout en ayant accès à des cadeaux et à des expériences interactives», déclare l’artiste

DUBAÏ: On ne peut s’empêcher de remarquer les statues géométriques plus grandes que nature – représentant des gorilles, des ours et des tortues – disséminées aux quatre coins des Émirats arabes unis (EAU) ces derniers mois. Les sculptures polygonales en 3D que l’on retrouve dans des restaurants comme le Nusr-Et au Four Seasons de Jumeirah, ou sur le front de mer du Burj al-Arab, sont le fruit de l’imagination de l’artiste franco-tunisien Idriss B.

L’artiste, qui a récemment emménagé à Dubaï, a lancé sa propre collection de jetons non fongibles (NFT), intitulée «Polyverse Art». Elle comprend 11 000 sculptures animales numériques avec leurs propres noms et personnalités distincts. Les œuvres d’art virtuelles ont été lancées sur la blockchain Ethereum le mois dernier.

photo
Les sculptures de l’artiste se trouvent un peu partout aux Émirats arabes unis. (Photo fournie)

Un NFT peut être n’importe quel fichier numérique – GIF, JPEG, tweet, MP3 et MP4, pour n’en citer que quelques-uns. Chaque fichier possède un numéro de série qui prouve les droits de propriété. Vous possédez le NFT et ces informations sont stockées sur une blockchain, qui est un registre numérique inviolable.

L’artiste déclare à Arab News qu’il considère les NFT comme l’avenir de l’art. Il était donc tout à fait logique pour lui d’emprunter cette voie.

«Les NFT font partie de l’avenir et le monde de l’art adoptera complètement ce nouveau support», affirme-t-il.

photo
L’artiste a lancé sa propre collection de jetons non fongibles, intitulée «Polyverse Art». (Photo fournie)

Idriss B. est fier de voir son art figurer dans le métavers (univers numérique et connecté accessible avec le matériel adéquat, dans lequel les utilisateurs réalisent des actions en incarnant des avatars). En plus de recevoir une œuvre d’art physique, les adeptes de la cryptomonnaie qui achètent l’un de ses NFT bénéficient d’avantages réels comme un accès exclusif à des concerts privés, des défilés de mode, des expositions d’art et des matchs de la NBA, peut-on lire sur le site Web de l’artiste, polyverseart.io.

Idriss B. fait partie du nombre croissant d’artistes qui adoptent l’art numérique. Même les grandes maisons de vente aux enchères comme Christie’s, les galeries d’art internationales et les expositions de renommée mondiale telles qu’Art Basel vendent et échangent des NFT.

Selon l’artiste, l’acquisition de ses NFT présente de nombreux avantages. «Vous devenez propriétaire d’un objet rare tout en ayant accès à des cadeaux exclusifs et à des expériences interactives», explique-t-il.

photo
Les adeptes de la cryptomonnaie qui achètent l’un des jetons non fongibles d’Idriss B. reçoivent également une œuvre d’art physique. (Photo fournie)

Les artistes ont tout à gagner à lancer des NFT.

Mike Winkelmann, artiste numérique connu sous le nom de «Beeple», a vendu un NFT de son œuvre Everydays: The First 5 000 Days pour 69 millions de dollars (1 dollar = 0,87 euro) chez Christie’s, ce qui en fait la troisième œuvre la plus chère jamais réalisée par un artiste vivant.

Avant la vente aux enchères de Christie’s en mars 2021, Beeple n’avait jamais vendu une œuvre à plus de 100 dollars.

En plus de générer des profits, les artistes et les créateurs de contenu peuvent conserver l’intégralité de leurs droits d’auteur et interagir avec une communauté plus large.

«Les NFT permettent aux artistes d’entrer directement en contact avec des milliers de personnes. Il s’agit de faire partie de quelque chose de plus grand», conclut Idriss B.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

Un Picasso mis en vente sous forme de jetons numériques
Par AFP -
L'incroyable engouement pour les NFT
Par Arab News en français -

Succession du styliste Azzedine Alaïa: plainte pour «abus de faiblesse»

Des robes du créateur d'origine tunisienne Azzedine Alaia, de la collection «Exploring Volume 2017», en prévision d'une exposition du travail du créateur, intitulée «Azzedine Alaia: The Couturier» au London Design Museum à Londres le 9 mai 2018. (Tolga Akmen / AFP)
Des robes du créateur d'origine tunisienne Azzedine Alaia, de la collection «Exploring Volume 2017», en prévision d'une exposition du travail du créateur, intitulée «Azzedine Alaia: The Couturier» au London Design Museum à Londres le 9 mai 2018. (Tolga Akmen / AFP)
Short Url
  • L’ancien compagnon du couturier, Christoph von Weyhe, estime que sa santé dégradée a été utilisée contre lui pour qu'une gouvernance non conforme aux vœux du couturier soit placée à la tête de la Fondation Azzedine Alaïa
  • En 2007, Azzedine Alaïa avait décidé de mettre en place une association à son nom avec Christoph von Weyhe, son compagnon historique, et la galeriste italienne réputée Carla Sozzani

PARIS : Une plainte avec constitution de partie civile pour abus de faiblesse a été déposée le 14 avril à Paris par l'ancien compagnon d'Azzedine Alaïa, concernant la succession du couturier tunisien mort en 2017 qui fait déjà l'objet d'une enquête, a-t-on appris vendredi auprès des avocats du plaignant.

Le peintre allemand et ancien compagnon d'Azzedine Alaïa, «Christoph von Weyhe, accompagné de sa nièce Susanne von Weyhe, a saisi le doyen des juges d'instruction de Paris d'une plainte avec constitution de partie civile pour abus de faiblesse», ont indiqué leurs avocats, Me Caroline Toby et Me Jean-Philippe Ristori, confirmant une information de La Lettre A.

La plainte «est en cours d'examen par le doyen des juges d'instruction», a précisé une source judiciaire.

M. von Weyhe, âgé de 85 ans, estime que sa santé dégradée a été utilisée contre lui pour qu'une gouvernance non conforme aux vœux du couturier soit placée à la tête de la Fondation Azzedine Alaïa, dirigée par la célèbre galeriste italienne Carla Sozzani.

Le peintre et sa nièce, qui est aussi sa mandataire, avaient déposé une plainte simple contre X pour «abus de faiblesse» en août 2021.

Après analyse, le parquet de Paris avait ouvert une enquête le 1er septembre 2021 et confié les investigations à la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA).

En déposant une plainte avec constitution de partie civile, les plaignants espèrent obtenir l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge d'instruction. 

Connu pour ses robes intemporelles sculptant le corps féminin, Azzedine Alaïa était une figure admirée du monde de la mode. Le couturier, discret et invariablement vêtu d'un costume chinois passe-partout, avait le luxe de se passer de publicité et présentait ses défilés selon son propre calendrier, à l'écart de la frénésie des Fashion weeks.

En 2007, Azzedine Alaïa avait décidé de mettre en place une association à son nom avec Christoph von Weyhe, son compagnon historique, et la galeriste italienne réputée Carla Sozzani, sa très proche amie, afin de préserver son travail et son patrimoine. 

Cette association, devenue la Fondation Azzedine Alaïa installée dans le quartier du Marais, à Paris, a été reconnue d'utilité publique fin février 2020.

Mme Sozzani la préside, tandis que Christoph von Weyhe, en est le vice-président, selon le site internet de la fondation.


Rencontre avec la première super-héroïne musulmane de Marvel, Iman Vellani

Ms. Marvel est sur Disney+. (Fourni)
Ms. Marvel est sur Disney+. (Fourni)
Short Url
  • La jeune star de Ms. Marvel revient sur son expérience «surréaliste» pour son rôle de Kamala Khan dans la nouvelle série Disney+
  • «J'ai été en état de choc pendant un an et demi»

DUBAΪ: En 2014, une jeune fille nommée Iman Vellani parcourait les bandes dessinées Marvel dans sa librairie locale au Canada quand elle aperçoit quelque chose d’inédit pour elle: un visage qui ressemblait au sien. Il s'agissait de Kamala Khan, la nouvelle Ms. Marvel, la première super-héroïne musulmane dans l'Histoire de la société depuis des décennies. Elle était loin de se douter qu'à l'âge de 19 ans, dans la série Disney+ Ms. Marvel, elle serait celle qui donnerait vie à Kamala Khan.

«L'incarner est la chose la plus surréaliste qui soit. Si je me suis jetée sur la bande dessinée, c'est parce que je voyais en elle une fille comme moi. C’est une fanatique de super-héros pakistanaise et musulmane. Je suis une fanatique de super-héros pakistanaise et musulmane. C'est fou, car je ne pensais pas qu'une histoire comme celle-là était possible; je n’avais jamais rien lu de semblable auparavant. Cette bande dessinée m'a tendu un miroir, et je suis tombée complètement amoureuse d'elle», déclare Iman Vellani lors d'une récente table ronde avec les médias.

Iman Vellani elle-même n'a pas encore bien assimilé ce qui lui est arrivé. Après tout, elle a été choisie alors qu'elle était encore au lycée, parfaite inconnue sans aucun crédit professionnel à son actif, et elle a été envoyée dans un autre pays pour se retrouver devant son héros, Kevin Feige, le président de Marvel Studios. On peut difficilement lui reprocher d'avoir vécu cette expérience comme s'il s'agissait d'un rêve merveilleux.

image 4
Ms. Marvel est la première super-héroïne musulmane dans l'Histoire de la société depuis des décennies. (Fourni)

«J'ai été en état de choc pendant un an et demi», précise-t-elle.

Incarner son personnage préféré s'est avéré être plus qu'une simple opportunité de se connecter à l'univers cinématographique qu’elle a évoqué en ligne avec tant de ferveur pendant ses années de formation. Ce fut l’occasion d'explorer son identité de musulmane et Pakistanaise – ce qui n'a pas été facile, car elle a grandi avec des amis qui ne faisaient pas partie de sa culture.

«Le fait d'être Pakistanaise constituait une part de ma vie que je méprisais énormément, et je me sentais déconnectée de ma culture avant cette série. Je suis née au Pakistan, mais j'ai déménagé au Canada quand j'avais un an. Je n'avais pas d'amis musulmans ou pakistanais», explique-t-elle. «J'ai ressenti cet isolement qui accompagne le fait de ne pas se sentir compris. Aussi proche que je sois de mes amis d’école, ils ne connaîtront jamais vraiment mes expériences et je ne connaîtrai jamais vraiment les leurs.»

image 4
Incarner son personnage préféré lui a permis d'explorer son identité de musulmane et Pakistanaise. (Fourni)

Sur le plateau, Iman Vellani s'est retrouvée entourée d'acteurs sud-asiatiques qu'elle voyait à la télévision, et Sana Amanat, cocréatrice du personnage et directrice du contenu et du développement des personnages chez Marvel, elle-même Pakistano-Américaine, a pris la jeune fille sous son aile.

«Honnêtement, l'une des choses les plus importantes pour moi est simplement d'avoir des amis à la peau mate pour la première fois de ma vie», déclare-t-elle à Arab News après la table ronde. «J'étais assise sur le plateau avec Rish Shah avec qui je partage l’écran et j'écoutais de la musique bollywoodienne; c'est quelque chose que je n'avais jamais fait auparavant dans ma vie avec qui que ce soit d'autre que mes parents. Je n'avais jamais eu l'occasion de fréquenter des personnes issues du même milieu que le mien, et cela m'a vraiment permis de voir les choses autrement.»

Lors de la table ronde, elle a fait l'éloge de Sana Amanat, la décrivant comme une «grande sœur» sur le plateau. «Je me sentais tellement éloignée de l'industrie cinématographique et je voulais tellement en faire partie en grandissant», souligne-t-elle. «Je suis tellement reconnaissante d'avoir pu travailler avec tant de femmes et de personnes de couleur derrière la caméra. Je ne pourrais pas être plus heureuse que Marvel prenne des mesures pour être plus inclusif et créer un espace pour qu'un personnage comme Kamala existe. J'espère que cela ouvrira beaucoup de portes.»

 

image 4
Jouer le rôle de Kamala Khan a été une tâche intimidante au début pour la jeune actrice. (Fourni)

 

Son parcours n'est pas sans rappeler celui de Kamala Khan dans la bande dessinée, une coïncidence qui n'a pas échappé à la jeune actrice.

«Je pense que c'est vraiment formidable qu'il y ait autant de similitudes entre Kamala et moi, que nous ayons suivi le même parcours de découverte de soi, d'apprentissage de notre famille et de notre héritage au fil de la série. Et désormais, je ne pourrais pas être plus fière d'être musulmane et Pakistanaise. C'est peut-être ringard de le dire, mais c'est pourtant vrai», souligne-t-elle.

Incarner Kamala Khan a été une tâche intimidante au début pour Iman Vellani, qui a eu du mal à jouer naturellement le rôle d’un personnage qu'elle aimait tant.

 

image 4
Malgré son manque d’expérience devant la caméra, Iman Vellani disposait d’un atout inestimable qui faisait défaut aux auteurs de la série: être une adolescente en 2022. (Fourni)

 

«C'était vraiment difficile, car j'avais l'impression de devoir faire bonne figure: “Je joue, donc je dois être dans le personnage”. Et c'était mon premier personnage, mon tout premier rôle», précise Iman Vellani.

Une fois encore, les femmes de Marvel l'ont aidée à traverser cette épreuve.

«Sarah Finn, l'incroyable directrice de casting de Marvel, m'a tenu la main pendant tout le processus et m'a dit: “Écoute, on t'a choisie. Nous te voulons. Sois juste toi-même. Tu n'as pas besoin d’en faire plus. Ce n'est pas toi. Tu es déjà Kamala.” C'est tout ce dont j'avais besoin pour me rassurer», précise-t-elle.

Malgré son manque d’expérience devant la caméra, Iman Vellani disposait d’un atout inestimable qui faisait défaut aux auteurs de la série: être une adolescente en 2022.

 

image 4
Ms. Marvel n'est pas une série qui se contente d'essayer de raconter l'expérience musulmane américaine – il s'agit aussi d’évoquer l’adolescence, de toute la douleur et la honte qui en découlent. (Fourni)

 

«La série est écrite par des trentenaires qui décrivent des personnages de 16 ans. Bien souvent, à Hollywood, ce n'est pas ce qu'il y a de plus réaliste», poursuit Iman Vellani. «J'apprécie vraiment que les créateurs se soient adressés à nous comme des humains. Les réalisateurs m'ont appelée et m'ont dit : “Nous voulons en savoir plus sur vous. Quelle a été votre expérience au lycée?” En fin de compte, ils ont intégré énormément d’expériences réelles, les miennes et celles des autres, dans la série. Je pense que cela montre à quel point il est important d'avoir ces conversations.»

Après tout, si l'identité fait certainement partie de Ms. Marvel, ce n'est pas une série qui tente seulement de raconter l'expérience musulmane américaine – il s'agit aussi d’évoquer l’adolescence, de toute la douleur et la honte qui en découlent. 

«Nous voulions vraiment nous pencher sur le passage à l'âge adulte, sur la mièvrerie, car être adolescent est parfois si embarrassant et si pathétique. Quand on est adolescent, tout est tellement exacerbé. Les petits tracas ressemblent à la fin du monde», explique Iman Vellani. «Nous voulions inclure tout cela. Je pense que notre série est tout à fait consciente de son côté cabotin.»

 

image 4
Sana Amanat. (Fourni)

 

L’apprentissage a été difficile pour Iman Vellani, qui deviendra une star mondiale presque du jour au lendemain lorsque la série sortira, et qui passe directement du tournage de Ms. Marvel au plateau du prochain film de l’univers Marvel, en 2023, dans lequel elle jouera aux côtés de Brie Larson.

«J'ai vraiment dû apprendre à ralentir et à prendre soin de moi. C'est une expérience tellement incroyable et épuisante que si je ne m'arrête pas pour m'occuper de moi, je ne pourrai pas mener à bien le projet», déclare-t-elle à Arab News.

Iman Vellani est bien consciente que le fait d'être la première super-héroïne musulmane de Marvel lui collera à la peau pour la vie. Mais elle est suffisamment intelligente pour ne pas laisser cette réalité la définir.

«C'est un honneur et un privilège que Marvel me fasse confiance pour lui donner vie», souligne-t-elle. «Mais je ne vais pas travailler tous les jours en me disant: “Oh, je suis la première super-héroïne musulmane. Je n'arriverai jamais à faire quoi que ce soit de cette façon.”»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


En Indonésie, «la princesse du mur de la mort» défie la gravité et les préjugés

Karmila Purba fait gronder sa moto et commence à rouler penchée à l'horizontale dans un grand cylindre en bois (Photo, AFP).
Karmila Purba fait gronder sa moto et commence à rouler penchée à l'horizontale dans un grand cylindre en bois (Photo, AFP).
Short Url
  • Karmila Purba a grandi dans la pauvreté et vivait de la mendicité sur l'île de Sumatra avant d'entamer il y a huit ans cette carrière
  • Elle reçoit aussi jusqu'à 400 000 roupies (25 euros) de pourboire les bons jours

BOGOR: Karmila Purba fait gronder sa moto et commence à rouler penchée à l'horizontale dans un grand cylindre en bois, le "tonneau de Satan" d'une fête foraine nocturne, laissant les spectateurs sans voix.

Avec le sourire et sans peur apparente, la motarde acrobate trace des cercles horizontaux et écarte les bras pour recevoir des billets lancés par le public ravi au dessus d'elle, dans la ville indonésienne de Bogor, de la province de Java occidental.

L'intrépide qui défie la gravité fait partie d'un club très restreint en Indonésie de femmes exécutant ce numéro, appelé aussi le "mur de la mort". 

Les femmes qui osent conduire dans le "mur de la mort" sont "très rares", indique la jeune femme de 23 ans à l'AFP.

"Quand j'ai commencé, il n'y avait personne d'autre (...) je voulais faire quelque chose de différent, quelque chose que personne d'autre ne faisait".

Le "tonneau de Satan" ou "Tong Setan" en Indonésien est depuis des décennies la principale attraction des fêtes foraines dans l'archipel d'Asie du Sud-Est, surtout dans les zones rurales où les spectacles sont rares.

Les motards utilisent la force centrifuge pour faire tourner leur bolide à toute allure sans équipement de protection et remplissent l'air d'une odeur de pneus.

Karmila Purba a grandi dans la pauvreté et vivait de la mendicité sur l'île de Sumatra avant d'entamer il y a huit ans cette carrière qui lui permet de gagner environ 6 millions de roupies par mois (385 euros).

Elle reçoit aussi jusqu'à 400 000 roupies (25 euros) de pourboire les bons jours.

Ses débuts ont cependant été difficiles dans le plus grand pays musulman au monde aux valeurs conservatrices. 

"Les gens me disaient, +tu es une femme, pourquoi faire quelque chose comme ça? c'est pas pour les jeunes femmes+".

"J'ai été beaucoup critiquée".

Mais les fans ont finalement commencé à apprécier la motarde et l'ont surnommée "la princesse du mur de la mort".

Elle est devenue l'une des stars de la fête foraine.

"Une conductrice du mur de la mort, c'est très intéressant et c'est l'une des principales attractions de ce marché nocturne parce que les gens sont curieux" de la voir, explique Sumarno, un spectateur.

"Ils ne peuvent pas croire qu'une femme fasse quelque chose d'aussi extrême", dit-il.