Crash du Mont Sainte-Odile: 30 ans après, les proches des victimes se retrouveront en «famille»

Trente après le crash d'un Airbus A320 d'Air Inter sur le Mont Sainte-Odile (Bas-Rhin), rescapés et proches des victimes se retrouveront le 23 janvier sur les lieux de la catastrophe pour honorer, en «famille», la mémoire des 87 personnes disparues. (Photo, AFP)
Trente après le crash d'un Airbus A320 d'Air Inter sur le Mont Sainte-Odile (Bas-Rhin), rescapés et proches des victimes se retrouveront le 23 janvier sur les lieux de la catastrophe pour honorer, en «famille», la mémoire des 87 personnes disparues. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 16 janvier 2022

Crash du Mont Sainte-Odile: 30 ans après, les proches des victimes se retrouveront en «famille»

  • Le 20 janvier 1992, après un vol sans encombre, l'appareil qui avait décollé de Lyon à destination de Strasbourg s'était écrasé alors qu'il avait entamé sa descente
  • Dimanche, l'association Echo (Entraide de la Catastrophe des Hauteurs du Sainte-Odile), organise une commémoration

STRASBOURG : Trente ans après le crash d'un Airbus A320 d'Air Inter sur le Mont Sainte-Odile (Bas-Rhin), rescapés et proches des victimes se retrouveront le 23 janvier sur les lieux de la catastrophe pour honorer, en "famille", la mémoire des 87 personnes disparues.

Le 20 janvier 1992, après un vol sans encombre, l'appareil qui avait décollé de Lyon à destination de Strasbourg s'était écrasé alors qu'il avait entamé sa descente, à une vingtaine de kilomètres de l'aéroport d'Entzheim. Sur les 96 passagers et membres d'équipage, neuf avaient survécu.

Dimanche, quelques jours après la date anniversaire mais de manière à réunir le plus grand nombre possible de rescapés et de proches des victimes, l'association Echo (Entraide de la Catastrophe des Hauteurs du Sainte-Odile), organise une commémoration sur le site même de l'accident, où une stèle a été dressée.

"Ce sera l'occasion de rappeler les circonstances du crash et de faire appel à des témoignages, selon les sensibilités des uns et des autres", explique Pierre Laumon, son président, qui a perdu son frère dans l'accident.

"C'est aussi l'occasion de se retrouver collectivement et amicalement autour d'un souvenir commun, même dramatique", souligne-t-il. "Nous avons tissé des liens très forts entre nous".

Certains adhérents parlent de l'association comme d'une "deuxième famille", tant Echo a joué un rôle prépondérant, notamment dans la bataille judiciaire visant à obtenir un procès pénal.

Sentiment de colère et d'injustice

A l'issue d'une instruction judiciaire longue de 13 ans, six personnes - un contrôleur aérien et cinq anciens cadres de l'Aviation civile, d'Air Inter et d'Airbus Industrie - avaient été mises en examen et renvoyées devant le tribunal pour "homicides et blessures involontaires".

En première instance, en 2006, les juges avaient relaxé les prévenus, tout en reconnaissant, au civil, les responsabilités des compagnies Air France (qui avait absorbé Air Inter), et Airbus, pour une "négligence" dans la conception du cockpit de l'A320. L'association Echo avait obtenu 500 000 euros au titre des frais d'avocats.

Mais en appel, deux ans plus tard, la justice avait finalement écarté la responsabilité civile d'Airbus et supprimé les indemnités attribuées à Echo. La décision avait été confirmée en cassation.

Une issue qui laisse encore un profond "sentiment de colère et d'injustice" à Alvaro Rendon, le président d'honneur de l'association, dont l'épouse est décédée lors du crash.

"Nous avons la conviction que ce qui s'est passé, la justice française ne l'a pas reconnu. En appel, j'ai failli avoir une crise cardiaque à l'écoute du délibéré du juge. Pour un peu, il nous disait que c'était la faute des victimes", se remémore-t-il.

"Je ne pense pas que les autorités ont appris de cette catastrophe", juge-t-il encore. "Les femmes et les hommes qui ont perdu un proche ont besoin de savoir la vérité, que ce soit jugé, et pas des années après comme ça se passe à chaque fois", déplore-t-il, évoquant le crash du vol Rio-Paris, survenu en 2009 et dont le procès n'a pas encore eu lieu, ou celui de la Germanwings en 2015, dont l'instruction se poursuit.

Désorganisation des secours

Pour les proches des victimes, l'absence de condamnation a été d'autant plus mal vécue que la catastrophe a mis en lumière certaines faiblesses règlementaires et techniques: les avions d'Air Inter étaient dénués d'avertisseurs de proximité du sol, non obligatoires à l'époque. Et un bouton de sélection du cockpit de l'Airbus, qui cumulait deux fonctions, a vraisemblablement été à l'origine d'une erreur des pilotes sur la vitesse de la descente de l'appareil, causant l'accident.

Mais pour certaines familles, l'aspect le plus douloureux de cette catastrophe reste la désorganisation des secours, qui ont mis plus de quatre heures à retrouver l'épave, arrivant sur place après des riverains et des journalistes. Les premières personnes évacuées l'ont été "soit à dos d'homme, soit à bras soit encore à l'aide de brancards de fortune", note le rapport d'enquête.

Selon ce rapport, six victimes "auraient probablement survécu" si les secours étaient intervenus plus rapidement. Mais l'éventuelle responsabilité des autorités dans ces dysfonctionnements avait été écartée au cours de l'enquête judiciaire.

"On a tendance à oublier un peu trop les choses", estime aujourd'hui Pierre Laumon. "C'est un crash survenu en France, aux portes de Strasbourg, avec un avion considéré comme français. Il ne faut pas oublier. C'était il y a 30 ans. C'était hier".


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.