Au Soudan, manifestations, blocages de routes et médias censurés

Des dizaines de médecins soudanais manifestent à Khartoum le 16 janvier 2022 pour dénoncer les attaques des forces de sécurité contre le personnel médical et les médecins lors de rassemblements pro-démocratie opposés au coup d'État militaire d'octobre.(AFP)
Des dizaines de médecins soudanais manifestent à Khartoum le 16 janvier 2022 pour dénoncer les attaques des forces de sécurité contre le personnel médical et les médecins lors de rassemblements pro-démocratie opposés au coup d'État militaire d'octobre.(AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 16 janvier 2022

Au Soudan, manifestations, blocages de routes et médias censurés

  • Les manifestants ont indiqué dimanche avoir déposé deux rapports d'incidents au parquet de Khartoum
  • En plus de la répression des cortèges, souvent à balles réelles, les forces de sécurité ont attaqué plusieurs hôpitaux, affirment l'Organisation mondiale de la Santé (OMS)

KHARTOUM : Médecins protestant contre des attaques d'hôpitaux, agriculteurs dénonçant l'augmentation de l'électricité et médias réclamant le droit de couvrir la crise au Soudan: le pouvoir militaire est de nouveau dimanche dans le viseur de la contestation.

A Khartoum, en blouse blanche, des dizaines de médecins ont remis au parquet général deux rapports sur des attaques contre des blessés, des médecins et des hôpitaux dans la répression tous azimuts des manifestants protestant contre le putsch le 25 octobre du chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Burhane.

L'Organisation mondiale de la Santé elle-même a confirmé "11 attaques depuis novembre".

"A chaque fois qu'il y a des manifestations, les forces de sécurité tirent des grenades lacrymogènes à l'intérieur même de l'hôpital où je travaille à Khartoum", raconte à l'AFP Houda Ahmed, une praticienne. "Elles viennent même nous attaquer jusque dans le service des urgences."

Des blessés ont été sortis de force d'ambulances ou de lits d'hôpitaux et des médecins ont été passés à tabac jusque dans des salles d'opération, affirment régulièrement des médecins.

Mais malgré la répression qui a fait 64 morts parmi les manifestants -et un policier-, la société civile appelle à de nouvelles manifestations lundi pour réclamer la reprise en main par les civils de la transition vers la démocratie promise depuis 2019.

Blocage dans le nord 

Dans le Nord, les Soudanais ont également manifesté dimanche contre la cherté de la vie dans un des pays les plus pauvres au monde. La semaine dernière, le ministère des Finances a annoncé doubler le prix du kilowatt d'électricité mais face au tollé, le pouvoir militaire a gelé sa décision. 

Malgré la reculade, des centaines de manifestants ont bloqué les routes du Nord, notamment vers l'Egypte, pour réclamer une annulation pure et simple de cette augmentation.

Ils ont interdit le passage de tout véhicule "tant que les autorités n'auront pas annulé cette augmentation car elle signe l'acte de décès de notre agriculture", martèle à l'AFP Hassan Idriss, un manifestant.

Toute augmentation ou suppression des subventions étatiques sur les produits de base peut mener au pire au Soudan où les 45 millions d'habitants doivent déjà composer avec une inflation avoisinant les 400% et où selon l'ONU en 2022 30% des Soudanais auront besoin d'aide humanitaire.

En 2018, la révolte qui renversa l'année suivante le président Omar el-Béchir avait été déclenchée par une décision du gouvernement de tripler le prix du pain.

Le chef de la diplomatie sous Béchir, Ibrahim Ghandour, et "d'autres co-détenus" ont entamé une grève de la faim qu'ils ne cesseront qu'une fois libérés ou présentés devant un "tribunal impartial", selon ses proches.

Récemment, le parquet a ordonné la libération de plusieurs responsables du régime Béchir, mais le général Burhane, seul aux commandes du Soudan, a ordonné leur maintien en détention.

« Intimidation » de la presse 

"C'est la première interférence dans les affaires judiciaires de l'histoire de notre pays", s'est insurgée la famille de M. Ghandour alors que le général Burhane est accusé par les manifestants de chercher à réimposer les hommes du régime déchu, dont il est lui-même issu. 

Avant les manifestations anti-putsch prévues lundi, le ministère de l'Information a retiré l'accréditation d'Al-Jazeera Live, une chaîne qatarie, l'accusant de "couverture non professionnelle" visant à "déchirer le tissu soudanais".

En novembre, le chef du bureau d'Al-Jazeera à Khartoum, le Soudanais Al-Moussalami al-Kabbachi, avait été détenu trois jours sans aucune charge.

L'ambassade des Etats-Unis à Khartoum a dénoncé "un pas en arrière", tandis qu'Al-Jazeera a dénoncé sur Twitter une "intimidation", appelant "les autorités à autoriser son équipe à reprendre le travail".

En décembre, le bureau d'une chaîne financée par Ryad, Al-Arabiya, a été attaqué par des officiers, ses journalistes tabassés et ses équipements saisis.

Et d'autres journalistes ont rapporté avoir été arrêtés ou attaqués en couvrant les manifestations.

Avant le putsch, le Soudan était 159e sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières. L'ONU considère qu'il est aujourd'hui "de plus en plus hostile aux journalistes".

 


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Short Url
  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.