Commémoration du massacre de Racak: les crimes serbes sont toujours aussi présents dans la mémoire kosovare

Les guerres yougoslaves ont été marquées par de nombreux massacres, comme celui de Rezallë, au cours duquel quatre-vingt-dix-huit Albanais du Kosovo ont été tués par les forces serbes. (AFP)
Les guerres yougoslaves ont été marquées par de nombreux massacres, comme celui de Rezallë, au cours duquel quatre-vingt-dix-huit Albanais du Kosovo ont été tués par les forces serbes. (AFP)
Le 15 janvier 2022, Arife Bilalli (à gauche) se recueille sur la tombe de son fils lors de la commémoration du massacre de Racak, survenu en 1999. (AFP)
Le 15 janvier 2022, Arife Bilalli (à gauche) se recueille sur la tombe de son fils lors de la commémoration du massacre de Racak, survenu en 1999. (AFP)
Une photographie aérienne montre l’ampleur de la destruction à Belgrade, la capitale de la Serbie, lors de l’opération militaire de bombardement de l’Otan. (AFP)
Une photographie aérienne montre l’ampleur de la destruction à Belgrade, la capitale de la Serbie, lors de l’opération militaire de bombardement de l’Otan. (AFP)
Le 15 avril 1999, le général Henry Shelton, président des chefs d’état-major des armées des États-Unis, informe le comité des forces armées du Sénat américain de la campagne en Serbie. (AFP)
Le 15 avril 1999, le général Henry Shelton, président des chefs d’état-major des armées des États-Unis, informe le comité des forces armées du Sénat américain de la campagne en Serbie. (AFP)
Le 15 janvier 2020, des Albanais du Kosovo se consolent devant une plaque commémorative dédiée aux victimes du massacre de Racak, en 1999. (AFP)
Le 15 janvier 2020, des Albanais du Kosovo se consolent devant une plaque commémorative dédiée aux victimes du massacre de Racak, en 1999. (AFP)
Le 15 janvier 2022, une Albanaise du Kosovo visite un mémorial dédié aux victimes du massacre de Racak, en 1999. (AFP)
Le 15 janvier 2022, une Albanaise du Kosovo visite un mémorial dédié aux victimes du massacre de Racak, en 1999. (AFP)
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Publié le Mardi 18 janvier 2022

Commémoration du massacre de Racak: les crimes serbes sont toujours aussi présents dans la mémoire kosovare

  • Jeune journaliste en 1999, l’ambassadeur du Kosovo en Arabie saoudite, Lulzim Mjeku, a couvert le massacre survenu le 15 janvier à Racak
  • «En tant que jeune nation, nous avons fait de grands progrès dans la reconstruction de nos vies et la guérison de nos blessures», confie-t-il à Arab News

RIYAD: Le peuple du Kosovo veut voir une plus grande implication internationale dans les Balkans occidentaux pour endiguer une vague croissante de discours de haine et préserver la paix dans une région toujours tendue, déclare son ambassadeur en Arabie saoudite à Arab News.
Dans un entretien accordé à Arab News à l’approche du jour de l’indépendance du Kosovo, le 17 février, Lulzim Mjeku cite un communiqué publié par le Haut-Commissariat des nations unies aux droits de l’homme (HCDH) le 14 janvier, alors que les Kosovars se préparaient à célébrer le 23e anniversaire du massacre de Racak.
Le communiqué indique que des individus, en Bosnie-Herzégovine et en Serbie, ont glorifié des atrocités, fait les éloges des criminels de guerre, adressé des discours de haine aux communautés et, dans certains cas, directement incité à la violence.
L’ambassadeur affirme que le HCDH «a appelé la communauté internationale à intervenir et à prendre des mesures concrètes contre les discours de haine. Malheureusement, nous avons dû faire face au déni ces derniers temps. Le déni fait référence à une pratique qui consiste à réécrire le passé et à prétendre que des événements historiques ne se sont pas produits.
Les incidents auxquels le HCDH fait référence concernent d’importants groupes de personnes qui scandent le nom de «Ratko Mladic», un criminel de guerre serbe, tout en organisant des processions aux flambeaux et en entonnant des chansons nationalistes qui appellent à la prise de contrôle de divers endroits de l’ex-Yougoslavie.

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Le 15 janvier 2022, les Albanais du Kosovo rendent hommage à leurs proches et aux victimes du massacre de Racak, survenu en 1999. (AFP)


Les crimes de haine mentionnés dans le communiqué de l’ONU se sont produits en Serbie et dans plusieurs endroits de la Republika Srpska (République serbe de Bosnie, NDLR), une entité de la Bosnie-Herzégovine située au nord-ouest du Kosovo. Lors d’un incident, des coups de feu ont été tirés près d’une mosquée à Janja, dans le nord-est de la Bosnie, où des Bosniaques locaux (musulmans) ont été raillés et menacés alors qu’ils revenaient de la prière.
Les populations musulmanes de la région des Balkans occidentaux ne connaissent que trop bien la triste histoire de la haine ethnique. «Il y a quarante ans, le père de Donika Gërvalla-Schwarz, l’actuelle ministre des Affaires étrangères du Kosovo, a été assassiné», rappelle l’ambassadeur, faisant référence aux meurtres de Jusuf et Bardhosh Gërvalla, artistes, écrivains et militants politiques albanais du Kosovo, dont on suppose qu’ils ont été assassinés par la police secrète serbo-yougoslave le 17 janvier 1982 près de Heilbronn, une ville du Bade-Wurtemberg, en Allemagne.

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Les guerres yougoslaves ont été marquées par de nombreux massacres, comme celui de Rezallë, au cours duquel quatre-vingt-dix-huit Albanais du Kosovo ont été tués par les forces serbes. (AFP)


«Les hommes armés ont également tué Kadri Zeka, un ami et collaborateur des frères Gërvalla. Opposés au régime oppressif de la Serbie au Kosovo, ces trois militants œuvraient pour l’indépendance de leur province. Ils vivaient en exil depuis 1980. Les assassins n’ont jamais été traduits en justice.»
Jeune journaliste en 1999, l’ambassadeur Mjeku a couvert le massacre survenu le 15 janvier à Racak, un village du Kosovo. Quarante-cinq personnes avaient été abattues et leurs corps avaient été jetés dans un ravin à l’extérieur de Racak par des policiers et des soldats serbes de souche, semble-t-il.
D’autres massacres d’Albanais du Kosovo ont suivi, notamment à Krusha au mois de mars 1999, à Meja le 27 avril 1999 et à l’intérieur de la prison de Dubrava le 22 mai 1999.

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Le 15 janvier 2022, les Albanais du Kosovo rendent hommage à leurs proches et aux victimes du massacre de Racak, survenu en 1999. (AFP)


«Alors que nous commémorons ce mois-ci le 23e anniversaire du massacre de Racak, cet horrible crime est toujours aussi présent dans nos esprits», déclare l’ambassadeur à Arab News. «Aussi triste que cela puisse paraître, la république du Kosovo doit son existence même aux crimes qui ont été commis contre le peuple kosovar», poursuit-il.
Nikola Sainovic, ancien vice-Premier ministre de Serbie, faisait partie des responsables de la propagation de la terreur au sein de la population albanaise du Kosovo.

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Nikola Sainovic, bras droit de l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic lors de la répression serbe contre le Kosovo, sera jugé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie à La Haye en 2002. (AFP)

En 2009, il a été condamné par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie à La Haye pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis contre des civils albanais de souche pendant la guerre du Kosovo. Peu de temps après avoir obtenu une libération anticipée en 2015, il a été nommé au conseil d’administration du Parti socialiste de Serbie.
Des allégations de crimes de guerre ont également poursuivi des membres de l’Armée de libération du Kosovo, la principale force de guérilla albanaise de souche au Kosovo – qui a combattu les Serbes.
Après que les politiciens se sont livrés en vain à une lutte pacifique de plusieurs années pour une autonomie plus importante ou pour une plus grande indépendance, l’Armée de libération du Kosovo a mené un soulèvement armé contre le régime serbe dans la province yougoslave à majorité musulmane au mois de mars 1998.

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Un Mirage 2000N français qui participe à la campagne contre la Serbie se ravitaille auprès d’un KC-135R de l’US Air Force au-dessus de la mer Adriatique. (Photo AFP/Usaf)


Cet événement a provoqué une réponse disproportionnée du régime politique serbe. Ce dernier n’a fait aucune distinction entre les combattants albanais kosovars et les civils, forçant des milliers de personnes à se réfugier dans des pays voisins comme l’Albanie et la Macédoine du Nord.
En réponse à cette montée de la violence, et notamment devant le massacre de Racak, l’Otan a lancé une opération militaire de bombardement de soixante-dix-huit jours qui a finalement forcé les policiers et les soldats serbes à se retirer du Kosovo.

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Un missile de croisière Tomahawk est lancé de la proue du croiseur de la marine américaine USS Philippine Sea sur des cibles à travers la Yougoslavie et le Kosovo, le 24 mars 1999. (Photo de la marine américaine via l’AFP)

Après que la Yougoslavie a accepté une proposition de paix, au mois de juin 1999, l’Otan a mis fin à l’opération militaire de bombardement et le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1244, qui suspend le régime yougoslave au Kosovo et qui forme la mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo avec la Force pour le Kosovo (Kfor), une entité de maintien de la paix de l’Otan.
La fin de la violence a apporté un peu d’espoir aux Kosovars dans une période de grande souffrance. Elle a ouvert la voie à une nouvelle réalité et a entraîné le retour des réfugiés.

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Une photographie aérienne montre l’ampleur des dégâts à Belgrade, la capitale de la Serbie, lors de l’opération militaire de bombardement de l’Otan. (AFP)

De nombreux dirigeants de l’Armée de libération du Kosovo se sont reconvertis dans la politique. Hashim Thaci, ancien président du Kosovo et commandant de cette armée, est accusé par un tribunal des Pays-Bas d’être le responsable de près de cent meurtres.
En ce qui concerne l’ambassadeur Mjeku, le moment est venu pour la diplomatie de prendre le dessus. «Pendant toutes ces années, le Kosovo a voté pour la stabilité et la sécurité non seulement de sa propre population, mais aussi de la région des Balkans au sens large et de l’Europe», affirme-t-il à Arab News.

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Lulzim Mjeku, ambassadeur du Kosovo en Arabie saoudite.

Le Kosovo, pays de près de deux millions d’habitants, est composé à 90% d’Albanais de souche. Après avoir été soumis au contrôle de l’ONU pendant neuf ans, le Kosovo a proclamé son indépendance au moyen de son assemblée le 17 février 2008. Depuis, plus de cent pays l’ont reconnu.
Les États-Unis, plusieurs pays membres de l’Union européenne et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont reconnu très tôt l’indépendance du Kosovo. Aujourd’hui, l’Arabie saoudite, qui faisait partie des trente-cinq États qui ont soumis des déclarations destinées à soutenir le Kosovo, couvre le pays sur une base non résidentielle de son ambassade à Tirana, en Albanie.
L’ambassadeur affirme que le Kosovo réussit à panser les blessures du passé grâce à l’aide généreuse de ses amis. 60% de la population a moins de 30 ans et de nombreuses personnes ont peu de souvenirs des années de douleur et de violence, précise-t-il.
Les Balkans occidentaux sont plus calmes qu’il y a vingt ans, bien que les tensions ethniques augmentent à nouveau avant les élections qui se déroulent en Serbie, en avril, et celles qui ont lieu eu Bosnie-Herzégovine, en octobre.

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Ce garçon albanais du Kosovo porte un chapeau traditionnel. Il joue du tambour dans le centre-ville de Pristina, le 17 février 2020, jour du 12e anniversaire de la déclaration d’indépendance du Kosovo. (AFP)

La mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo, qui a été amenée à déployer plus de 50 000 soldats, ne compte aujourd’hui que 3 500 hommes. Son siège est à Pristina, la capitale du Kosovo. La mission soutient l’application de l’accord de Bruxelles, un traité de normalisation entre Belgrade et Pristina négocié par l’Union européenne en 2013.
«En tant que jeune nation, nous avons accompli de grands progrès dans la reconstruction de nos vies et la guérison de nos blessures», confie l’ambassadeur à Arab News.
«Dans ce périple de longue haleine, nous n’avons pas été seuls. Nous avons reçu l’aide de pays amis comme le royaume d'Arabie saoudite et les institutions de nos alliés, notamment les États-Unis et l’Union européenne», conclut-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trêve de deux semaines entre les États-Unis, Israël et l’Iran

De la fumée s’élève à la suite de frappes sur Téhéran le 7 avril 2026. (AFP)
De la fumée s’élève à la suite de frappes sur Téhéran le 7 avril 2026. (AFP)
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  • Un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran prévoit l’arrêt des attaques américaines et la réouverture du détroit d’Ormuz, avec des négociations prévues au Pakistan pour tenter d’aboutir à un accord durable
  • Des divergences majeures persistent (nucléaire, sanctions, présence militaire), et la trêve n’inclut pas le Liban, où les hostilités se poursuivent

WASHINGTON: Les Etats-Unis et l'Iran se sont accordés mardi pour un cessez-le-feu de deux semaines, un peu plus d'une heure avant l'expiration de l'ultimatum de Donald Trump qui menaçait de détruire la République islamique.

Voici ce que l'on sait de la trêve entre les deux pays, qui devraient entamer vendredi des pourparlers au Pakistan, pays médiateur dans la guerre au Moyen-Orient.

La trêve selon Washington

Joint par l'AFP au téléphone, le président américain Donald Trump a déclaré mardi que pour Washington, la victoire était "totale et complète."

Les Etats-Unis vont interrompre les attaques sur l'Iran durant deux semaines, et Téhéran va en retour rouvrir temporairement le détroit d'Ormuz.

Téhéran a accepté "l'OUVERTURE TOTALE, IMMÉDIATE ET SÉCURISÉE du détroit d'Ormuz", a déclaré M. Trump dans un message publié sur son réseau Truth Social.

Le président américain a précisé que l'accord avait été conclu après s'être entretenu avec des dirigeants au Pakistan, pays médiateur dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël le 28 février.

Il a affirmé que la question de l'uranium iranien serait "parfaitement réglée", pendant cette trêve.

M. Trump a justifié la guerre, accusant Téhéran d'enrichir de l'uranium dans le but de fabriquer une arme atomique, une affirmation qui n'est pas étayée par l'agence nucléaire de l'ONU et que l'Iran a démentie.

Dans un précédent plan visant à mettre fin aux hostilités, les Etats-Unis exigeaient que l'Iran cesse tout nouvel enrichissement, accepte des limites à son programme de missiles et mette fin à son soutien aux groupes armés de la région, ce qui a été refusé par Téhéran.

Ces exigences n'ont pas été communiquées dans la dernière trêve.

Le mois dernier, le dirigeant américain a déclaré que la "reddition inconditionnelle" de l'Iran serait le seul résultat acceptable pour mettre un terme à la guerre.

Et Téhéran?

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a confirmé que Téhéran allait garantir des traversées en sécurité du détroit d'Ormuz, où transitait avant la guerre 20% du brut mondial.

Un plan en 10 points proposé par l'Iran pour parvenir à la fin de la guerre, a été qualifié de "viable" par Donald Trump.

Il pourrait servir de base à d'éventuelles négociations plus tard cette semaine, mais comporte plusieurs points de blocage que Washington a jugé irréalisables par le passé.

Le plan exigerait "le maintien du contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz, l'acceptation de l'enrichissement, la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires", selon un communiqué publié par la République islamique.

Alors que la demande relative à l'enrichissement d'uranium ne figurait pas dans la version en anglais de la déclaration de Téhéran partagée par l'ONU, elle faisait partie de la version en persan diffusée par les médias d'Etat iraniens.

Parmi les autres exigences: le retrait des forces américaines du Moyen-Orient, la fin des attaques contre l'Iran et ses alliés, la libération des avoirs iraniens gelés et une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU rendant l'accord contraignant.

Le cessez-le-feu ne s'applique pas au Liban

Israël a annoncé soutenir la décision de Donald Trump de suspendre les attaques contre l'Iran, tout en précisant que la trêve n'incluait pas le Liban.

Au total, les frappes israéliennes au Liban ont tué 1.530 personnes depuis le début de la guerre entre le mouvement islamiste Hezbollah pro-iranien et Israël le 2 mars, a indiqué mardi le ministère de la Santé libanais.

Cette affirmation contredit une annonce faite plus tôt par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans le conflit, assurant que le cessez-le-feu s'appliquait "partout, y compris au Liban et ailleurs".

Et pour la suite?

M. Sharif a annoncé que le cessez-le-feu prenait effet immédiatement, et que des pourparlers commenceront vendredi dans la capitale pakistanaise avec des délégués des deux pays.

Les discussions auront pour but d'atteindre "un accord définitif", a-t-il déclaré.

L'Iran a annoncé qu'il consacrerait deux semaines aux négociations.

Le pétrole a chuté mercredi après l'annonce de la réouverture du détroit d'Ormuz dans le cadre de la trêve, alors que les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz étaient sous pression depuis que l'Iran avait, de fait, fermé le passage.

La décongestion du détroit pourrait apporter un soulagement temporaire aux pays qui dépendent des importations de pétrole.


Trump: L'Iran « entier pourrait être détruit en une seule nuit, et cette nuit pourrait bien être celle de demain»

Dans la salle de briefing de la Maison Blanche, pleine comme un oeuf, il a jugé que les dirigeants iraniens négociaient de "bonne foi". Mais il a aussi accusé les responsables iraniens d'avoir pour habitude d'"enfumer" les présidents américains. (AFP)
Dans la salle de briefing de la Maison Blanche, pleine comme un oeuf, il a jugé que les dirigeants iraniens négociaient de "bonne foi". Mais il a aussi accusé les responsables iraniens d'avoir pour habitude d'"enfumer" les présidents américains. (AFP)
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  • L'Iran "entier pourrait être détruit en une seule nuit, et cette nuit pourrait bien être celle de demain" (mardi), a menacé lundi Donald Trump pendant une conférence de presse par ailleurs consacrée au spectaculaire sauvetage d'un aviateur américain
  • Le président a assuré que l'armée pourrait détruire en quatre heures les ponts et centrales électriques iraniennes, si l'ultimatum qu'il a fixé à Téhéran expire sans résultat, mardi à 20h00 (00h00 GMT)

WASHINGTON: L'Iran "entier pourrait être détruit en une seule nuit, et cette nuit pourrait bien être celle de demain" (mardi), a menacé lundi Donald Trump pendant une conférence de presse par ailleurs consacrée au spectaculaire sauvetage d'un aviateur américain.

Le président a assuré que l'armée pourrait détruire en quatre heures les ponts et centrales électriques iraniennes, si l'ultimatum qu'il a fixé à Téhéran expire sans résultat, mardi à 20h00 (00h00 GMT).

Le républicain de 79 ans, qui a dit ne pas "s'inquiéter" de commettre des crimes de guerre si les Etats-Unis attaquaient réellement ces infrastructures civiles, a assuré que l'opération militaire américaine avait le soutien de la population iranienne.

Les Iraniens "seraient prêts à souffrir pour avoir la liberté", a déclaré Donald Trump lors d'une rare conférence de presse, en assurant que les Américains avaient intercepté de nombreux messages disant: "Continuez à bombarder".

Mais le président américain a comme à son habitude livré le même jour des propos contradictoires, certains allant dans le sens d'une aggravation, d'autres d'une résolution diplomatique du conflit débuté le 28 février.

"Bonne foi" 

Dans la salle de briefing de la Maison Blanche, pleine comme un oeuf, il a jugé que les dirigeants iraniens négociaient de "bonne foi". Mais il a aussi accusé les responsables iraniens d'avoir pour habitude d'"enfumer" les présidents américains.

Le milliardaire a aussi décrit les difficultés de communication avec ces dirigeants en assurant que les négociations se faisaient "comme il y a 2.000 ans avec des enfants qui transportent un message dans un sens et l'autre".

Un peu plus tôt, en marge d'une célébration de la fête de Pâques dans les jardins de la Maison Blanche, il avait qualifié d'"étape très importante" une proposition de cessez-le-feu de 45 jours avancée par des pays médiateurs.

"Ce n'est pas encore assez bien", a toutefois aussi estimé le président américain sous l'oeil fixe d'une mascotte en costume de lapin.

Pendant sa conférence de presse, il a indiqué que l'une des conditions fixées à l'Iran dans les discussions était la réouverture du détroit d'Ormuz, cela après avoir plusieurs fois assuré ces derniers jours que le sort de cette artère vitale pour le commerce de pétrole lui était indifférent.

Si Donald Trump est allé à la rencontre des journalistes lundi, c'est d'abord pour vanter la spectaculaire opération de sauvetage d'un aviateur américain, qui lui a permis de chanter les louanges de l'armée alors que le conflit est impopulaire auprès de la majorité des Américains.

La mission a "capté l'attention du monde entier", s'est réjoui l'ancien animateur de téléréalité.

Il a donné de nombreux détails - ainsi sur l'engagement de plus de 170 avions militaires au total et sur la destruction de deux appareils que l'armée américaine a été contrainte d'abandonner sur place.

 "Stupides" 

Le chef du Pentagone Pete Hegseth, usant comme d'habitude d'un vocabulaire tantôt religieux tantôt viril, a dressé un parallèle entre le sauvetage de l'aviateur et la résurrection de Jésus Christ, célébrée à Pâques par les chrétiens.

Pendant sa conférence de presse, le président américain a aussi émis des menaces contre les journalistes ayant révélé la recherche en cours d'un membre d'équipage dont l'appareil avait été abattu vendredi dans le sud-ouest de l'Iran, ainsi que leur source.

Il a aussi critiqué vivement les reporters de CNN et du New York Times.

Donald Trump a par ailleurs lancé, cette fois pendant son apparition du matin dans les jardins, que "si cela ne tenait qu'à lui", il s'emparerait du pétrole iranien mais a ajouté que "malheureusement, les Américains voudraient nous voir rentrer à la maison".

"Ils sont stupides", a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait ce qu'il pensait des opinions majoritairement défavorables sur la guerre.

Au pupitre de la salle de presse, l'ancien homme d'affaires a indiqué qu'il existait un plan dans lequel les Etats-Unis prélèveraient un droit de passage dans le détroit d'Ormuz, sans davantage de précisions.


Un nouveau pétrolier appartenant à une compagnie japonaise a franchi le détroit d'Ormuz

Une compagnie maritime japonaise a déclaré lundi qu'un pétrolier battant pavillon indien et appartenant à sa filiale avait franchi le détroit d'Ormuz, faisant route vers l'Inde, devenant le troisième navire lié au Japon à transiter par le détroit. (AFP)
Une compagnie maritime japonaise a déclaré lundi qu'un pétrolier battant pavillon indien et appartenant à sa filiale avait franchi le détroit d'Ormuz, faisant route vers l'Inde, devenant le troisième navire lié au Japon à transiter par le détroit. (AFP)
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  • Le blocage de facto de ce passage maritime du Golfe en raison de la riposte iranienne aux frappes américaines et israéliennes empêche le transit de pétrole, affectant de nombreuses économies en Asie
  • Le Japon qui dépend fortement du brut importé du Moyen-Orient

TOKYO: Une compagnie maritime japonaise a déclaré lundi qu'un pétrolier battant pavillon indien et appartenant à sa filiale avait franchi le détroit d'Ormuz, faisant route vers l'Inde, devenant le troisième navire lié au Japon à transiter par le détroit.

Le blocage de facto de ce passage maritime du Golfe en raison de la riposte iranienne aux frappes américaines et israéliennes empêche le transit de pétrole, affectant de nombreuses économies en Asie, dont le Japon qui dépend fortement du brut importé du Moyen-Orient.

Cette quasi-fermeture a entraîné des pénuries de carburant et une flambée des prix de l'énergie à travers le monde.

Une porte-parole de l'armateur nippon Mitsui OSK Lines a indiqué à l'AFP que le méthanier GPL Green Asha avait traversé le détroit. "Le personnel à bord comme la cargaison sont en sécurité", a-t-elle déclaré.

Samedi, le gouvernement indien avait déjà annoncé que le méthanier GPL Green Sanvi, également détenu par une filiale de Mitsui OSK, avait franchi le détroit en toute sécurité.

Et la veille, trois pétroliers, dont un codétenu par le groupe nippon, avaient traversé le détroit. Le navire Sohar LNG, également codétenu par Mistui OSK, était le premier méthanier de gaz naturel liquéfié à franchir le détroit depuis le 1er mars.

Les rares navires qui ont franchi ce point d'étranglement depuis le début de la guerre au Moyen-Orient ont emprunté un itinéraire approuvé par l'Iran à travers ses eaux près de l'île de Larak, surnommé le "péage de Téhéran" par la société de données maritime Lloyd's List Intelligence.