Commémoration du massacre de Racak: les crimes serbes sont toujours aussi présents dans la mémoire kosovare

Les guerres yougoslaves ont été marquées par de nombreux massacres, comme celui de Rezallë, au cours duquel quatre-vingt-dix-huit Albanais du Kosovo ont été tués par les forces serbes. (AFP)
Les guerres yougoslaves ont été marquées par de nombreux massacres, comme celui de Rezallë, au cours duquel quatre-vingt-dix-huit Albanais du Kosovo ont été tués par les forces serbes. (AFP)
Le 15 janvier 2022, Arife Bilalli (à gauche) se recueille sur la tombe de son fils lors de la commémoration du massacre de Racak, survenu en 1999. (AFP)
Le 15 janvier 2022, Arife Bilalli (à gauche) se recueille sur la tombe de son fils lors de la commémoration du massacre de Racak, survenu en 1999. (AFP)
Une photographie aérienne montre l’ampleur de la destruction à Belgrade, la capitale de la Serbie, lors de l’opération militaire de bombardement de l’Otan. (AFP)
Une photographie aérienne montre l’ampleur de la destruction à Belgrade, la capitale de la Serbie, lors de l’opération militaire de bombardement de l’Otan. (AFP)
Le 15 avril 1999, le général Henry Shelton, président des chefs d’état-major des armées des États-Unis, informe le comité des forces armées du Sénat américain de la campagne en Serbie. (AFP)
Le 15 avril 1999, le général Henry Shelton, président des chefs d’état-major des armées des États-Unis, informe le comité des forces armées du Sénat américain de la campagne en Serbie. (AFP)
Le 15 janvier 2020, des Albanais du Kosovo se consolent devant une plaque commémorative dédiée aux victimes du massacre de Racak, en 1999. (AFP)
Le 15 janvier 2020, des Albanais du Kosovo se consolent devant une plaque commémorative dédiée aux victimes du massacre de Racak, en 1999. (AFP)
Le 15 janvier 2022, une Albanaise du Kosovo visite un mémorial dédié aux victimes du massacre de Racak, en 1999. (AFP)
Le 15 janvier 2022, une Albanaise du Kosovo visite un mémorial dédié aux victimes du massacre de Racak, en 1999. (AFP)
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Publié le Mardi 18 janvier 2022

Commémoration du massacre de Racak: les crimes serbes sont toujours aussi présents dans la mémoire kosovare

  • Jeune journaliste en 1999, l’ambassadeur du Kosovo en Arabie saoudite, Lulzim Mjeku, a couvert le massacre survenu le 15 janvier à Racak
  • «En tant que jeune nation, nous avons fait de grands progrès dans la reconstruction de nos vies et la guérison de nos blessures», confie-t-il à Arab News

RIYAD: Le peuple du Kosovo veut voir une plus grande implication internationale dans les Balkans occidentaux pour endiguer une vague croissante de discours de haine et préserver la paix dans une région toujours tendue, déclare son ambassadeur en Arabie saoudite à Arab News.
Dans un entretien accordé à Arab News à l’approche du jour de l’indépendance du Kosovo, le 17 février, Lulzim Mjeku cite un communiqué publié par le Haut-Commissariat des nations unies aux droits de l’homme (HCDH) le 14 janvier, alors que les Kosovars se préparaient à célébrer le 23e anniversaire du massacre de Racak.
Le communiqué indique que des individus, en Bosnie-Herzégovine et en Serbie, ont glorifié des atrocités, fait les éloges des criminels de guerre, adressé des discours de haine aux communautés et, dans certains cas, directement incité à la violence.
L’ambassadeur affirme que le HCDH «a appelé la communauté internationale à intervenir et à prendre des mesures concrètes contre les discours de haine. Malheureusement, nous avons dû faire face au déni ces derniers temps. Le déni fait référence à une pratique qui consiste à réécrire le passé et à prétendre que des événements historiques ne se sont pas produits.
Les incidents auxquels le HCDH fait référence concernent d’importants groupes de personnes qui scandent le nom de «Ratko Mladic», un criminel de guerre serbe, tout en organisant des processions aux flambeaux et en entonnant des chansons nationalistes qui appellent à la prise de contrôle de divers endroits de l’ex-Yougoslavie.

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Le 15 janvier 2022, les Albanais du Kosovo rendent hommage à leurs proches et aux victimes du massacre de Racak, survenu en 1999. (AFP)


Les crimes de haine mentionnés dans le communiqué de l’ONU se sont produits en Serbie et dans plusieurs endroits de la Republika Srpska (République serbe de Bosnie, NDLR), une entité de la Bosnie-Herzégovine située au nord-ouest du Kosovo. Lors d’un incident, des coups de feu ont été tirés près d’une mosquée à Janja, dans le nord-est de la Bosnie, où des Bosniaques locaux (musulmans) ont été raillés et menacés alors qu’ils revenaient de la prière.
Les populations musulmanes de la région des Balkans occidentaux ne connaissent que trop bien la triste histoire de la haine ethnique. «Il y a quarante ans, le père de Donika Gërvalla-Schwarz, l’actuelle ministre des Affaires étrangères du Kosovo, a été assassiné», rappelle l’ambassadeur, faisant référence aux meurtres de Jusuf et Bardhosh Gërvalla, artistes, écrivains et militants politiques albanais du Kosovo, dont on suppose qu’ils ont été assassinés par la police secrète serbo-yougoslave le 17 janvier 1982 près de Heilbronn, une ville du Bade-Wurtemberg, en Allemagne.

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Les guerres yougoslaves ont été marquées par de nombreux massacres, comme celui de Rezallë, au cours duquel quatre-vingt-dix-huit Albanais du Kosovo ont été tués par les forces serbes. (AFP)


«Les hommes armés ont également tué Kadri Zeka, un ami et collaborateur des frères Gërvalla. Opposés au régime oppressif de la Serbie au Kosovo, ces trois militants œuvraient pour l’indépendance de leur province. Ils vivaient en exil depuis 1980. Les assassins n’ont jamais été traduits en justice.»
Jeune journaliste en 1999, l’ambassadeur Mjeku a couvert le massacre survenu le 15 janvier à Racak, un village du Kosovo. Quarante-cinq personnes avaient été abattues et leurs corps avaient été jetés dans un ravin à l’extérieur de Racak par des policiers et des soldats serbes de souche, semble-t-il.
D’autres massacres d’Albanais du Kosovo ont suivi, notamment à Krusha au mois de mars 1999, à Meja le 27 avril 1999 et à l’intérieur de la prison de Dubrava le 22 mai 1999.

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Le 15 janvier 2022, les Albanais du Kosovo rendent hommage à leurs proches et aux victimes du massacre de Racak, survenu en 1999. (AFP)


«Alors que nous commémorons ce mois-ci le 23e anniversaire du massacre de Racak, cet horrible crime est toujours aussi présent dans nos esprits», déclare l’ambassadeur à Arab News. «Aussi triste que cela puisse paraître, la république du Kosovo doit son existence même aux crimes qui ont été commis contre le peuple kosovar», poursuit-il.
Nikola Sainovic, ancien vice-Premier ministre de Serbie, faisait partie des responsables de la propagation de la terreur au sein de la population albanaise du Kosovo.

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Nikola Sainovic, bras droit de l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic lors de la répression serbe contre le Kosovo, sera jugé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie à La Haye en 2002. (AFP)

En 2009, il a été condamné par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie à La Haye pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis contre des civils albanais de souche pendant la guerre du Kosovo. Peu de temps après avoir obtenu une libération anticipée en 2015, il a été nommé au conseil d’administration du Parti socialiste de Serbie.
Des allégations de crimes de guerre ont également poursuivi des membres de l’Armée de libération du Kosovo, la principale force de guérilla albanaise de souche au Kosovo – qui a combattu les Serbes.
Après que les politiciens se sont livrés en vain à une lutte pacifique de plusieurs années pour une autonomie plus importante ou pour une plus grande indépendance, l’Armée de libération du Kosovo a mené un soulèvement armé contre le régime serbe dans la province yougoslave à majorité musulmane au mois de mars 1998.

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Un Mirage 2000N français qui participe à la campagne contre la Serbie se ravitaille auprès d’un KC-135R de l’US Air Force au-dessus de la mer Adriatique. (Photo AFP/Usaf)


Cet événement a provoqué une réponse disproportionnée du régime politique serbe. Ce dernier n’a fait aucune distinction entre les combattants albanais kosovars et les civils, forçant des milliers de personnes à se réfugier dans des pays voisins comme l’Albanie et la Macédoine du Nord.
En réponse à cette montée de la violence, et notamment devant le massacre de Racak, l’Otan a lancé une opération militaire de bombardement de soixante-dix-huit jours qui a finalement forcé les policiers et les soldats serbes à se retirer du Kosovo.

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Un missile de croisière Tomahawk est lancé de la proue du croiseur de la marine américaine USS Philippine Sea sur des cibles à travers la Yougoslavie et le Kosovo, le 24 mars 1999. (Photo de la marine américaine via l’AFP)

Après que la Yougoslavie a accepté une proposition de paix, au mois de juin 1999, l’Otan a mis fin à l’opération militaire de bombardement et le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1244, qui suspend le régime yougoslave au Kosovo et qui forme la mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo avec la Force pour le Kosovo (Kfor), une entité de maintien de la paix de l’Otan.
La fin de la violence a apporté un peu d’espoir aux Kosovars dans une période de grande souffrance. Elle a ouvert la voie à une nouvelle réalité et a entraîné le retour des réfugiés.

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Une photographie aérienne montre l’ampleur des dégâts à Belgrade, la capitale de la Serbie, lors de l’opération militaire de bombardement de l’Otan. (AFP)

De nombreux dirigeants de l’Armée de libération du Kosovo se sont reconvertis dans la politique. Hashim Thaci, ancien président du Kosovo et commandant de cette armée, est accusé par un tribunal des Pays-Bas d’être le responsable de près de cent meurtres.
En ce qui concerne l’ambassadeur Mjeku, le moment est venu pour la diplomatie de prendre le dessus. «Pendant toutes ces années, le Kosovo a voté pour la stabilité et la sécurité non seulement de sa propre population, mais aussi de la région des Balkans au sens large et de l’Europe», affirme-t-il à Arab News.

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Lulzim Mjeku, ambassadeur du Kosovo en Arabie saoudite.

Le Kosovo, pays de près de deux millions d’habitants, est composé à 90% d’Albanais de souche. Après avoir été soumis au contrôle de l’ONU pendant neuf ans, le Kosovo a proclamé son indépendance au moyen de son assemblée le 17 février 2008. Depuis, plus de cent pays l’ont reconnu.
Les États-Unis, plusieurs pays membres de l’Union européenne et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont reconnu très tôt l’indépendance du Kosovo. Aujourd’hui, l’Arabie saoudite, qui faisait partie des trente-cinq États qui ont soumis des déclarations destinées à soutenir le Kosovo, couvre le pays sur une base non résidentielle de son ambassade à Tirana, en Albanie.
L’ambassadeur affirme que le Kosovo réussit à panser les blessures du passé grâce à l’aide généreuse de ses amis. 60% de la population a moins de 30 ans et de nombreuses personnes ont peu de souvenirs des années de douleur et de violence, précise-t-il.
Les Balkans occidentaux sont plus calmes qu’il y a vingt ans, bien que les tensions ethniques augmentent à nouveau avant les élections qui se déroulent en Serbie, en avril, et celles qui ont lieu eu Bosnie-Herzégovine, en octobre.

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Ce garçon albanais du Kosovo porte un chapeau traditionnel. Il joue du tambour dans le centre-ville de Pristina, le 17 février 2020, jour du 12e anniversaire de la déclaration d’indépendance du Kosovo. (AFP)

La mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo, qui a été amenée à déployer plus de 50 000 soldats, ne compte aujourd’hui que 3 500 hommes. Son siège est à Pristina, la capitale du Kosovo. La mission soutient l’application de l’accord de Bruxelles, un traité de normalisation entre Belgrade et Pristina négocié par l’Union européenne en 2013.
«En tant que jeune nation, nous avons accompli de grands progrès dans la reconstruction de nos vies et la guérison de nos blessures», confie l’ambassadeur à Arab News.
«Dans ce périple de longue haleine, nous n’avons pas été seuls. Nous avons reçu l’aide de pays amis comme le royaume d'Arabie saoudite et les institutions de nos alliés, notamment les États-Unis et l’Union européenne», conclut-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une vérification nucléaire «très poussée» est nécessaire en Iran après la guerre, selon le chef de l'AIEA

Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
  • "L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi
  • "Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi

TOKYO: Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi lors d'une conférence de presse au Japon.

"Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi.

Il a également indiqué que l'organisme de surveillance avait "à peine entamé" des discussions avec l'Iran à la suite de son récent accord préliminaire avec les États-Unis sur le devenir du stock d'uranium de Téhéran.

"Des discussions initiales ont eu lieu (...) Nous nous attendons à ce que ce travail s'accélère prochainement", a déclaré M. Grossi.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

En vertu d'une loi votée par le Parlement, les autorités iraniennes ont suspendu en juillet 2025 la coopération avec l'AIEA.

Elles avaient toutefois accepté en septembre d'accueillir de nouveau des inspecteurs, après s'être mis d'accord sur un nouveau cadre et des membres de l'agence se sont rendus ces derniers mois sur place, y compris en juin 2026 pour visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. Mais ils n'ont pas eu accès aux sites bombardés.

 


Séisme au Venezuela: au moins 235 morts, recherche effrénée des disparus

Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
  • "Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé"
  • Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés

LA GUAIRA: Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel.

"Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé", a déclaré le ministre de la Santé Carlos Alvarado à la télévision d'Etat.

Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés.

Le séisme a fait également au moins 4.300 blessés à travers le pays, selon le ministre. Mais aussi un Italien, deux Brésiliens et deux Chinois, selon les autorités de leurs pays d'origine.

Bâtiments aplatis, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies: à l'épicentre du tremblement de terre, les équipes de l'AFP ont constaté d'impressionnantes scènes de destruction qui font craindre un bilan bien plus lourd.

La zone la plus durement touchée est celle de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent l'aéroport international de Maiquetia qui, endommagé, a été fermé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont écroulés.

Voix d'outre-tombe 

Comme celui où habite Antonio Bermudez: "Il y a un endroit d'où une jeune femme appelée Jennifer, du onzième étage, me répond. Mais nous n'avons aucun outil, nous n'avons aucun moyen pour aider" à l'extraire des décombres, explique-t-il.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos ont montré des scènes glaçantes de voix comme venues d'outre-tombe, audibles en certains endroits sous les monceaux de gravats, cris désespérés des enterrés vivants appelant au secours.

Lisbeth Vazquez, 37 ans, raconte à l'AFP comment les siens se sont échappés in extremis par les fenêtres de l'appartement familial lorsque l'immeuble était "en train de s'enfoncer complètement" dans le sol. "C'était terrifiant", dit-elle : "Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir".

"Il ne nous reste plus rien. Rien, pas même la force ni le courage d'entrer là-dedans", soupire Larry Rojas, 49 ans, devant un tas de décombres sous lequel sont ensevelis ses proches.

"On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d'une pelleteuse", s'écrie désespéré Dani Rizo, un autre habitant du bâtiment, âge de 48 ans.

L'assistance internationale s'organise. Les Etats-Unis ont promis une réponse "importante", "rapide et efficace", par la voix de leur secrétaire d'Etat, Marco Rubio. Le département d'Etat a également annoncé l'envoi de secouristes et le déblocage d'une aide de 150 millions de dollars. L'armée américaine a fait savoir qu'elle déploierait des navires militaires, des avions et des hélicoptères en soutien aux secours.

Le Brésil a annoncé l'envoi d'aide à son voisin. De même que la Chine, l'Inde, de nombreux pays européens et latino-américains et même l'Iran, un traditionnel allié de Caracas ravagé par la guerre contre les Etats-Unis et Israël.

"Ca tremble" 

La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété l'état d'urgence peu après la double secousse de magnitude 7,2 et 7,5, qui s'est produite mercredi à 18H04 (22H04 GMT).

D'après les données du Service géologique des Etats-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, un pays de près de 30 millions d'habitants à l'économie en crise depuis des années.

La première secousse s'est produite à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l'ouest de Caracas. Elle a été suivie d'une seconde à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là, puis d'une vingtaine de répliques, selon l'USGS.

Dans la capitale, où de nombreux immeubles se sont effondrés, des rues sont jonchées de débris de verre et beaucoup de gens ont passé la nuit dehors, souvent dans leur voiture, tremblant à chacune des répliques.

Les lieux sinistrés ont également été victimes de pillages. A Catia la Mar, des hommes et des femmes sortaient les bras chargés de sacs remplis de victuailles d'un commerce d'alimentation en partie incendié, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des coupures d'électricité sont signalées et le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, a dit avoir ordonné la coupure de l'alimentation en gaz pour "éviter tout accident".

Jeudi matin, quasiment aucun commerce n'était ouvert et la circulation automobile était dense, de nombreux habitants de Caracas cherchant à se réfugier loin des immeubles en péril.

"Ça tremble, ça tremble en ce moment", se sont mis à crier au moment d'une réplique des personnes rassemblées autour d'un immeuble déjà à terre.

"Avant même ces séismes, près de huit millions de personnes au Venezuela avaient besoin d'une aide humanitaire", a rappelé le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher.

Si l'aéroport international de Maiquetia a été fermé en raison de "graves dommages dans ses infrastructures" selon Mme Rodriguez, Caracas pourra disposer de l'aéroport militaire de La Carlota, situé en pleine zone métropolitaine, pour l'aide internationale.

 


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.