Barricades et manifestations au Soudan face au putsch

Des manifestants soudanais ont érigé des barricades en briques et en feu sur la 60e rue de la capitale Khartoum dans le cadre d'une campagne de désobéissance civile après le meurtre de sept manifestants anti-coup d'État, le 18 janvier 2022.(AFP)
Des manifestants soudanais ont érigé des barricades en briques et en feu sur la 60e rue de la capitale Khartoum dans le cadre d'une campagne de désobéissance civile après le meurtre de sept manifestants anti-coup d'État, le 18 janvier 2022.(AFP)
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Publié le Mercredi 19 janvier 2022

Barricades et manifestations au Soudan face au putsch

  • Le général Burhane, seul aux commandes du pays après avoir écarté tous les pro-civils du pouvoir depuis son coup de force, a promis mardi une commission d'enquête
  • Depuis cette date, 71 manifestants ont été emportés par une répression qui ne faiblit pas, en dépit des appels au calme venus de l'étranger

KHARTOUM : Certains n'ont pas ouvert leur magasin, d'autres montent des barricades et des centaines d'autres encore manifestent: mardi le Soudan se mobilise pour dénoncer la répression sanglante de la veille avec sept manifestants hostiles au pouvoir militaire tués par balles.

"Magasin fermé pour cause de deuil", proclament des affichettes collées sur les rideaux baissés des échoppes d'al-Sajane, énorme marché de gros pour les matériaux de construction de Khartoum totalement à l'arrêt mardi. L'un de ses commerçants, Othmane el-Chérif, a été tué par balles lundi, au cours d'une des journées les plus sanglantes depuis le coup d'Etat du général Abdel Fattah al-Burhane le 25 octobre.

Depuis cette date, 71 manifestants ont été emportés par une répression qui ne faiblit pas, en dépit des appels au calme venus de l'étranger. La police, elle, affirme que des manifestants ont poignardé à mort un de ses généraux.

Lundi, les forces de sécurité avaient pour la première fois sorti leurs armes lourdes et n'ont pas hésité à ouvrir le feu, selon les témoins sur place et l'ensemble des chancelleries occidentales, même si la police a réaffirmé mardi n'avoir jamais tiré.

Barricades

Le général Burhane, seul aux commandes du pays après avoir écarté tous les pro-civils du pouvoir depuis son coup de force, a promis mardi une commission d'enquête qui devra rendre ses conclusions "sous 72 heures", a-t-il annoncé. 

Mais déjà, c'est sous sa direction qu'une réunion du Conseil de Défense a décidé lundi de créer une nouvelle "force spéciale anti-terroriste", faisant redouter une aggravation de la répression des opposants.

Pour dire "Non aux tueries de manifestants pacifiques", comme l'affirment leurs pancartes, ils étaient mardi des centaines à bloquer des routes avec des barricades de fortune à Khartoum et dans ses banlieues mais aussi à manifester à al-Damazine, dans le sud-est du pays, à el-Obeid, dans le sud, ou à Kassala, dans l'est, selon des témoins dans ces différentes provinces.

Dans le turbulent quartier de Bourri, dans l'est de la capitale, les forces de sécurité tentent de briser les barricades avec des tirs de grenades lacrymogènes, sans pour autant empêcher les jeunes manifestants de revenir sur leurs barrages de branchages et de pierres.

"On manifeste pacifiquement mais les militaires nous répondent avec des balles, donc il faut que tous les Soudanais et que tous les révolutionnaires montent des barricades", affirme à l'AFP l'un d'eux, Tareq Hassan. "Il faut entrer en désobéissance civile jusqu'à ce que les putschistes tombent".

« Justice », « massacre »

Tous n'ont qu'un mot d'ordre: "justice" pour les victimes de ce qu'ils appellent le "massacre du 17 janvier".

Les sept morts de lundi ont également poussé l'Université de Khartoum, la plus grande du pays, et l'Université soudanaise des Sciences et technologies à annoncer l'interruption de tous les cours, examens et activités pendant deux jours pour observer le deuil et la désobéissance civile "au putsch des traîtres".

Le 21 novembre, le Premier ministre civil, Abdallah Hamdok, avait accepté de coopérer avec les généraux, pour "faire cesser l'effusion de sang". Il a finalement jeté l'éponge début janvier, alors que des manifestants continuaient d'être tués dans les rues.

Aujourd'hui, dans un pays sans Parlement ni gouvernement ni aucune institution élue, c'est la communauté internationale qui tente de remettre la transition vers la démocratie sur les rails.

Le groupe des "Amis du Soudan" -- les Américains, les Européens, les institutions financières mondiales et les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite -- discute mardi de la récente initiative de dialogue de l'ONU. 

Son émissaire à Khartoum, Volker Perthes, s'est déjà dit "très inquiet des violences" de lundi. "Le soutien au processus politique doit aller de pair avec un soutien actif à la fin des violences", a-t-il plaidé sur Twitter.

Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a lui estimé qu"'en recourant à une force disproportionnée et en continuant à emprisonner militants et journalistes, le pouvoir militaire montre qu'il n'est pas prêt à trouver une solution négociée et pacifique".

 


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.


Analyse : Que signifie « Rahm Emanuel 2.0 » pour le Moyen-Orient ?

Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
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  • L’ancien maire de Chicago a dévoilé une nouvelle vision de la paix au Moyen-Orient alors que les spéculations sur une candidature à la Maison-Blanche en 2028 s’intensifient
  • Autrefois connu comme un soutien indéfectible à Israël, Emanuel affirme désormais que les États-Unis doivent utiliser leur influence pour relancer la diplomatie

CHICAGO : En politique moyen-orientale, la paix ne se construit pas entre amis, mais entre ennemis. Cela signifie que les adversaires les plus acharnés ont parfois davantage de chances de parvenir à un accord que ceux qui se présentent comme des alliés.

Cette réalité a façonné certaines des avancées les plus importantes de la région, du traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993, en passant par l’accord de paix entre la Jordanie et Israël en 1994.

Chacun de ces accords était imparfait, chacun a laissé la question centrale palestinienne sans réponse, mais tous reflétaient une même vérité difficile : les progrès n’ont généralement été possibles que lorsque les adversaires ont accepté de s’asseoir à la même table. 

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Une colonne de fumée s’élève après une frappe israélienne contre une zone industrielle de Gaza City. (AFP)

Aujourd’hui, Rahm Emanuel — fin stratège politique, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et ancien maire de Chicago, ainsi que l’un des alliés américains d’Israël les plus connus — apparaît comme une voix qui estime que le cycle de l’hostilité peut être brisé.

Longtemps considéré comme un opposant farouche aux dirigeants palestiniens, Emanuel envisagerait une candidature présidentielle fondée en partie sur la promesse de restaurer l’influence américaine dans la région et de réengager les deux parties dans un véritable processus de paix.

Fort d’une carrière marquée par plusieurs succès politiques, Emanuel réfléchit à une candidature à la présidence en 2028 sous les couleurs du Parti démocrate, se présentant comme une personnalité capable d’aider Israéliens et Palestiniens à revenir à la table des négociations.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.