Présidentielle: la majorité peine à dépasser l'unité de façade

«J'ai eu le sentiment qu'un certain nombre de règles posées, adoptées dans cette construction étaient remises en cause. Si c'est vrai, ça veut dire qu'il va falloir qu'on parle des règles», critique M. Philippe. (AFP)
«J'ai eu le sentiment qu'un certain nombre de règles posées, adoptées dans cette construction étaient remises en cause. Si c'est vrai, ça veut dire qu'il va falloir qu'on parle des règles», critique M. Philippe. (AFP)
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Publié le Mercredi 19 janvier 2022

Présidentielle: la majorité peine à dépasser l'unité de façade

  • Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune a rappelé que la majorité n'avait qu'un «seul leader», Emmanuel Macron
  • Cet épisode de tension, avant même la première réunion officielle de la structure, symbolise les difficultés à mettre en ordre de bataille une majorité

PARIS: Lancée en grande pompe fin novembre, la maison commune de la majorité peine à se matérialiser, engluée dans des désaccords internes, notamment sur le financement, et maintenue dans le flou par Emmanuel Macron sur les orientations de sa campagne présidentielle.


Sept semaines après, ils se sont enfin retrouvés autour de la table: les responsables d'Ensemble citoyens! ont déjeuné mardi au QG de La République en marche, une première depuis le grand raout inaugural de cette structure chapeautant les différents partis de la majorité.


"Une réunion sur les schémas d'organisation de la campagne", selon un participant, avec un absent de taille parmi la douzaine de convives: Edouard Philippe, dont le parti a d'ores et déjà suspendu sa participation. En cause, le refus opposé par le chef de l'Etat à la fusion Horizons avec l'autre parti de centre droit Agir, une manoeuvre perçue comme purement vexatoire par l'ancien Premier ministre, rappelant que les statuts d'Ensemble citoyens! permettent justement de tels rapprochements.


"J'ai eu le sentiment qu'un certain nombre de règles posées, adoptées dans cette construction étaient remises en cause. Si c'est vrai, ça veut dire qu'il va falloir qu'on parle des règles", critique M. Philippe.


Autre signe de ce climat frais, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune a estimé mardi qu'Edouard Philippe se mettait le "doigt dans l'oeil" en se projetant sur la présidentielle de 2027 et a rappelé que la majorité n'avait qu'un "seul leader", Emmanuel Macron.


Cet épisode de tension, avant même la première réunion officielle de la structure, symbolise les difficultés à mettre en ordre de bataille une majorité dont M. Macron ne se soucie qu'à la marge, déléguant la régulation à quelques lieutenants.


Malgré leur volonté affirmée d'intégrer davantage leur fonctionnement, un regain de crispation est ainsi apparu entre les deux navires amiraux, La République en marche et le MoDem, au sujet des financements de la campagne présidentielle.

«Illisibilité»
Selon des sources concordantes au sein de ces partis, la formation de François Bayrou conditionnerait sa participation pécuniaire à la signature préalable d'un accord sur les législatives. Des élections qui s'annoncent explosives, chacun cherchant à négocier le plus grand nombre de députés, ce qui conditionne le niveau de financement public perçu par chaque parti.


"Bayrou, c’est l’oncle Gripsou", ironise un marcheur historique, en rappelant que les pourparlers sur les Européennes "avaient déjà été une horreur" avec le MoDem. 


"S'ils arrivent à faire payer un centime au Modem, je vous paye à déjeuner. Ces gens-là n'ont jamais rien déboursé", s'esclaffe encore un autre ponte de la majorité.


Plus consensuel, le député LREM Laurent Saint-Martin, qui sera trésorier de la campagne Macron, observe que "LREM a la structure pour financer cette campagne et la puissance pour lever des fonds mais il est naturel que chacun participe à la hauteur de ses moyens".


Dans ce contexte, les fondations d'Ensemble citoyens! se posent laborieusement. Pour l'heure, les statuts de l'association n'ont même pas été déposés en préfecture, indique une source à LREM, et "on n'a pas encore de réunion de calée sur les instances".


"On a quand même mis en place toutes nos organisations départementales ce week-end", tempère un cadre du MoDem, observant qu'"en fait, ça avance sur le terrain, mais pas au niveau des chefs à plumes".


A leur décharge, M. Macron, pas encore officiellement candidat à sa succession, s'évertue à entretenir l'incertitude sur son organisation de campagne. Et plusieurs strates d'initatives se superposent parfois, entre les "comités de soutien" lancés localement par le ministre Sébastien Lecornu, la fédération d'élus pilotée par l'ancien ministre Stéphane Travert ou encore les recherches de parrainages, un temps confiée aux parlementaires mais aussi creusées par l'ex-conseiller politique de M. Macron, Jérôme Peyrat.


"Il y a une illisibilité des donneurs d’ordre. C’est le bordel institutionnalisé", résume un marcheur qui prédit que "ce sera essentiellement une campagne de collaborateurs et pas de politiques qui sont vus comme des emmerdeurs".


Les politiques "seront encore moins importantes qu'en 2017 où il fallait leur dire bonjour et merci" alors que M. Macron se cherchait encore des soutiens, abonde un proche du président.


Popularité: Macron stable en mai, débuts mitigés pour Borne

Le président français Emmanuel Macron préside le premier conseil des ministres depuis sa réélection et le remaniement du gouvernement, le 23 mai 2022 à Paris (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron préside le premier conseil des ministres depuis sa réélection et le remaniement du gouvernement, le 23 mai 2022 à Paris (Photo, AFP).
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  • Un mois après sa réélection, pas d'effet booster donc pour le chef de l'Etat
  • La nouvelle cheffe du gouvernement fait davantage le plein chez les femmes

PARIS: La cote de popularité d'Emmanuel Macron est stable en mai, avec 41% d'opinions favorables, contre 45% à la nouvelle Première ministre Elisabeth Borne, qui bénéficie d'un crédit moins élevé que ses prédécesseurs pour ses débuts à Matignon, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche.

Un mois après sa réélection, pas d'effet booster donc pour le chef de l'Etat, dont l'action est jugée insatisfaisante par 58% des sondés (1% ne se prononcent pas). Ce niveau est d'ailleurs dans la moyenne des deux dernières années, avec un pic à 43% d'opinions favorables en mars 2020, au début de la crise du Covid.

M. Macron est légèrement devancé par Mme Borne, avec 45% des personnes interrogées se disant contentes de son action, et 43% mécontentes, 12% ne se prononçant pas.

La nouvelle cheffe du gouvernement fait davantage le plein chez les femmes (47%) que les hommes (43%), et obtient ses meilleurs scores chez les retraités (56%) et les plus de 65 ans (60%).

Mais elle part avec un matelas bien moins épais que la plupart de ses prédécesseurs selon ce baromètre mensuel.

Jean Castex avait fait ainsi ses premiers pas à Matignon en juillet 2020 avec 55% de jugements positifs, comme Edouard Philippe en mai 2017.

Manuel Valls (58%), Jean-Marc Ayrault (65%) et François Fillon (62%) bénéficiaient eux aussi de plus de vent dans le dos.

Il faut remonter à Dominique de Villepin, nommé Premier ministre de Jacques Chirac en juin 2005, pour trouver un capital de départ similaire (44%).

Enquête réalisée en ligne et par téléphone du 17 au 25 mai auprès de 1.946 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1 à 2,3 points. 


C1: finale de rêve Liverpool-Real Madrid, fête et pagaille au Stade de France

Des supporters ont tenté de forcer le premier filtrage installé aux abords du Stade de France avant la finale de la Ligue des champions Liverpool-Real Madrid, samedi à Saint-Denis. (AFP)
Des supporters ont tenté de forcer le premier filtrage installé aux abords du Stade de France avant la finale de la Ligue des champions Liverpool-Real Madrid, samedi à Saint-Denis. (AFP)
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  • Le premier cordon installé autour du stade a fait l'objet d'une «tentative de pénétration», a indiqué la PP
  • Certains supporters de Liverpool commençaient à s'impatienter et à s'agacer contre les organisateurs face au temps d'attente

SAINT-DENIS: La fête retardée: des problèmes de sécurité liés à l'accès des supporters au Stade de France ont retardé d'au moins trente minutes le coup d'envoi de la finale de rêve de la Ligue des champions entre Liverpool et le Real Madrid, samedi (21h30).


L'annonce du speaker a refroidi la belle ambiance qui commençait à monter dans l'enceinte dyonisienne, clairsemée, après l'emblématique "You'll never walk alone" repris par le virage de fans anglais.


La pagaille en dehors du stade, où des personnes qui s'impatientaient ont essayé de forcer un premier filtrage policier, a provoqué le décalage d'au moins une demi-heure du début du match.


«L'union de la gauche» sera «la principale force d'opposition», prédit Zemmour

Eric Zemmour pose pour des photos après avoir visité un marché en plein air alors qu'il faisait campagne dans la 4e circonscription du département du Var, au Luc, dans le sud-est de la France, le 27 mai 2022, avant les 12 et 19 juin élections législatives en France. (AFP)
Eric Zemmour pose pour des photos après avoir visité un marché en plein air alors qu'il faisait campagne dans la 4e circonscription du département du Var, au Luc, dans le sud-est de la France, le 27 mai 2022, avant les 12 et 19 juin élections législatives en France. (AFP)
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  • Zemmour regrette que son mouvement Reconquête! soit désormais «l'adversaire privilégié» du RN
  • Pour soutenir la candidature de Stanislas Rigault, l'ancien journaliste a semblé acter par avance de mauvais résultats pour la droite aux législatives des 12 et 19 juin, en raison de la division du «bloc national»

CAVAILLON: "L'union de la gauche autour de Jean-Luc Mélenchon et de l'islamo-gauchisme va dépasser allègrement les 100 députés et sera évidemment la principale force d'opposition au macronisme", a pronostiqué samedi Eric Zemmour, en regrettant que son mouvement Reconquête! soit désormais "l'adversaire privilégié" du RN.


En déplacement à Cheval-Blanc, près de Cavaillon (Vaucluse), pour soutenir la candidature de Stanislas Rigault, l'ancien journaliste a semblé acter par avance de mauvais résultats pour la droite aux législatives des 12 et 19 juin, en raison de la division du "bloc national".


"C'est évident, c'est sûr, c'est déjà réglé, et évidemment le choix fait par Marine Le Pen en particulier, et aussi les dirigeants de LR, est qu'ils arriveront eux-mêmes avec des petits groupes, mais apparemment ils s'en satisfont", a accusé le président de Reconquête!, lors d'une conférence de presse improvisée, après avoir pris la parole devant quelque 400 personnes, dans le jardin d'un mas.


Eric Zemmour était venu apporter son soutien à Stanislas Rigault, le président de Génération Z, le mouvement des jeunes de Reconquête!, qui se présente dans la deuxième circonscription du Vaucluse.


"Moi j'ai voulu rassembler, comme l'a fait Jean-Luc Mélenchon à gauche, comme l'a très bien réussi Jean-Luc Mélenchon, mais manifestement ni Marine Le Pen ni les dirigeants de LR n'ont voulu ou su en faire autant": "Donc voilà, nous partons divisés", a regretté M. Zemmour.


"Et nous aurons en vérité deux gauches, la gauche d'Emmanuel Macron, qui est au pouvoir, et la gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui sera la principale opposition, et le reste n'existera pas", a-t-il conclu.


Commentant la visite récente de Jordan Bardella, le président par intérim du Rassemblement national, dans le Var, là où lui-même est candidat, et sa visite annoncée dans le Vaucluse le 4 juin, M. Zemmour a constaté que Reconquête! était devenu "l'adversaire privilégié" du RN.


"C'est absolument lamentable de sa part. (...) Mais au moins les choses sont claires. Il pourrait aller se battre contre des candidats de Mélenchon ou des candidats d'Emmanuel Macron, mais non, il vient cibler les meilleurs, les candidats les plus connus de Reconquête!, j'y vois une stratégie délibérée du RN", a-t-il accusé.


Jeudi, c'est Mme Le Pen qui avait accusé le leader de Reconquête! d'être responsable des éventuels mauvais résultats de son parti aux législatives: "Si dans un certain nombre de circonscriptions, nous n'arrivons pas en tête, ce sera également le fait (des) candidats (de Reconquête!), alors qu'ils savent pertinemment qu'ils n'auront pas d'élus", avait-elle affirmé lors d'un déplacement en Seine-Maritime.