Afghanistan: les talibans appellent les pays musulmans à reconnaître leur gouvernement

Photo prise le 19 janvier 2022 des talibans afghans, montrant des responsables talibans écoutant le discours du Premier ministre taliban Mohammad Hassan Akhund sur l'ancienne place présidentielle de Kaboul. (Photo, AFP)
Photo prise le 19 janvier 2022 des talibans afghans, montrant des responsables talibans écoutant le discours du Premier ministre taliban Mohammad Hassan Akhund sur l'ancienne place présidentielle de Kaboul. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 19 janvier 2022

Afghanistan: les talibans appellent les pays musulmans à reconnaître leur gouvernement

  • Face aux craintes qu'un éventuel retour de l'aide internationale, qui finançait près de 80% du budget afghan, ne profite aux talibans, le Premier ministre a tenu à distinguer son gouvernement du peuple afghan
  • Aucun pays n'a pour l'instant reconnu le gouvernement formé par les talibans

KABOUL : Les talibans ont appelé mercredi les pays musulmans à devenir les premiers à reconnaître officiellement leur gouvernement, dans l'espoir de permettre un retour de l'aide internationale indispensable pour endiguer la crise humanitaire qui frappe l'Afghanistan.

"J'appelle les pays musulmans à se montrer précurseurs et à nous reconnaître officiellement. J'espère que nous serons ensuite capables de nous développer rapidement", a déclaré Mohammad Hassan Akhund lors d'une conférence de presse concernant la crise économique majeure qui frappe le pays depuis l'arrivée au pouvoir des talibans en août et l'arrêt de l'aide internationale au pays.

Face aux craintes qu'un éventuel retour de l'aide internationale, qui finançait près de 80% du budget afghan, ne profite aux talibans, le Premier ministre a tenu à distinguer son gouvernement du peuple afghan.

"Nous (le gouvernement) ne voulons de l'aide de personne. Nous n'en voulons pas pour les responsables. Nous en avons besoin pour notre population", a-t-il expliqué, en estimant que les talibans avaient "rempli" les conditions pour être reconnus, en ramenant la paix et la sécurité dans le pays.

Aucun pays n'a pour l'instant reconnu le gouvernement formé par les talibans. La communauté internationale reste dans l'expectative et attend de voir comment ces fondamentalistes islamistes comptent gouverner l'Afghanistan, après avoir largement piétiné les droits de l'homme lors de leur premier passage au pouvoir entre 1996 et 2001.

Si les talibans ont promis de suivre une ligne moins dure que lors de leur précédent règne, les femmes restent largement exclues des emplois publics et les écoles secondaires pour filles restent pour la plupart fermées.

Chômage et famine

La situation humanitaire en Afghanistan a pris un tour dramatique depuis le retour au pouvoir des talibans, confrontés à des caisses quasiment vides après leur conquête éclair du pays. L'aide internationale s'est soudainement arrêtée, et les Etats-Unis ont également gelé 9,5 milliards de dollars d'avoirs de la Banque centrale afghane.

De nombreux fonctionnaires n'ont reçu aucun salaire depuis des mois et le chômage a explosé.

Plus d'un demi-million d'Afghans ont perdu leur emploi lors du troisième trimestre 2021, selon une estimation de l'Organisation internationale du travail (OIT) publiée mercredi. Les femmes sont particulièrement touchées: leur taux d'emploi a chuté de 16% sur cette période.

La famine menace aujourd'hui 23 millions d'Afghans, soit 55% de la population, selon l'ONU, qui a besoin de 4,4 milliards de dollars des pays donateurs cette année afin de faire face à la crise humanitaire dans le pays.

L'appel à l'aide des Nations Unies a pour l'instant été peu suivi. Les diplomaties de monde entier sont encore à la recherche de moyens pour acheminer l'aide vers l'économie afghane sinistrée sans soutenir le gouvernement, qui comprend de nombreux membres visés par des sanctions internationales.

Sur un marché de Kaboul, Mohammad Moktar Naseri espère que la position de la communauté internationale va évoluer. Cet ancien policier de 24 ans a perdu son emploi depuis l'arrivée au pouvoir des talibans et est désormais forcé de vendre des légumes.

«Arrêter les sanctions»

"Les affaires vont mal, nous n'avons pas beaucoup de clients", confie-t-il à l'AFP.

"Notre situation dépend toujours des Américains", estime-t-il. "Cela s'arrangera uniquement s'ils décident d'arrêter les sanctions".

En décembre, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution qui facilite pendant un an l'aide humanitaire à l'Afghanistan, une décision présentée comme "un bon pas" par les talibans.

Le mois dernier, les pays de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) ont refusé de reconnaître le nouveau gouvernement taliban, exclusivement masculin et composé presque uniquement de membres de l'ethnie pachtoune.

L'OCI a également appelé "les autorités afghanes à poursuivre le travail en faveur d'une plus grande inclusivité", notamment en développant "un plan pour renforcer la participation de tous les Afghans, dont les femmes et jeunes filles, dans tous les aspects de la société".

L'organisation a toutefois promis de travailler avec l'ONU pour débloquer des centaines de millions de dollars d'avoirs afghans et mettre en place un fonds de donations pour pallier la crise humanitaire.

Le Pakistan, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis étaient les trois seuls pays à avoir reconnu le précédent régime taliban.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.