Biden envisage de réintégrer les Houthis dans la liste des organisations terroristes

Biden s'est concentré sur ses efforts domestiques et la lutte contre la Covid-19, mais il a également abordé des questions de politique étrangère. (Photo, AFP)
Biden s'est concentré sur ses efforts domestiques et la lutte contre la Covid-19, mais il a également abordé des questions de politique étrangère. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 21 janvier 2022

Biden envisage de réintégrer les Houthis dans la liste des organisations terroristes

  • Le président américain fait face à des critiques pour son incapacité à lutter contre la violence terroriste, disant que ce n'est «pas le moment d'abandonner» les pourparlers nucléaires avec l'Iran
  • Lenderking abordera «le besoin urgent d'atténuer les graves crises humanitaires et économiques auxquelles les Yéménites sont confrontés»

CHICAGO: Le président américain Joe Biden a déclaré mercredi qu'il envisageait de redésigner la milice houthie du Yémen comme organisation terroriste internationale, quelques jours après que le groupe soutenu par l'Iran a tué trois personnes lors d'une frappe de drone aux Émirats arabes unis.

Marquant sa première année complète au pouvoir avec une conférence de presse de deux heures, Biden s'est concentré sur ses efforts nationaux et sur la lutte contre la Covid-19, mais a également abordé des questions de politique étrangère, notamment la menace d’une invasion russe de l'Ukraine, et a aussi répondu à des questions sur l'Iran et le Yémen.

Quelques semaines après son entrée en fonction en 2021, Biden a officiellement retiré la milice houthie de la liste américaine des «organisations terroristes étrangères», une désignation mise en place par son prédécesseur, Donald Trump.

Le dirigeant américain a de plus œuvré pour ramener l'Iran à la table des négociations sur son programme d'armes nucléaires.

Lorsqu'on lui a demandé s'il désignera de nouveau les Houthis comme un groupe terroriste, Biden a répondu: «C'est à l'étude».

Les rebelles houthis ont revendiqué une frappe transfrontalière de drones lundi qui a tué trois travailleurs migrants aux Émirats arabes unis.

L'envoyé spécial de Biden au Yémen, Tim Lenderking, a été envoyé mercredi dans le Golfe et à Londres «dans le but de redynamiser les efforts de paix en coordination avec l'ONU, les hauts responsables des gouvernements régionaux et d'autres partenaires internationaux», selon un communiqué du porte-parole du département d'État américain, Ned Price.

«L'envoyé spécial et son équipe feront pression sur les parties pour qu’elles désamorcent le conflit militairement et participeront pleinement à un processus de paix inclusif dirigé par l'ONU», a révélé Price.

Lenderking abordera en outre «le besoin urgent d'atténuer les graves crises humanitaires et économiques auxquelles les Yéménites sont confrontés».

Price a mentionné des données de l'ONU publiées la semaine dernière qui montrent que 16 millions de personnes au Yémen ont besoin d'une aide d'un montant total d'environ 3,9 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,88 euro).

«Il est impératif que les donateurs, en particulier les donateurs régionaux, fournissent des fonds supplémentaires, et que toutes les parties au conflit prennent des mesures pour améliorer l'accès humanitaire et résoudre la crise du carburant au Yémen», a avisé l'ONU.

Biden a également été interrogé s'il faisait des progrès avec l'Iran dans ses efforts pour forcer le régime à adhérer au plan d'action global conjoint (JCPOA) de 2015, ou accord nucléaire.

«Ce n'est pas le moment de baisser les bras. Il y a des progrès à faire», a-t-il répondu.

Cependant, la longue conférence de presse visait clairement à mettre en évidence les réalisations de Biden depuis qu'il a prêté serment en tant que président il y a un an, le 20 janvier 2021.

L'analyste politique Dalia al-Aqidi a déclaré que la conférence de presse de Biden ressemblait davantage à un discours de campagne et semblait avoir été orchestrée pour lui permettre d'aborder ses points de discussion politiques, alors que les démocrates et les républicains se préparent à une bataille électorale de mi-mandat pour le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat cette année.

«Fondamentalement, nous venons de voir la première ébauche de son discours de campagne présidentielle, et je m'attends à ce que l'Amérique entende le même discours encore et encore, alors que le pays souffre d'une économie au point mort et d'une inflation colossale», a déclaré Al-Aqidi, chargée de recherche au Center for Security Policy (Centre de politique de sécurité).

Elle a critiqué l'incapacité de Biden à lutter contre la violence terroriste qui a refait surface à Colleyville, au Texas, cette semaine, lorsque quatre membres d'une synagogue ont été pris en otage jusqu'à ce que le tireur soit tué par la police.

Le président américain a confirmé qu'il comptait se représenter aux élections et qu’il gardera Kamala Harris comme colistière à la vice-présidence. Il a également défendu son rôle dans le retrait soudain des États-Unis d'Afghanistan.

Biden a d'abord répondu aux questions de 11 journalistes, inscrits sur une liste qu'il tenait sur le podium. Les questions portaient sur l'économie, la montée des tensions avec la Russie au sujet de l'Ukraine et la polarisation croissante aux États-Unis. Il a reconnu la nécessité de sortir de la Maison Blanche et de «parler directement» au peuple américain.

À mi-chemin de la conférence de presse, Biden a accepté les questions d'autres journalistes qui ont parfois ouvertement critiqué sa performance.

Biden a insisté sur le fait qu'il avait fait des progrès considérables afin d’alléger le fardeau économique causé par la pandémie mondiale, notamment en créant 6 millions d'emplois, en réduisant le chômage à 3,9% et en faisant vacciner 210 millions d'Américains.

Le président américain a encore affirmé qu'il s'efforçait de rassembler le pays en imputant l'échec à combler le fossé croissant de la nation sur Trump, évoquant des discussions privées qu'il a eues avec plusieurs sénateurs républicains qui montrent leur crainte que Trump ne compromette leur réélection s'ils soutiennent le programme de Biden.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Liban: le chef de l'ONU exhorte Israël et le Hezbollah à "arrêter la guerre"

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation au Moyen-Orient au siège de l’ONU à New York, le 28 février 2026.
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation au Moyen-Orient au siège de l’ONU à New York, le 28 février 2026.
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  • Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé Israël et le Hezbollah à conclure un cessez-le-feu pour mettre fin à la guerre au Liban
  • Le conflit, déclenché après des tirs de missiles du Hezbollah contre Israël le 2 mars, a fait plus de 687 morts et déplacé plus de 800.000 personnes selon les autorités libanaises

BEYROUTH: Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres,  a exhorté vendredi Israël et le Hezbollah pro-iranien à "arrêter la guerre" au Liban, où l'armée israélienne intensifie ses frappes.

"J'appelle avec force les deux parties, le Hezbollah et Israël, à (conclure) un cessez-le-feu afin d'arrêter la guerre", a-t-il déclaré lors d'une visite à Beyrouth, avant d'ajouter: "l'heure n'est pas aux groupes armés, l'heure est aux Etats forts".

"J'espère sincèrement que lors de ma prochaine visite (...) je pourrai voir un Liban en paix. Je pourrai visiter un Liban où l'État détient le monopole de la force et où l'intégrité territoriale est pleinement rétablie et respectée", a ajouté M. Guterres, juste avant une rencontre avec le président libanais Joseph Aoun.

"Je sais que les Libanais souffrent énormément", a-t-il dit, alors que la guerre au Liban a fait plus de 687 morts et plus de 800.000 déplacés depuis le 2 mars, selon le ministère libanais de la Santé.

"Malheureusement, le Liban a été entraîné dans une guerre que son peuple n'a jamais voulue", a-t-il déploré.

Le Liban a aspiré dans la conflit lorsque le mouvement chiite libanais a lancé des missiles sur Israël le 2 mars, disant vouloir venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran,  provoquant des représailles israéliennes massives.


Nouvelles frappes sur le Liban, Israël menace de «prendre des territoires»

Des frappes israéliennes ont de nouveau visé jeudi le Liban, dont le coeur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires". (AFP)
Des frappes israéliennes ont de nouveau visé jeudi le Liban, dont le coeur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires". (AFP)
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  • Les explosions ont généré la panique et une épaisse colonne de fumée noire s'est dégagée en journée d'un immeuble du quartier de Bachoura, situé à proximité d'un des principaux centres d'affaires de la capitale, accueillant aussi des institutions
  • L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth", peu après un avertissement inédit à évacuer un quartier du centre-ville

BEYROUTH: Des frappes israéliennes ont de nouveau visé jeudi le Liban, dont le coeur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires".

La guerre a fait depuis le 2 mars plus de 687 morts, dont 98 enfants, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel.

Les explosions ont généré la panique et une épaisse colonne de fumée noire s'est dégagée en journée d'un immeuble du quartier de Bachoura, situé à proximité d'un des principaux centres d'affaires de la capitale, accueillant aussi des institutions.

L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth", peu après un avertissement inédit à évacuer un quartier du centre-ville. Selon elle, le groupe avait "caché des millions de dollars pour financer ses activités" sous le bâtiment visé.

Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de Beyrouth - et la première en plein jour - depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

Une cinquième frappe sur un quartier central a par ailleurs visé un bureau de la société financière Al-Qard al-Hassan, liée au Hezbollah, a constaté l'AFP.

"Nuit et jour" 

"C'est une guerre que nous n'avons pas voulue, au contraire, nous travaillons jour et nuit pour l'arrêter", a déclaré jeudi à la télévision le Premier ministre Nawaf Salam.

Son homologue israélien, Benjamin Netanyahu, a averti en soirée qu'il serait préférable que le gouvernement libanais s'occupe lui-même du Hezbollah.

"S'ils ne le font pas, nous le ferons (...) mais le Hezbollah paiera le prix fort et ça serait mieux que le gouvernement libanais s'en charge", a-t-il déclaré.

Un peu plus tôt, le ministre israélien de la Défense Israël Katz avait déclaré avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations.

"J'ai averti le président libanais que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire et à empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du nord et de tirer sur Israël, nous prendrons des territoires et le ferons nous-mêmes", a-t-il dit.

Selon Israël, le groupe chiite a mené mercredi soir une attaque coordonnée avec l'Iran, lançant quelque "200 roquettes et environ 20 drones", combinés à des missiles balistiques tirés par Téhéran.

Le Hezbollah a également revendiqué jeudi des tirs de missiles sur les systèmes de défense antiaérienne dans la région de Césarée (centre d'Israël), où le Premier ministre Netanyahu a une résidence.

"Sans précédent" 

Dans le sud du Liban, neuf personnes dont cinq enfants ont été tuées dans le village d'Irkey, près de Saïda, dans une frappe israélienne sur des habitations où vivaient deux familles, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

A Beyrouth, des frappes israéliennes ont fait 12 morts et 28 blessés à l'aube sur le front de mer de Ramlet al-Bayda où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah, selon un dernier bilan officiel.

"Nous avons soudain entendu le fracas d'une explosion", a raconté Aseel Habbaj, une femme portant son bébé, qui dormait dans une tente avec sa famille. Elle dit avoir "vu des gens tués étendus par terre".

Des frappes ont également visé Aramoun, un quartier résidentiel au sud de Beyrouth, hors des bastions du Hezbollah, faisant cinq morts et cinq blessé, selon les autorités.

Et deux enseignants ont été tués sur un campus de l'Université publique libanaise en lisière de la banlieue sud, selon l'Ani.

L'armée israélienne continue de pilonner quasi quotidiennement la banlieue sud de Beyrouth, fief du groupe chiite - elle y a fait trois nouvelles frappes dans la soirée, a constaté l'AFP.

Immeubles en ruines, certains encore en feu, gravats jonchant les rues: un photographe de l'AFP a été témoin d'un spectacle de désolation dans la banlieue déserte.

Israël a dit avoir visé des postes du commandement du Hezbollah, comme dans le sud du pays.

Alors que toutes les issues diplomatiques semblent bloquées, Israël a massé des troupes à la frontière et son armée s'est avancée dans plusieurs villages frontaliers.

L'armée israélienne a étendu son appel à évacuer côté libanais, demandant aux habitants de se déplacer au-delà d'un fleuve à environ 40 kilomètres de la frontière.

"Le déplacement massif de population que nous constatons ici (au Liban, ndlr) est sans précédent" avec 800.000 déplacés recensés en une semaine, a déclaré à l'AFP Carl Skau, le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM).

 


Dubaï: un immeuble frappé par un débris de projectile (bureau des médias)

La ligne d’horizon de Dubaï, le 11 mars 2026. Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont intercepté plus de 1 500 drones iraniens et près de 300 missiles. (AFP)
La ligne d’horizon de Dubaï, le 11 mars 2026. Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont intercepté plus de 1 500 drones iraniens et près de 300 missiles. (AFP)
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  • Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont intercepté plus de 1 500 drones et près de 300 missiles iraniens

DUBAI: Un bâtiment du centre de Dubaï a été touché par des débris provenant d’une attaque interceptée, a annoncé vendredi le bureau des médias du gouvernement, après que des explosions ont ébranlé la place financière du Moyen-Orient.

Un bâtiment avait été touché a confirmé le bureau des médias de Dubaï. Les défenses aériennes des Emirats arabes unis ont intercepté plus de 1.500 drones iraniens et près de 300 missiles depuis le début de la guerre dans la région.

"Les autorités ont confirmé que des débris provenant d’une interception réussie ont provoqué un léger incident sur la façade d’un bâtiment dans le centre de Dubaï", a indiqué le bureau des médias sur X, en ajoutant qu’aucun blessé n’avait été signalé.

Un correspondant de l'AFP a indiqué avoir senti son immeuble trembler et avoir entendu une importante explosion. Un épais nuage de fumée était visible vendredi matin dans l'émirat.

Le dernier incident survient après la chute d’un drone près du quartier financier de Dubaï jeudi. L’Iran avait menacé de frapper des institutions économiques, poussant certaines entreprises à évacuer leur personnel de la zone.

Les Emirats arabes unis, riches en pétrole, ainsi que d’autres pays aisés du Golfe sont sous les tirs incessants de l’Iran depuis le début de la guerre, le 28 février.

L’aéroport de Dubaï, l’un des plus grands au monde, a été visé à plusieurs reprises, tout comme son port et son parc immobilier de luxe, notamment la Palm Jumeirah et l’hôtel Burj Al Arab.