Frankly Speaking : L'Arabie saoudite peut être « le premier exportateur de pétrole et lutter contre le changement climatique »

Dr Osama Faqeeha, vice-ministre de l'environnement, de l'eau et de l'agriculture, sur Frankly Speaking. (Capture d'écran)
Dr Osama Faqeeha, vice-ministre de l'environnement, de l'eau et de l'agriculture, sur Frankly Speaking. (Capture d'écran)
Short Url
Publié le Lundi 24 janvier 2022

Frankly Speaking : L'Arabie saoudite peut être « le premier exportateur de pétrole et lutter contre le changement climatique »

Dr Osama Faqeeha, vice-ministre de l'environnement, de l'eau et de l'agriculture, sur Frankly Speaking. (Capture d'écran)
  • Le problème ne réside pas dans les hydrocarbures mais dans les émissions, a déclaré le responsable de la politique environnementale du Royaume
  • Les mesures visant à inverser la dégradation des terres ont été une réalisation majeure du sommet du G20 sous la présidence saoudienne en 2020

DUBAÏ: L'Arabie saoudite peut conserver son rôle de premier exportateur de pétrole au monde tout en poursuivant une stratégie ambitieuse pour atténuer les effets du changement climatique, a déclaré l'un des principaux décideurs de la politique environnementale du Royaume à Arab News

Le Dr Osama Faqeeha, vice-ministre de l'environnement, de l'eau et de l'agriculture, a déclaré que l'enjeu pour le Royaume et pour le monde était de faire face aux émissions polluantes de la production d'hydrocarbures, tout en explorant d'autres usages des produits pétroliers et des alternatives renouvelables. 

« Nous voyons que le problème n’est pas dans les hydrocarbures mais dans les émissions », a-t-il indiqué, soulignant que « les produits pétrochimiques, le plastique, les fournitures médicales, les vêtements ainsi que d’autres objets sont fabriqués à partir d'hydrocarbures; les émissions constituent le problème, à savoir les émissions de CO2. » 

Faqeeha, qui est étroitement impliqué dans la mise en œuvre des mesures de la « Saudi Green Initiative » dévoilées l'an dernier, est apparu sur Frankly Speaking, la série d'entretiens vidéo avec des décideurs politiques et des hommes d'affaires de premier plan. 

Il a également évoqué le plan ambitieux de plantation de 10 milliards d'arbres dans le Royaume, la campagne de protection de son écosystème environnemental et de sa biodiversité, et les efforts en cours pour améliorer la qualité de l'air dans la capitale Riyad et dans d'autres grandes villes. 

Faqeeha a souligné que la campagne environnementale lancée dans le cadre de la SGI fait partie d'une stratégie globale pour relever les défis du changement et du réchauffement climatiques. 

« Dans ce contexte, l'Arabie saoudite s’est lancée dans l’économie circulaire du carbone, une démarche qui consiste vraiment à traiter le CO2 comme n'importe quel autre déchet, en le prenant et en le recyclant de différentes manières. 

« Nous devons réaliser qu'il n'y a pas d'approche unique qui puisse à elle seule relever le défi du changement climatique mondial. 

« Nous avons besoin d'énergies renouvelables, nous avons besoin de l'économie circulaire du carbone, nous avons besoin de recyclage, nous devons arrêter cette déforestation, préserver les habitats, réduire les plastiques marins. Nous devons nous concentrer sur tout cela », a-t-il déclaré. 

Le projet de planter 10 milliards d'arbres en Arabie saoudite au cours des prochaines décennies est une particularité frappante de la SGI, reconnue comme un défi compte tenu du climat désertique aride du Royaume et du niveau relativement faible des précipitations. 

 « Il s'agit certainement d'un objectif ambitieux très stimulant. Comme Son Altesse Royale le Prince héritier (Mohammed bin Salman) l'a annoncé, l'échéancier s'étalera sur les prochaines décennies. Nous visons vraiment la pérennité de l’environnement. Nous avons l'intention d'atteindre cet objectif en tenant dûment compte de cette pérennité.  

« Pour y parvenir, nous nous concentrerons tout d'abord sur l'utilisation des espèces végétales indigènes du Royaume. Croyez-le ou non, il existe plus de 2 000 espèces de flore documentées dans le Royaume qui se sont adaptées au climat sec et aride de l'Arabie saoudite. 

« Ces plantes ont donc vraiment prospéré dans cet environnement et s'y sont (pleinement) adaptées », a-t-il déclaré. 

Le programme de forestation — déjà en cours — se concentrera sur quatre domaines principaux : la restauration de la flore naturelle dans les montagnes et les vallées; un programme de « verdissement urbain » pour les grandes villes; la plantation dans les zones agricoles pour soutenir la production alimentaire et les communautés rurales; et la plantation d'arbres le long des principales autoroutes pour contrer l'avancée du sable et améliorer l'expérience des voyageurs. 

Des sources d'eau renouvelables seront également utilisées dans le programme de plantation d'arbres pour éviter de mettre en danger les précieuses eaux souterraines. Les eaux usées traitées et la collecte des pluies faisaient partie des techniques validées par les décideurs en matière de politique environnementale, ainsi qu'une plus grande utilisation des ressources maritimes. 

« L'Arabie saoudite possède des milliers de kilomètres de côtes sur le golfe Arabique et la mer Rouge. Il existe deux espèces de palétuviers indigènes qui poussent réellement dans l'eau de mer, nous avons donc l'intention de nous concentrer également sur ces espèces », a-t-il déclaré. 

La pratique traditionnelle qui consiste à couper du bois naturel pour faire des feux de camp a provoqué un débat dans le Royaume car elle est tenue pour responsable d'une partie de la désertification que la SGI s'est engagée à éliminer. 

« L'exploitation forestière illégale était un problème important. Les habitants ont une affinité pour les atouts locaux, ils aiment vraiment les pique-niques et les activités de plein air, ils aiment allumer les feux de bois et organiser des réunions de famille autour et ce sont des traditions locales que nous chérissons vraiment. Cependant, cela a coûté cher à la végétation locale. La nouvelle loi sur l'environnement a imposé des sanctions sévères sur l'exploitation forestière illégale. 

« D'autre part, nous avons beaucoup incité à importer des alternatives, comme le charbon et d'autres substituts au feu de bois, qui permettront essentiellement aux membres de la communauté de passer encore un bon moment sans nuire à la végétation », a-t-il déclaré.  

L'Organisation mondiale de la santé a critiqué l'Arabie saoudite et d'autres pays du Moyen-Orient pour leurs faibles normes de matière de qualité de l'air, mais Faqeeha a contesté quelques-unes des conclusions de l'OMS. 

« Je voudrais mettre en valeur une distinction entre la pollution de l'air et la qualité dégradée de l'air. Vous avez parfois une qualité dégradée de l'air et ce n’est pas parce qu'elle est polluée par les activités humaines. L'OMS utilise les matières particulaires comme principaux paramètres pour mesurer la qualité de l'air. 

« C'est un très bon paramètre pour (des endroits comme) l'Europe et les États-Unis, où la surface végétale est étendue, et où les matières particulaires proviennent principalement des centrales électriques, des usines et d’autres activités humaines. Nous appelons ces matières particulaires des particules anthropiques ou MP. 

« Ici en Arabie saoudite et dans la région dans son ensemble, les matières particulaires ont des causes naturelles, provenant principalement de tempêtes de poussière. Il est certain que la qualité de l'air se dégrade pendant les tempêtes de poussière - personne ne prétend qu'il est sain d'aller à l'extérieur et d'inhaler la tempête de poussière.  

C'est donc vraiment à cela qu'ils (l'OMS) font référence. C'est une qualité de l'air dégradée à cause des particules naturelles émanant des tempêtes de poussière », a-t-il déclaré. 

Le ministère travaille sur des mesures globales pour réduire les tempêtes de poussière et améliorer la qualité de l'air, a déclaré Faqeeha. 

Lors du sommet COP26 sur le changement climatique à Glasgow l'année dernière, certains experts ont averti que l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe souffriraient plus que d'autres parties du monde des effets du réchauffement climatique sur la santé, notamment de la chaleur extrême, des maladies et de la pollution de l'air. 

Faqeeha a reconnu qu'il s'agissait d'un problème auquel les décideurs étaient confrontés. « Indéniablement, le changement et le réchauffement climatiques sont un défi mondial majeur que nous prenons très au sérieux. Il existe très peu d’études permettant d’établir des perspectives en termes de température. (Les études) sont très rares.

« En fait, dans toute la région, nous n'avons pas de centre climatique pour les études sur le climat et c'est pourquoi le prince héritier a annoncé la création du Centre régional d'études sur le climat ici, qui sera défendu par le Centre national de météorologie en Arabie saoudite. Son travail consiste à vraiment faire des études nationales et régionales sur les perspectives à moyen et long terme du changement climatique », a-t-il déclaré. 

L'un des grands axes de la stratégie environnementale saoudienne, a-t-il ajouté, est la volonté d'inverser la tendance à la dégradation des terres et à la désertification, un contributeur majeur à la génération d'émissions de gaz à effet de serre polluants qui coûtent environ mille milliards de dollars dans le monde (881 milliards d’euros). 

« La dégradation des terres est le deuxième contributeur de gaz à effet de serre. En fait, la dégradation des terres est la cause d'environ plus de 50 % de la perte de biodiversité, ce qui représente une contribution importante. En outre, cela a un impact énorme sur les terres agricoles et la sécurité alimentaire », a déclaré Faqeeha. 

Les mesures visant à inverser la dégradation des terres ont été une réalisation majeure du sommet du G20 sous la présidence saoudienne en 2020. 

Faqeeha a également décrit la nouvelle stratégie du Royaume en matière de gestion des déchets, qu'il considère comme un domaine propice à la participation du secteur privé et aux investissements étrangers. 

 « La participation du secteur privé est un catalyseur important pour atteindre les objectifs de la stratégie environnementale nationale », a-t-il déclaré. 

« De nombreuses entreprises internationales arrivent et elles estiment que l'environnement réglementaire est désormais très propice à leur participation. » 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Short Url
  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.


Pétrole en repli, bourses d'Asie prudentes: le marché guette des signaux concrets d'apaisement au Moyen-Orient

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points. (AFP)
Short Url
  • Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février
  • Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens

TOKYO: Les prix du pétrole sont repartis à la baisse vendredi en Asie, dans des marchés guettant les signaux tangibles sur de potentielles négociations entre Etats-Unis et Iran, tandis que Tokyo et Séoul reprenaient leur souffle au lendemain d'une envolée.

Recul du pétrole, prudence sur le Moyen-Orient

Vers 06H30 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, référence du marché américain, reculait de 1,49% à 93,28 dollars.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, cédait 1,11% à 98,29 dollars.

Les cours de l'or noir ont effacé leurs gains de la veille, le marché restant dans l'attente de signaux concrets sur de potentielles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.

Certes, le président américain Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

Donald Trump a en outre annoncé un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT.

Mais le marché doit composer avec des signaux contradictoires: le ministre américain de la Défense a ainsi dit jeudi que les Etats-Unis bombarderont à nouveau l'Iran si Téhéran "fait le mauvais choix".

L'Iran a menacé de bloquer la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier. Et l'armée libanaise a accusé vendredi Israël d'avoir commis des "actes d'agression" et des bombardements en violation de la trêve.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a par ailleurs indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

"Pour l'heure, le fait qu'aucune nouvelle série de pourparlers n'ait été programmée n'a qu'un impact modéré sur les marchés financiers (...) et le prix du pétrole reste inférieur à 100 dollars le baril",constate Kathleen Brooks, analyste de XTB.

"Toutefois, tant que le détroit d'Ormuz ne sera pas pleinement opérationnel, le prix du pétrole continuera de s'échanger avec une prime substantielle", prévient-elle.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, passage stratégique où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée depuis fin février.

Washington impose par ailleurs depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

La monnaie américaine montait légèrement (+0,19%) à 159,47 yens pour un dollar, tandis que l'or se stabilisait à 4.789 dollars l'once.

"S'il existe effectivement une voie rapide et crédible vers une résolution, l'optimisme récent pourrait persister, confortant la perspective à moyen terme d'un affaiblissement du dollar", observe Lloyd Chan, de MUFG.

"En revanche, si la diplomatie échoue et que l'optimisme s'estompe, le dollar pourrait rester soutenu plus longtemps", portée par les tensions inflationnistes.

Les Bourses d'Asie soufflent

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en repli de 1,75% à 58.475,90 points, et l'indice élargi de 1,41% à 3.760,81 points.

A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,55%. La Bourse de Taipei a reculé de 0,88%, Sydney de 0,09%. L'indice hongkongais Hang Seng cédait 1,13% vers 06H30 GMT.

Guettant les signaux contradictoires au Moyen-Orient, les places asiatiques reprenaient leur souffle et faisaient une pause après avoir bondi la veille, le Nikkei s'élevant même à un sommet record en clôture.

"Compte tenu du nouveau record historique atteint par le Nikkei (jeudi), la prudence pourrait de nouveau s'imposer à ces niveaux élevés de valorisation", prévenaient les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.

TSMC trébuche, les investisseurs prudents

Le géant taïwanais TSMC, premier sous-traitant mondial de semi-conducteurs, a publié jeudi un bénéfice net record pour le premier trimestre 2026, porté par la course effrénée au développement de l'intelligence artificielle (IA).

Il a vu pourtant son titre chuter de 2,64% vendredi à la Bourse de Taipei.

Ce repli reflète des prises de bénéfices, mais aussi l'inquiétude des investisseurs quant à la forte dépendance du groupe vis-à-vis d'un petit nombre de clients géants spécialisés dans l'IA.

"Les investisseurs sont amenés à se demander si une part trop importante des résultats de l'entreprise ne repose pas sur la capacité d'un groupe restreint d'+hyperscalers+ et de concepteurs de puces IA à maintenir leurs dépenses au rythme actuel", note Charu Chanana, de Saxo Markets. "Ce marché est difficile à impressionner".

 


« Data Center Resource 360 » : Veolia face à l’empreinte écologique du numérique

Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
Lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres, un événement organisé par Veolia réunissant dirigeants et experts autour des enjeux liés à la transition écologique des infrastructures numériques. (Photo: fournie)
Short Url
  • Veolia lance « Data Center Resource 360 », une offre globale visant à rendre les data centers plus durables, circulaires et résilients dans un contexte de forte croissance du secteur
  • Cette solution permet jusqu’à 20 % de réutilisation d’énergie, une réduction de 75 % de l’empreinte hydrique et 95 % de recyclage et de réutilisation des déchets, tout en renforçant l’intégration locale et la sécurité environnementale

LONDRES: À Londres, Veolia a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie environnementale en dévoilant « Data Center Resource 360 », une offre globale destinée à répondre à un défi croissant : concilier l’essor fulgurant des infrastructures numériques avec les impératifs écologiques et sociétaux.

Dans un monde où l’accès à l’information est devenu essentiel, la donnée s’impose désormais comme une ressource stratégique. Cette transformation s’accompagne toutefois d’un coût invisible mais considérable : les data centers, piliers de l’économie numérique, nécessitent des volumes toujours plus importants d’eau, d’énergie et d’infrastructures. Leur développement rapide — estimé à une croissance annuelle de plus de 11 % — accentue les tensions sur les ressources, notamment dans les zones urbaines où ils sont implantés.

Face à cette réalité, Veolia propose une approche holistique et intégrée. L’offre « Data Center Resource 360 » vise à transformer ces infrastructures en modèles de durabilité. Elle repose sur une gestion complète du cycle des ressources, permettant jusqu’à 75 % de réduction de l’empreinte hydrique, 95 % de recyclage et de valorisation des déchets, ainsi que 20 % de réutilisation de l’énergie.

Déjà déployée sur plus de 100 sites à travers le monde, notamment auprès des principaux opérateurs du secteur, cette offre s’appuie sur l’expertise combinée du groupe dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

« Il s’agit d’un marché stratégique, à la croisée des révolutions numérique et écologique », a déclaré Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors de l’événement de lancement. « À mesure que la pression sur les ressources s’intensifie, transformer les data centers en acteurs utiles aux territoires devient une nécessité », a-t-elle ajouté.

Estelle Brachlianoff a insisté sur l’ADN d’innovation du groupe, hérité de plus de 170 ans d’histoire. « Aujourd’hui, la donnée est la prochaine génération de ressources », a-t-elle affirmé. « Nous sommes le laboratoire d’innovation des services essentiels. » Une vision qui s’inscrit dans une logique d’anticipation : pour Veolia, innover consiste avant tout à sécuriser ce dont les sociétés ne peuvent se passer — l’eau, l’énergie, la santé. 

--
Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo: fournie)

Cette ambition prend une dimension particulière dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle. Les industries de l’IA, fortement consommatrices de ressources, renforcent la pression sur l’eau, l’énergie et le foncier. Dans certaines régions du monde, comme le Moyen-Orient, où jusqu’à 85 % de l’eau provient du dessalement, ces enjeux prennent une dimension géopolitique. L’eau, à l’instar du pétrole, devient un levier stratégique pour la stabilité et le développement.

Veolia entend répondre à ces défis en s’appuyant sur ses technologies propriétaires et sa capacité à intervenir à toutes les échelles — des États aux collectivités locales. L’offre présentée à Londres s’appuie notamment sur des outils digitaux avancés, capables d’optimiser en temps réel les performances des installations, d’anticiper les risques et de maximiser l’efficacité opérationnelle.

La stratégie repose également sur un modèle décentralisé, permettant d’adapter les solutions aux spécificités locales tout en bénéficiant d’une expertise globale. « Notre échelle mondiale est un avantage compétitif qui nourrit la croissance locale », a souligné Estelle Brachlianoff. Cette capacité à “penser global, agir local” permet au groupe de proposer des solutions sur mesure, en lien direct avec les besoins des territoires.

Lors de l’événement, une table ronde consacrée à l’innovation dans les industries de l’IA a également mis en lumière le rôle clé des infrastructures dans la transformation numérique. Les data centers ne sont plus de simples installations techniques : ils deviennent des nœuds stratégiques, au croisement des enjeux industriels, environnementaux et sociétaux.

De son côté, Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances, a insisté sur la nécessité de concilier innovation et déploiement à grande échelle. « L’innovation n’a de valeur que si elle peut être mise en œuvre efficacement et à coût maîtrisé », a-t-elle déclaré. Elle a rappelé que Veolia dessert aujourd’hui plus de 110 millions de personnes en eau, illustrant la capacité du groupe à opérer des solutions complexes à grande échelle. 

--
Emmanuelle Menning, directrice générale adjointe en charge des finances de Veolia, lors du lancement de « Data Center Resource 360 » à Londres. (Photo : fournie)

Elle a également mis en avant le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans les opérations du groupe, qu’il s’agisse de détecter les fuites, d’optimiser la consommation énergétique ou encore d’améliorer la maintenance prédictive. « L’IA et l’innovation de design permettent de générer des gains opérationnels significatifs pour nos clients, nos partenaires et nos équipes », a-t-elle ajouté.

Au-delà de la performance environnementale, l’enjeu est aussi économique. Dans un marché estimé à plusieurs milliards de dollars, les solutions intégrées pour data centers connaissent une croissance rapide. Veolia entend s’y positionner comme un acteur de référence, en capitalisant sur son expertise dans la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie.

Avec « Data Center Resource 360 », le groupe ne se contente pas de répondre à une problématique technique : il propose une nouvelle vision des infrastructures numériques. Des infrastructures capables non seulement de réduire leur empreinte, mais aussi de créer de la valeur pour les territoires, notamment grâce à la récupération de chaleur ou à une meilleure intégration dans les réseaux locaux.

À l’heure où la transition écologique s’impose comme une priorité mondiale, Veolia fait le pari que l’innovation, alliée à une approche systémique, peut transformer les contraintes en opportunités — et faire des data centers un levier clé du développement durable.