Refus de rapatrier des enfants de Syrie, «incompréhensible» selon les experts

Des garçons âgés de 12 ans vivent dans la peur, affirme Fionnuala Ni Aolain. (Photo, AFP)
Des garçons âgés de 12 ans vivent dans la peur, affirme Fionnuala Ni Aolain. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 26 janvier 2022

Refus de rapatrier des enfants de Syrie, «incompréhensible» selon les experts

  • Plus de 700 enfants citoyens de 57 pays, dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis, sont détenus à la prison d'Al-Ghuwayran en Syrie
  • Les affrontements se poursuivent dans la prison, où près de 300 détenus ont été tués depuis le début d'une tentative meurtrière d'évasion la semaine dernière

NEW YORK: Une experte des droits de l'homme de l'ONU a exprimé mardi sa profonde préoccupation pour le bien-être de plus de 700 enfants incarcérés à la prison d'Al-Ghuwayran, à Al-Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, et a appelé tous les pays à rapatrier leurs jeunes citoyens détenus dans le pays.

La semaine dernière, la prison a été le théâtre d'une tentative d'évasion meurtrière par des centaines d'insurgés de Daech.

«Des garçons âgés de 12 ans seulement craignent pour leur vie au milieu du chaos et du carnage dans la prison», a averti Fionnuala Ni Aolain, rapporteuse spéciale des Nations unies pour la promotion et la protection des droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme.

«Ils sont tragiquement négligés par leurs propres pays sans que cela soit de leur faute, si ce n’est qu'ils sont nés de personnes soi-disant liées ou associées à des groupes terroristes désignés.

«Le traitement de centaines de garçons qui ont été emprisonnés dans des conditions carcérales grotesques est un affront à la dignité de l'enfant et au droit de chaque enfant à être traité avec dignité.»

Près de 300 détenus ont été tués au cours des journées de combats à Al-Ghuwayran, qui ont commencé jeudi dernier avec l'explosion de deux voitures piégées. Les affrontements se poursuivent à la prison, qui abrite plus de 5 000 militants présumés de Daech, originaires d’environ 60 pays. Les insurgés avaient pris le contrôle de la section pour enfants de l'établissement.

Les combattants des Forces démocratiques syriennes, une force d'opposition, se rapprocheraient de la dernière section de la prison encore prise par les assaillants de Daech, alors que la situation devient de plus en plus préoccupante pour les détenus.

Les groupes humanitaires ont renouvelé leurs appels à tous les gouvernements pour qu'ils rapatrient leurs citoyens de Syrie.

«Le refus abject des pays de rapatrier leurs enfants est un facteur contribuant au marasme en matière de sécurité et de droits de l'homme qui s'est enflammé à Al-Hasakeh ces derniers jours», a déclaré Ni Aolain, qui a envoyé l'année dernière des lettres officielles à 57 gouvernements de pays soupçonnés d'avoir des citoyens dans les camps syriens. Parmi ces pays figurent la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Finlande et les États-Unis.

Le refus des gouvernements à rapatrier les enfants détenus, qui sont victimes du terrorisme et ont besoin de protection en vertu du droit international, «est incompréhensible», a alerté Ni Aolain.

«Beaucoup de ces garçons, séparés de force de leur mère et des membres de leur famille ces dernières années, ont été privés toute leur vie de leurs droits humains les plus fondamentaux», a-t-elle ajouté.

«Ils ont été détenus arbitrairement et n'ont jamais participé à une quelconque procédure judiciaire qui justifierait leur privation de liberté, et dans des conditions qui constituent des actes de torture et des traitements cruels et dégradants au regard du droit international.

«Traiter les garçons comme une classe distincte, en refusant de reconnaître en pratique leurs droits en tant qu'enfants, est une forme de discrimination sexuelle qui a eu des conséquences horribles pour ces enfants, qui sont maintenant pris dans la violente confrontation à la prison d'Al-Hasakeh.»

Ni Aolain a appelé tous les États et autres entités actives dans le nord-est de la Syrie à veiller à la protection des civils, et à ceux qui participent à la reprise du contrôle de la prison à protéger les enfants qui y sont détenus et à empêcher que de nouveaux préjudices ne leur soient infligés.

Les rapporteurs spéciaux sont des experts indépendants qui siègent à titre individuel, et sur une base volontaire, au Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Ils ne font pas partie du personnel de l'ONU et ne sont pas rémunérés pour leur travail.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis reprennent leur aide alimentaire à la Somalie

Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis". (AFP)
Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis". (AFP)
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  • La Somalie est dans le viseur de Donald Trump. Fin novembre, le président américain l'avait qualifiée de "pays pourri"
  • Il s'est aussi pris de façon répétée à la communauté somalienne aux États-Unis

NAIROBI: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi reprendre leur aide alimentaire à la Somalie, qu'ils avaient suspendue début janvier, après que Mogadiscio a annoncé avoir rendu l'aide alimentaire que Washington accusait les autorités somaliennes d'avoir saisie illégalement.

Le département d'Etat américain avait annoncé le 8 janvier avoir suspendu "tous les programmes américains d'assistance" à la Somalie, évoquant une "politique de tolérance zéro" en matière de gaspillage ou de vol après avoir reçu des informations selon lesquelles des responsables somaliens avaient "détruit un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) financé par les Etats-Unis et saisi illégalement 76 tonnes d'aide alimentaire".

La Somalie est dans le viseur de Donald Trump. Fin novembre, le président américain l'avait qualifiée de "pays pourri" et fait part de son intention de mettre fin au statut spécial protégeant les ressortissants somaliens de l'expulsion.

Il s'est aussi pris de façon répétée à la communauté somalienne aux États-Unis. Après un scandale suscité par des révélations sur une gigantesque fraude aux aides publiques dans le Minnesota, mise en place par des membres de la diaspora somalienne, il a lancé une opération anti-immigration extrêmement critiquée à Minneapolis, capitale de cet Etat.

Jeudi, le sous-secrétariat américain à l'Aide étrangère, aux Affaires humanitaires et à la Liberté religieuse a affirmé sur X "saluer le gouvernement fédéral somalien pour avoir assumé la responsabilité de ses actions ayant affecté les opérations du PAM, y compris l’aide financée par les États-Unis".

"À la suite de cette déclaration, nous reprendrons la distribution de denrées alimentaires au PAM tout en continuant à réévaluer notre posture d’assistance plus générale en Somalie", peut-on lire dans le même message.

"Toutes les marchandises du PAM affectées par l'expansion du port ont été rendues" et un "plus grand entrepôt" avait été fourni à l'agence onusienne, avait annoncé mardi sur X le gouvernement somalien, insistant sur sa "transparence".

Mogadiscio avait initialement indiqué que la démolition de l'entrepôt s'inscrivait dans le cadre de "travaux d'agrandissement et de réaménagement" du port de Mogadiscio et que tous les vivres resteraient sous la responsabilité du PAM.

Les fragiles autorités somaliennes sont dépendantes de l'aide militaire américaine face aux insurgés islamistes shebab qu'elles combattent depuis près de 20 ans ainsi que contre des jihadistes de l'Etat islamique.

Mardi, le Commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom) avait indiqué avoir accéléré le rythme de leurs frappes aériennes contre ces deux groupes, avec 23 frappes depuis le 1er janvier.


Un groupe de femmes retrace la route sacrée de la Hijrah jusqu’à Médine

Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
Ces 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo : fournie)
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  • L’environnement favorable du Royaume pour les femmes a rendu possible ce périple de 500 km à pied, selon la fondatrice de Soul Al-Hijrah

DJEDDAH : Dans un voyage spirituel unique, un groupe de femmes a retracé les pas sacrés du prophète Muhammad de La Mecque à Médine.

Les 22 participantes – aventurières, cadres, médecins, infirmières, enseignantes, mères âgées de 30 à 50 ans – seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir effectué le voyage le plus proche de l'itinéraire original.

Les femmes ont parcouru à pied près de 500 km pour revivre ce que le prophète Muhammad et ses compagnons ont pu traverser il y a plus de 1 400 ans.

« Oui, c’est la toute première marche de la Hijrah réservée aux femmes. Elles sont venues du monde entier pour marcher ensemble lors de ce périple inoubliable. Elles ont complété un voyage d’une semaine, expérimentant la signification historique et spirituelle du trajet », a déclaré Salma Abdulrahman, directrice de Soul Al-Hijrah, à Arab News.

Les 22 participantes ont visité des sites clés le long de la route, pour une immersion totale dans la valeur historique et spirituelle de la Hijrah. Abdulrahman faisait partie des premières à emprunter ce chemin.

« J’ai trouvé mon âme sur ce chemin et j’ai eu l’impression de renaître. Ce voyage a ravivé mon cœur et changé le cours de ma vie. C’est aussi le début de ma société de tourisme, Soul Al-Hijrah », a-t-elle expliqué.

Elle a accompagné les participantes tout au long du voyage : « Ce fut un honneur de les servir et d’accueillir les invités de notre bien-aimé Prophète Muhammad, paix et bénédictions sur lui, en veillant à leur confort tout au long du parcours. C’est un honneur que je chéris profondément, et ma joie envers elles est indescriptible. »

Abdulrahman a ajouté que plus de 20 voyages ont déjà été organisés sur la route de la Hijrah pour des groupes venus du monde entier, témoignant de l’intérêt croissant pour ce type de tourisme spirituel et historique.

« Il faut dire que ce type d’initiative n’aurait pas été possible sans l’environnement favorable offert par le Royaume aux femmes saoudiennes, leur donnant la confiance nécessaire pour être à l’avant-garde du secteur touristique », a-t-elle souligné.

La Dre Dina Altayeb, parodontiste et implantologue, a décrit ce voyage comme le plus intense et profond parmi toutes ses aventures. « J’aimerais que plus de gens aient cette opportunité, car elle offre d’innombrables bienfaits pour l’âme, le corps et l’esprit », a-t-elle déclaré.

Altayeb, qui est la première femme saoudienne à se qualifier et à participer au championnat du monde Ironman,  a déclaré à Arab News que c'était une expérience totalement différente. « Pour moi, ce n'était pas aussi difficile que mes aventures habituelles, mais spirituellement, ce fut une expérience formidable, car c'était une expérience émotionnelle indescriptible... (et) ce fut aussi une expérience enrichissante. »

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Les 22 femmes seraient le premier groupe exclusivement féminin connu à avoir accompli ce périple. (Photo: fournie)

Elle s’est dite ravie d’arriver à Médine. « Nous avons traversé des montagnes, des vallées et des déserts, tout comme l'avait fait le Prophète. Ce fut un sentiment extraordinaire lorsque nous sommes arrivés à Médine après huit jours de marche. »

Ghadeer Sultan, responsable en ressources humaines, a rejoint le groupe par hasard. « Je n’avais pas prévu de suivre le voyage de la Hijrah, c’était une coïncidence, une invitation qui m’est parvenue, et un peu de curiosité pour vivre l’expérience », a-t-elle confié.

« Lorsque nous sommes entrés dans le jardin ombragé de Médine, j'ai eu l'impression que la paix et la lumière avaient pénétré au plus profond de mon âme. J'ai ressenti la joie des Ansar à l'arrivée du Prophète, que la paix et les bénédictions soient sur lui, et mon cœur a vibré à tous ces moments historiques. Je découvrais les véritables grandes valeurs incarnées par la ville du Prophète : les valeurs d'amour et de tolérance. »

À leur arrivée à Médine, après un voyage qui a débuté le 22 décembre et s'est terminé le 29 décembre, les participantes ont été chaleureusement accueillis avec des roses et des prières.

Leur première visite a été la mosquée Quba, où le Prophète a séjourné lors de sa migration. Première mosquée de l’histoire de l’Islam et en partie construite par le Prophète lui-même, elle revêt une profonde signification spirituelle. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien reçoit le lauréat du prix Nobel de chimie 2025, Omar Yaghi

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le professeur Omar Yaghi à Riyad mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le professeur Omar Yaghi à Riyad mercredi. (SPA)
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  • Le prince héritier a félicité Yaghi pour avoir reçu ce prix et lui a souhaité beaucoup de succès pour l'avenir

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a reçu mercredi à Riyad le professeur Omar Yaghi, lauréat du prix Nobel de chimie 2025.

Le prince héritier a félicité Omar Yaghi pour cette distinction et lui a souhaité un succès continu, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Le professeur a été récompensé par le prix Nobel de chimie 2025, qu’il partage avec Richard Robson, de l’Université de Melbourne en Australie, et Susumu Kitagawa, de l’Université de Kyoto au Japon.

Les scientifiques ont été distingués pour la création de « constructions moléculaires dotées de vastes espaces permettant la circulation de gaz et d’autres substances chimiques. Ces structures, appelées réseaux métallo-organiques, peuvent être utilisées pour capter l’eau de l’air du désert, piéger le dioxyde de carbone, stocker des gaz toxiques ou catalyser des réactions chimiques ».

Omar Yaghi a exprimé sa gratitude au prince héritier pour cette rencontre ainsi que pour le soutien qu’il a reçu dans ses travaux.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com