Présidentielle: l'angoisse des candidats au moment des parrainages

Une photo prise le 27 mars 2019 montre la façade de la mairie du 20e arrondissement de Paris. (Photo, AFP)
Une photo prise le 27 mars 2019 montre la façade de la mairie du 20e arrondissement de Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 27 janvier 2022

Présidentielle: l'angoisse des candidats au moment des parrainages

  • En 2022 comme tous les cinq ans, plusieurs prétendants à l'Elysée se plaignent des difficultés qu'ils rencontrent pour obtenir le précieux sésame, ces 500 signatures qui leur ouvriront formellement les portes du premier tour
  • Comme lors de chaque présidentielle, la pression se porte sur les près de 42 000 élus, dont 34 000 maires, qui disposent des signatures

PARIS : Coups de fil répétés, courriers en veux-tu en voilà, ou visites parfois impromptues: avec l'ouverture officielle jeudi de la course aux parrainages, les candidats ne lésinent pas sur les moyens pour obtenir les 500 signatures indispensables auprès des élus. 

En 2022 comme tous les cinq ans, plusieurs prétendants à l'Elysée se plaignent des difficultés qu'ils rencontrent pour obtenir le précieux sésame, ces 500 signatures qui leur ouvriront formellement les portes du premier tour.

"Non, je ne les ai pas", a reconnu la RN Marine Le Pen dimanche sur France 3, précisant qu'il lui en manque "quand même un certain nombre". "J'en ai 450 mais il ne faudrait pas que je reste bloqué à 485", a redouté le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan sur BFMTV. 

L'incertitude sur les parrainages préoccupe aussi le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon ou celui d'extrême droite Eric Zemmour, sans parler des candidats moins bien placés dans les sondages comme Hélène Thouy, candidate du Parti animaliste, ou encore à l'extrême gauche Philippe Poutou (NPA) ou Nathalie Arthaud (LO). 

Comme lors de chaque présidentielle, la pression se porte sur les près de 42 000 élus, dont 34 000 maires, qui disposent des signatures. Mais beaucoup d'entre eux, non encartés politiquement, sont embarrassés par un parrainage que le Conseil constitutionnel rendra public dès qu'il lui parviendra, comme l'exige la loi approuvée en 2016.

Les maires des grandes villes pour la plupart affichent publiquement leur étiquette politique et accordent leur signature au candidat de leur camp, mais il n'en va pas de même pour les quelque 10 000 maires ruraux, pas encartés pour la plupart, qui sont l'objet de toutes les convoitises.  

Et pour ces élus, le dilemme se répète: accorder leur parrainage à un candidat pour garantir la diversité démocratique au premier tour, ou s'abstenir pour ne pas donner l'impression à leurs administrés de prendre position ? 

"D'un point de vue juridique, ce n'est pas la même chose de parrainer une candidature que de voter pour une candidature", a tenu à rappeler mardi le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius. 

"Si c'était la même chose, cela aurait des conséquences pratiques, car le vote en France est secret", a-t-il ajouté, tout en précisant que cette obligation "n'a pas empêché qu'il y ait un nombre important de candidats à chaque fois".

«On nous prend le chou»

Mais ce rappel purement juridique ne change pas vraiment la donne pour les élus locaux, comme l'observe Michel Fournier, président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF) et maire sans étiquette de Les Voivres (Vosges): "La grande difficulté c'est l'association systématique qui est faite entre celui qui a donné le parrainage aux idées que défend le filleul".

Malgré tout, les candidats insistent : "On vient nous voir, on nous téléphone, on nous prend le chou", explique-t-il, soulignant que chacun de ses interlocuteurs prétend être le seul candidat à défendre le monde rural. "Sauf qu'il y en a bien une vingtaine qui m'ont tenu ce même discours..."

M. Fournier, qui n'accordera pas de parrainage pour rester "libre", relate la mésaventure arrivée récemment à l'un de ses collègues, dont il tait le nom, et qui s'est vu reprocher par son conseil municipal d'avoir accordé sans délibération son parrainage à un candidat "probablement issu des extrêmes". 

"Il estimait, sans doute à juste titre, que quelqu'un entre 5 et 10% dans les sondages doit avoir la possibilité de se présenter", explique-t-il.

Pour sortir de cette situation, certains élus font preuve d'originalité: Jean-Marie Allain, maire sans étiquette de Marpent, dans le Nord, a décidé de choisir par tirage au sort.  

A l'autre bout de la France, dans le village de Lamasquère, en Haute-Garonne, la maire Christelle Matheu, élue en 2020, fera "un choix d'équipe" en consultant ses conseillers municipaux. 

Du côté de l'AMRF, M. Fournier refuse de donner des conseils aux maires: "Ils sont assez grands pour décider eux-mêmes". Il plaide toutefois pour "une forme d'anonymat".


Macron affirme que «les Européens ne sont pas les prédateurs» du XXIe siècle en Afrique

Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report. (AFP)
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  • Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle"
  • "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles

NAIROBI: Le président français Emmanuel Macron, qui ouvre lundi à Nairobi un sommet franco-africain, défend les Européens qui "ne sont pas les prédateurs de ce siècle" en Afrique, par opposition notamment à la Chine, dans un entretien publié par Jeune Afrique et The Africa Report.

Dans cette interview, M. Macron rappelle avoir "condamné avec force la colonisation" dès 2017, année de son arrivée au pouvoir.

"Mais je ne lui imputerai pas tout" (à la colonisation), car "on ne doit pas non plus exonérer de toute responsabilité les sept décennies qui ont suivi les indépendances" de la plupart des anciennes colonies européennes en Afrique, ajoute-t-il, appelant les dirigeants africains à "améliorer la gouvernance".

Face aux critiques visant les ex-puissances coloniales, il assure que "le paradoxe est que les Européens ne sont pas les prédateurs de ce siècle". "L'Europe défend l'ordre international, le multilatéralisme efficace, l’État de droit, le commerce libre et ouvert", tandis que les États-Unis et la Chine "sont dans une logique de confrontation commerciale", sans respect des règles, dit-il.

Sur les minerais critiques et les terres rares, "la Chine, pour la citer, est dans une logique prédatrice: elle transforme chez elle" et crée "des dépendances avec le reste du monde", estime-t-il. "Ce n’est pas ce que nous proposons", insiste le président français, défendant une "stratégie d'autonomie pour l'Europe comme pour l'Afrique" pour ne "pas dépendre d’un nouvel empire, quel qu'il soit".

Il prône une fois de plus une transformation de "l’architecture financière internationale", notamment afin de "mettre en place un système de garanties financières pour faire venir les investisseurs privés" en Afrique - son cheval de bataille avec le président kényan William Ruto, qui sera mardi au menu du second jour du sommet Africa Forward à Nairobi.

Interrogé sur les militaires qui ont pris le pouvoir dans trois pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) entre 2020 et 2023, précipitant le divorce avec la France et le départ de l'armée française, Emmanuel Macron répond: "J'ai la conviction qu’il faut laisser ces États et leurs dirigeants, même putschistes, tracer leur propre chemin".

Il réitère que la France était présente militairement au Sahel à la demande de ces pays pour combattre la menace jihadiste. "Quand notre présence n’a plus été souhaitée, après les coups d’État, nous sommes partis. Cela n'a pas été une humiliation, mais une réponse logique à une situation donnée", assure-t-il.

"Une ère nouvelle va s’ouvrir. Le Sahel retrouvera un jour une gouvernance normale" avec des dirigeants "démocratiquement élus, qui se soucient véritablement de leur peuple", selon le chef de l’État français.


Départ de Vallaud: Faure appelle le PS à «avancer d'un même pas», «le congrès permanent ce n'est pas possible»

Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
Boris Vallaud, président du groupe parlementaire « Socialistes et Apparentes », assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, à Paris, le 16 décembre 2025. (AFP)
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  • Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas"
  • "Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun"

PARIS: Olivier Faure a appelé lundi les socialistes "à avancer d'un même pas", jugeant que "le congrès permanent, ce n'est pas possible" après le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS sur fond d'opposition à une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI à la présidentielle.

"Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit. Je veux un processus qui soit commun à tous, qui permette de se mettre d'accord sur la façon d'arriver à un candidat commun", a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur franceinfo.

 

 

 


Une Française rapatriée du MV Hondius positive à l'hantavirus, 22 cas contacts en France

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter. (AFP)
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  • "Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist
  • Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg

PARIS: Une passagère française, rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été testée positive à l'hantavirus, a annoncé lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, faisant également état de 22 cas contacts identifiés en France.

Parmi les croisiéristes déjà évacués, un Américain et cette Française ont été testés positifs à l'hantavirus, contre lequel n'existe aucun vaccin ni traitement et qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

La crise à bord du MV Hondius, qui doit repartir pour les Pays-Bas lundi, a suscité l'inquiétude, ravivant les souvenirs de la pandémie de Covid, même si à ce stade l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne recense que six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare.

Sur les cinq Français rapatriés et placés à l'isolement à Paris, l'état de santé d'une femme s'est "malheureusement dégradé cette nuit" et les "tests sont revenus positifs", a dit la ministre française de la Santé sur la radio France Inter.

Les cinq passagers "sont hospitalisés dans des chambres avec des flux d'air qui permettent d'éviter la contamination", "ils sont évidemment isolés dans cet hôpital et y resteront jusqu'à nouvel ordre", au minimum 15 jours, a-t-elle ajouté.

Concernant les cas contacts, elle a confirmé qu'une vingtaine de Français avaient été identifiés : huit parmi les passagers du vol du 25 avril entre Sainte-Hélène et Johannesbourg, qui "ont été mis à l'isolement rapidement", et 14 à bord du vol Johannesbourg-Amsterdam.

"Nous demandons" à ces 14 passagers "qu'ils nous contactent parce qu'il faut qu'on puisse renforcer l'isolement", a dit Stéphanie Rist.

Une croisiériste néerlandaise infectée par le virus et depuis décédée avait voyagé à bord du vol Sainte-Hélène-Johannesbourg. Elle était aussi brièvement montée à bord de l'avion pour Amsterdam, mais n'avait finalement pas voyagé à son bord.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu "tiendra une nouvelle réunion" lundi après-midi "pour suivre au plus près l'évolution de la situation" sur le virus hantavirus, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

"Nous suivons la situation avec la plus grande vigilance, sur la base d'un virus que l'on connaît, d'où les 42 jours d'isolement qui ont été décidés et un objectif qui reste le même, protéger les Françaises et les Français", a-t-elle ajouté sur BFMTV.

Elle a appelé à "ne pas créer de panique", "nous n'en sommes absolument pas à avoir ces discussions-là" comme lors de l'épidémie de Covid-19.

La variante du virus détectée à bord du navire MV Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.