Le chef de l'EI s'est fait exploser lors de l'opération US contre sa cache à Idleb

Une vue générale montre le 3 février 2022 la scène suite à un raid nocturne des forces d'opérations spéciales américaines contre des djihadistes présumés à Atme, dans la province d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie, qui a fait au moins neuf morts, dont trois civils. Aaref WATAD / AFP
Une vue générale montre le 3 février 2022 la scène suite à un raid nocturne des forces d'opérations spéciales américaines contre des djihadistes présumés à Atme, dans la province d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie, qui a fait au moins neuf morts, dont trois civils. Aaref WATAD / AFP
Les Etats-Unis «ont éliminé une menace terroriste majeure dans le monde», a dit le président américain Joe Biden dans une allocution à la Maison Blanche. (Photo, AFP)
Les Etats-Unis «ont éliminé une menace terroriste majeure dans le monde», a dit le président américain Joe Biden dans une allocution à la Maison Blanche. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 04 février 2022

Le chef de l'EI s'est fait exploser lors de l'opération US contre sa cache à Idleb

  • D'après l'OSDH les militaires ont atterri en hélicoptère près de camps de déplacés de la localité d'Atmé dans la province d'Idleb
  • L'opération a provoqué des affrontements qui ont duré deux heures

WASHINGTON: Les Etats-Unis se sont félicités jeudi d'avoir éliminé une « menace terroriste majeure » dans le monde, après la mort du chef du groupe djihadiste Etat islamique (EI), Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi, tué lors d'une opération de leurs forces spéciales en Syrie. 

Les Etats-Unis « ont éliminé une menace terroriste majeure dans le monde », a dit le président américain Joe Biden dans une allocution à la Maison Blanche. 

« Dans un ultime geste désespéré de couardise, et sans égard pour la vie de sa propre famille ou d'autres personnes dans le bâtiment, il a choisi de se faire exploser (...) emportant plusieurs membres de sa famille avec lui, comme l'avait fait son prédécesseur », a ajouté le démocrate, qui a suivi en temps réel l'opération depuis la célèbre »Situation Room ». 

En octobre 2019, l'ancien chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi avait été tué dans un raid américain dans la région d'Idleb. 

Le raid contre son successeur, beaucoup moins connu du grand public, a duré environ deux heures dans la nuit de mercredi à jeudi, ont précisé des responsables américains.  

« Toutes les victimes », dont le nombre reste à déterminer, sont le résultat d'actions des djihadistes, qu'il s'agisse de la détonation causée par Qourachi ou de l'affrontement engagé par l'un de ses lieutenants dans le bâtiment, ont-ils assuré. 

Le président américain a dit avoir privilégié une opération commando, « beaucoup plus risquée » pour les soldats américains, plutôt qu'une frappe aérienne, par égard pour les civils.  

Aucun militaire américain n'a été blessé ou tué dans l'opération. Les Etats-Unis ont toutefois, selon des sources de la Maison Blanche, eu un problème technique sur un hélicoptère, qu'ils ont détruit sur un site à l'écart du raid lui-même. 

Joe Biden, qui selon un haut responsable de la Maison Blanche a donné son feu vert à l'opération mardi, a assuré que les Etats-Unis restaient engagés dans la lutte contre le terrorisme, avertissant ainsi les leaders de groupes djihadistes: « Nous sommes à vos trousses et nous vous trouverons ». 

Treize personnes  

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les militaires américains ont atterri en hélicoptère près de camps de déplacés de la localité d'Atmé, une région de la province d'Idleb.  

Treize personnes ont été tuées, dont quatre femmes et trois enfants, a indiqué l'ONG sans aucune précision sur les victimes. 

Qourachi, de nationalité irakienne, avait succédé fin octobre 2019 à la tête du groupe ultra-radical responsable de nombreuses atrocités et exactions et d'attentats au Moyen-Orient et dans plusieurs pays occidentaux, mais il n'avait été formellement identifié qu'après plusieurs mois par les services secrets irakiens et américains. 

Joe Biden l'a décrit comme un « horrible terroriste », « responsable » d'une récente attaque contre une prison en Syrie, et « pilote du génocide » et des viols de masse contre la minorité turcophone des Yazidis. 

Surnommé « le professeur » ou le « destructeur », Amir Mohammed Saïd Abdel Rahman al-Mawla était un djihadiste aux multiples alias, présenté par l'EI comme « l'émir » Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi depuis son accession à la tête du groupe djihadiste. 

Selon des correspondants de l'AFP à Atmé, l'opération a visé un bâtiment de deux étages dans une zone entourée d'arbres. Une partie du bâtiment a été détruite et le parterre des pièces était couvert de sang.  

Dans un enregistrement audio attribué aux forces américaines, une personne parlant en arabe demande aux femmes et aux enfants d'évacuer les maisons dans la zone visée. 

Abou Ahmad, le propriétaire de la maison ciblée, a indiqué que Qourachi avait « vécu ici pendant 11 mois. Je n'ai rien vu de suspect. Il venait juste me voir pour payer le loyer. Il vivait avec ses trois enfants et sa femme. Sa sœur, une veuve, et sa fille vivaient à l'étage au-dessus ». 

Les hélicoptères américains ont décollé d'une base dans la ville à majorité kurde de Kobani (nord) et des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes et formées par les Etats-Unis, ont participé à l'opération, d'après l'OSDH.  

Djihadistes cachés  

Selon des experts, des camps de déplacés surpeuplés de la région d'Atmé, servent de base aux chefs djihadistes qui s'y cachent. 

Leurs groupes ont déjà été la cible de raids aériens du régime syrien, de son allié russe, mais aussi de la coalition internationale antidjihadistes dirigée par les Etats-Unis et des forces spéciales américaines. 

Les  opérations héliportées sont en revanche rares. 

Le raid est intervenu quelques jours après la fin d'un assaut de l'EI contre une prison tenue par les FDS, la plus importante offensive du groupe djihadiste depuis sa défaite territoriale en Syrie en 2019. 

Malgré la perte de ses fiefs en Syrie et en Irak voisin, le groupe Etat islamique continue de mener des attaques à travers des cellules dormantes. 

La guerre complexe en Syrie, pays morcelé où interviennent différents protagonistes, a fait environ 500 000 morts depuis 2011. 


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".

 


Kushner doit rencontrer le Hamas en Egypte

Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
Hassan Rashad (2e à droite), chef des services de renseignement égyptiens, a rencontré dimanche une délégation du Hamas. (ARCHIVES/AFP)
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  • Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien
  • Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas

LE CAIRE: Des sources au sein du Hamas ont indiqué dimanche que l'émissaire américain Jared Kushner allait rencontrer des dirigeants du mouvement islamiste palestinien en Egypte, avant sa visite en Israël, au moment les Etats-Unis cherchent à faire avancer le plan de paix à Gaza.

L'entretien, qui n'a pas été confirmé par les Etats-Unis, devrait se tenir à Al-Alamein, dans le nord de l'Egypte, un pays qui fait office depuis des années de médiateur dans le conflit israélo-palestinien.

M. Kushner, également gendre du président Donald Trump, s'est déjà entretenu dimanche à Al-Alamein avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, alors que le chef du Hamas, Khalil al-Hayya, a rencontré de son côté le chef du renseignement égyptien, Hassan Rachad.

Ces rencontres surviennent au moment où les Etats-Unis tentent d'aplanir les divergences entre Israël et le Hamas sur la mise en oeuvre du plan du président américain Donald Trump pour mettre fin durablement à la guerre à Gaza.

Le Hamas a donné son accord fin juillet à une feuille de route américaine, censée lancer la deuxième étape du plan américain, prévoyant le désarmement du mouvement islamiste et le retrait israélien du territoire palestinien.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui rejeté officiellement le texte en exigeant un désarmement "véritable" du Hamas.

Visite américaine en Israël 

"Les médiateurs ont informé le Hamas que l'émissaire américain Jared Kushner rencontrerait sa direction, en présence de responsables égyptiens et qataris", a déclaré une source du Hamas, qui a demandé à garder l'anonymat, sans donner de date.

Pendant des années, les Etats-Unis ont refusé tout contact avec le Hamas, qu'ils classent parmi les organisations terroristes et qui a mené l'attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël, déclenchant la guerre de Gaza.

Une deuxième source du Hamas a indiqué que les Etats-Unis avaient demandé au mouvement des précisions sur plusieurs points, notamment sur "la collecte, le regroupement et le stockage des armes de manière réelle, et non simplement symbolique, ainsi que sur le renoncement total du Hamas à gouverner Gaza".

Le Hamas, qui gouverne Gaza depuis 2007, a annoncé début juillet dissoudre son administration civile et vouloir transférer ses responsabilités au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), un organe créé par le "Conseil de Paix" composé de technocrates palestiniens et chargé d'assurer la transition dans le territoire palestinien.

Lors de la rencontre entre M. Sissi et Jared Kushner, il a été "rappelé la nécessité pour toutes les parties de respecter leurs obligations au titre de l'accord de cessez-le-feu" à Gaza, a déclaré le porte-parole de M. Sissi, Mohamed al-Chennawi, dans un communiqué.

De son côté, la délégation dirigée par Khalil al-Hayya, dont c'est la première visite en Egypte depuis sa nomination fin juillet, "a réaffirmé son engagement à mener à bien le plan" américain, selon l'agence officielle égyptienne Mena.

La réunion avec M. Rachad portait sur "les efforts déployés pour contraindre Israël à respecter l'accord, qui comprend la feuille de route en 15 points, et à entamer sa mise en œuvre", a précisé un responsable du mouvement islamiste palestinien à l'AFP.

Le "Conseil de Paix", chargé de mettre en œuvre le plan de paix, avait indiqué que M. Kushner devait, outre l'Egypte, se rendre la semaine prochaine en Israël avec Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza de cet organe créé par M. Trump.

Blessés dans des frappes 

Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu d'octobre 2025 dans le territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre.

Sur le terrain, plusieurs personnes ont été blessées dimanche après des frappes israéliennes sur une maison dans le centre de la bande de Gaza, a rapporté Mahmoud Bassal, porte-parole de la Défense civile de Gaza, organisation de premiers secours opérant sous l'autorité du Hamas.

L'armée israélienne a déclaré qu'elle répondait à une menace émanant du Jihad islamique.

D'autres personnes ont été blessées après des tirs israéliens sur des tentes abritant des personnes déplacées dans le sud, selon la même source.

Au moins 1.262 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël y a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués.