A Khartoum, des milliers d'anti-putsch sous les grenades lacrymogènes

Des manifestants soudanais participent à un rassemblement pour protester contre le coup d'État militaire de l'année dernière, dans la capitale Khartoum, le 30 janvier 2022. (Photo, AFP)
Des manifestants soudanais participent à un rassemblement pour protester contre le coup d'État militaire de l'année dernière, dans la capitale Khartoum, le 30 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 03 février 2022

A Khartoum, des milliers d'anti-putsch sous les grenades lacrymogènes

Des manifestants soudanais participent à un rassemblement pour protester contre le coup d'État militaire de l'année dernière, dans la capitale Khartoum, le 30 janvier 2022. (Photo, AFP)
  • A Khartoum-Nord, la banlieue nord-est de la capitale soudanaise, 2 500 manifestants s'étaient rassemblés pour demander justice pour les 79 d'entre eux tués depuis le coup d'Etat du 25 octobre
  • Pour tenter de les disperser, les forces de sécurité ont tiré en fin de journée des grenades lacrymogènes

KHARTOUM: Des milliers de Soudanais qui défilent encore jeudi pour réclamer justice pour les dizaines de morts de la répression depuis le putsch d'octobre ont une nouvelle fois essuyé des tirs de grenades lacrymogènes, en dépit des critiques venues de l'étranger. 

A Khartoum-Nord, la banlieue nord-est de la capitale soudanaise, 2 500 manifestants s'étaient rassemblés pour demander justice pour les 79 d'entre eux tués depuis le coup d'Etat du 25 octobre --quasiment tous par des balles dans la tête ou la poitrine, selon un syndicat de médecins pro-démocratie. 

Pour tenter de les disperser, les forces de sécurité ont tiré en fin de journée des grenades lacrymogènes, a constaté un journaliste. Dans l'est remuant de Khartoum, des témoins ont également rapporté à l'AFP des tirs de grenades lacrymogènes sur la foule qui conspuait le pouvoir militaire. 

Au même moment, plus de 5 000 personnes convergeaient vers la maison de la famille de Mohammed Youssef, un Soudanais de 27 ans mortellement touché à la poitrine lors de manifestations anti-putsch dimanche, à Omdourman, l'autre banlieue de Khartoum sur la rive nord du Nil, tandis que d'autres encore érigeaient des barricades de pierres dans le centre de la capitale. 

Non loin de là, l'émissaire de l'ONU au Soudan, Volker Perthes, recevait le général Abdel Fattah al-Burhane, l'auteur du coup d'Etat désormais seul aux manettes du pays, trois ans après la destitution d'un autre général, le dictateur Omar el-Béchir. 

Une fois de plus, il l'enjoignait « à faire cesser les violences qui accompagnent les manifestations », rapportent les autorités. 

Car, accuse l'ONG des droits humains Human Rights Watch (HRW), « la police tire des balles réelles sur des manifestants non armés ». 

Kalachnikov et grenades mortelles 

Elle cite notamment des témoins ayant vécu le déchaînement de violence du 17 janvier, la deuxième journée la plus meurtrière depuis le putsch avec au moins huit morts. 

Au moins six d'entre eux disent avoir vu la police « tirer des balles réelles » tandis que HRW dit avoir identifié sur des vidéos des officiers de police armés de fusils Kalachnikov. 

Le pouvoir militaire, qui assure régulièrement interdire à ses hommes d'ouvrir le feu, a malgré tout reconnu récemment avoir « confisqué des Kalachnikov » à certains d'entre eux après les avoir identifiés dans des vidéos circulant partout sur les réseaux sociaux. 

Outre les balles réelles, « la police anti-émeute tire des grenades lacrymogènes directement sur les manifestants », ajoutent les témoins. 

« Alors que nous reculions pour nous protéger, j'ai reçu une grenade dans le dos. J'ai vu deux autres manifestants être touchés à la tête et à la poitrine » par ces culasses métalliques qui peuvent être létales, raconte l'un d'eux, cité par HRW. 

Surtout, insiste-t-il, « il n'y a eu aucune sommation » des forces de sécurité « et aucune provocation de la part des manifestants ». 

Ces derniers n'entendent malgré tout pas s'arrêter là. Un comité de femmes appelle déjà à la mobilisation samedi, alors que les militants annoncent également des marches lundi. 

Si Washington a gelé 700 millions de dollars d'aide et la Banque mondiale l'intégralité de ses paiements au Soudan dans la foulée du putsch, pour HRW, il faut « des mesures concrètes pour faire cesser la répression ». 

La secrétaire d'Etat adjointe américaine, Molly Phee, a récemment menacé de « faire payer aux dirigeants militaires un coût plus lourd encore si la violence continue ».  

« Nous étudions tous les outils (...) pour réduire les fonds dont dispose le régime militaire soudanais et pour isoler les entreprises tenues par l'armée », a-t-elle déclaré, alors qu'au Soudan, où 80% des ressources échappent au contrôle de l'Etat, les militaires tiennent de nombreuses entreprises allant de l'élevage de volailles à la construction. 


Israël: la procureure générale alerte sur un «démantèlement» des institutions démocratiques

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi. (AFP)
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  • "A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud)
  • Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême

JERUSALEM: La procureure générale d'Israël a mis en garde lundi contre un recul démocratique en Israël, où le Parlement examine un projet de dissolution qui pourrait mener à des élections anticipées.

Depuis que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a été mis sur pied fin 2022, Gali Baharav-Miara conteste la légalité de certaines de ses décisions, et fait en conséquence l'objet d'une procédure de destitution intentée par l'exécutif.

"A l'approche de la fin du mandat de la Knesset actuelle, une course a commencé pour démanteler les institutions démocratiques", s'est-elle alarmée lors d'une conférence de l'Association du barreau israélien à Eilat (sud).

Mme Baharav-Miara, qui est également conseillère juridique du gouvernement, a pointé du doigt deux projets de loi.

Le premier vise à réduire les pouvoirs de la procureure générale, en créant un poste similaire mais qui serait nommé exclusivement par le ministre de la Justice.

Le second accorderait davantage de pouvoirs au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir (extrême droite).

Si ces deux textes sont adoptés, "le système d'application de la loi dans l'Etat d'Israël changera complètement de nature", a-t-elle prévenu, d'après un communiqué de son bureau.

Elle a également déploré le fait que le gouvernement "appelle à ne pas respecter des décisions de justice" de la Cour suprême.

La procureure générale faisait référence notamment à l'inaction du gouvernement après une décision de la Cour suprême de 2024, obligeant l'Etat à imposer des sanctions aux juifs ultra-orthodoxes qui s'opposent à la conscription.

"Le chef d'état-major réclame des soldats et il n'est plus possible de l'ignorer", a déclaré la procureure générale. "L'Etat ne peut pas ignorer la loi qui impose la conscription pour tous, ni le tort causé au principe d'égalité".

Israël mène depuis mars de vastes opérations militaires au Liban contre le Hezbollah pro-iranien, et depuis plus de deux ans dans la bande de Gaza, où il combat le Hamas palestinien.


«Pas de calme à Beyrouth» tant que durent les attaques du Hezbollah, avertit Israël

L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
L'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah. (AFP)
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  • "La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau
  • "Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté

JERUSALEM: Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé lundi qu'il n'y aurait "pas de calme" à Beyrouth sans l'arrêt des attaques du Hezbollah pro-iranien, disant en outre vouloir établir une zone sous contrôle militaire dans une vaste partie du sud du Liban.

"La banlieue sud de Beyrouth n'est pas différente des localités du nord d'Israël: s'il n'y a pas de calme dans le nord, il n'y aura pas de calme à Beyrouth", a assuré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.

"Nous ne permettrons pas une situation dans laquelle nos localités et nos citoyens sont attaqués tandis que le calme est maintenu à Beyrouth", a-t-il ajouté.

Ces propos surviennent après que l'armée israélienne a reçu l'ordre de frapper la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement Hezbollah.

L'armée a aussi intensifié ses opérations terrestres dans le sud.

M. Katz a indiqué qu'elle opérait "afin d'éloigner les menaces (...) et de faire de la zone du fleuve Litani une zone placée sous contrôle sécuritaire de Tsahal (l'armée, NDLR), débarrassée des armes et des terroristes".

Le fleuve Litani est situé à une trentaine de km de la frontière avec Israël.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait annoncé vendredi que l'armée l'avait traversé, après avoir déclaré qu'une grande partie du sud du Liban était désormais considérée une "zone de combat", en dépit d'un cessez-le-feu en vigueur le 17 avril.


Un soldat israélien tué dans le sud du Liban 

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant. (AFP)
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  • Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué
  • Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi que l'un de ses soldats avait été tué lors de combats dans le sud du Liban, portant à 26 le nombre de morts dans ses rangs depuis début mars.

Le sergent-chef Adam Tzarfati, 20 ans, "est tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée dans un bref communiqué.

Une source militaire a précisé à l'AFP qu'il avait été tué par un drone du Hezbollah. Dimanche, l'armée avait annoncé la mort d'un autre soldat au Liban, également tué par un drone explosif du mouvement pro-iranien, selon elle.

Au total, 26 Israéliens ont été tués, dont 25 soldats et un contractuel civil, depuis la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, quand le mouvement chiite avait rouvert un front en soutien à l'Iran après l'offensive israélo-américaine le visant.