Déficit commercial record pour la France en 2021 sur fond de reprise

Le PDG du groupe Renault, Luca de Meo (à gauche), à côté du ministre français des Finances et de l'Économie, Bruno Le Maire, lors de sa visite à l'usine Renault de voitures de sport Alpine à Dieppe le 28 janvier 2022. (Samir Al-Doumy/AFP)
Le PDG du groupe Renault, Luca de Meo (à gauche), à côté du ministre français des Finances et de l'Économie, Bruno Le Maire, lors de sa visite à l'usine Renault de voitures de sport Alpine à Dieppe le 28 janvier 2022. (Samir Al-Doumy/AFP)
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Publié le Mardi 08 février 2022

Déficit commercial record pour la France en 2021 sur fond de reprise

  • Le déficit s'est creusé à 84,7 milliards d'euros, ont rapporté les douanes. Un chiffre nettement plus élevé que le précédent record de 2011, qui était de 75 milliards
  • L'économie française a enregistré une croissance de 7% l'an dernier, qui «a influé sur les importations de biens de consommation, d'outils industriels produits à l'étranger »

PARIS : La France a annoncé mardi le pire déficit commercial de son histoire, en 2021, en raison des prix élevés de l'énergie mais aussi d'importations massives de biens sur fond de forte reprise économique et de désindustrialisation du pays.

Le déficit s'est creusé à 84,7 milliards d'euros, ont rapporté les douanes. Un chiffre nettement plus élevé que le précédent record de 2011, qui était de 75 milliards.

Le solde des échanges est plombé principalement «par l'énergie, et dans une moindre mesure, par les produits manufacturés», précisent les douanes dans leur communiqué.

L'aggravation du déficit s'explique «par un rebond plus marqué des importations (+18,8% après -13% en 2020) que des exportations (+17% après -15,8%)», explique cette même source.

Mais le gouvernement assure que tout n'est pas sombre dans les échanges extérieurs de la France.

«Il y a des points positifs aussi, notamment sur la balance des paiements, c'est-à-dire quand on intègre les services, qui réussissent très bien», a déclaré sur France Inter le ministre de l'Économie Bruno Le Maire.

La Banque de France a fait état d'un déficit des transactions courantes en 2021 à 25,8 milliards d'euros, soit 1% du produit intérieur brut (PIB). Ce chiffre représente certes une amélioration par rapport à 2020 (-43,7 milliards) mais aussi une dégradation par rapport à 2019, lorsque le déficit des transactions courantes était encore limité à 7,1 milliards.

Le ministre du Commerce extérieur Franck Riester a estimé lors d'un point de presse qu'«il est important de regarder le tableau complet de notre activité commerciale» pointant notamment un «excédent record des services, à 36,2 milliards d'euros».

«En ce qui concerne la balance des biens, la dégradation est essentiellement due à l'alourdissement de la facture énergétique de 17,9 milliards d'euros», a-t-il encore indiqué.

Par ailleurs, «des secteurs forts à l'export sont encore en deçà de leur niveau de 2019», comme l'aéronautique qui n'est revenue qu'à 57% de son niveau d'avant la crise sanitaire, pointe le ministre.

100 milliards en 2022

Enfin, le déficit s'explique par la vigueur de la reprise, alors que l'économie française a enregistré une croissance de 7% l'an dernier, qui «a influé sur les importations de biens de consommation, d'outils industriels produits à l'étranger», selon M. Riester.

Bruno Le Maire a pour sa part mis en cause «l'affaiblissement industriel au cours des 30 dernières années».

«C'est le sujet que nous avons commencé depuis cinq ans à redresser avec le président de la République, en créant un environnement fiscal plus favorable, en baissant les impôts de production, en formant et en qualifiant les salariés à de nouveaux métiers industriels», a assuré le ministre de l'Économie.

M. Riester a également souligné que le nombre d'exportateurs français avait atteint l'an dernier le nombre record de 136.000, même si la France reste loin derrière l'Allemagne et l'Italie en la matière.

Mais les exportations françaises sont restées en 2021 inférieures de 2% à leur niveau d'avant-crise et leur croissance est due pour les deux tiers à celle des prix, détaillent les douanes.

«Dans le même temps, les exportations de nos principaux partenaires européens ont dépassé leur niveau d'avant-crise, de 3 % à 9 % selon le pays», toujours selon les douanes.

Le déficit commercial de la France pourrait en outre continuer à se creuser en 2022.

«On pense que l'impact des prix de l'énergie sur l'année 2022 sera tout aussi lourd voire plus lourd qu'en 2021», a déclaré M. Riester.

«En 2022, le déficit commercial devrait s'accroître et pourrait atteindre la barre des 100 milliards d'euros», estimait de son côté lundi dans une note Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas.

Les raisons du déficit chronique de la France

Désindustrialisation, demande extérieure en berne, déséquilibres commerciaux : le déficit chronique du commerce extérieur français résulte autant de facteurs propres à la France que de son environnement commercial.

Le déficit est-il vraiment chronique ?

Biens et services confondus, le solde du commerce extérieur français est systématiquement négatif depuis l'année 2006, selon l'Insee.

En 2021, le déficit de la balance courante (l'addition de la balance des biens, des services et des revenus) s'est ainsi établi à 23,2 milliards d'euros.

La balance commerciale, qui synthétise les seuls échanges de biens, est quant à elle dans le rouge sans discontinuer depuis l'année 2003.

De 200 millions d'euros cette année-là, le déficit commercial a gonflé jusqu'à atteindre le record historique de 84,7 milliards d'euros, dévoilé mardi.

«La France est plutôt en excédent sur les services et en gros déficit sur les biens», résume l'économiste Isabelle Méjean.

De fait, les services ont affiché en 2021 un excédent «record» selon le ministère du Commerce extérieur, à 36,2 milliards d'euros.

La France fait-elle exception ?

Dans un rapport publié début décembre, le Haut-Commissaire au Plan François Bayrou déplorait la persistance du déficit français, «alors que le commerce extérieur allemand est excédentaire de plus de 200 milliards d'euros» en moyenne.

Mais le cas allemand est «atypique», souligne Isabelle Méjean.

Premier partenaire commercial de la France, «l'Allemagne a très peu de demande intérieure, et finance donc beaucoup sa croissance sur la demande extérieure», souligne l'économiste.

Il n'empêche: au sein de l'Union européenne, les balances commerciales de l'Italie (63,6 milliards d'euros en 2020) voire de l'Espagne (-15,8 milliards) confirment la position peu enviable de la France dans les échanges de biens.

Au niveau international, la comparaison avec les États-Unis et leur solde extérieur déficitaire de 678,7 milliards de dollars en 2020 est plus réconfortante.

Pourquoi ces déficits persistants ?

«La désindustrialisation de la France a certainement participé à aggraver notre déficit commercial», relevait en janvier Guillaume Vanderheyden, sous-directeur au Commerce international de la direction générale des douanes, lors d'une table ronde au Sénat.

Selon le Haut-Commissaire au Plan, 74% des exportations françaises (en valeur) sont réalisées par le secteur industriel, pour un montant de 468 milliards d'euros de biens manufacturés en 2019.

«Malgré ces résultats, l'industrie manufacturière présente à elle seule un déficit commercial de plus de 51 milliards d'euros», écrivait en décembre François Bayrou.

Par ailleurs, la forte demande intérieure qui caractérise la France «n'a pas incité nos entreprises à aller chercher des parts de marché à l'international, en tout cas moins que nos compétiteurs», selon Pedro Novo, le directeur exécutif de Bpifrance chargé des activités d'export.

Pour autant, en 2021, «le nombre d'entreprises exportatrices dépassait son niveau d'avant-crise et atteignait un niveau record à 135.900, contre 123.000 en 2017 et 128.000 en 2019», a insisté mardi le ministère.

Reste qu'«on exporte beaucoup vers la zone euro», note Thomas Grjebine. Or, la croissance et donc la demande extérieure y sont beaucoup moins fortes qu'aux États-Unis ou en Chine, souligne le chercheur au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii).

S'ajoute enfin un «problème macroéconomique», pour Isabelle Méjean. «Depuis la création de la zone euro, il y a eu une accumulation d'excédents dans le nord de la zone et de déficits dans le sud».

«Beaucoup de pays de la zone euro ont des déficits courants vis-à-vis» de Berlin, «c'est intéressant de mettre en rapport l'excédent courant allemand et le déficit courant français ou espagnol», juge-t-elle.

Comment y remédier ?

Sans surprise, une partie de la solution aux déficits chroniques pourrait se trouver en Allemagne.

«Ce qui serait nécessaire, c'est que l'Allemagne investisse massivement pour soutenir sa demande intérieure. Ce soutien impliquerait une baisse de l'excédent commercial et une baisse des déficits commerciaux des autres pays», anticipe Isabelle Méjean.

Du côté de Paris, «il faut essayer de moins stimuler la demande que ce que font nos partenaires», explique Thomas Grjebine.

La question du prix des produits d'exportation est en revanche «secondaire» pour ce dernier.

«Ça fait des années qu'on essaie de comprendre l'accumulation de déficits français et qu'on n'arrive pas tellement à l'expliquer par les prix», confirme Isabelle Méjean.

Pas davantage que par la qualité des produits de l'Hexagone, puisque «là où la France est bonne sur le commerce extérieur, c'est sur du haut de gamme : le champagne, le vin, les cosmétiques ou le luxe», rappelle la chercheuse.

Mardi, Franck Riester a décliné la stratégie commerciale française en quatre axes : «Compétitivité, politique commerciale moins naïve, politique industrielle et accompagnement des entreprises exportatrices.»


L’Inde affirme être devenue la quatrième économie du monde, devant le Japon

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
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  • "Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années"
  • Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon

NEW DELHI: L’Inde est devenue la quatrième économie de la planète, devant le Japon, et les autorités espèrent qu'elle dépassera l’Allemagne d’ici trois ans, selon le bilan économique de fin d’année établi par le gouvernement.

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions.

"L’Inde fait partie des grandes économies affichant la croissance la plus rapide au monde et est bien placée pour maintenir cet élan", affirme la note économique.

"Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années, avec un PIB estimé à 7.300 milliards de dollars d’ici 2030".

Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon.  Les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne sont, dans cet ordre, les plus grandes économies au monde, selon le FMI.

Les prévisions optimistes de New Delhi interviennent dans un contexte économique compliqué pour le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d'habitants.

Fin août, Washington, le premier partenaire commercial du pays, a imposé une hausse de 50% des droits de douane sur les produits "made in India" arrivant aux Etats-Unis, en représailles à ses achats de pétrole russe.

La croissance continue reflète "la résilience de l’Inde face aux incertitudes persistantes (qui pèsent) sur le commerce international", estime le gouvernement.

Le PIB par habitant de l’Inde atteignait 2.694 dollars en 2024, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, soit douze fois moins que les 32.487 dollars du Japon et vingt fois moins que les 56.103 dollars de l’Allemagne.

Plus d’un quart des habitants de l’Inde ont entre 10 et 26 ans, selon les données gouvernementales, mais le taux de chômage des jeunes diplômés reste très élevé.

Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé des allégements fiscaux et des réformes du droit du travail après que la croissance économique a atteint un plus bas en quatre ans, au cours de l'exercice annuel clos le 31 mars.

La roupie indienne a atteint un niveau historiquement bas face au dollar début décembre — après avoir chuté d’environ 5% en 2025 — en raison des notamment inquiétudes persistantes liées à l’absence d’accord commercial avec Washington.


L'aéroport de Riyad presque à l'arrêt en raison de problèmes opérationnels

 L'aéroport international King Khalid à Riyad. Getty
L'aéroport international King Khalid à Riyad. Getty
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  • Les compagnies aériennes publient des déclarations, tandis que des sources indiquent à Arab News que la pluie est à blâmer
  • Dans son propre communiqué, Saudia a déclaré : "Les clients touchés sont contactés par l'intermédiaire de la compagnie aérienne"

RIYAD: Des milliers de passagers voyageant vers et depuis l'aéroport international King Khalid de Riyad ont été laissés en plan alors que les principales compagnies aériennes se sont efforcées de proposer des vols alternatifs suite à une série d'annulations et de retards.

Saudia et flyadeal ont été parmi les compagnies aériennes qui ont rencontré des difficultés, les deux compagnies ayant publié des déclarations attribuant ces problèmes à des problèmes opérationnels temporaires.

Une déclaration de l'aéroport sur son compte officiel X a exhorté les voyageurs à contacter directement les compagnies aériennes avant de se rendre à la plate-forme d'aviation pour vérifier l'état actualisé et l'horaire de leurs vols.

Le communiqué dit ceci : "L'aéroport international King Khalid souhaite vous informer qu'en raison de la concomitance d'un certain nombre de facteurs opérationnels au cours des deux derniers jours - y compris plusieurs vols détournés d'autres aéroports vers l'aéroport international King Khalid, en plus des travaux de maintenance programmés dans le système d'approvisionnement en carburant - cela a eu un impact sur les horaires de certains vols, y compris le retard ou l'annulation d'un certain nombre de vols opérés par certaines compagnies aériennes".

L'aéroport a ajouté que les équipes opérationnelles travaillent "24 heures sur 24 en étroite coordination avec nos partenaires aériens et les parties prenantes concernées pour faire face aux développements et rétablir la régularité opérationnelle dès que possible", tout en prenant toutes les mesures nécessaires pour minimiser l'impact sur l'expérience des passagers.

Des sources aéroportuaires ont déclaré à Arab News que le problème était lié aux fortes pluies qui se sont abattues sur Riyad plus tôt dans la journée de vendredi. De l'eau s'est apparemment infiltrée dans les réservoirs de carburant censés ravitailler les avions à réaction avant leur décollage, et plusieurs compagnies aériennes se sont alors efforcées de reprogrammer les vols des passagers.

Dans son propre communiqué, Saudia a déclaré : "Les clients touchés sont contactés par l'intermédiaire de la compagnie aérienne : "Les clients concernés sont contactés par le biais de divers canaux de communication, et tous les changements de billets sont effectués sans frais supplémentaires.

Arab News a contacté Saudia pour de plus amples informations.

Toujours dans un communiqué publié sur X, flyadeal a déclaré que tous ses passagers touchés par la perturbation "seront informés directement par e-mail et SMS des options de rebooking et d'assistance".


IA: pour la présidente de Microsoft France, il n'y a pas de «bulle»

 "Je ne crois pas du tout à la bulle" de l'intelligence artificielle (IA), assure lors d'un entretien à l'AFP Corine de Bilbao, présidente de Microsoft France, qui dit constater une diffusion rapide de l'IA chez les entreprises et les consommateurs. (AFP)
"Je ne crois pas du tout à la bulle" de l'intelligence artificielle (IA), assure lors d'un entretien à l'AFP Corine de Bilbao, présidente de Microsoft France, qui dit constater une diffusion rapide de l'IA chez les entreprises et les consommateurs. (AFP)
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  • Microsoft propose son propre assistant IA, baptisé Copilot, et contrôle 27% du capital de la start-up OpenAI, le créateur de ChatGPT, chatbot le plus utilisé au monde
  • En France, 40,9% des citoyens en âge de travailler ont adopté l'IA, assure Mme de Bilbao, contre 26,3% aux États-Unis, ce qui place la France à la cinquième place mondiale en termes d'adoption, selon une étude du Microsoft AI Economy Institute

PARIS: "Je ne crois pas du tout à la bulle" de l'intelligence artificielle (IA), assure lors d'un entretien à l'AFP Corine de Bilbao, présidente de Microsoft France, qui dit constater une diffusion rapide de l'IA chez les entreprises et les consommateurs.

Pour certains experts, les investissements colossaux dans l'IA semblent démesurés par rapport aux bénéfices générés, alimentant la peur d'une survalorisation du secteur.

Mais selon Corine de Bilbao, à la tête de la filiale française du géant américain des logiciels depuis 2021, "il y a des signes forts" de solidité comme le fait que cette technologie se diffuse "dans toutes les sphères de la société".

Microsoft propose son propre assistant IA, baptisé Copilot, et contrôle 27% du capital de la start-up OpenAI, le créateur de ChatGPT, chatbot le plus utilisé au monde, dans laquelle Microsoft a investi plus de 13 milliards de dollars.

En France, 40,9% des citoyens en âge de travailler ont adopté l'IA, assure Mme de Bilbao, contre 26,3% aux États-Unis, ce qui place la France à la cinquième place mondiale en termes d'adoption, selon une étude du Microsoft AI Economy Institute.

Un milliard d'agents IA

L'énergéticien français TotalEnergies utilise par exemple Copilot et des agents IA, capables de réaliser des tâches de façon autonome, à travers des cas d'usage "dans la maintenance, les achats, la sécurité", énumère la patronne.

Tandis que l'assureur italien Generali a "adopté massivement l'IA et automatisé plus d'un million d'opérations", ajoute-t-elle.

"Plus d'un milliard d'agents à l'échelle mondiale vont être diffusés dans les entreprises" d'ici 2028, s'enthousiasme Corine de Bilbao, citant une étude IDC pour Microsoft.

L'irruption de l'intelligence artificielle dans les entreprises peut toutefois se traduire par des vagues de licenciements comme chez Amazon, le groupe informatique HP ou encore l'assureur allemand Allianz Partners.

Microsoft France, qui compte près de 2.000 employés, a de son côté supprimé 10% de ses effectifs via un accord collectif de rupture conventionnelle sur la base du volontariat.  -

"C'est lié à la transformation de certains métiers, mais pas à l'IA", assure la dirigeante, ajoutant qu'en parallèle Microsoft est en train de recruter "des profils plus techniques", comme des "ingénieurs solutions", pour s'adapter aux demandes de ses clients.

"L'IA suscite beaucoup de peur", reconnaît Mme de Bilbao."On préfère parler de salariés augmentés" plutôt que d'emplois supprimés, poursuit-elle, beaucoup de tâches considérées comme rébarbatives pouvant être réalisées avec l'assistance de l'intelligence artificielle.

Selon elle, l'enjeu central est surtout celui de la formation des salariés à ces nouveaux outils.

"Nouvelle économie" 

"Il n'y aura pas de déploiement de l'IA s'il n'y a pas de valeur partagée, si l'ensemble des citoyens, des étudiants, des entreprises ne sont pas formés", souligne la patronne.

En France, le géant de Redmond (Etat de Washington) a déjà formé 250.000 personnes à l'IA sur un objectif d'un million d'ici 2027 et veut accompagner 2.500 start-up françaises.

"Un écosystème complet se développe entre les fournisseurs de modèles de langage, les infrastructures, on est en train de créer une nouvelle économie autour de cette IA", déclare Corine de Bilbao.

Microsoft a ainsi annoncé en 2024 un investissement de 4 milliards d'euros en France lors du sommet Choose France pour agrandir ses centres de données dans les régions de Paris et Marseille (sud), et construire un datacenter dans l'est de la France, près de Mulhouse.

"Ca avance très bien", explique-t-elle, sans donner de date à laquelle le centre sera opérationnel. "Cela ne pousse pas comme des champignons, ce sont des projets qui prennent quelques années en général", entre le dépôt de permis, de construction et l'accompagnement.

Pour 2026, le défi sera de passer d'une intelligence artificielle "expérimentale à une IA opérationnelle, qui délivre de la valeur pour les entreprises, à la fois sur leurs revenus, la productivité, et qui les aide à se transformer", conclut-elle.