Afghanistan: libération de deux journalistes étrangers en mission pour l'ONU

Des journalistes couvrent une manifestation de femmes en soutien au régime taliban devant l'ambassade des États-Unis à Kaboul le 26 janvier 2022. (AFP)
Des journalistes couvrent une manifestation de femmes en soutien au régime taliban devant l'ambassade des États-Unis à Kaboul le 26 janvier 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 12 février 2022

Afghanistan: libération de deux journalistes étrangers en mission pour l'ONU

  • Ces arrestations ont eu lieu près de six mois après la reconquête éclair du pouvoir par les talibans en Afghanistan
  • Le HCR, se disant «soulagé», a annoncé leur libération vendredi depuis Genève, sans préciser depuis quand ils étaient détenus

KABOUL : Deux journalistes étrangers en mission en Afghanistan pour le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), qui avaient été arrêtés à Kaboul, ont été libérés ainsi que leurs collègues afghans.  

Le HCR, se disant "soulagé", a annoncé leur libération vendredi depuis Genève, sans préciser depuis quand ils étaient détenus. 

"Nous sommes reconnaissants à tous ceux qui ont exprimé leur inquiétude et offert leur aide. Nous restons attachés au peuple afghan", a commenté l'agence des Nations unies dans un communiqué.

Ces arrestations ont eu lieu près de six mois après la reconquête éclair du pouvoir par les talibans en Afghanistan, à la faveur du retrait précipité des troupes américaines.

Le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, qui s'était engagé plus tôt à se pencher sur la question, a déclaré vendredi soir que la situation avait été résolue.

"Les ressortissants étrangers qui se sont identifiés comme faisant partie d'une organisation internationale ont été détenus parce qu'ils ne possédaient ni cartes d'identité, ni licences, ni les documents nécessaires", a-t-il déclaré.

"Ils étaient en bonne forme, en contact avec leurs familles, et après avoir été identifiés (...) ils ont été libérés", a ajouté M. Mujahid sur Twitter, sans donner de noms.

Le journaliste indépendant et ancien correspondant de la BBC Andrew North, qui couvre régulièrement l'Afghanistan depuis deux décennies, figurait parmi les personnes détenues, selon sa femme Natalia Antelava.

"Andrew était à Kaboul pour travailler pour le HCR et essayait d'aider la population en Afghanistan", avait-elle expliqué sur Twitter, avant l'issue heureuse.

Visite britannique

Ces arrestations sont intervenues alors que la communauté internationale a posé le respect des droits humains, particulièrement ceux des femmes, comme condition préalable à un éventuel retour de l'aide internationale qui représentait avant le retour au pouvoir des talibans environ 75% du budget afghan et portait le pays à bout de bras.

Sans ces fonds, et face au gel de 9,5 milliards d'avoirs afghans détenus à l'étranger, l'Afghanistan s'enlise dans une profonde crise humanitaire. Plus de la moitié des 38 millions d'Afghans sont menacés par la famine, selon l'ONU.

Les annonces vendredi de l'arrestation, puis de la libération, sont aussi intervenues au lendemain de la visite d'une délégation britannique à Kaboul.

Le chef de la mission du Royaume-Uni en Afghanistan, Hugo Shorter, actuellement basé au Qatar, a rencontré jeudi le ministre taliban des Affaires étrangères, Amir Khan Muttaqi.

Cette rencontre a été l'occasion d'évoquer la crise humanitaire et la question des droits humains avec les responsables talibans, selon M. Shorter.

Aucun pays n'a encore reconnu officiellement le gouvernement taliban. 

Répression

L'arrestation des deux journalistes étrangers constitue "le triste reflet du déclin général de la liberté de la presse et des attaques croissantes contre les journalistes sous le régime taliban", avait réagi, avant leur libération, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Depuis leur retour au pouvoir, les fondamentalistes islamistes ont arrêté certaines voix critiques de leur régime et ont tabassé ou arrêté plusieurs journalistes.

La presse locale est la première à faire les frais de cette répression. Depuis août, plus de 50 professionnels des médias afghans ont été interpellés ou arrêtés par la police ou les services de renseignements, selon un rapport publié par Reporters Sans Frontières début février.

Ces arrestations, qui s'accompagnent de violences, ont pu durer de quelques heures à près d'une semaine, selon RSF.

L'Afghanistan est depuis des décennies l'un des pays les plus dangereux du monde pour les journalistes. Plusieurs employés des médias, dont des femmes, ont notamment été tués lors d'assassinats ciblés attribués aux talibans, dans les mois qui ont précédé leur offensive éclair pour reconquérir le pays.

Deux journalistes d'une chaîne de télévision afghane, Ariana TV, avaient également été relâchés début février, après deux jours de détention dans la capitale afghane.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.


L'Égypte condamne les attaques iraniennes contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït

La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
La ligne d'horizon de Manama lors du troisième jour des essais de pré-saison de Formule 1 sur le circuit international de Bahreïn à Sakhir, le 28 février 2025. (File/AFP)
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  • L'Egypte met en garde contre les attaques qui menacent la stabilité régionale et réaffirme son soutien aux Etats arabes du Golfe
  • Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe

DUBAI : L'Egypte a condamné mercredi les attaques iraniennes visant la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, les décrivant comme une escalade dangereuse et une violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des trois pays.

Le Koweït, Bahreïn et la Jordanie ont signalé des interceptions de drones, des sirènes de raids aériens et des tirs de missiles dans le cadre des attaques iraniennes contre des cibles liées aux États-Unis dans la région.

Dans une déclaration, le ministère égyptien des affaires étrangères a exprimé la "pleine solidarité" du Caire avec les trois États du Golfe et a affirmé son soutien aux mesures visant à protéger leur sécurité, leur stabilité et leurs biens nationaux.

Le ministère a déclaré que les attentats menaçaient la sécurité et la stabilité de l'ensemble de la région, soulignant que la sécurité des États arabes faisait "partie intégrante" de la sécurité nationale égyptienne et arabe.

L'Égypte a également réitéré son rejet de toute action qui porte atteinte à la souveraineté des États ou menace l'intégrité territoriale, tout en appelant à la désescalade et au respect du droit international afin de préserver la stabilité régionale.


Gaza: les discussions du Caire butent sur la question clef du désarmement

Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes. (AFP)
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  • Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs"
  • Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté

LE CAIRE: Les discussions au Caire en vue d'avancer vers une fin de la guerre à Gaza butent sur un différend entre mouvements palestiniens et médiateurs sur la question clef du désarmement de ce territoire et du Hamas, a appris l'AFP mardi de sources palestiniennes.

"Les consultations se poursuivent [...] dans un contexte de divergences nettes de vision [...] la question des armes restant le seul point de discorde", a déclaré à l'AFP une source politique palestinienne au fait des pourparlers.

Faisant état d'"avancées", un dirigeant de mouvement palestinien a confirmé le blocage, reconnaissant que "la question des armes est l'un des dossiers les plus sensibles qui ont été abordés" et que la balle était "dans le camp d'Israël et des médiateurs", soit l'Egypte, le Qatar et la Turquie.

Les groupes palestiniens "restent attachés" au principe selon lequel la question du désarmement doit être liée à au "retrait total d'Israël de la bande de Gaza", a-t-il ajouté.

Validé par l'ONU, le plan de paix par étapes du président américain Donald Trump en vue de mettre fin à la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas sur Israël, n'entrevoit au contraire qu'à très long terme la possibilité d'un retrait total des troupes israéliennes, qui contrôlent aujourd'hui environ 60% de ce territoire.

Et Israël continue d'exiger un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route fixée par M. Trump.

Plus tôt mardi, plusieurs sources palestiniennes impliquées dans les discussions avaient fait état d'un accord entre les différents mouvements pour que les groupes militarisés de la bande de Gaza remettent une partie de leurs armes à une instance palestinienne ad hoc, restant à créer.

Une telle proposition n'ayant a priori aucune chance d'être acceptée par Israël, "l'Egypte et les médiateurs travaillent à élaborer une nouvelle formule acceptable tenant compte de ce consensus", avait indiqué un des participants.

Parmi les mouvements présents au Caire figurent le Hamas, le Jihad islamique et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) parmi les plus importants, mais pas le Fatah, la formation du président palestinien Mahmoud Abbas.

Les discussions du Caire se tiennent alors que les frappes israéliennes - visant, selon Israël, des membres de groupes armés - se poursuivent à un rythme quasi-quotidien en dépit du cessez-le-feu annoncé en octobre 2025.

Les parties se renvoient mutuellement la responsabilité de la situation, le Hamas accusant Israël de ne pas respecter ses engagements, notamment humanitaires.

Les pourparlers entre le Hamas et les médiateurs doivent reprendre mercredi, selon un dirigeant du mouvement islamiste.

Le Hamas a déjà plusieurs fois déclaré ne pas être opposé à rendre une partie de son arsenal, mais uniquement dans le cadre d'un processus politique palestinien.

Son ancien numéro un, Khaled Mechaal, a aussi évoqué un "gel" ou un "stockage" des armes, ce qui avait été immédiatement rejeté par Israël.