Les convois anti-pass ont grossi les manifestations mais sans bloquer Paris

La place de l'Arc de Triomphe puis l'avenue ont progressivement été évacuées par les forces de l'ordre à coups de gaz lacrymogènes. (Photo, AFP)
La place de l'Arc de Triomphe puis l'avenue ont progressivement été évacuées par les forces de l'ordre à coups de gaz lacrymogènes. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 13 février 2022

Les convois anti-pass ont grossi les manifestations mais sans bloquer Paris

  • Vers minuit, les forces de l'ordre tentaient encore de disperser quelques dizaines de manifestants irréductibles près des Champs-Elysées
  • Plus tôt en début d'après-midi, plus d'une centaine de véhicules avaient rejoint cette célèbre avenue de la capitale

PARIS : Certains sont allés jusqu'aux Champs-Elysées perturber la circulation, d'autres ont défilé dans les manifestations autorisées, mais les participants aux convois anti-pass, partis de toute la France, n'ont pas bloqué Paris comme ils le voulaient.

Vers minuit, les forces de l'ordre tentaient encore de disperser quelques dizaines de manifestants irréductibles près des Champs-Elysées, après avoir réussi à les repousser dans des rues adjacentes.

Plus tôt en début d'après-midi, plus d'une centaine de véhicules avaient rejoint cette célèbre avenue de la capitale, des automobilistes, certains désormais à pied, agitant des drapeaux ou scandant "liberté", alors que leur manifestation n'avait pas été autorisée. 

La situation s'est ensuite tendue: la place de l'Arc de Triomphe puis l'avenue ont progressivement été évacuées par les forces de l'ordre à coups de gaz lacrymogènes.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a indiqué samedi soir dans un tweet que 337 personnes avaient été verbalisées et 54 interpellées par les forces de l'ordre à Paris.

Parmi elles, une figure emblématique des "gilets jaunes" Jérôme Rodrigues, en tant qu'organisateur d'une manifestation interdite par le préfet de police de Paris, selon une source policière.

Rassemblement hétéroclite d'opposants au président Emmanuel Macron, au pass vaccinal et de "gilets jaunes", ceux qui se font appeler "convois de la liberté" se sont constitués sur le modèle de la mobilisation qui paralyse actuellement la capitale canadienne Ottawa.

Voitures, camping-cars et camionnettes sont partis de Nice, Lille, Strasbourg, Vimy (Pas-de-Calais) ou encore Châteaubourg (Ille-et-Vilaine) pour rejoindre la capitale à vitesse réduite sur des routes secondaires.

"Il y a eu quelque chose d'extraordinaire sur la route (...) Des gens nous ont fait des signes, on a même vu un maire avec son écharpe nous faire de grands signes. Une ambiance de folie!", a témoigné auprès de l'AFP Jean-Pierre Outrequin, Perpignanais de 65 ans, finalement arrivé sur les Champs-Elysées. 

Pouvoir d'achat

D'autres participants de ces convois anti-pass, affirmant défendre "la liberté" mais aussi le pouvoir d'achat, ont également rejoint les traditionnelles manifestations pour protester contre le pass vaccinal autorisées samedi à Paris.

A la mi-journée, quelques centaines de personnes ont défilé de place d'Italie à Nation, pour une manifestation de "gilets jaunes". 

Dans le cortège, Un drapeau occitan dans les mains au milieu de quelques drapeaux français, Jean-Paul Lavigne, 65 ans, venu d'Albi dans un de ces convois jeudi a expliqué vouloir manifester contre la hausse des carburants, de l'électricité, de l'alimentation, mais aussi contre les vaccins, "un mensonge de notre gouvernement". 

"Tous avec les convois", entendait-on au mégaphone dans un autre rassemblement, celui organisé par le mouvement Les Patriotes de Florian Philippot, place du Palais Royal.

Aurélie M., 42 ans, assistante de direction en région parisienne, non vaccinée, se désole de "ne plus pouvoir prendre le TGV (...) mais de pouvoir emprunter la ligne 13 de métro, bondée". "Il y a plein d'incohérences injustes", dénonce-t-elle, sans vouloir donner son nom.

Affrontements et dégradations à Montpellier

MONTPELLIER : Une manifestation anti-pass réunissant selon la police quelque 2 500 manifestants dans le centre de Montpellier a été marquée samedi par des dégradations et des affrontements, a constaté un journaliste de l'AFP.

Plusieurs vitrines ont été cassées, dont celles de deux banques, et des poubelles incendiées, par une partie radicalisée des manifestants, selon la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) de l'Hérault.

Au total cinq personnes ont été interpellées a-t-on appris dans la soirée de source policière.

Prises pour cibles par des jets de projectiles venant de manifestants, les forces de l'ordre ont répliqué en utilisant à plusieurs reprises des gaz lacrymogènes, devant la préfecture de l'Hérault et place de la Comédie, pour disperser la foule.

La situation est restée tendue jusqu'à la fin de l'après-midi, avec "des groupes épars (qui) continuaient de semer le trouble", "plusieurs centaines de personnes" selon la police.

En milieu d'après-midi, les forces de l'ordre avaient dû détourner la circulation pour empêcher les véhicules de se diriger vers le centre-ville, avait constaté l'AFP.

«Collectivement fatigués»

Si la police avait recensé vendredi soir 3 000 véhicules pour 5 000 manifestants dans ces convois en route pour Paris, tous les convois n'ont finalement pas rallié la capitale.

Un convoi de 300 véhicules a été stoppé sur l'autoroute A4, venu de l'Est parisien, et les forces de l'ordre ont verbalisé des véhicules selon la préfecture de police, comme elles l'avaient fait plus tôt dans la journée pour un autre convoi porte de Saint-Cloud.

Autre convoi qui n'a pas atteint Paris, environ 400 véhicules étaient stationnés à la mi-journée dans la forêt de Fontainebleau, selon une source policière. Un millier d'opposants au pass vaccinal y ont pique-niqué dans une ambiance bon enfant.

Les mobilisations autorisées contre les mesures sanitaires ont rassemblé 32 100 manifestants samedi en France, dont près de 7 600 à Paris, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Des chiffres qui ne comprennent pas l'opération, interdite, autoproclamée "convois de la liberté".

L'interdiction de rassemblement des convois, maintenue vendredi soir par le tribunal administratif de Paris qui a rejeté deux recours, a été confirmée samedi soir par le Conseil d'État, selon la préfecture de police.

"Le droit de manifester et d'avoir une opinion sont un droit constitutionnellement garanti dans notre République et dans notre démocratie. Le droit de bloquer les autres ou d'empêcher d'aller et venir ne l'est pas", a estimé Jean Castex.

A deux mois de l'élection présidentielle, le gouvernement affirme envisager pour fin mars ou début avril la levée du pass vaccinal et compte supprimer dès le 28 février l'obligation de porter un masque dans les lieux où le pass est exigé.

Samedi soir, le ministère a assuré rester "concentré et mobilisé car le week-end n’est pas fini".

Quelque 7 500 membres des forces de l'ordre sont mobilisés par la préfecture de police de Paris depuis vendredi jusqu'à lundi, les convois anti-pass ayant prévu de gagner Bruxelles lundi.


En France, les canicules à répétition s'invitent dans la recherche de logement

Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
Un piéton passe devant la tour Eiffel et l’herbe desséchée du Champ-de-Mars à Paris, le 15 juillet 2026. (AFP)
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  • La chaleur devient un critère immobilier à part entière : exposition, étage, volets, ventilation, extérieur, arbres et climatisation pèsent davantage dans les choix
  • Face à des canicules plus fréquentes, les acheteurs se projettent sur le confort d’été à long terme et questionnent désormais l’habitabilité réelle des logements

PARIS: Climatisation, volets, arbres: les Français commencent à intégrer les fortes températures dans leurs critères de recherche de nouveau logement, conséquence des vagues de chaleur qui se succèdent et ne sont plus considérées comme des phénomènes isolés.

Exemple de cette évolution des comportements: Christian Tokoto, agent immobilier chez Guy Hoquet, a en vente "un appartement magnifique, avec de grandes vitres" en plein centre de Paris. Malgré "beaucoup de visites, les clients nous disent +trop chaud+, parce qu'il n'est pas traversant. Et donc, pour l'instant, il est toujours sur le marché !"

En France comme dans une grande partie de l'Europe, peu de régions échappent cet été à des températures qui dépassent régulièrement 35 voire 40°C, alors que les logements sont peu adaptés aux canicules et très rarement climatisés.

C'est le cas notamment des immeubles dits haussmanniens emblématiques de Paris, construits au XIXe siècle avec des toits en zinc ravissants sur les cartes postales mais qui chauffent fortement sous l'effet de la chaleur et du soleil.

"Au dernier étage d'un immeuble haussmannien la chaleur à l'intérieur devient vraiment insupportable", observe auprès de l'AFP Joseph Denke, agent immobilier chez FredéLion à Paris.

Il constate une évolution des critères depuis quelques mois, notamment une baisse de la demande pour l'exposition sud synonyme de soleil.

- Horizon "10-15 ans" -

La chaleur ressentie lors de la visite d'un studio de 14 m2 fait d'ailleurs douter un de ses clients, Camille Couturier, 30 ans. "Etre sous les toits c'est quelque chose qui peut être inquiétant, qui pourrait être un point négatif à l'appartement", relève-t-il à côté de la fenêtre ouverte du logement non-traversant.

En achetant un appartement, il se projette "au moins à 10-15 ans" et s'inquiète donc de savoir s'il pourra "utiliser cet appartement de manière vivable" ou "devoir fuir comme tout le monde parce qu'il fait trop chaud".

Alors que l'Europe occidentale a connu son début d'été le plus chaud enregistré selon l'observatoire européen du changement climatique, un logement sur deux en France serait une bouilloire thermique, surnom donné aux habitations qui se réchauffent très vite, estime le cabinet Pouget Consultants et Ignes.

Pour Sophie Bourg, directrice marketing de la plateforme d'annonces leboncoin immobilier, les canicules ne sont plus perçues par les Français "comme des épiphénomènes" mais "sont vraiment intégrées comme étant structurelles dans les choix résidentiels". "La fraîcheur, le confort d'été sont devenus un critère immobilier à part entière", assure-t-elle.

Un tiers des répondants à un sondage mené en ligne par la société en juin disaient ne pas exclure de déménager si les canicules s'intensifient.

- "Plus un tabou" -

Exposition, étage, piscine, volets, possibilité de faire des courants d'air, espaces extérieurs, terrasse ombragée et même présence d'arbres dans le quartier font désormais partie des critères et discussions que les professionnels de l'immobilier interrogés par l'AFP voient émerger.

Quant à la climatisation, sa possible généralisation a fait l'objet d'intenses débats politiques en France en début d'été, car elle est vue par certains comme un simple remède à l'inaction face au changement climatique et provoque des rejets de chaleur à l'extérieur.

Mais lors des recherches de logement, "ce n'est plus du tout un tabou", tranche Yann Jéhanno, président du réseau immobilier Laforêt.

"Les acquéreurs ne regardent plus seulement le logement, mais plutôt son habitabilité. Ils ne vont plus se contenter seulement du diagnostic de performance énergétique, mais interroger les agents immobiliers avec des questions très concrètes sur la température pendant la dernière vague de chaleur, s'il est possible d'aérer la nuit, si on dort bien dans les chambres", détaille-t-il.


Présidentielle: Bayrou souhaite une grande primaire entre "tous ceux qui rejettent les extrêmes"

Le maire sortant de Pau et candidat centriste du MoDem à sa réélection, François Bayrou, s’apprête à voter lors du premier tour des élections municipales françaises de 2026 à Pau, dans le sud-ouest de la France, le 15 mars 2026. (Photo : AFP)
Le maire sortant de Pau et candidat centriste du MoDem à sa réélection, François Bayrou, s’apprête à voter lors du premier tour des élections municipales françaises de 2026 à Pau, dans le sud-ouest de la France, le 15 mars 2026. (Photo : AFP)
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  • François Bayrou appelle à une grande primaire des forces démocrates et réformistes, de la social-démocratie aux gaullistes, pour désigner un candidat commun d’ici fin janvier ou début février 2027
  • Il estime qu’en l’absence d’un rassemblement, le risque d’un second tour opposant l’extrême droite à l’extrême gauche serait maximal et invite les candidats potentiels à clarifier leurs intentions dès la rentrée

PARIS: Face au "risque" d'un second tour Mélenchon-Le Pen en 2027, l'ex-Premier ministre centriste François Bayrou plaide, dans un entretien dimanche au Figaro, pour une grande primaire de "tous ceux qui rejettent les extrêmes", afin de désigner un candidat unique d'ici février.

Pour François Bayrou, "le risque maximum, c'est un deuxième tour entre l'extrême droite et l'extrême gauche" et cette "catastrophe" se produira "si nous ne portons pas au deuxième tour un candidat capable de rassembler tous les démocrates réformistes".

Or, selon le patron du MoDem, soutien d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022, aucun des prétendants déclarés au sein de cet espace politique n'est aujourd'hui en mesure de fédérer aussi largement.

Pas même Edouard Philippe, pourtant le mieux placé dans les sondages: "Il défend sa position, c'est légitime. Mais qui porte le profond renouvellement attendu?", regrette M. Bayrou.

Lui-même trois fois candidat à l'Elysée, l'ex-maire de Pau considère donc que "tous ceux qui rejettent les extrêmes doivent accepter d'organiser une compétition entre les candidats potentiels (...) du Parti socialiste, dans sa version sociale-démocrate, jusqu'aux gaullistes".

Une grande primaire où "chacun défend sa vision de l'avenir et un vote le plus ouvert possible a lieu fin janvier ou début février pour décider", ce qui laissera au lauréat "deux mois pleins de campagne", bien assez pour remporter un scrutin qui "se joue à la fin, parfois la dernière semaine", selon M. Bayrou.

Dans le cas contraire, faute d'une méthode pour départager les postulants, "si ça ne se fait pas par un accord large, parce que tout le monde est déraisonnable, ça se fera par effraction, par bousculade", prédit-il.

Quoi qu'il en soit, "tous ceux qui veulent se présenter doivent maintenant s'exprimer" d'ici septembre, car "la période des présentations, c'est la rentrée", avant "la décantation et la confrontation".

"Il faut sortir de l'ambiguïté générale (...) Il est temps d'y voir clair", insiste le leader centriste, qui énumère une liste de personnalités aux intentions plus ou moins claires, de Bernard Cazeneuve à Michel Barnier, en passant par Xavier Bertrand et Bruno Le Maire, jusqu'à François Baroin et Yaël Braun-Pivet.

Au passage, il vante les mérites de l'ex-commissaire européen Thierry Breton, "enraciné dans la grande famille démocrate et réformatrice" mais qui "n'a pas appartenu au pouvoir sortant" et qui dispose d'une "capacité à réunir très largement en raison de son expérience".


Risque de feux de forêt : la Gironde repasse en vigilance rouge

Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
Une ligne pare-feu, une zone de rupture de la végétation, aménagée par des habitants près de Lège-Cap-Ferret, à l’ouest de Bordeaux, le 29 juillet 2026, lors des incendies de forêt en Gironde, dans le sud-ouest de la France. (AFP)
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  • La Gironde repasse en vigilance rouge face au risque de feux de forêt, avec des températures pouvant atteindre 38 °C et de nouvelles restrictions pour prévenir les incendieS
  • Le mégafeu de Saumos, désormais maîtrisé mais toujours sous surveillance, a ravagé 42 000 hectares, détruit 240 maisons et entraîné l’évacuation de plus de 220 000 personnes

BORDEAUX: La Gironde, où 42.000 hectares ont brûlé en raison d'un mégafeu "fixé" le 1er août, est repassée samedi midi en vigilance rouge pour les risques de feux de forêt, le quatrième niveau sur une échelle de cinq, a annoncé la préfecture.

La décision, prise "au regard de l'évolution météorologique défavorable", avec des pointes de chaleur avoisinant les 38°C dans le Sud-Ouest selon Météo-France, "entraîne le renforcement des mesures de prévention et de restriction", précise la préfecture dans un communiqué. Les manifestations festives, sportives et culturelles sont notamment interdites dans les "espaces exposés" des "communes à dominante forestière".

Dans l'ensemble du département, plusieurs activités susceptibles de provoquer des incendies sont interdites : utiliser un chalumeau pour débroussailler ou des lanternes volantes, brûler des déchets verts, tirer des feux d'artifice, sauf ceux d'initiative publique depuis une plage, en dehors des zones exposées et en direction du large.

L'incendie déclenché le 22 juillet à Saumos, à l'ouest de Bordeaux, a brûlé 42.000 hectares - une superficie correspondant à quatre fois celle de Paris -, détruit 240 maisons et contraint à l'évacuation de plus de 220.000 personnes. Ce mégafeu, le plus dévastateur depuis 1949, est considéré comme "maîtrisé" par les autorités, mais reste sous surveillance étroite.