Documentaire sur Kanye West: le réalisateur déçu par les exigences de l'artiste

Le rappeur Kanye West assiste à un match entre les Sacramento Kings et les Los Angeles Lakers le 26 novembre 2021 au Staples Center de Los Angeles, Californie. (2021 NBAE Juan Ocampo/NBAE via Getty Images/AFP)
Le rappeur Kanye West assiste à un match entre les Sacramento Kings et les Los Angeles Lakers le 26 novembre 2021 au Staples Center de Los Angeles, Californie. (2021 NBAE Juan Ocampo/NBAE via Getty Images/AFP)
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Publié le Lundi 14 février 2022

Documentaire sur Kanye West: le réalisateur déçu par les exigences de l'artiste

  • Le premier volet de «Jeen-yuhs: La trilogie Kanye West», qui dure sept heures au total, doit être diffusé à partir de mercredi par Netflix
  • L'artiste souffre de troubles bipolaires qui ont conduit à son hospitalisation en 2016

LOS ANGELES: Le réalisateur d'un nouveau documentaire consacré à Kanye West a été déçu, sinon surpris, par les propos polémiques de l'artiste, qui a exigé à la dernière minute un nouveau montage du film entamé voici plus de vingt ans avec sa bénédiction.

Clarence «Coodie» Simmons a commencé à suivre son ami Kanye West avec sa caméra en 2001, curieux de voir où les pas de cet ambitieux musicien de Chicago allaient le porter. Au bout du voyage vers la célébrité, il s'est retrouvé avec 320 heures d'images inédites et souvent intimes.

Le premier volet de «Jeen-yuhs: La trilogie Kanye West», qui dure sept heures au total, doit être diffusé à partir de mercredi par Netflix. Mais l'artiste, notoirement perfectionniste et connu pour ses lubies, s'est manifesté le mois dernier sur son compte Instagram pour exiger d'approuver la version finale du projet, afin de «contrôler» son image.

«J'ai dit à Kanye qu'il devait avoir 100% confiance dans ce film... Il a dit qu'il avait confiance», affirme Coodie Simmons dans un entretien avec l'AFP. «Alors quand j'ai vu son Instagram, j'ai été un peu déçu», lâche-t-il.

La semaine dernière encore, Kanye West - qui se fait désormais appeler seulement «Ye» - poursuivait ses demandes, par exemple pour que Drake, autre star du rap, assure la narration du documentaire. Netflix n'a pas répondu publiquement.

Ironie du sort, Coodie Simmons s'était par le passé mis en quatre pour faire plaisir à Kanye West. Il avait notamment renoncé à diffuser une première fois ses images en 2005 car l'artiste «disait qu'il n'était pas prêt à montrer au monde qui il est vraiment».

- «Extra-terrestre» -

Au fil des ans, les deux hommes s'étaient éloignés et Coodie Simmons dit n'avoir eu que très peu de contact avec Kanye West pendant une dizaine d'années. Mais le chanteur s'est montré vendredi à une projection du film à Hollywood, donnant une accolade au réalisateur.

«Les gens essaient de nous effacer et nous nous éloignons, nous dispersons, ou bien nous ne nous parlons plus», a-t-il lancé au public dans le style cryptique qui lui est coutumier.

Les problèmes psychologiques de Kanye West ne sont pas éludés dans le film. L'artiste souffre de troubles bipolaires qui ont conduit à son hospitalisation en 2016 et ont semblé jouer un rôle dans son étrange candidature à la présidentielle en 2020.

Voici deux ans, Coodie Simmons était revenu filmer son camarade lors d'une rencontre avec des promoteurs immobiliers durant laquelle Kanye West avait tenu des propos très décousus, disant par exemple avoir pris des médicaments «pour avoir une conversation normale et passer de l'extra-terrestre à l'anglais».

Très perturbé par l'état de son ami, Simmons avait décidé d'éteindre sa caméra. «C'était la première fois que je filmais Kanye sous ce jour», explique cet ancien humoriste et présentateur de télévision

«J'ai senti que je devais poser ma caméra afin de pouvoir l'écouter et être là pour lui», dit-il, soulignant que la situation s'est par la suite reproduite à quelques reprises.

- «Insouciant» -

Vendredi, Kanye West a, à sa manière, tenté d'expliquer ses excentricités: «j'ai fait en public ce qui peut vous sembler être des erreurs» afin de montrer au monde les limites posées aux Afro-Américains.

«Nous sommes sur des labels que nous ne possédons pas, nous jouons dans des équipes de basket-ball qui ne sont pas à nous. Le moment est venu», a-t-il assuré.

Simmons et son co-réalisateur Chike Ozah espèrent que montrer Kanye West dans ses moments de faiblesse permettra au public de revoir son opinion sur un artiste souvent brocardé comme arrogant et mégalomane.

Chike Ozah cite ce moment partagé dans un fast-food où West célèbre la fin de sa convalescence après un grave accident de voiture qui l'avait blessé à la mâchoire. «C'est un instant qu'on partage avec Kanye, où il prend même la caméra des mains de Coodie et commence à le filmer, il a l'air insouciant et si heureux.»

Après toutes ces années, Kanye West est-il enfin prêt à se montrer au monde tel qu'il est ?

«Ce n'est pas vraiment la question... J'espère qu'il regardera ce film», répond Simmons.

«Le monde doit voir ça, ce n'est pas juste une histoire entre Kanye et moi», ajoute le réalisateur.


Le musée Al-Tayebat de Djeddah célèbre le patrimoine national

  • Costumes, textiles et objets artisanaux exposés au musée
  • Un pont entre les visiteurs locaux et internationaux et les cultures du Royaume

​​​RIYAD : Au musée Al-Tayebat, Cité internationale des sciences et du savoir à Djeddah, le Pavillon de la culture saoudienne ouvre une fenêtre vivante sur le patrimoine national, mettant en lumière l’authenticité de l’identité du Royaume et la richesse de ses multiples cultures.

Le pavillon s’est imposé comme l’une des attractions éducatives et touristiques les plus remarquables du Royaume, invitant les visiteurs à découvrir l’histoire des vêtements traditionnels et des costumes régionaux qui distinguent les différentes régions de l’Arabie saoudite à travers les siècles.

Le musée lui-même constitue un véritable monument culturel : il comprend 12 bâtiments patrimoniaux construits dans le style architectural traditionnel du Hijaz et abrite plus de 365 salles d’exposition.

Une grande partie de cet espace est consacrée aux costumes, textiles et savoir-faire artisanaux propres à chaque région, présentés de manière à associer le charme du passé à la rigueur de la documentation moderne.

Les couloirs du musée offrent un panorama visuel saisissant qui traverse l’ensemble du pays, du nord au sud et de l’est à l’ouest.

La région occidentale et le Hijaz ouvrent le parcours avec le zaboun féminin, les foulards maharem et la mudawwara, ainsi qu’avec la daqla, le gilet sidiriyah et le turban hijazi portés par les hommes. Ces tenues sont mises en valeur devant les rawasheen, les célèbres moucharabiehs en bois sculpté caractéristiques des maisons historiques de Djeddah.

Ailleurs dans le pavillon, les régions centrale et orientale affirment leur héritage à travers la splendeur du bisht d’Al-Ahsa, tissé à la main avec des fils dorés de zari, ainsi que des jalabiyas finement brodées.

La région méridionale attire ensuite le regard avec des couleurs inspirées directement de la nature : le mijnab et les chemises ornées de fils de canne aux teintes vives, exposés aux côtés de guirlandes parfumées et de bijoux traditionnels en argent.

Le nord raconte quant à lui son histoire à travers le mhawthal et les lourdes abayas conçues pour résister aux rigueurs de la vie désertique.

Selon Youssef Mohammed Kiki, superviseur général du musée, ces vêtements constituent de véritables documents historiques et sociaux, témoignant du mode de vie des populations, de leurs métiers et des conditions climatiques propres à chaque région.

Grâce à ces pièces rares, préservées pendant des décennies, le musée espère renforcer le lien des jeunes générations et des visiteurs avec le patrimoine national du Royaume. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: l'Egypte renverse la Nouvelle-Zélande (3-1) et entrevoit les 16es

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
  • Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités
  • Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique

VANCOUVER: L'Egypte, pourtant menée durant une heure, a réussi à renverser la situation, pour finalement remporter sa toute première victoire en Coupe du monde, aux dépens de la Nouvelle-Zélande (3-1), et ainsi entrevoir les 16e de finale, dimanche à Vancouver.

Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités.

Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique.

Voilà donc l'Egypte en ballottage bien favorable, mais l'histoire avait commencé à s'écrire autrement face à des Néo-Zélandais bien mieux entrés dans le match, grâce à l'ouverture du score de leur défenseur Finn Surman, auteur d'un coup de tête puissant (15e).

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah".

Et un homonyme célèbre suivant un autre, Trezeguet s'est chargé de donner de la largesse au résultat (82e) mérité pour son équipe, qui a su réagir dos au mur.

"Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l'un des grands moments de l'histoire. On avait l'impression de jouer (chez nous) en Égypte", a déclaré Salah après le match. "C'est une superbe victoire et l'ambiance était géniale."

Les All Whites eux n'ont pas réussi à garder leur avantage plus d'une heure, mais ils conservent tout de même l'espoir de se qualifier. Il leur faudra pour cela battre la Belgique sur cette même pelouse de la BC Place vendredi. Ce qui serait un sacré exploit, mais pas impossible au regard des doutes qui traversent les Diables Rouges dans ce tournoi.


L'art numérique se fait une place sur le marché de l'art à la foire de Bâle

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
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  • Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars
  • En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante

BALE: Entre une toile de Picasso et une sculpture de Niki de Saint Phalle, les organisateurs de la foire de Bâle, en Suisse, ont mis un coup de projecteur sur l'art numérique pour détailler comment les artistes s'emparent des outils technologiques.

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR).

Dans une section à part appelée Zero 10, la foire expose 16 oeuvres qui donnent un aperçu de la palette d'outils à la disposition des artistes, en présentant l'art numérique "dans son acceptation large", précise l'artiste américain Trevor Paglen, 51 ans, co-responsable de cette exposition.

"L'idée que les artistes utilisent les technologies n'est pas si nouvelle", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que l'art numérique ne se résumait pas aux NFT. Il a voulu montrer que dès les "les années 1950", les artistes cherchaient déjà à produire "des images générées par ordinateur".

L'exposition présente notamment une installation de l'artiste allemande Hito Steyerl, intitulée "Green screen", couverte d'un côté de plantes dont les signaux bioélectriques sont utilisés pour produire, de l'autre côté, des images de fleurs pixelisées.

Le Français William Mapan, 38 ans, qui se définit comme "codeur et peintre" y présente lui une série de toiles intitulées "paysages plausibles". Pendant deux ans, cet artiste parisien a développé un algorithme qui génère des milliers de compositions abstraites. Et lorsque l'une de ces images aléatoires en noir et blanc lui rappelle une photo ou un souvenir, il reprend ses pinceaux et la reproduit sur la toile en y ajoutant ses couleurs, a-t-il expliqué à l'AFP.

Segment émergent 

L'artiste ouzbek Aziza Kadyri, 31 ans, présente de son côté des étoffes ornées de fines broderies produites en se jouant des erreurs de l'intelligence artificielle. Pour concevoir les motifs, elle commence par soumettre à une IA des broderies Suzani, la broderie traditionnelle d'Asie centrale, en sachant parfaitement que cette IA va les interpréter de travers, passer à côté de leur signification et finalement lui proposer un dessin complètement à côté de la plaque qu'elle s'amuse ensuite à reproduire sur étoffe en utilisant les techniques traditionnelles de la broderie ouzbèke.

Selon un rapport réalisé pour la foire par UBS et le cabinet Arts Economics, l'art numérique ne représentait que 0,4% des ventes sur le marché de l'art en 2025, contre 59% pour la peinture et 15% pour la sculpture. Le rapport note cependant un intérêt grandissant de la part des riches collectionneurs.

Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars.

Le souvenir de la bulle des NFT est toutefois encore très frais dans les mémoires. En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante.

Les choses sont différentes quand "la démarche aboutit sur une oeuvre tangible", a indiqué à l'AFP Hans Laenen, expert en art chez Axa XL, pour ces nouvelles formes d'art numérique qui ont "beaucoup plus de chances de rester".

"L'art numérique est un domaines de création qui évolue très vite", et "finira par trouver sa place", estime lui aussi Nicolas Kaddeche, qui exerce chez l'assureur Hiscox, même s'il faut "rester prudent", selon lui.

"Cela reste un segment émergent et encore très spéculatif", prévient-il.