ONU: veto de la Russie, isolée, à une résolution dénonçant son «agression» de l'Ukraine

L'ambassadeur russe à l'ONU Vassily Nebenzia vote lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur une résolution concernant les actions de la Russie envers l'Ukraine à New York, États-Unis, le 25 février 2022. (REUTERS)
L'ambassadeur russe à l'ONU Vassily Nebenzia vote lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur une résolution concernant les actions de la Russie envers l'Ukraine à New York, États-Unis, le 25 février 2022. (REUTERS)
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Publié le Samedi 26 février 2022

ONU: veto de la Russie, isolée, à une résolution dénonçant son «agression» de l'Ukraine

  • Kenneth Roth, directeur de l’ONG Human Rights Watch, a vivement dénoncé un veto russe qui «envoie un signal effrayant aux civils ukrainiens de son indifférence au droit international»
  • En regrettant une réunion sans résultat, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres a affirmé qu'il fallait «donner une nouvelle chance à la paix»

 

NATIONS UNIES: La Russie a mis vendredi comme attendu son veto, lors d’un vote au Conseil de sécurité de l'ONU, à une résolution approuvée par une majorité de ses membres qui déplorait dans "les termes les plus forts" son "agression contre l'Ukraine" et lui réclamait de retirer "immédiatement" ses troupes de ce pays.


Sur les 15 membres du Conseil, 11 pays ont voté en faveur du texte, co-rédigé par les Etats-Unis et l'Albanie, trois se sont abstenus: Chine, Inde et Emirats arabes unis. Pékin a affirmé être contre la prise de sanctions qui pleuvent sur la Russie.


Le veto russe est "une tache de sang sur sa plaque au Conseil de sécurité", a réagi sur Twitter le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a jugé que le soutien au projet de résolution montrait "que le monde était avec" l'Ukraine. "La vérité est avec nous, la victoire sera nôtre", a-t-il ajouté


Le projet avait été adouci dans les heures précédant le scrutin pour "sécuriser" l'abstention des trois pays hésitant avec un vote négatif, selon un diplomate. Le texte proposé ne comportait ainsi plus le terme "condamner", remplacé par "déplorer". Une référence au chapitre 7 de la Charte de l'ONU, qui inclut un recours à la force, a aussi été supprimée.


La résolution "condamne" l'agression de la Russie, a cependant tranché l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, tandis que son homologue albanais, Ferit Hoxha, dénonçait de manière virulente Moscou pour avoir "décidé d'infliger la mort" en Ukraine, lors d'une séance empreinte de gravité.


"Les Etats membres responsables n'envahissent pas leur voisin", a ajouté la diplomate américaine.

En regrettant une réunion sans résultat, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres a affirmé qu'il fallait "donner une nouvelle chance à la paix". "Les soldats doivent retourner dans leurs casernes", a-t-il imploré.


"Des civils meurent" en Ukraine, a-t-il dit, alors que l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, quelques minutes plus tôt au Conseil de sécurité, avait assuré que l'armée russe ne visait que des cibles militaires. 

«Signal effrayant»
Devant le Conseil, l'ambassadeur ukrainien à l'ONU, Sergiy Kyslytsya, s'en est vivement et longuement pris à la Russie et à Vassily Nebenzia, accusant ce dernier de mensonges alors qu'il avait ces dernières semaines promis qu'il n'y aurait pas d'invasion.


"Vos mots ont moins de valeur qu'un bretzel!", a-t-il lancé avant de réclamer une minute de silence pour les morts en Ukraine, ponctuée par une salve d'applaudissements sous l'oeil noir du diplomate russe.


Avant la séance, Sergiy Kyslytsya avait posé, drapeau ukrainien en main, entouré des ambassadeurs de l'Union européenne, devant une vaste tapisserie représentant la peinture Guernica de Picasso, ornant un mur à l'entrée du Conseil de sécurité.


"Nous sommes ici en pleine solidarité avec le peuple de l'Ukraine", a affirmé Olof Skoog, ambassadeur représentant l'UE à l'ONU.


Depuis le début de son invasion militaire de l'Ukraine dans la nuit de mercredi à jeudi, la Russie, accusée par l'Occident et le chef de l'ONU de violer la Charte des Nations unies, clame agir en autodéfense en vertu de l'article 51 du document fondateur de l'Organisation. 


Après le vote, Vassily Nebenzia a dénoncé un projet de résolution "anti-russe et anti-ukrainien", accusant l'Occident de manipuler l'opinion mondiale.


Selon des diplomates, une résolution similaire à celle soumise au Conseil de sécurité devrait être proposée dans les jours à venir à un vote de l'Assemblée générale de l'ONU (193 membres) où le droit de veto n'existe pas. Certains ambassadeurs estiment qu’au vu du "désastre" actuel en Ukraine, plus d'une centaine de pays pourraient voter en sa faveur à l’Assemblée générale.


La résolution américano-albanaise avait reçu le co-parrainage de plus de 80 pays. Elle prévoyait, outre une vive critique de la Russie, de réaffirmer un soutien à la souveraineté de l'Ukraine, et d'obliger la Russie à cesser "de recourir à la force" et à retirer "immédiatement, complètement et sans condition toutes ses forces militaires" de ce pays.


Dans un communiqué, Kenneth Roth, directeur de l’ONG Human Rights Watch, a vivement dénoncé un veto russe qui "envoie un signal effrayant aux civils ukrainiens de son indifférence au droit international".


En 2014, après l’annexion russe de la Crimée, qui s’était faite sans effusion de sang, Moscou avait déjà mis son veto à un texte le condamnant, qui avait recueilli 13 voix favorables, la Chine s’abstenant. L’Inde ne faisait pas partie alors du Conseil de sécurité.


Une résolution ensuite à l'Assemblée générale avait obtenu 100 voix favorables. Onze pays avaient voté contre, 58 s'abstenant. Le reste des membres des Nations unies n'avait pas pris part au scrutin.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.