Enquête visant Carlos Ghosn: trois magistrats français ont atterri à Beyrouth

Carlos Ghosn assiste à une conférence de presse avec le président de l'Université libanaise de Kaslik à Beyrouth le 27 février 2022 (Photo, AFP).
Carlos Ghosn assiste à une conférence de presse avec le président de l'Université libanaise de Kaslik à Beyrouth le 27 février 2022 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 28 février 2022

Enquête visant Carlos Ghosn: trois magistrats français ont atterri à Beyrouth

  • La justice française peut demander au procureur libanais la notification des charges à M. Ghosn ou encore prononcer un mandat d'arrêt à son encontre
  • C'est le second déplacement de magistrats français dans cette affaire: en juin dernier, M. Ghosn avait été entendu en audition libre à Nanterre, mais aussi à Paris

NANTERRE: Trois magistrats français ont atterri dimanche soir à Beyrouth pour poursuivre leurs investigations dans l'enquête instruite à Nanterre visant Carlos Ghosn, ancien patron de l'alliance Renault Nissan, a appris l'AFP de source proche du dossier.

Les magistrats de Nanterre ont prévu de rester jusqu'à jeudi dans la capitale du Liban, où ils doivent notamment auditionner des témoins, a précisé la source proche. Ce voyage ouvre aussi la voie à un changement éventuel de statut de M. Ghosn, qui vit à Beyrouth depuis son évasion du Japon fin 2019.

Concrètement, la justice française peut demander au procureur libanais la "notification des charges" à M. Ghosn - l'équivalent d'une mise en examen en France - ou encore prononcer un mandat d'arrêt à son encontre.

C'est le second déplacement de magistrats français dans cette affaire: en juin dernier, M. Ghosn avait été entendu en audition libre pendant cinq jours, pour les enquêtes le visant à Nanterre, mais aussi à Paris, dans le cadre d'une commission rogatoire internationale. A l'issue de cette audition, ses avocats l'avaient dit "heureux" d'avoir pu "expliquer sa position".

Il avait toutefois refusé de répondre aux questions basées sur un disque dur, qu'il estime avoir été "volé au Liban par Nissan" et "peut-être modifié", a-t-il déclaré dans une interview au Parisien le 12 février.

D'après une autre source proche du dossier à l'AFP, les auditions de témoins qui doivent avoir lieu cette semaine au Liban pourraient être en lien avec ce disque dur.

Millions suspects

A l'issue de son audition en juin, ses avocats avaient assuré espérer que leur client obtienne un changement de statut, telle qu'une mise en examen, pour pouvoir soulever la nullité de la procédure à cause, notamment, de ce disque dur. 

L'ancien magnat de l'automobile est visé en France par deux procédures judiciaires: à Paris, pour les prestations de conseil conclus par RNBV, filiale néerlandaise incarnant l'alliance Renault-Nissan, avec l'ancienne ministre française de la Justice Rachida Dati et le criminologue Alain Bauer; et à Nanterre, notamment pour abus de biens sociaux et blanchiment.

A Nanterre, les enquêteurs s'intéressent vivement à près de 15 millions d'euros de paiements considérés comme suspects entre RNBV et le distributeur du constructeur automobile français à Oman, Suhail Bahwan Automobiles (SBA).

"Ils n'ont pas trouvé un seul flux financier provenant de Renault ou Nissan qui m'incrimine", a récemment rétorqué Carlos Ghosn, au Parisien.

La justice soupçonne également Carlos Ghosn d'avoir tiré un bénéfice personnel d'une convention de mécénat entre Renault et l'établissement qui gère le Château de Versailles, en y organisant deux soirées, ce qu'il conteste.

Âgé de 67 ans et visé par un mandat d'arrêt d'Interpol, l'ancien homme d'affaires, qui a les nationalités libanaise, française et brésilienne, est contraint de rester au Liban depuis sa fuite rocambolesque du Japon en décembre 2019. Il a précisé y donner des cours, à l'université de Beyrouth.

Arrêté en novembre 2018 à Tokyo, il avait justifié son évasion en assurant avoir voulu "échapper à l'injustice", dénonçant un "complot" des autorités japonaises.

Il a par la suite cosigné un livre "Le temps de la vérité". Plus récemment, il a de nouveau dénoncé plusieurs "coups de poignard". "Le premier coup de poignard est venu des Japonais, mais le coup de poignard mortel a été porté par le gouvernement français et le conseil d'administration de Renault", Renault s'étant constitué partie civile dans ce dossier, a-t-il dit au Parisien.

"Pour l'instant, je ne peux pas revenir" en France, a aussi déclaré Carlos Ghosn, du fait du mandat d'arrêt d'Interpol. "Je suis Français, j'ai été éduqué en France, j'ai vécu en France, j’ai une attache très profonde. La France est là, elle reste, les gouvernements, eux, passent. Bien sûr que le jour où je pourrai, j'irai en France", a-t-il clamé.


Macron reçu par l'empereur à la fin de sa visite au Japon

Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (2e à gauche) et la première dame Brigitte Macron (à gauche) sont accueillis par l'empereur Naruhito (2e à droite) et l'impératrice Masako au Palais impérial de Tokyo, le 2 avril 2026. (Photo : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Short Url
  • Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung
  • Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace

TOKYO: Emmanuel Macron a été reçu jeudi à Tokyo par l'empereur du Japon Naruhito, au dernier jour de sa visite dans l'archipel nippon pour renforcer les liens diplomatiques et économiques avec la France.

Le président français, accompagné par son épouse Brigitte Macron, a été accueilli par le souverain et l'impératrice Masako au palais impérial, une bâtisse épurée dans un parc arboré au coeur de la capitale japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après un déjeuner offert par le couple impérial, le chef de l'Etat doit s'envoler pour la Corée du Sud, où il doit rencontrer le président Lee Jae Myung.

Jeudi matin, Emmanuel Macron avait retrouvé la Première ministre japonaise Sanae Takaichi pour le deuxième jour consécutif, lors d'une visite auprès de la société Astroscale, spécialisée dans la lutte contre les débris dans l'espace. Astrocale a une filiale en France et un partenariat avec le français Exotrail.

"C'est une parfaite illustration de ce qu'est la coopération spatiale entre le Japon et la France", a-t-il dit, alors que l'espace est l'un des secteurs pour lesquels il a appelé la veille au renforcement des partenariats bilatéraux.

"Comment oeuvrer à une mission d'intérêt général pour un espace durable", avec "le désorbitage et la destruction des débris spatiaux qui aujourd'hui sont une vraie problématique", est une question qui était "au coeur du G7 porté par le Japon" et sera "au coeur aussi du G7 que la France préside cette année", a-t-il ajouté.

 

 


Hommage de l'IMA à Leïla Shahid

Short Url
  • La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026
  • L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct

PARIS: La diplomate palestinienne Leïla Shahid s’était éteinte le 18 février 2026. L’Institut du monde arabe lui avait rendu hommage lors d’une soirée exceptionnelle organisée le mardi 31 mars à Paris, également diffusée en direct.

Famille, amis, artistes et compagnons de route s’étaient réunis pour saluer la mémoire de cette figure majeure de la cause palestinienne. Tous avaient évoqué son parcours, son engagement constant en faveur de la Palestine, ainsi que sa curiosité intellectuelle et son attachement profond à la culture.

Plusieurs personnalités avaient pris part à cet hommage, parmi lesquelles Mohamed Berrada, Elias Sanbar, Karim Kattan, Wissam Joubran, Dominique Eddé, Farouk Mardam Bey, Brigitte Curmi et Majed Bamya.

 


Macron se rendra au Vatican les 9 et 10 avril pour rencontrer Léon XIV

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au palais d'Akasaka à Tokyo, le 1er avril 2026. (AFP)
Short Url
  • Les discussions porteront sur les défis liés à l’actualité internationale, en présence de Brigitte Macron

PARIS: Emmanuel Macron se rendra les 9 et 10 avril au Vatican où il rencontrera pour la première fois le pape Léon XIV, a annoncé mercredi la présidence française.

Le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Brigitte, abordera notamment "les défis soulevés par l'actualité internationale", a souligné la présidence française.