Maroc: dix ans de prison requis contre le journaliste Omar Radi 

La mère d'Omar Radi (photo), se tient lors d'une manifestation en soutien à Radi à Casablanca le 22 septembre 2020. (AFP)
La mère d'Omar Radi (photo), se tient lors d'une manifestation en soutien à Radi à Casablanca le 22 septembre 2020. (AFP)
Short Url
Publié le Mercredi 02 mars 2022

Maroc: dix ans de prison requis contre le journaliste Omar Radi 

  • Radi est également accusé d'avoir «fourni des informations de l'ordre de l'espionnage» à deux sociétés de conseil économique britanniques
  • Omar Radi, soutenu par une campagne de solidarité au Maroc et à l'étranger qui demande sa libération, a toujours affirmé être poursuivi en raison de ses écrits

CASABLANCA: Le parquet marocain a requis mardi en appel la peine maximale de dix ans de prison contre le journaliste et défenseur des droits humains Omar Radi, condamné en première instance à six ans ferme dans une double affaire d'"espionnage" et de "viol". 


Le ministère public "réclame la peine maximale contre l'accusé au regard des éléments à charge", a indiqué son représentant devant la cour d'appel de Casablanca, selon une journaliste de l'AFP sur place.


Le reporter indépendant de 35 ans, connu pour ses positions critiques envers les autorités, est poursuivi pour "atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat" avec "financement de l'étranger" et pour "viol", deux affaires distinctes, instruites et jugées conjointement.


Selon le procureur, M. Radi a rencontré des représentants diplomatiques néerlandais -- présentés par le parquet comme des "officiers de renseignement", ce qui à ses yeux "prouve la culpabilité" du journaliste qui de son côté a réfuté ces allégations.   


Ce dernier est également accusé d'avoir "fourni des informations de l'ordre de l'espionnage" à deux sociétés de conseil économique britanniques. 


M. Radi a affirmé avoir réalisé "des audits de vérification" pour ces deux cabinets britanniques mais il a assuré n'avoir fait que son travail de journaliste en s'appuyant sur des données ouvertes au public.


Parmi les autres éléments à charge: un financement reçu d'une fondation philanthropique basée à Genève, Bertha. M. Radi assure qu'il s'agit d'une bourse.


Le ministère public estime lui que le journaliste a collaboré avec une fondation "hostile à l'intégrité territoriale du pays", en référence au Sahara occidental que se disputent le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario.


Pegasus 
L'enquête pour "espionnage" a été ouverte fin juin 2020 après la publication d'un rapport d'Amnesty International affirmant que le téléphone de M. Radi avait été piraté par les autorités marocaines via le logiciel israélien Pegasus. Une accusation qualifiée de "mensongère" par Rabat.


Dans la seconde affaire, la plaignante, une ex-collègue du journaliste, a réaffirmé avoir été "victime de viol" durant son audition tenue à huis clos. M. Radi, lui, a parlé de "relations librement consenties".


"Les déclarations de la victime sont cohérentes et honnêtes. Aujourd’hui elle est brisée, d’où la nécessité de protéger les victimes de viol", a plaidé l’avocat de la partie civile, Abdelkarim Mlih.


"Il est temps que les affaires de viol soient punies avec sévérité", a abondé une autre avocate, Me Aïcha El Guella.


L'accusation de "viol" est passible de dix ans d'emprisonnement.


La défense a martelé que cette double affaire "est dénuée de faits incriminant" et a réclamé que le journaliste soit "innocenté".


Omar Radi, soutenu par une campagne de solidarité au Maroc et à l'étranger qui demande sa libération, a toujours affirmé être poursuivi en raison de ses écrits, notamment en faveur des mouvements sociaux et contre la corruption.


Les autorités marocaines, elles, assurent que son procès "n'a rien à voir avec son travail journalistique".


Un autre journaliste Imad Stitou, 32 ans, a été condamné à un an de prison, dont six mois ferme, dans la même affaire de viol.


Il avait d'abord été présenté comme l'unique témoin à décharge avant d'être poursuivi en état de liberté au cours de l'instruction. Jugé en son absence, M. Stitou a quitté le Maroc pour la Tunisie.


Le verdict devrait être prononcé jeudi à l'issue de la prochaine audience.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

Short Url
  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
Short Url
  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

Short Url
  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.