Visions opposées de Washington et Moscou sur l'avenir de l'ONU en Afghanistan

L'ambassadeur Vasily Nebenzia, président du Conseil de sécurité pour février et représentant permanent de la Fédération de Russie, se prépare à prendre la parole lors de la réunion du Conseil de sécurité sur l'invasion de l'Ukraine, au siège des Nations Unies, le 28 février 2022, à New York (Photo, AFP).
L'ambassadeur Vasily Nebenzia, président du Conseil de sécurité pour février et représentant permanent de la Fédération de Russie, se prépare à prendre la parole lors de la réunion du Conseil de sécurité sur l'invasion de l'Ukraine, au siège des Nations Unies, le 28 février 2022, à New York (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 03 mars 2022

Visions opposées de Washington et Moscou sur l'avenir de l'ONU en Afghanistan

  • Les Etats-Unis et la Russie ont livré mercredi devant le Conseil de sécurité des visions divergentes sur l'avenir de l'ONU en Afghanistan
  • A l'ouverture de la séance, l'émissaire de l'ONU dans le pays, Deborah Lyons, avait plaidé pour que l'ONU interagisse avec les talibans, sans les isoler

NATIONS UNIES : Les Etats-Unis et la Russie ont livré mercredi devant le Conseil de sécurité des visions divergentes sur l'avenir de l'ONU en Afghanistan, Washington, critique aussi de Pékin, plaidant pour une défense des droits humains alors que Moscou affirmait ne pas voir la nécessité d'intensifier les efforts onusiens dans ce domaine.

Les Etats-Unis entendent apporter un "ferme soutien" aux bons offices de la mission politique Manua de l'ONU, dont le mandat doit être renouvelé au plus tard le 17 mars, ainsi qu'à ses rapports "sur la surveillance des droits humains", son "rôle de coordination humanitaire", ses activités de protection des enfants et des civils" et sa défense de "la participation pleine, égale et significative des femmes dans tous les aspects de la vie publique", a affirmé l'ambassadeur américain adjoint Jeffrey DeLaurentis.

"Nous ne sommes pas d'accord sur le fait que la composante droits humains de la mission doive être renforcée et nous nous opposons à l'idée de lier la situation des droits humains à l'aide humanitaire et à l'aide au redressement" du pays, a affirmé de son côté l'ambassadrice russe adjointe Anna Evstigneeva.

"La Manua ne doit pas devenir une sorte de superviseur pour répondre aux intérêts de ceux qui ne sont pas prêts à aider les Afghans sans conditions préalables", a-t-elle ajouté.

Il est "dommage que la Chine passe plus de temps à critiquer les actions américaines qu'à se concentrer sur l'aide au peuple afghan lui-même", a aussi affirmé l'ambassadeur américain. "La Chine est le deuxième plus grand contributeur à l'ONU. Ce que la Chine a fait pour aider le peuple afghan ou contribuer à la sécurité régionale ne correspond pas à cette position", a-t-il asséné.

Pour la France, "depuis leur prise du pouvoir par la force et contrairement à leurs engagements, les talibans multiplient les exactions, les violations des droits, y compris des plus fondamentaux", a affirmé l'ambassadrice française adjointe, Nathalie Broadhurst.

Ils font partie "de la liste d’infamie" établie par le chef de l'ONU sur les "enfants et les conflits" et "les talibans doivent prouver qu’ils ont changé et qu’ils sont prêts à rejoindre la communauté internationale", a-t-elle jugé.

A l'ouverture de la séance, l'émissaire de l'ONU dans le pays, Deborah Lyons, avait plaidé pour que l'ONU interagisse avec les talibans, sans les isoler, seul moyen selon elle pour faire évoluer le pays positivement.

"Nous pensons, alors que la saison hivernale touche à sa fin, que nous avons peut-être évité nos pires craintes de famine", a-t-elle aussi dit, en indiquant que "près de 20 millions de personnes" avaient bénéficié "d'une forme d'assistance dans 397 des 401 districts de l'Afghanistan".


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.