Au Palais des arts de Lviv, «QG» de l'aide humanitaire ukrainienne

Dans le hall principal du bâtiment de 9 000 m2, le va-et-vient est permanent et chacun semble savoir ce qu'il doit faire. (Photo, AFP)
Dans le hall principal du bâtiment de 9 000 m2, le va-et-vient est permanent et chacun semble savoir ce qu'il doit faire. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 03 mars 2022

Au Palais des arts de Lviv, «QG» de l'aide humanitaire ukrainienne

  • La destination future de ces tonnes de dons? «Partout!», s'exclame Iouriï Vyzniak, le directeur du Palais des arts
  • Partout dans Lviv, une ville à la forte identité qui se revendique capitale culturelle du pays, des initiatives fleurissent

LVIV : Le Palais des arts de Lviv est une ruche: de 06H00 à 22H00, quand le couvre-feu s'abat sur cette ville de l'Ouest ukrainien, des centaines de volontaires récupèrent, trient et redistribuent l'aide arrivée d'Ukraine et d'Europe.

Sur le parking de cet imposant bâtiment public, des centaines de cartons et quelques générateurs électriques sont entreposés. Un long 36 tonnes rouge vient d'arriver. Aussitôt, une chaîne de bras s'organise pour en décharger des sacs remplis de vêtements qui seront ensuite triés.

La destination future de ces tonnes de dons? "Partout!", s'exclame Iouriï Vyzniak, le directeur du Palais des arts.

Il y a bien sûr l'armée et les forces d'autodéfense qui tiennent les checkpoints de la région, ravitaillés en nourriture.

Mais aussi des millions d'Ukrainiens soudainement dans le besoin à travers le pays, dont des dizaines de milliers de déplacés échoués à Lviv, voulant pour certains rejoindre l'Union européenne.

"Hier, par exemple, nous avons envoyé une cinquantaine de bus (remplis d'aide). Hier également, nous avons envoyé 40 tonnes de fret humanitaire à Odessa (Sud) et environ 10 tonnes, si je me souviens bien, à Kherson et à Kiev également", reprend Iouriï Vyzniak, la cinquantaine dynamique et élégante, malgré la fatigue.

Le "quartier général humanitaire", comme il l'appelle, est son initiative. Il l'a fondé le matin du 24 février, "c'est-à-dire que deux à trois heures seulement après le début des bombardements des forces d'occupation russes, ce siège était déjà créé", assure-t-il, pas la moindre trace de fierté dans sa voix.

«D'abord l'indépendance»

Dans le hall principal du bâtiment de 9 000 m2, le va-et-vient est permanent et chacun semble savoir ce qu'il doit faire. Celui qui reste les bras ballants est immédiatement houspillé. D'immenses seaux de "vareniki", les raviolis ukrainiens, circulent pour ravitailler les bénévoles.

Iouriï Vyzniak attrape le bras d'Iryna Dudko, queue de cheval brune tirée en arrière et bout de papier "Bénévole" scotché à la hâte sur la poitrine. C'est elle qui fera la visite. Dans une autre vie, c'est-à-dire avant le 24 février, elle était vendeuse.

Mais aujourd'hui, "le travail, c'est ce qui vient en dernier. L'important, c'est avant tout la santé, et l'indépendance".

Le système est déjà parfaitement rodé. Au sous-sol, les médicaments. Au rez-de-chaussée, la nourriture et le stand où les déplacés peuvent indiquer leurs besoins. Au premier étage, dans la salle de concert, on trie les vêtements et les jouets pour les enfants. Et au deuxième, les biens pour les nourrissons.

Là, une dizaine de femmes et quelques hommes emballent soigneusement des paquets de couches par taille dans des sacs-poubelles noirs. Derrière eux, un mur de deux mètres de haut de couches.

La nuit, le travail ralentit mais ne s'arrête pas. "Ceux qui ont les laissez-passer appropriés continuent", précise Iouriï Vyzniak.

Église et hipsters

Partout dans Lviv, une ville à la forte identité qui se revendique capitale culturelle du pays, des initiatives fleurissent.

Dans un espace artistique du centre-ville, les soirées drum&bass et l'art contemporain ont laissé place à l'accueil de déplacés, dont certains sont hébergés dans les locaux d'un "barbershop" hipster.

"Pour l'instant, on héberge 11 personnes, mais on attend du monde de Kharkiv (Est) aujourd'hui", explique Stepok, coordinateur du lieu, revenu à Lviv en 2020 après sept années au Vietnam.

L'aide ne se limite plus aux déplacés. Une dame âgée passe, sur le chemin de la pharmacie. Une jeune fille l'arrête: "attendez madame, on vous a commandé vos médicaments, ils sont là!".

Dans l'église grecque-catholique des Saints Apôtres Pierre et Paul, c'est l'aumônier militaire Roman Mentukh qui a pris en charge la récolte des dons.

"Ce sont des moments très émouvants, surtout quand des personnes âgées viennent et qu'on comprend qu'elles apportent les dernières choses qu'il leur reste", raconte le jeune homme à la petite barbe rousse qui accepte "tout sauf des armes".

Dans cette église dont un autel est dédié aux morts de l'armée ukrainienne, les dons sont exclusivement destinés aux soldats. Dans un coin de la nef, sous les peintures du 17e siècle, des tenues de camouflage attendent d'être embarquées.

Roman Mentukh raconte avec émotion la messe qu'il a célébrée le matin du 24 février devant des paroissiens en pleurs et se dit fier. "Les gens ont évidemment ressenti de la panique au début, mais maintenant, ils s'organisent (...) Parce qu'ils comprennent que la victoire dépend de chacun de nous".


Guerre au Moyen-Orient: Trump menace d'«anéantir» des infrastructures énergétiques iraniennes

Donald Trump a haussé le ton vis-à-vis de l'Iran lundi, en menaçant d'"anéantir" ses centrales électriques, ses puits de pétrole ainsi que l'île de Kharg, point névralgique de son industrie pétrolière, si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas "rapidement". (AFP)
Donald Trump a haussé le ton vis-à-vis de l'Iran lundi, en menaçant d'"anéantir" ses centrales électriques, ses puits de pétrole ainsi que l'île de Kharg, point névralgique de son industrie pétrolière, si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas "rapidement". (AFP)
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  • Le conflit au Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts depuis son déclenchement le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, continue par ailleurs de souffler le chaud et le froid sur les marchés financiers
  • Le G7 Finances-Energie, réuni par la France lundi en visioconférence, s'est dit prêt "à prendre toutes les mesures nécessaires" pour assurer la stabilité du marché de l'énergie

WASHINGTON: Donald Trump a haussé le ton vis-à-vis de l'Iran lundi, en menaçant d'"anéantir" ses centrales électriques, ses puits de pétrole ainsi que l'île de Kharg, point névralgique de son industrie pétrolière, si les discussions avec Téhéran n'aboutissent pas "rapidement".

Le président américain avait déjà évoqué dimanche une possible opération terrestre pour s'emparer du terminal de Kharg, qui assure environ 90% des exportations de brut du pays, et "prendre le pétrole" iranien.

Dans un message sur son réseau Truth Social lundi, il a durci le ton vis-à-vis de l'Iran, affirmant que sans réouverture du détroit d'Ormuz, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux, les Etats-Unis feraient "exploser" et anéantiraient "toutes leurs centrales électriques, leurs puits de pétrole et l'île de Kharg".

Cela pourrait aussi concerner "toutes les usines de dessalement", a affirmé le président américain.

Samedi, le commandement militaire américain avait annoncé l'arrivée la veille au Moyen-Orient d'un navire d'assaut amphibie, à la tête d'un groupe naval comprenant "quelque 3.500" marins et soldats du corps des Marines.

"Discussions sérieuses" 

Le conflit au Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts depuis son déclenchement le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, continue par ailleurs de souffler le chaud et le froid sur les marchés financiers.

Le G7 Finances-Energie, réuni par la France lundi en visioconférence, s'est dit prêt "à prendre toutes les mesures nécessaires" pour assurer la stabilité du marché de l'énergie.

Vers 14H50 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord montait de 2,55% à 115,44 dollars.

La poursuite des bombardements ce weekend et lundi en Iran, dans le Golfe et au Liban, et les déclarations inflexibles des belligérants alimentent la flambée des cours du pétrole, qui ont grimpé de plus de 50% depuis le début de la guerre.

La Bourse de New York évoluait elle en petite hausse lundi, les investisseurs voulant croire aux propos de Donald Trump qui a aussi évoqué dans son message "d'énormes progrès" réalisés lors de "discussions sérieuses" avec "un régime nouveau et plus raisonnable" en Iran -- sans toutefois préciser de quels interlocuteurs il s'agit.

"Le marché attend désespérément une issue à cette guerre", remarque auprès de l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé lundi Donald Trump à "stopper la guerre", et souligné lors d'un discours au Caire les "conséquences graves" d'une poursuite du conflit.

Au Liban, trois membres du Hezbollah ont été tués et trois autres gravement blessés dans une frappe israélienne qui a visé lundi un immeuble résidentiel près de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du groupe pro-iranien, a indiqué une source de sécurité à l'AFP.

Plusieurs Casques bleus ont par ailleurs été blessés lors d'un "incident" dans une ville frontalière du sud du Liban, où des affrontements opposent le Hezbollah à l'armée israélienne, a annoncé lundi à l'AFP la porte-parole de la Finul, Kandice Ardiel.

Ces derniers jours, le Pakistan, voisin de l'Iran, s'est proposé pour "accueillir et faciliter" des "pourparlers significatifs" entre les deux pays.

De son côté l'armée israélienne a annoncé lundi avoir bombardé une université de Téhéran dirigée par les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, affirmant que "des activités de recherche et développement sur des armes de pointe" y étaient menées.

Elle avait indiqué un peu plus tôt avoir de nouveau frappé des sites militaires à Téhéran, en réponse à une attaque de missiles venus d'Iran.

"Vie d'avant-guerre" 

Après une accalmie la semaine dernière, les bombardements semblent s'être intensifiées ce weekend sur la capitale iranienne, provoquant notamment des coupures temporaires d'électricité, selon des journalistes de l'AFP sur place.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a dénombré au moins 360 attaques en 24 heures dans 18 provinces du pays ce weekend.

Pour des habitants de Téhéran, joints par l'AFP depuis Paris, plus rien n'est normal.

"Les jours ordinaires me manquent. Une vie où je n'avais pas à penser constamment aux explosions et à la mort", raconte Shahrzad, 39 ans, femme au foyer, qui dit "ne sortir que si c'est absolument nécessaire". "La seule chose qui me reste de ma vie d'avant-guerre et qui m'aide à garder le moral, c'est la cuisine" mais "parfois, je me surprends à pleurer en plein milieu", poursuit-elle.

L'ONG Acled, qui compile les données sur les conflits, a fait état lors du premier mois de guerre de près de 2.300 bombardements américains et israéliens, et de 1.160 frappes iraniennes en représailles.

Au total depuis le début du conflit, l'organisation HRANA a recensé près de 3.500 morts en Iran.

 


Interdiction d'accès au Saint-Sépulcre à Jérusalem: l'Espagne convoque la chargée d'affaires israélienne

L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient
  • Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs"

MADRID: L'Espagne a convoqué lundi la chargée d'affaires israélienne à Madrid après que la police israélienne a interdit la veille l'accès à l'église du Saint-Sépulcre au patriarche latin de Jérusalem pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux, a annoncé son ministre des Affaires étrangères.

"Ce matin, nous avons convoqué la chargée d'affaires d'Israël au ministère des Affaires étrangères pour lui faire part de notre protestation, pour lui indiquer que cela ne peut pas se reproduire", a déclaré José Manuel Albares dans un entretien à la radio RAC1.

"C'est une mesure très préoccupante, car la liberté religieuse, la liberté de culte est une liberté fondamentale", a-t-il appuyé, disant "s'opposer" à la décision prise dimanche par la police israélienne, qui a provoqué des réactions indignées à l'étranger.

Pour justifier cette interdiction dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait évoqué des raisons de sécurité, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, avait de son côté dénoncé dimanche soir "une attaque injustifiée contre la liberté religieuse" et une action menée "sans raisons ni motifs".

"Sans tolérance, il est impossible de coexister", avait appuyé sur le réseau social X le chef du gouvernement espagnol, fermement opposé à la guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran depuis plus d'un mois.

Lundi, Benjamin Netanyahu a annoncé que le patriarche latin de Jérusalem allait retrouver un accès "total et immédiat" à l'église du Saint-Sépulcre.

Israël a rappelé son ambassadrice basée à Madrid en 2024 après la reconnaissance par l'Espagne de l'État palestinien, et est depuis seulement représenté par une chargée d'affaires.

 


Trump vante un «changement de régime» en Iran, annonce le passage de 20 pétroliers à Ormuz

Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique. (Reuters)
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  • Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours
  • Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent

WASHINGTON: Donald Trump s'est vanté dimanche d'avoir obtenu un "changement de régime en Iran", grâce aux frappes aériennes des Etats-Unis et d'Israël, et a assuré avoir négocié le passage de 20 cargos pétroliers à travers le détroit d'Ormuz "dans les prochains jours" avec les nouveaux responsables de la République islamique.

Ces annonces du président américain interviennent alors que les inquiétudes grandissent aux Etats-Unis sur un possible enlisement américain au Moyen-Orient. Les prix du pétrole ont repris leur flambée et Wall Street a accusé un repli marqué la semaine dernière.

Les objectifs de la guerre déclenchée par le milliardaire républicain sont toujours flous, et des milliers de soldats américains ont été envoyés dans la région ces derniers jours.

Malgré ce déploiement de militaires autour de l'Iran, M. Trump agite toujours la possibilité d'un accord de paix imminent.

"Je pense que nous allons conclure un accord avec eux, j'en suis presque sûr", a-t-il affirmé lors d'un point presse à bord d'Air Force One.

Le président a également tenté de rassurer, en estimant avoir déjà obtenu un changement de la nature du pouvoir à Téhéran, grâce aux frappes qui ont tué le Guide suprême Ali Khamenei et de nombreux hauts responsables de la République islamique.

"Nous avons eu un changement de régime, on le voit déjà, parce que le premier régime a été décimé, détruit, ils sont tous morts", a estimé le président américain lors d'un point presse. "Le régime suivant", nommé dans la foulée de la mort de l'ayatollah Khamenei "est en grande partie mort" également, a-t-il remarqué.

Désigné pour lui succéder, son fils Mojtaba Khamenei n'a pas été aperçu depuis qu'il est censé être à la tête du pays. Les autorités iraniennes ne diffusent que des messages écrits de sa part.

"Personne n'a entendu parler de lui. Il est peut-être vivant, mais il est de toute évidence dans une situation très, très grave", a estimé M. Trump.

Cette situation a conduit de facto à la mise en place d'un "troisième régime" en Iran, selon le président américain.

"Nous avons affaire à des personnes différentes de celles auxquelles quiconque a eu affaire auparavant", a-t-il résumé. "C'est tout un autre groupe de personnes, donc je considérerais que c'est un changement de régime."

Le locataire de la Maison Blanche a également annoncé que ces responsables iraniens ont accepté de desserrer légèrement l'étau autour du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale par laquelle transite habituellement 20% du pétrole mondial et qui est paralysée depuis le début de la guerre.

"Ils nous ont donné, par respect je pense, 20 bateaux de pétrole de grands, grands bateaux de pétrole qui vont passer par le détroit d'Ormuz, et ça commence demain matin, pour les prochains jours", a-t-il assuré.