Prison à vie requise contre l’opposant turc Osman Kavala

Figure majeure de la société civile turque, Osman Kavala est pris pour cible par le président Recep Tayyip Erdogan qui l'accuse de chercher à déstabiliser la Turquie (Photo, AFP)
Figure majeure de la société civile turque, Osman Kavala est pris pour cible par le président Recep Tayyip Erdogan qui l'accuse de chercher à déstabiliser la Turquie (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 09 octobre 2020

Prison à vie requise contre l’opposant turc Osman Kavala

  • Un nouvel acte d'accusation le met en cause pour "tentative de renversement du gouvernement" pour son implication présumée dans le putsch manqué de 2016
  • Le chercheur américain Henri Barkey est aussi visé par les mêmes charges

ISTANBUL: Un procureur turc a requis jeudi une peine de prison à vie "aggravée" contre l'homme d'affaires et philanthrope Osman Kavala, détenu depuis près de trois ans.

Un nouvel acte d'accusation le mettant en cause pour "tentative de renversement du gouvernement" pour son implication présumée dans le putsch manqué de 2016, et "d'espionnage politique" a été rendu public par le bureau du procureur d'Istanbul.

Le chercheur américain Henri Barkey est aussi visé par les mêmes charges. M. Kavala est décrit comme "son collaborateur local" dans l'acte d'accusation.

M. Barkey, qui avait effectué des nombreuses visites en Turquie, est actuellement professeur à l'université américaine de Lehigh en Pennsylvanie (est).

Trois peines de prison à vie aggravée, comportant des conditions de détention plus strictes, sont requises contre M. Kavala et M. Barkey pour leur implication présumée  dans la tentative de putsch de 2016,  et 20 ans d'emprisonnement pour "espionnage".

Figure majeure de la société civile turque, Osman Kavala est pris pour cible par le président Recep Tayyip Erdogan qui l'accuse de chercher à déstabiliser la Turquie. L'homme d'affaires était initialement poursuivi pour avoir soutenu des manifestations antigouvernementales en 2013, connues sous le nom de mouvement de Gezi, visant M. Erdogan, alors Premier ministre. Il avait été acquitté en février de ces charges. Mais avant de pouvoir être libéré, il avait immédiatement été placé en garde à vue dans le cadre d'une autre enquête liée à la tentative de coup d'Etat ayant visé M. Erdogan en 2016.

Son avocat, Ilkan Koyuncu, avait assuré en juillet qu'"aucune preuve" n'existait contre son client, connu pour son soutien aux projets culturels portant notamment sur les droits des minorités, la question kurde et la réconciliation arméno-turque.


L'ONU et la pression internationale sont nécessaires pour que les Houthis s'engagent dans le processus de paix

Photo du vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (AFP)
Photo du vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (AFP)
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  • Le cessez-le-feu de deux mois est entré en vigueur le 2 avril dans tout le Yémen
  • Le prince Khalid ben Salmane a déclaré avoir affirmé à Timothy Lenderking le « soutien de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Conseil présidentiel yéménite »

RIYAD : Le vice-ministre saoudien de la Défense a rencontré l'envoyé spécial américain pour le Yémen à Washington pour discuter du conflit à Taïz et de la nécessité de propositions de paix soutenues par l'ONU pour faire pression sur le groupe militant Houthi. 

Le prince Khalid ben Salmane a déclaré avoir affirmé à Timothy Lenderking le « soutien de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Conseil présidentiel yéménite », dans un communiqué publié samedi sur son compte Twitter officiel.  

« Bien que la dynamique de la trêve reste élevée, j'ai réaffirmé la nécessité pour les Nations unies et la communauté internationale de faire pression sur les Houthis pour qu'ils rouvrent les routes de Taïz, déposent les revenus du port de Hodeïda et s'engagent dans des propositions de paix », ajoute le communiqué.

Le prince Khalid a également réitéré les « aspirations de l'Arabie saoudite à parvenir à une résolution politique globale de la crise qui conduira le Yémen vers la paix et la prospérité. »

Le cessez-le-feu de deux mois, qui est entré en vigueur le 2 avril, visait à mettre fin aux hostilités dans tout le pays, à permettre la réouverture de l'aéroport international de Sanaa, à autoriser l'entrée de navires de carburant dans le port de Hodeïda et à ouvrir les routes à Taïz et dans de nombreuses autres provinces.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


HRW dénonce l’arrestation «sans fondements» de plusieurs militants en Iran

Au cours de la dernière semaine d'avril, des dizaines de militants du syndicat des enseignants ont été arrêtés après avoir appelé à des manifestations dans tout le pays pour demander des réformes du système d'échelle des salaires. (Photo, AFP)
Au cours de la dernière semaine d'avril, des dizaines de militants du syndicat des enseignants ont été arrêtés après avoir appelé à des manifestations dans tout le pays pour demander des réformes du système d'échelle des salaires. (Photo, AFP)
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  • Il s'agit d'une « nouvelle tentative désespérée de faire taire le soutien aux mouvements sociaux populaires en plein essor »
  • Le pays est secoué par des grèves du travail et des protestations contre la hausse des prix des produits de base

LONDRES : L'Iran a arrêté plusieurs militants de premier plan sur la base de ce que Human Rights Watch a qualifié vendredi d' « accusations sans fondement », dans un contexte de grèves du travail et de protestations contre la hausse des prix.

Citant des organes de presse proches de l'appareil de renseignement iranien, HRW a déclaré que les personnes arrêtées sont accusées d'être « en contact avec des acteurs étrangers suspects », bien qu'aucune preuve n'ait été fournie pour étayer cette affirmation hormis les autorités qui ont confirmé avoir arrêté deux Européens au début du mois.

« L'arrestation de membres de premier plan de la société civile iranienne sur la base d'accusations sans fondement d'ingérence étrangère malveillante est une nouvelle tentative désespérée de faire taire le soutien aux mouvements sociaux populaires en plein essor dans le pays », a déclaré Tara Sepehri Far, chercheuse senior sur l'Iran à HRW.

« Au lieu de chercher l'aide de la société civile pour comprendre et répondre aux problèmes sociaux, le gouvernement iranien les traite comme une menace inhérente. »

Depuis le 6 mai, les gens se sont rassemblés dans au moins 19 villes et villages pour protester contre la nouvelle selon laquelle l'Iran connaîtra des augmentations de prix des produits essentiels dans les mois à venir ; des députés ont assuré qu'au moins deux personnes ont été tuées dans les protestations jusqu'à présent.

Au cours de la dernière semaine d'avril, des dizaines de militants du syndicat des enseignants ont été arrêtés après avoir appelé à des manifestations dans tout le pays pour demander des réformes du système de rémunération.

HRW indique qu'au cours des quatre dernières années, l'Iran a connu un pic dans les manifestations de grande ampleur, organisées par les principaux syndicats, en raison des inégalités économiques découlant de la baisse du niveau de vie.

L'organisation ajoute que les forces de sécurité ont répondu aux manifestations par une force excessive et meurtrière et ont arrêté des milliers de personnes, utilisant les poursuites et l'emprisonnement sur la base d'accusations illégitimes comme principal outil pour réduire au silence les dissidents éminents et les défenseurs des droits de l'homme.

Depuis que ces dernières manifestations ont commencé début mai, les autorités ont fortement perturbé l'accès à Internet dans plusieurs provinces.

« Les autorités iraniennes cherchent depuis longtemps à criminaliser la solidarité entre les membres des groupes de la société civile à l'intérieur et à l'extérieur du pays », a déclaré Sepehri Far.

« L'intention est d'empêcher la responsabilisation et l'examen des actions de l'État que la société civile fournit. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ankara et Téhéran s'efforcent de combler le «vide» laissé par Moscou en Syrie

Un soldat russe monte la garde dans le nord-est de la province de Hasakeh, en Syrie (Photo, AFP).
Un soldat russe monte la garde dans le nord-est de la province de Hasakeh, en Syrie (Photo, AFP).
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  • La crise ukrainienne risque d'accroître la dépendance du régime de Damas vis-à-vis de Téhéran, déclare un analyste à Arab News
  • Ankara et Téhéran soutiennent des camps rivaux dans le conflit syrien, l'Iran soutenant le régime d'Assad, tandis que la Turquie soutient l'opposition syrienne

ANKARA: Le retrait de dizaines de milliers de soldats russes de Syrie pour renforcer les troupes russes en Ukraine pourrait marquer un tournant dans le conflit syrien et conduire à une course entre Téhéran et Ankara pour combler le vide laissé par Moscou dans le pays, selon d’éminents analystes. 

La Russie, l'Iran et la Turquie sont les pays garants des pourparlers d'Astana sur la Syrie, qui visent à négocier un accord de paix permanent en réunissant les parties en conflit.

Cependant, la Russie a été la force d'équilibre dans ce trio, empêchant l’enracinement incontrôlé des milices soutenues par l'Iran.

Mais aujourd'hui, les bases russes abandonnées auraient été transférées au corps paramilitaire iranien des gardiens de la révolution (CGRI) et au Hezbollah, tandis que Téhéran devrait envoyer davantage de troupes en Syrie pour combler le vide laissé par le personnel militaire russe à destination de l'Ukraine.