Le Sénat en quête de solutions pour sauver le pluralisme médiatique

Les journalistes français Patrick Cohen (à droite) et Anne Sinclair (à gauche) participent à une manifestation, organisée par l'intersyndicale et la société des rédacteurs en chef (SDR) de la radio française Europe 1, pour dénoncer "l'influence grandissante" du groupe de médias Vivendi Vincent Bolloré et pour faire part de leur inquiétude face au rapprochement de la station de CNews le 30 juin 2021 devant l'immeuble abritant Europe 1 à Paris. (Alain Jocard / AFP)
Les journalistes français Patrick Cohen (à droite) et Anne Sinclair (à gauche) participent à une manifestation, organisée par l'intersyndicale et la société des rédacteurs en chef (SDR) de la radio française Europe 1, pour dénoncer "l'influence grandissante" du groupe de médias Vivendi Vincent Bolloré et pour faire part de leur inquiétude face au rapprochement de la station de CNews le 30 juin 2021 devant l'immeuble abritant Europe 1 à Paris. (Alain Jocard / AFP)
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Publié le Lundi 07 mars 2022

Le Sénat en quête de solutions pour sauver le pluralisme médiatique

  • En pleine campagne présidentielle, l'influence des grands groupes de médias suscite des craintes pour la liberté de la presse
  • Bernard Arnault, l’un des hommes les plus riches du monde, a présenté son groupe de médias (Les Echos, Le Parisien, Radio Classique) comme du "mécénat".

PARIS : Bernard Arnault, Vincent Bolloré, Martin Bouygues... Avec une telle affiche, le Sénat a braqué les projecteurs sur la mainmise de grands industriels sur les médias. Mais trouvera-t-il des solutions pour sauver le pluralisme? 

Composée de 21 sénateurs, la commission d'enquête, qui s'achève lundi, a commencé ses travaux fin novembre, dans un contexte d'inquiétudes face à l'ampleur des opérations de concentration dans le paysage médiatique français, comme la fusion prévue TF1/M6 ou les assauts de Vivendi (Canal+, magazines Prisma tels Capital) sur Lagardère (Europe 1, JDD, Paris Match). 

En pleine campagne présidentielle, l'influence de ces grands patrons suscite des craintes pour la liberté de la presse.

Si les 21 parlementaires parviennent à s'entendre, cette commission, voulue par les socialistes, devrait rendre public un rapport fin mars.

Reste à savoir ce que le président ou la présidente sorti(e) des urnes en fera. Tout le monde juge en tout cas obsolète la loi relative à la liberté de communication de 1986, votée à une époque où les géants américains d'internet n'existaient pas.

Parallèlement au Sénat, le gouvernement a confié à l'inspection des Finances et celle de la Culture une mission de réflexion sur le même sujet, qui devrait lui rendre des conclusions le 31 mars, selon Roselyne Bachelot, ministre de la Culture.

Pour David Assouline, sénateur socialiste et rapporteur de la commission d'enquête, les parlementaires "ont déjà rempli un objectif, que le débat public ait lieu sur le sujet. Et ce, au-delà même de ce qu'on pouvait imaginer". 

Convoqués par les sénateurs, les milliardaires devaient jurer sous serment de dire la vérité. Ce qu'ils ont fait avec plus ou moins de conviction.

Lors de son audition le 19 janvier, Vincent Bolloré, premier des grands industriels à être interrogé, n'a cessé de minimiser l'étendue du "nain" Vivendi face aux géants "étrangers". Et il a esquivé les questions sur son rôle politique, alors que sa chaîne d'information CNews a largement contribué à l'ascension du candidat d'extrême droite à la présidentielle, Eric Zemmour.

Quant au leader du luxe Bernard Arnault, l’un des hommes les plus riches du monde, auditionné le lendemain, il a présenté son groupe de médias (Les Echos, Le Parisien, Radio Classique) comme du "mécénat".

Il a aussi affirmé "n'avoir jamais fait d'offre" pour racheter le JDD et Paris Match, avant de rétropédaler par courrier, admettant que "son groupe avait bien formulé une offre unilatérale de rachat sur ces deux titres le 2 avril 2021, offre demeurée sans suite". 

M. Assouline a reconnu l'existence de différences de vue parmi les 21 membres de la Commission. "Il peut y avoir des analyses qui divergent mais mon souhait le plus fort est d'arriver à une proposition commune. Je ferai tout pour, mais sans trahir la vérité", a-t-il affirmé.

L'ex-journaliste d'investigation de Canal+ Jean-Baptiste Rivoire, auteur de "L'Élysée (et les oligarques) contre l'info", a regretté le peu de "mordant" des sénateurs, surtout en comparaison de leurs homologues américains.

"Je suis fière que vous ayez ainsi bâti un empire de la culture française qui rayonne dans le monde", déclarait par exemple Evelyne Renaud-Garabedian (LR) à Bernard Arnault, en préambule d'une question.  

Avec neuf sénateurs, Les Républicains constituent le gros des troupes de la Commission d'enquête.

Parmi les idées qui pourraient figurer dans le rapport, M. Assouline suggère de voir comment on peut cloisonner l'activité médias dans des grands groupes pour cesser le mélange des genres, ou en général renforcer la protection de l'indépendance des rédactions.

Le président de la Commission d'enquête, le centriste Laurent Lafon, propose lui "d'instaurer pour les chaînes généralistes et d'information l'obligation d'investir un certain pourcentage du chiffre d'affaires dans l'information", a-t-il expliqué.

Ceci permettrait de promouvoir des nouvelles de qualité produites par des journalistes lors de reportages et d'enquêtes, à l'heure où foisonnent les débats sur plateau, où sont délivrées des opinions.


La France va signer un accord de partenariat stratégique avec l'Arménie

Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat. (AFP)
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  • La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants
  • Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

EREVAN: Emmanuel Macron achève mardi une visite d'Etat en Arménie, ex-république soviétique partagée entre aspirations européennes et liens historiques avec la Russie, par la signature d'un partenariat et de contrats destinés à intensifier une relation bilatérale déjà dense.

La France, où vit la plus grande diaspora arménienne après celles en Russie et aux Etats-Unis, avec 400.000 personnes, a une longue histoire d'amitié et de solidarité avec ce petit pays très francophile de trois millions d'habitants.

Le président français y a d'ailleurs été accueilli par de nombreuses marques de sympathie, des plus hauts dirigeants de l'Etat aux badauds qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan aux cris de "Vive l'Arménie ! Vive la France!"

Au premier jour de la visite lundi, Emmanuel Macron a rappelé cette "relation singulière", l'accueil à Marseille (sud de la France) des réfugiés fuyant les massacres d'Arméniens perpétrés par l'Empire ottoman lors de la Première guerre mondiale, la mobilisation de la France lors du tremblement de terre de 1988 en Arménie, l'influence du chanteur Charles Aznavour dans les deux pays.

La chanson française était d'ailleurs à l'honneur au dîner d'Etat : Emmanuel Macron a entonné la "Bohême" de Charles Aznavour avec le président arménien Vahagn Khatchatourian au piano et le Premier ministre Nikol Pachinian à la batterie. Son homologue a aussi interprété les "Feuilles mortes" d'Yves Montand.

"La Russie pas là"

La France a aussi toujours soutenu l'Arménie dans son combat meurtrier face à l'Azerbaïdjan après la chute de l'URSS en 1991. "Beaucoup en Europe nous regardaient comme des bêtes étranges" quand d'autres préféraient cultiver leurs relations énergétiques et commerciales avec Bakou, a raconté le président français.

Au plus fort de la guerre autour de l'enclave séparatiste du Karabakh en 2023, la Russie qui compte encore 4.000 soldats en Arménie, "n'était pas là, pas plus qu'elle n'est là pour le Venezuela quand il a des problèmes (...) ou le régime malien lorsqu'il est bousculé par les terroristes", a-t-il lancé.

Le président a aussi salué le choix de l'Arménie et de son Premier ministre, Nikol Pachinian, de "se tourner vers l'Europe", malgré les avertissements à peine voilés de la Russie.

Une aspiration consacrée par la tenue lundi du sommet de la Communauté politique européenne, avec une quarantaine de dirigeants de toute l'Europe, et du premier sommet UE-Arménie mardi à Erevan.

"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière, de la paix, de la stabilité dans cette région, le choix de l'Europe et de la prospérité sont ceux que nous soutenons (...). Nous voulons être de cette aventure", a lancé M. Macron lors du dîner en son honneur au palais présidentiel.

Le rapprochement avec l'UE reste toutefois entravé par les liens forts unissant Erevan et Moscou, tous deux membres de l'Organisation du traité de sécurité collective, alliance militaire dont fait toujours partie l'Arménie malgré le gel de sa participation en 2024.

L'Arménie, enclavée entre l'Azerbaïdjan, l'Iran, la Géorgie et la Turquie, avec laquelle la frontière est toujours fermée, mise sur la paix pour développer ses connexions terrestres, énergétiques et commerciales et sortir de son isolement.

Efforts de défense 

"Cette nouvelle ère de coopération régionale peut mettre le Caucase encore plus au milieu d'un carrefour entre l'Europe et l'Asie", souligne l'Elysée.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron et Nikol Pachinian vont signer un partenariat stratégique consacrant "les efforts de défense inédits" et ouvrant de "nouvelles pages économiques" entre les deux pays, a esquissé le chef de l'Etat.

La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de trois radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L'Arménie a aussi passé commande de 36 canons Caesar en 2024.

Des contrats vont également être signés dans le domaine des transports, a indiqué l'Elysée, évoquant des "prospects potentiels pour Airbus" ainsi que "l'engagement de l'Etat français" dans la construction d'un tunnel sur l'axe routier arménien nord-sud.

Le président s'inclinera dans la matinée au Mémorial commémorant les massacres d'Arméniens à Erevan. Il visitera le musée Matenadaran qui renferme une vaste collection de manuscrits anciens arméniens et va conclure un accord de coopération avec la Bibliothèque nationale de France.

Le président Macron et le Premier ministre Pachinian se rendront aussi à Gyumri, ville martyr du tremblement de terre qui fit quelque 25.000 morts le 7 décembre 1988 dans le nord-ouest du pays.


Macron dénonce les frappes iraniennes «inacceptables» contre les Emirats

Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis. (AFP)
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  • "Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables"
  • Il a de nouveau appelé à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a qualifié d'"inacceptables" les frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis, qui ont fait état lundi des premières attaques de Téhéran en plus d'un mois dans la guerre au Moyen-Orient, avec des drones et des missiles de croisière.

"Les frappes iraniennes aujourd'hui (lundi) contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables", a dénoncé M. Macron tôt mardi sur X, assurant les Emirats du soutien de la France et appelant de nouveau à la réouverture du détroit d'Ormuz et à des garanties de sécurité pour les pays de la région.

Les frappes iraniennes aujourd’hui contre des infrastructures civiles émiriennes sont injustifiées et inacceptables.

Comme elle l’a fait depuis le début du conflit, la France continuera de soutenir ses alliés aux Émirats et dans la région pour la défense de leur territoire.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 4, 2026

Seine-saint-Denis: un homme fuyant un contrôle de police mortellement percuté sur l'autoroute

 Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser. (AFP)
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  • L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier
  • L'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute

BOBIGNY: Un homme qui aurait tenté d'échapper en courant à un contrôle de police à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a été mortellement percuté par un véhicule, lundi, sur une autoroute qu'il tentait de traverser, a-t-on appris de source policière, confirmant une information du Parisien.

L'accident mortel a eu lieu en début d'après-midi sur l'A86, où l'homme a été percuté par le véhicule d'un particulier.

Il a été déclaré mort par le Samu (service d'aide médicale d'urgence) peu après 15H30. Des policiers avaient tenté de le ranimer avant l'arrivée de pompiers, selon la même source policière.

Selon cette source, l'homme avait pris la fuite après avoir refusé de se prêter à un contrôle de police, aux abords d'un restaurant, sur une artère à proximité de l'autoroute.