Les femmes arabes présentes en nombre dans les médias

Aya Ramadan, animatrice de télévision syrienne pour Al-Aan aux Émirats arabes unis, a commencé sa carrière sur les réseaux sociaux avant de passer à la télévision. (Fourni)
Aya Ramadan, animatrice de télévision syrienne pour Al-Aan aux Émirats arabes unis, a commencé sa carrière sur les réseaux sociaux avant de passer à la télévision. (Fourni)
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Publié le Mardi 08 mars 2022

Les femmes arabes présentes en nombre dans les médias

  • Grâce à de plus grandes opportunités de travail et de formation, les femmes arabes sont de plus en plus visibles dans les médias
  • Malgré des progrès récents, les femmes sont toujours sous-représentées dans la propriété, la production et la prise de décision dans les médias

RIYAD: À 7 heures précises, le réveil de Samar Al-Mizari signale le début d'une nouvelle journée bien remplie au service de l’information télévisée. Chaque matin, à la table du petit-déjeuner avant de sortir, elle parcourt ses e-mails et ses applications de réseaux sociaux pour se tenir au courant des événements de la journée.
Al-Mizari est journaliste et productrice palestinienne à Al-Arabiya à Dubaï. Elle fait partie d'une génération jeune et ambitieuse de femmes arabes qui se font un nom dans l'univers médiatique en pleine expansion dans la région.  
«Quand j'ai étudié le journalisme à l'Université américaine de Dubaï, la chose qui a attiré mon attention, c'est que la plupart des classes comptaient plus de filles que d'hommes, et c'est la preuve que les médias d'aujourd'hui et de demain seront représentés par des femmes arabes», a déclaré Al-Mizari à Arab News.
«Dans notre classe, il y avait des étudiants et étudiantes d'Arabie saoudite, du Soudan, du Liban, de Syrie, de Palestine et de Jordanie.  Nous travaillions ensemble, y compris la nuit ensemble pour préparer nos comptes rendus de presse en utilisant nos différentes perspectives. Nous étions toutes de jeunes femmes ambitieuses et, d'une manière ou d'une autre, nous avons travaillé très dur pour développer nos talents et nous nous sommes toujours battues, ce qui a rendu les cours plus amusants».

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Razan Tariq, présentatrice de télévision saoudienne sur SBC, a déclaré que son père avait d'abord désapprouvé sa décision de poursuivre une carrière dans les médias. (Fourni)


En effet, grâce à de plus grandes opportunités de travail et de formation, les femmes arabes présentent désormais régulièrement les journaux télévisés aux heures de grande écoute et participe à l’élaboration des grands reportages.
«On dit souvent que les femmes sont émotives ou sont trop sensibles, qu'elles sont incapables de faire face aux difficultés dans leur parcours professionnel», a révélé Al-Mizari.
« Lorsque j'ai commencé à travailler, j'ai vu des femmes assidues et rigoureuses, de femmes de tous âges, menant à bien les missions qui leur étaient confiées».
Et pourtant, malgré les progrès récents, les femmes sont toujours sous-représentées dans le domaine des médias, la production d'informations et les postes de décision, dans le monde entier.
Ces inégalités entre les sexes sont encore plus visibles dans les contenus proposés par les médias, notamment dans les sujets d'actualité, de reportage où l’on constate une large majorité masculine.
Une étude menée sur 20 ans par ONU Femmes a révélé qu'en 2015, seulement 24 % des thèmes cités, interviewés ou écrits dans les journaux, à la télévision et à la radio étaient des femmes.
Selon une fiche d'information de l'Institut Reuters publiée en 2020, qui a analysé la répartition par sexe des principaux rédacteurs en chef dans un échantillon stratégique de 200 principaux organes d'information en ligne et hors ligne sur 10 marchés différents sur quatre continents, seules 23 % des principales rédactrices en chef étaient des femmes, malgré le fait qu'en moyenne, 40% des journalistes sont des femmes.
Pour remédier à ce déséquilibre, des efforts sont déployés afin d’accroître la présence des femmes dans les médias et aux postes de direction.
Al-Mizari affirme qu'il est essentiel que les femmes soient correctement représentées, à la fois dans la production médias mais aussi en tant que sujet à traiter, car personne nul n’est mieux qualifié pour expliquer ou documenter les expériences des femmes arabes sinon les femmes arabes elles-mêmes.
Comme Al-Mizari, les femmes du monde arabe ont travaillé dur pour surmonter les obstacles pour entrer dans les secteurs traditionnellement dominés par les hommes.

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Samar Al-Mizari, journaliste palestinienne et productrice à Al-Arabiya à Dubaï, fait partie d'une génération ambitieuse de femmes arabes qui se font un nom dans l'industrie médiatique florissante de la région. (Fourni)


De nombreuses universités ont mis en place des programmes sur les médias et la communication, ce qui a contribué à aider les jeunes femmes à poursuivre une carrière dans le journalisme. Parmi ces universités, il y a l'école Mohammed ben Rashid pour la communication à Dubaï, qui offre aux étudiants la possibilité d’avoir des bourses complètes.
Mousa Barhoum, professeur de journalisme au MBRSC, affirme que la plupart de ses étudiants sont aujourd'hui des femmes arabes ambitieuses.
«Je fais partie de ceux qui s'attendent à une féminisation accrue des médias arabes à l'avenir», a déclaré Barhoum à Arab News. «D'après mon expérience d'enseignement aux étudiantes en médias au MBRSC, j'ai découvert qu'elles sont créatives, intellectuellement libérées et qu'elles ont le désir de contribuer à l’élaboration de programmes différents.
«Je n'aime pas l'expression «autonomisation des femmes», car elle suggère que l'action vient de l'extérieur. La femme arabe conquiert de son propre chef sa place et son statut au sein de la société, et elle s'autonomise par elle-même.»
Reem Hambazaza, une journaliste saoudienne qui a étudié le journalisme à l'Université des affaires et des nouvelles technologie de Djeddah, explique que les cours sur les médias et le journalisme ont évolué ces dernières années, permettant aux femmes de suivre le rythme d'une profession en constante évolution.
«Les femmes ont une forte présence dans l'industrie des médias, car beaucoup de mes collègues sont des femmes», a souligné Hambazaza. «Ce domaine a radicalement changé au cours des 10 dernières années et la Vision 2030 de l’Arabie saoudite permettra aux femmes de jouer un rôle plus important dans les médias».
Les femmes arabes ont également progressé rapidement dans l’univers médiatique grâce à l'avènement des médias sociaux qui ont permis la progression du journalisme citoyen et du microblogging. Par exemple, Aya Ramadan, animatrice de télévision syrienne pour Al-Aan aux Émirats arabes unis, a commencé sa carrière sur les réseaux sociaux avant de passer à la télévision.
«Les médias occidentaux ne se soucient pas de savoir si le présentateur est une femme ou un homme», a déclaré Ramadan à Arab News. «Le monde arabe adopte aussi cette façon de penser. Ils recherchent des personnes qualifiées qui peuvent faire le travail et c'est pourquoi il y a un forte présence de femmes dans toutes les spécialisations médiatiques et journalistiques quel que soit le médium, en tant que présentatrices, directrices de l’information, productrices, ou bien journalistes reporter».
Alors qu’un certain nombre de cours universitaires, d'opportunités d'emploi, de plateformes de médias sociaux a alimenté ce développement rapide, les attitudes culturelles, en revanche, ont été plus lentes à changer.
Razan Tariq, présentatrice de télévision saoudienne sur SBC, a confié que son père avait d'abord désapprouvé sa décision de poursuivre une carrière dans les médias.
«Au début, mon père était contre mon choix de travailler dans les médias et a refusé de me laisser étudier dans ce domaine parce qu'il vient d'une famille conservatrice. Jusqu'à présent, certains membres de ma famille ne me parlent pas, a déclaré Tariq à Arab News.
«Mais avec le temps, il a changé d'avis, maintenant il aime mon émission de télévision et il publie toujours des postes à mon sujet sur son compte Facebook.
De plus, j'ai la chance d'avoir le soutien de mon merveilleux mari, qui travaille aussi dans les médias. Chaque fois que je me sens fatiguée par mon travail, il me soutient et croit que ce que je fais est important».
Tariq témoigne qu'elle a été inspirée par les paroles du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans une récente interview avec Bloomberg.
«Je soutiens l'Arabie saoudite, et la moitié de l'Arabie saoudite sont des femmes», a déclaré le prince héritier a l’organe de presse. «Donc, je soutiens les femmes».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’accord avec les FDS kurdes est une « victoire pour tous les Syriens », selon l’ambassadeur syrien à l’ONU

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  • Ibrahim Olabi affirme que l’accord de cessez-le-feu et d’intégration progressive montre que le « meilleur scénario de réussite » des FDS se situe au sein de l’État syrien
  • Il salue le « rôle diplomatique constant » de l’Arabie saoudite dans l’encouragement à la désescalade et le soutien à la réintégration de la Syrie dans les systèmes régional et international

NEW YORK : Un accord historique de cessez-le-feu et d’intégration progressive entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, a été annoncé vendredi. Des responsables syriens de haut rang ont qualifié cet accord d’étape majeure vers l’unité nationale et la stabilité, après des années de conflit et de négociations au point mort.

S’exprimant auprès d’Arab News à New York, Ibrahim Olabi, représentant permanent de la République arabe syrienne auprès des Nations unies, a décrit l’accord non seulement comme une réussite militaire et administrative, mais aussi comme une victoire symbolique pour tous les Syriens, reflétant les aspirations collectives du pays à la paix, à la reconstruction et à la coopération internationale.

Il a souligné que la stabilité, une répartition équitable des ressources et la sécurité intérieure constituent le socle de l’importance de cet accord. Il a également mis en avant le large soutien international, ainsi que l’implication spécifique de pays tels que l’Arabie saoudite et les États-Unis.

Selon lui, l’Arabie saoudite a joué un rôle diplomatique constant pour encourager la désescalade et soutenir la réintégration de la Syrie dans le système régional et international, notamment par des appels à la levée des sanctions et au soutien des institutions étatiques.

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Le drapeau national de la République arabe syrienne. (AFP)

Concernant Washington, Olabi a déclaré que les États-Unis considéraient désormais qu’un État syrien unifié servait leurs intérêts ainsi que ceux de la région, et voyaient l’intégration au sein du gouvernement syrien comme la protection à long terme la plus viable pour les FDS.

« Nous considérons l’étape franchie aujourd’hui comme un succès pour tous les Syriens et pour la Syrie. Tous les Syriens bénéficient de la stabilité, de la présence d’appareils de sécurité dans leurs villes. Tous bénéficient du contrôle des ressources par l’État, car elles peuvent être distribuées équitablement. Il en va de même pour les frontières. Tous les Syriens bénéficient du calme intérieur, qui a aussi des répercussions régionales et sur la reconstruction », a-t-il déclaré.

« Nous le voyons donc comme un succès, comme une victoire pour tous les Syriens. »

Il a ajouté que l’accord s’inscrivait dans une dynamique déjà amorcée par des ententes précédentes et des soutiens internationaux, ainsi que par l’évolution des réalités politiques et militaires, créant des conditions favorables à sa pérennité.

Le cœur de l’accord du 30 janvier repose sur l’intégration progressive des unités militaires et des structures administratives des FDS dans les institutions de l’État syrien, en commençant par les dispositifs de sécurité et en évoluant vers une intégration institutionnelle complète.

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Des soldats montent la garde alors que les forces gouvernementales syriennes se dirigent vers la ville de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 20 janvier 2026. (AFP)

Selon Olabi, ce modèle vise à éviter des changements brusques susceptibles de déstabiliser des équilibres locaux fragiles.

« L’approche d’intégration progressive s’inscrit dans la logique plus large d’un gouvernement syrien qui a toujours été ouvert aux propositions, aux idées et au débat, pourvu que cela serve une Syrie unie, forte et stable », a-t-il expliqué.

« On commence par la sécurité, puis l’administration, puis les institutions de l’État. Nous avons estimé qu’un mois constituait un délai raisonnable. L’objectif n’est pas de précipiter les choses, mais pas non plus de les faire durer indéfiniment. Tous les Syriens souhaitent avancer vers l’avenir et tourner la page de quatorze années de conflit et de divisions. »

Conformément à l’accord, les combattants des FDS commenceront à rejoindre des unités et brigades de sécurité nationales, tandis que les forces du ministère de l’Intérieur seront déployées dans des villes clés sous contrôle kurde, notamment Hassaké et Qamichli, où la présence de l’État syrien était limitée depuis des années.

Une nouvelle formation militaire, comprenant trois brigades issues des FDS, sera intégrée à la structure globale de l’armée syrienne, tandis que les institutions civiles kurdes seront intégrées au cadre administratif de l’État.

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Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes font la queue pour régulariser leur statut auprès du gouvernement syrien à Raqqa, en Syrie, le 27 janvier 2026. (REUTERS)

Olabi a insisté sur le fait que l’accord prévoit un délai pour une intégration ordonnée, et non une absorption immédiate, délai convenu avec les FDS afin de renforcer la confiance et de réduire les tensions.

Répondant aux inquiétudes concernant la sincérité des garanties accordées aux membres des FDS contre les représailles ou la perte de leur statut, Olabi a souligné les ouvertures de longue date du gouvernement et ses interactions précédentes avec les dirigeants kurdes, ainsi que la conduite du gouvernement tout au long des négociations comme preuves de son approche.

« Mazloum Abdi a été accueilli à Damas comme un héros, et non comme un ennemi. Les FDS ont toujours été les bienvenues à Damas. Nous n’avons aucun intérêt aux représailles ni à la détérioration de la situation. Nous voulons avancer », a-t-il déclaré, ajoutant que les partenaires internationaux avaient également constaté l’absence de volonté d’escalade de la part du gouvernement syrien.


L’IA ne remplacera jamais la créativité humaine, affirme la PDG de SRMG

Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
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  • S’exprimant auprès de Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, Jomana R. Alrashid a dit être fière des plateformes de SRMG qui ont su intégrer et adopter l’IA

RIYAD : Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group (SRMG), a souligné que l’intelligence artificielle ne pouvait pas remplacer la créativité humaine lors d’une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office sur l’île de Shura, vendredi.

« On ne peut jamais remplacer la créativité humaine. Le journalisme, au final, et la création de contenu, reposent sur le storytelling, et c’est un rôle créatif que l’IA n’a pas encore la capacité d’assumer », a déclaré Alrashid lors du sommet d’investissement.

« Nous n’éliminerons jamais ce rôle humain qui consiste à raconter l’histoire, à mener un véritable travail d’enquête, à distinguer ce qui relève de l’actualité ou des faits de ce qui est faux… à différencier la désinformation du biais. C’est là le rôle fondamental que joue la rédaction au sein d’une newsroom. »

Abordant le thème de l’IA lors de cette discussion modérée par Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, la PDG a exprimé sa fierté quant à la manière « transformatrice » dont les plateformes de SRMG ont intégré l’IA.

« Nous traduisons désormais l’ensemble de nos contenus en nous appuyant sur l’IA. Nous produisons également des documentaires grâce à l’IA. Nous disposons aujourd’hui de la vérification des faits assistée par l’IA, de l’indexation, du clipping et de la transcription automatisés. C’est cela, selon nous, l’avenir. »

Interrogée sur le profil du journaliste de demain, Alrashid a répondu : « C’est à la fois un journaliste et un ingénieur. Quelqu’un qui doit comprendre les données. Et c’est un autre sujet extrêmement important : comprendre les données avec lesquelles on travaille. »

« L’IA a également facilité cet aspect. Je dois dire qu’au cours des vingt dernières années dans la région, en particulier dans les entreprises de médias, nous n’avons pas suffisamment compris l’importance des données. »

La PDG a rappelé qu’auparavant, les médias s’appuyaient principalement sur des sondages, des enquêtes ou des chiffres d’audience, alors qu’aujourd’hui, des informations beaucoup plus détaillées sur les attentes des publics sont disponibles.

Lors de cette discussion informelle, Alrashid a également été interrogée sur la perception des médias du Moyen-Orient par la communauté internationale. Elle a expliqué qu’au fil des décennies, ces médias avaient joué un rôle essentiel pour informer un public plus large sur des enjeux extrêmement complexes — politiques, culturels et économiques — et continuaient de le faire.

« Aujourd’hui, ce rôle est encore plus important, notamment en raison de l’essor des réseaux sociaux, des journalistes citoyens et des créateurs de contenu. Mais je pense aussi que cela a été facilité par la puissance de l’IA. Désormais, un contenu produit par des journalistes crédibles, de premier plan, de classe mondiale, peut immédiatement dépasser les frontières, atteindre différentes zones géographiques, différents publics, différents pays, dans plusieurs langues et sous divers formats. »

Elle a souligné qu’il existait une opportunité majeure pour les médias arabes de ne plus se limiter à un public exclusivement arabe, mais de franchir les frontières, d’être disponibles en plusieurs langues et de mieux servir leurs audiences.

La PDG s’est montrée optimiste quant à l’avenir, insistant sur l’importance d’une vision claire, d’une stratégie solide et d’un alignement total des équipes.

Les modèles publicitaires traditionnels, autrefois centrés sur la télévision et la presse écrite, évoluent rapidement, les plateformes de réseaux sociaux dominant désormais les revenus publicitaires.

« Le changement est radical. Autrefois, nous étions en concurrence les uns avec les autres pour l’audience. Aujourd’hui, nous sommes aussi en concurrence avec les plateformes de réseaux sociaux : 80 % des revenus publicitaires au Moyen-Orient vont aux réseaux sociaux, mais cela signifie aussi qu’il existe 80 % d’opportunités d’intérêt. »

Selon elle, le défi consiste à créer le bon contenu sur ces plateformes afin d’engager les audiences cibles et de permettre des partenariats commerciaux. « Ce n’est un secret pour personne : les marques n’aiment pas faire de la publicité sur les chaînes d’information. Cela est souvent associé aux conflits ou à la guerre, ce qui dissuade les annonceurs. »

« C’est pourquoi nous nous sommes développés dans de nouveaux secteurs comme le sport. Et c’est aussi pour cela que nous avons renforcé notre position dans le lifestyle. Nous détenons la plus grande part de marché dans ce domaine… Et nous avons lancé de nouvelles plateformes comme Billboard Arabia, qui nous permet d’entrer dans l’univers de la musique. »

Alrashid a expliqué que cette diversification plaçait le groupe dans une position solide pour faire face au déclin des revenus publicitaires sur différentes plateformes, grâce au lancement de nouveaux produits.

« Un autre actif de propriété intellectuelle très important que nous avons créé, ce sont les événements associés à des marques présentes dans la région depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, toute marque ou tout titre qui n’est pas accompagné d’un événement passe à côté d’une opportunité commerciale majeure, qui nous permet de nous retrouver dans une même salle, d’échanger des idées et de nous connaître au-delà des écrans. »

La PDG a déclaré que les perturbations étaient désormais constantes et souvent autonomes, ajoutant que l'avenir du secteur reposait souvent sur la narration et la capacité à innover en créant des contenus convaincants qui touchent directement le public. 

« Mais la prochaine perturbationsviendra encore de l’IA. De la vitesse à laquelle cet outil et cette technologie extrêmement puissante évoluent. Et de notre capacité à y faire face, à nous y adapter et à l’intégrer pleinement — ou non. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com