Sarah al-Tamimi, figure de l’autonomisation des femmes en Arabie saoudite

Sarah al-Tamimi, vice-présidente du Comité national de lutte contre la traite des êtres humains, lors d’un entretien avec Arab News. (Photo AN/Houda Bashatah)
Sarah al-Tamimi, vice-présidente du Comité national de lutte contre la traite des êtres humains, lors d’un entretien avec Arab News. (Photo AN/Houda Bashatah)
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Publié le Mardi 08 mars 2022

Sarah al-Tamimi, figure de l’autonomisation des femmes en Arabie saoudite

  • Lorsque Sarah al-Tamimi a commencé à travailler pour la Commission des droits de l’homme en 2019, elle était la seule femme de son département
  • «Chaque femme joue un rôle important en Arabie saoudite», souligne-t-elle

RIYAD: Sarah al-Tamimi, représentante de la Commission des droits de l’homme pour la coopération internationale et vice-présidente du Comité national de lutte contre la traite des êtres humains, est un excellent exemple de l’autonomisation et du leadership des femmes dans l’Arabie saoudite moderne. 

Elle a récemment accueilli Arab News à la Commission des droits de l’homme à Riyad pour une visite complète des locaux. Vêtue d’une abaya rose et arborant un sourire accueillant, elle a évoqué son illustre carrière à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Forte d’une expertise impressionnante, elle est titulaire d’une licence en relations internationales de l’université Tufts (Massachusetts), d’un MBA du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et d’une maîtrise en administration publique de la Harvard Kennedy School.

Elle a travaillé par le passé au sein de l’Autorité saoudienne des investissements, collaborant également avec la mission saoudienne en Allemagne et avec le ministère des Médias.

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Sarah al-Tamimi, vice-présidente du Comité national de lutte contre la traite des êtres humains, lors d’un entretien avec Arab News. (Photo AN/Houda Bashatah)

Lorsqu’elle a commencé à travailler pour la Commission des droits de l’homme en 2019, elle était la seule femme de son département. Ce n’est désormais plus le cas, indique-t-elle avec fierté.

«En cette Journée internationale des droits des femmes, j’aimerais rendre hommage à chaque femme, quel que soit le secteur dans lequel elle travaille et quoi qu’elle fasse», annonce-t-elle à Arab News.

«Toute contribution est précieuse. Toute contribution économique de la femme a une influence considérable, non seulement sur elle, mais aussi sur ses enfants, sur sa famille et sur la société. Chaque femme joue un rôle important en Arabie saoudite.» 

Depuis que le Royaume a lancé le programme de réformes économiques et sociales dans le cadre de la Vision 2030, la participation des femmes à la vie publique et à tous les secteurs de l’économie a connu une croissance exponentielle favorisée par les initiatives de la Commission des droits de l’homme.

«Le pourcentage de femmes saoudiennes dans la population active a augmenté de 64% en seulement deux ans. Il atteint désormais 33%, ce qui est énorme», se réjouit-elle.

«Nous avons un comité spécialisé dans les droits des femmes et notre conseil d’administration est composé à 50% de femmes. La Commission des droits de l’homme travaille en permanence avec des organisations partenaires et des entités gouvernementales sur divers sujets liés aux femmes afin de tirer parti des succès antérieurs.»

Cependant, le principal objectif professionnel de Sarah al-Tamimi est la lutte contre la traite des êtres humains dans la région du Golfe, où les gouvernements ont mené des campagnes contre le trafic et l’abus des travailleurs migrants et des travailleurs du sexe. 

«En Arabie saoudite, les droits de l’homme font partie intégrante du tissu social. Ils sont inhérents à notre culture et à nos traditions islamiques. Nous avons toujours eu une culture de service et vous pouvez notamment le constater à travers les organisations à but non lucratif qui nous entourent.»

«Je pense que le projet Vision 2030 met beaucoup l’accent sur des domaines qui sont extrêmement importants pour nous. Nous sommes toujours signataires de nombreuses conventions. C’est une priorité. Et nous y travaillons toujours sérieusement.»

Elle incite les sceptiques à se rendre en Arabie saoudite afin qu’ils soient témoins du progrès du Royaume au niveau de la protection et du respect des droits de l’homme.

«J’aimerais inviter beaucoup d’Occidentaux à venir en Arabie saoudite pour le constater de leurs propres yeux», ajoute-t-elle. 

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Sarah al-Tamimi, vice-présidente du Comité national de lutte contre la traite des êtres humains, lors d’un entretien avec Arab News. (Photo AN/Houda Bashatah)

«Il y a beaucoup d’idées reçues et de conceptions erronées. Le meilleur moyen pour vraiment juger un lieu est de le découvrir soi-même. J’ai vraiment hâte que davantage de gens viennent ici et qu’ils soient témoins de tous ces changements.»

Elle souhaite avant tout que le monde reconnaisse les progrès réalisés en matière de droits des femmes dans le Royaume. 

«J’aimerais tellement infirmer le mythe des droits des femmes en Arabie saoudite», renchérit-elle.

«Les femmes sont réellement autonomes. Elles ont véritablement pris leur vie en main. L’ampleur des changements socioculturels et économiques ainsi que l’autonomisation accordée aux femmes de nos jours sont considérables.»

«Je ne parle pas uniquement des femmes qui conduisent – chose que nous connaissons tous –, mais aussi des femmes qui voyagent, de celles qui ont la garde de leurs enfants, de celles qui deviennent chefs de famille, des femmes au travail, des femmes qui approchent de l’âge de la retraite et des nombreux secteurs qui sont désormais ouverts aux femmes.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Arabie saoudite intercepte des drones visant le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolier de Shaybah

L'Arabie saoudite a déclaré que des attaques de drones avaient visé le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolifère de Shaybah. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
L'Arabie saoudite a déclaré que des attaques de drones avaient visé le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolifère de Shaybah. (Capture d'écran du ministère saoudien de la Défense)
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  • Une série d'attaques de drones déjouées par les défenses aériennes du royaume
  • Le ministère de la Défense a fait état d'un certain nombre d'attaques dans une série de messages sur X au cours de la journée

RIYAD: L'Arabie saoudite a abattu jeudi des drones qui visaient le quartier diplomatique de Riyad et le champ pétrolier de Shaybah, dans le sud-est du pays.

Le ministère de la Défense a fait état d'un certain nombre d'attaques dans une série de messages sur X au cours de la journée.

"Un drone ennemi a été abattu alors qu'il tentait de s'approcher" du quartier diplomatique de la capitale, a déclaré tôt jeudi un porte-parole du ministère.

Au moins six drones ont été "interceptés et détruits" plus tard dans la journée dans le quartier vide "en direction du champ pétrolier de Shaybah", selon les déclarations.
Auparavant, le ministère avait déclaré qu'au moins 20 drones avaient été abattus dans la région de l'Est.

L'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe sont confrontés à des vagues d'attaques de missiles et de drones iraniens depuis qu'Israël et les États-Unis ont lancé une guerre contre l'Iran le 28 février.

Ces attaques ont visé la base aérienne Prince Sultan, l'ambassade des États-Unis à Riyad, des champs pétroliers et des infrastructures énergétiques.

Le ministre saoudien de la défense, le prince Khalid bin Salman, a condamné les attaques lors d'un appel avec son homologue turc.

Le ministère saoudien des affaires étrangères a salué l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies d'une résolution exigeant la fin des attaques de l'Iran contre les États du Golfe et la Jordanie.


Liban: nouvelle frappe en plein jour sur Beyrouth, Israël menace de «prendre des territoires»

Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban. (AFP)
Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban. (AFP)
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  • L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth"
  • Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de Beyrouth - et la première en plein jour - depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël

BEYROUTH: Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble en plein cœur de Beyrouth, ont constaté des journalistes de l'AFP, Israël menaçant de "prendre des territoires" au Liban.

La guerre a fait depuis le 2 mars plus de 687 morts, dont 98 enfants, et déplacé plus de 800.000 personnes, selon le dernier bilan libanais officiel.

Les explosions ont généré la panique et une épaisse colonne de fumée noire se dégage d'un immeuble du quartier de Bachoura, situé à proximité d'un des principaux centres d'affaires de la capitale, accueillant aussi des institutions.

L'armée israélienne a confirmé dans un communiqué avoir "lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth", peu après un avertissement inédit à évacuer dans le centre de la capitale libanaise. Selon elle, le groupe avait "caché des millions de dollars pour financer ses activités" sous le bâtiment visé.

Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de Beyrouth - et la première en plein jour - depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

Une cinquième frappe sur un quartier central a par ailleurs visé un bureau de la société financière Al-Qard al-Hassan, liée au Hezbollah, a constaté l'AFP.

"C'est une guerre que nous n'avons pas voulue, au contraire, nous travaillons jour et nuit pour l'arrêter", a déclaré jeudi à la télévision le Premier ministre Nawaf Salam.

Un peu plus tôt, le ministre israélien de la Défense Israël Katz avait déclaré avoir ordonné à l'armée de se préparer à "étendre" ses opérations au Liban.

"J'ai averti le président libanais que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire et à empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du nord et de tirer sur Israël, nous prendrons des territoires et le ferons nous-mêmes", a-t-il dit.

Selon Israël, le groupe chiite a mené mercredi soir une attaque coordonnée avec l'Iran, lançant quelque "200 roquettes et environ 20 drones", combinés à des missiles balistiques tirés par Téhéran.

Désolation 

Le Hezbollah a également revendiqué jeudi des tirs de missiles sur les systèmes de défense antiaérienne dans la région de Césarée (centre d'Israël), où le Premier ministre Benjamin Netanyahu a une résidence.

A Beyrouth, une frappe israélienne a fait 12 morts et 28 blessés à l'aube sur le front de mer de Ramlet al-Bayda où ont afflué les déplacés venus des bastions du Hezbollah, selon un dernier bilan officiel.

"Nous avons soudain entendu le fracas d'une explosion", a raconté Aseel Habbaj, une femme portant son bébé, qui dormait dans une tente avec sa famille. Elle dit avoir "vu des gens tués étendus par terre".

"Nous avons choisi cet endroit parce qu'on aurait jamais imaginé qu'Israël frappe" en plein Beyrouth, a dit Dalal al-Sayed, 40 ans.

Après la première frappe, "une deuxième a suivi", entrainant "un carnage", a-t-elle dit.

Un correspondant de l'AFP sur place a vu des taches de sang sur le trottoir et des éclats d'obus ont atteint quelques tentes.

Des frappes ont également visé jeudi Aramoun, un quartier résidentiel au sud de Beyrouth, hors des bastions du Hezbollah, faisant cinq morts et cinq blessé, selon un nouveau bilan des autorités.

Et deux enseignants ont été tués sur un campus de l'Université publique libanaise en lisière de la banlieue sud, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne continue de frapper quasi quotidiennement la banlieue sud de Beyrouth, fief du groupe chiite dont une grande partie de la population a fui.

Un photographe de l'AFP a été témoin d'un spectacle de désolation dans la banlieue déserte: immeubles en ruines, certains encore en feu, gravats jonchant les rues.

Alors que toutes les issues diplomatiques semblent bloquées, Israël a massé des troupes à sa frontière avec le Liban et son armée s'est avancée dans plusieurs villages frontaliers.

L'armée israélienne a étendu jeudi son appel à évacuer côté libanais, demandant aux habitants de se déplacer au-delà d'un fleuve à environ 40 kilomètres de la frontière.

"Le déplacement massif de population que nous constatons ici (au Liban, ndlr) est sans précédent", a déclaré à l'AFP Carl Skau, le directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM).

"On a enregistré quelque 800.000 personnes en une semaine, c'est énorme", a-t-il dit depuis Beyrouth.

 


L'armée israélienne annonce avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires

L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique. (AFP)
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  • "Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires"
  • "L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé un site en Iran utilisé selon elle pour produire des armes nucléaires, au 13e jour de la guerre déclenchée par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.

"Dans le cadre des vagues de frappes menées ces derniers jours", l'armée de l'air israélienne a bombardé "le complexe +Taleghan+ (...) utilisé par le régime pour développer des capacités essentielles à la fabrication d'armes nucléaires", a déclaré l'armée dans un communiqué.

L'armée fait probablement référence à une installation située à Parchin, au sud-est de Téhéran, où, selon l'Institut pour la science et la sécurité internationale, un organisme basé aux Etats-Unis spécialisé dans la surveillance de la prolifération nucléaire, l'Iran mène des activités militaires secrètes.

"L'armée israélienne a récemment découvert que le régime avait pris des mesures pour réhabiliter le complexe après qu'il a été frappé en octobre 2024", poursuit le texte.

Début mars, l'armée israélienne avait annoncé avoir frappé un centre militaire souterrain secret du programme nucléaire de l'Iran dans la région de Téhéran, où d'après elle des scientifiques travaillaient sur "un élément clé de la capacité du régime iranien à développer des armes atomiques".

Israël et les Occidentaux affirment que l'Iran cherche à se doter de l'arme atomique, ce que la République islamique dément tout en défendant son droit à développer un programme nucléaire civil.

Israël a lancé le 28 février, conjointement avec les Etats-Unis, une offensive massive pour faire disparaître la "menace existentielle" que représentent selon lui les programmes nucléaire et balistique iraniens.

Les responsables israéliens affirment que Téhéran avait intensifié ses efforts pour se doter de l'arme atomique depuis la fin de la guerre de 12 jours déclenchée en juin 2025 par Israël, au cours de laquelle les Etats-Unis avaient bombardé trois installations nucléaires, dont une usine d'enrichissement.