L'insaisissable «émir blanc», mentor de djihadistes en Ariège

Aujourd'hui âgé de 75 ans, ce Syrien naturalisé français «a été le personnage clé dans l'endoctrinement et l'affermissement des certitudes qu'a développées Merah» avant ses attaques de mars 2012 à Montauban et Toulouse. (Photo, AFP)
Aujourd'hui âgé de 75 ans, ce Syrien naturalisé français «a été le personnage clé dans l'endoctrinement et l'affermissement des certitudes qu'a développées Merah» avant ses attaques de mars 2012 à Montauban et Toulouse. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 09 mars 2022

L'insaisissable «émir blanc», mentor de djihadistes en Ariège

  • Surveillé par les services de renseignement depuis plus de vingt ans, cible de multiples perquisitions, l'homme à la longue barbe blanche n'a jamais été condamné
  • Ses disciples les plus assidus le retrouvent plus discrètement dans sa maison de l'Ariège, à une heure de route de Toulouse

ARTIGAT : Entouré de ses chevaux dans un décor bucolique, Olivier Corel, surnommé "l'émir blanc", mène une retraite sans histoires à Artigat. C'est pourtant dans sa modeste maison de ce village d'Ariège qu'il a accueilli de nombreux djihadistes, dont Mohamed Merah.


Aujourd'hui âgé de 75 ans, ce Syrien naturalisé français "a été le personnage clé dans l'endoctrinement et l'affermissement des certitudes qu'a développées Merah" avant ses attaques de mars 2012 à Montauban et Toulouse, dit à l'AFP Mohamed Sifaoui, auteur de livres sur l'islam politique et le terrorisme.


Prédicateur djihadiste ou simple guide spirituel? Des jeunes musulmans d'Occitanie, de la région parisienne et même de Belgique l'ont côtoyé de près avant de rejoindre Al-Qaïda ou le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie, selon ce journaliste qui l'a rencontré.


Surveillé par les services de renseignement depuis plus de vingt ans, cible de multiples perquisitions, l'homme à la longue barbe blanche n'a jamais été condamné. 


"A l'exception d'une fois, en novembre 2015, pour détention illégale d'un fusil de chasse", précise M. Sifaoui.


Proche des Frères musulmans dans sa Syrie natale, Abed-al-Illah al Dandachi -devenu Olivier Corel lors de sa naturalisation en 1983- se tourne progressivement vers une doctrine salafiste au début des années 1990.

Imam parallèle et «gourou»

Avec son épouse Nadia et cinq autres familles d'origine syrienne, il s'installe dans un hameau isolé d'Artigat, bourg de 700 âmes au pied des Pyrénées, raconte Patrick Cauhapé, maire de 1989 à 2014.


"Les femmes étaient voilées, les enfants n'allaient pas à l'école du village, une ancienne étable faisait office de salle de prière... Et des tas de vieilleries étaient abandonnées sur le bord de la route", se souvient-il.


A la mosquée de Bellefontaine, dans la cité du Mirail à Toulouse, Olivier Corel "va exercer une sorte d'autorité parallèle à celle de l'imam officiel, en prodiguant des cours de théologie en petit comité", indique M. Sifaoui.


"Les jeunes le percevaient comme un mentor, un gourou", dit-il.


Ses disciples les plus assidus le retrouvent plus discrètement dans sa maison de l'Ariège, à une heure de route de Toulouse. 


Parmi eux, les frères Fabien et Jean-Michel Clain, dont les voix seront identifiées sur un message audio de revendication des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. 


Il y a eu aussi Sabri Essid, qui a fait l'objet en France d'une enquête pour "génocide" et "crime contre l'humanité" envers les Yézidis en Irak.


Mohamed Merah et son frère Abdelkader sont également passés par là.


"Les renseignements généraux me disaient qu'Artigat avait la cabine téléphonique la plus surveillée de France", ironise l'ancien maire.

Mohamed Merah, acte I de la vague d'attentats islamistes en France

Il y a dix ans, les assassinats commis au nom d'Allah par Mohamed Merah annonçaient la vague d'attentats qui a frappé la France dès 2014 et la menace d'actes violents de "revenants", ces Français partis faire le djihad en Irak et en Syrie.


Entre les 11 et 19 mars 2012, Mohamed Merah assassine, avec une arme de poing, trois militaires, trois enfants et un enseignant juifs à Toulouse et à Montauban (sud-ouest). Le 22 mars, il sera tué par la police dans son appartement lors d'un assaut.


La France, qui n'avait plus connu d'attentats depuis 1996, découvre, hébétée, qu'un jeune de 23 ans ayant grandi dans un quartier populaire de Toulouse a frappé sur son sol.


"C'est le premier qui commet des attentats sanglants", note une source proche du dossier.


Commence alors "le début d'une séquence, de cette folie du djihadisme français", considère aujourd'hui auprès de l'AFP un acteur de l'antiterrorisme requérant l'anonymat.


"C'est à partir de Merah qu'on prend conscience d'un risque de massification du phénomène et que le terrorisme ne sera plus importé mais local", souligne-t-il. "Désormais ce sont des Français qui commettent ces actes et non plus des étrangers".


Comment l'assaillant est-il passé sous les radars, alors qu'il avait été interrogé par les services du renseignement intérieur après des séjours à l'étranger ? Le directeur central du renseignement intérieur à l'époque, Bernard Squarcini, avance la thèse du "loup solitaire" ayant fomenté discrètement ses attaques, sans soutien logistique extérieur.


Cette thèse a depuis été battue en brèche à la fois par les enquêteurs et la série d'attaques terroristes commises ensuite en France.

«Loups très solidaires»
"Les actes très graves (que Mohamed Merah) a commis à l'époque auraient dû ouvrir sur une prise de conscience. Or le discours alors des autorités" pointe "+un loup solitaire+, un égaré et un individu qui était fou", relève l'enseignant-chercheur Hugo Micheron, spécialiste du jihadisme.


Au contraire, souligne-t-il, le jeune homme "était le révélateur d'une frange djihadiste qui était en train de s'affirmer en France et qui, à cette époque-là, décide de passer à l'action".


Merah "est le premier passage de témoin", qui "annonce tout ce qui va se passer avec les filières", estime l'acteur de l'antiterrorisme.


L'assassinat de trois enfants dans une école juive suscite l'effroi mais les enquêteurs découvrent dans des supports numériques saisis lors des investigations menées les années suivantes sur des individus radicalisés que Merah "était un modèle" pour nombre d'entre eux.


"Ce passage à l'acte, dont on aurait pu penser qu'il jette un discrédit auprès des jeunes Français, a en réalité constitué un vrai tournant. Merah est passé pour un héros qui a ouvert le bal", résume-t-il.


Outre son aîné, Abdelkader Merah, condamné à trente ans de réclusion pour complicité en 2019, Mohamed Merah a notamment forgé ses convictions auprès de Sabri Essid et des frères Fabien et Jean-Michel Clain - trois djihadistes toulousains présumés morts en zone irako-syrienne. Tous ont fréquenté Olivier Corel, "l'émir blanc" installé à Artigat, à 70 km au sud de Toulouse.


Mohamed Merah "n'est pas du tout un loup solitaire (...), au contraire, il a été entouré par des loups très solidaires", ajoute Hugo Micheron.


Son passage à l'acte "est probablement l'aboutissement d'un processus qui s'est construit" aussi lors de son incarcération en France et ses séjours en Afghanistan, au Pakistan et en Syrie.


"Merah est allé sur zone s'entraîner", précise la source proche.

«Low cost»
Les attaques de Mohamed Merah marquent "un basculement" dans le mode opératoire, observe Hugo Micheron: il ne s'agit plus d'actions planifiées et coûteuses décidées par Al-Qaïda, organisation très hiérarchisée, mais d'attentats "plus low cost" commis par des Français et des Européens.


"Merah, c'est un style de djihadiste qui va s'affirmer un peu partout en Europe au même moment. Ce sont des individus généralement seuls, pas forcément très bien équipés", "qui vont eux-mêmes désigner leurs propres cibles" afin de "choquer, sidérer et provoquer un effet maximal", développe l'enseignant-chercheur.


C'est donc "un djihadisme compliqué à aborder", reconnaît-il.


Au moment des attentats de Merah, les premiers Français partent vers la zone irako-syrienne; un phénomène qui s'intensifiera jusqu'en 2015.


La menace que représentent les "revenants" se concrétise dès 2014 avec l'attaque du musée juif à Bruxelles par un autre Français, Mehdi Nemmouche, qui a reconnu s'être inspiré du Toulousain.


A partir de l'attaque au couteau dans un commissariat de Joué-lès-Tours (centre) en décembre 2014, la France est confrontée à une vague d'attentats islamistes qui a fait jusqu'à aujourd'hui près de 300 morts.


Certains ont été commis par des individus isolés vivant en France, inspirés par la propagande djihadiste et armés d'un simple couteau.


Depuis l'affaire Merah, le renseignement a renforcé ses outils de surveillance. L'effectif des magistrats antiterroristes est passé de 6 en 2012 à 12 en 2020. 

Un homme discret 
"On essayait de trouver des éléments prouvant qu'il avait donné des contacts ou de l'argent à ces jeunes partis rejoindre un groupe terroriste en Irak", relate Marc Trévidic, alors magistrat anti-terroriste chargé de l'enquête sur la "filière d'Artigat".


"On n'a pas réussi à se mettre grand-chose sous la dent. Et dieu sait si on a cherché!", dit-il.


Mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" en 2007, Olivier Corel bénéficiera d'un non-lieu.


Quand il était interrogé sur la teneur de ses conversations avec les jeunes qu'il côtoyait, Olivier Corel, selon M. Sifaoui, répondait: "Je leur dis que le djihad est légitime puisqu'il figure dans le Coran. Mais je n'ai jamais demandé à quiconque de passer à l'acte".


"On n'envoie pas quelqu'un en prison pour terrorisme avec ça", admet M. Trévidic.


Dix ans après les attentats de Mohamed Merah, qui a tué trois militaires, puis trois enfants et un professeur d'une école juive, "l'émir blanc" se fait discret.


Devant sa maison aux murs crépis, ce frêle septuagénaire vêtu d'un sarouel noir s'est muré dans le silence, refusant de répondre aux questions d'une journaliste de l'AFP.


Un camping-car, un mobil home et un camion de transport de chevaux étaient stationnés au portail.


"Que fait-il de ses journées? De quoi vit-il? Nul ne le sait, souffle M. Cauhapé. Mais une chose est sûre, au village, il n'a jamais embêté personne. C'est un homme sympathique qui entretient des relations cordiales avec tous ses voisins."


En plein été, Gabriel Attal omniprésent sur le terrain et à portée des critiques

Gabriel Attal (2e à droite), secrétaire général du parti centriste français Renaissance et candidat à la prochaine élection présidentielle, serre la main de policiers municipaux lors d'une visite de campagne à Vannes, dans l'ouest de la France, le 25 juillet 2026. (Photo : AFP)
Gabriel Attal (2e à droite), secrétaire général du parti centriste français Renaissance et candidat à la prochaine élection présidentielle, serre la main de policiers municipaux lors d'une visite de campagne à Vannes, dans l'ouest de la France, le 25 juillet 2026. (Photo : AFP)
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  • Gabriel Attal mène une campagne estivale active pour rattraper Édouard Philippe et présenter ses priorités pour 2027
  • Ses propositions sur les institutions et l’immigration provoquent de fortes critiques de ses opposants

PARIS: Gabriel Attal multiplie les interviews et les déplacements au cœur de l'été pour tenter de rattraper son retard sur son rival Édouard Philippe dans la campagne présidentielle et se retrouve sous le feu des critiques nourries de ses adversaires.

Le Finistère, la Loire-Atlantique, la Haute-Savoie, Le Morbihan, les Yvelines, la Vendée...

Ce jeudi, il s'est rendu sur un marché à Châteaurenard dans les Bouches-du-Rhône pour parler salaires, sécheresse, conditions de travail avec des agriculteurs.

L'ancien Premier ministre occupe le terrain politique, quasiment déserté par les autres candidats en ce début août.

"Oui, moi effectivement j'ai décidé de passer mon été auprès des Français. Parce que je considère que, quand on sollicite le suffrage des Français, quand on est candidat à l'élection présidentielle, il ne peut pas y avoir de vacances. On doit être en permanence au contact des Français pour les écouter", a lancé jeudi le patron de Renaissance sur RTL, dans une pique à ses adversaires. Et en premier lieu au candidat d'Horizons, Édouard Philippe, qui le devance dans les sondages, et a pris trois semaines de vacances.

Le patron de Renaissance, qui déplore qu'il n'y ait pas "eu de campagne en 2022", avec la guerre en Ukraine et un Emmanuel Macron sortant qui s'est représenté très tard, dit vouloir "que la France ait la campagne présidentielle qu'elle mérite et un vrai débat en vue de 2027".

Celui qui a pris ses distances avec le président de la République égrène ses mesures et ses priorités au fil des déplacements et des interviews: valeur travail, salaires, gestion de l'eau, frontières, gens du voyage... et se retrouve par ricochet dans le viseur de ses concurrents.

Une interview notamment a fait tiquer: celle parue dans le Journal du dimanche, média dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

Gabriel Attal y dévoile une partie de son projet, promettant "la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958", avec "une nouvelle organisation territoriale" pour faire du maire "l'élu le plus puissant", une révision du système de nomination des postes stratégiques de l'administration, une baisse du nombre de députés de 577 à 350, la suppression de 100.000 postes de fonctionnaires, la suppression des remises automatiques de peine ou encore "des quotas limitatifs" pour l'immigration.

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, en campagne mais pas officiellement déclaré, y a vu "un autoritarisme subversif et surexcité" et le "vestige d'un sarkozo-macronisme historique", comparant même Gabriel Attal à un "étudiant en droit constitutionnel qui se rêve Premier consul".

- "Ébahissement" -

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure avoue avoir eu "le même ébahissement en lisant Gabriel Attal qui a choisi le JDD de Bolloré pour se lancer dans un concours de démagogie".

"Il faut parler à tout le monde et décider de ne plus apparaître dans des médias Bolloré n'est pas une bonne stratégie. Un candidat à l’Élysée doit parler à tous les Français", rétorque à l'AFP l'entourage de Gabriel Attal.

Les plus vives critiques sont venues du leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, l'accusant de vouloir "achever" l’État "au profit d'un système de nomination-copinage généralisé".

Et le tribun a remué le couteau dans la plaie quand Gabriel Attal s'est déplacé sur un campement illicite de gens du voyage en Vendée pour évoquer le sujet hautement inflammable de ces installations illégale.

Le patron de Renaissance a notamment proposé qu'"un délit de maintien illicite" soit créé et que les pouvoirs des préfets soient "renforcés" pour accélérer les évacuations en cas d'occupations illégales.

"Il n'est pas venu régler un problème, mais l'envenimer. À quoi bon ce show?", a pourfendu Jean-Luc Mélenchon.

L'entourage de l'ancien Premier ministre souligne que ce déplacement résulte "de nombreuses alertes d'élus locaux" sur ces installations illicites, qui touchent "l'intégralité du territoire français". "Il était légitime et pertinent pour un candidat à la présidentielle de s'en saisir", ajoute la même source.

Au risque pour cet ancien militant du PS de paraître vouloir concurrencer Édouard Philippe par sa droite ?

"Quand vous regardez les sondages, je suis le seul candidat en dehors des extrêmes à avoir aujourd'hui une dynamique", assure Gabriel Attal sur RTL.

Et son entourage de noter que "la stratégie de se déployer tout l'été fonctionne, sinon pourquoi nos opposants perdraient leur temps à réagir?"


France: le taux de chômage monte à 8,3% au deuxième trimestre, au plus haut depuis l'automne 2020

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (AFP)
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (AFP)
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  • Le taux de chômage en France a augmenté à 8,3% au deuxième trimestre (+0,2 point), son plus haut niveau depuis 2019 hors période Covid, avec 2,7 millions de chômeurs (+62.000)
  • La hausse concerne toutes les tranches d’âge, notamment les 15-24 ans (21,6%), tandis que l’objectif d’un taux de chômage de 5% d’ici 2027 s’éloigne

PARIS: Le taux de chômage en France a augmenté de 0,2 point au deuxième trimestre, pour atteindre 8,3%, son plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019, a rapporté l'Insee vendredi.

Au sens du Bureau international du travail (BIT), le nombre de personnes sans emploi et qui en recherchent un activement augmente de 62.000 par rapport au trimestre précédent, s'établissant à 2,7 millions de personnes, précise l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Si le taux de chômage est "à son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2020 qui était affecté par la crise sanitaire, et depuis le troisième trimestre 2019 auparavant", l'Insee note qu'il "demeure toutefois nettement au-dessous de son pic de mi-2015 (-2,2 points)".

Désormais, les données intègrent aussi Mayotte. Toutes les séries statistiques ont été recalculées sur ce champ étendu pour permettre la comparaison entre toutes les périodes, précise l'institut. Mais "l’intégration de Mayotte modifie à la marge les niveaux des principaux indicateurs conjoncturels du marché du travail et leurs évolutions", souligne l'Insee.

Le taux de chômage augmente pour toutes les tranches d’âge.

Au deuxième trimestre, le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans rebondit, en hausse de 0,4 point, à 21,6%, tandis que celui des 25-49 ans continue de progresser, de 0,2 point, à 7,5%, son plus haut niveau depuis le premier trimestre 2021.

Celui des seniors de 50 ans et plus poursuit également sa hausse, à 5,5% (+0,3 point), son plus haut depuis le premier trimestre 2022.

L'Insee précise que depuis la mise en œuvre de la loi pour le plein emploi en janvier 2025, "les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage".

Mais même sans la prise en compte de cette réforme, qui prévoit l'inscription automatique de toutes ces personnes sur les listes des demandeurs d'emploi, l'objectif d'Emmanuel Macron de ramener le taux de chômage à 5% à la fin de son second mandat en 2027 semble une nouvelle fois s'éloigner.

Aux 2,7 millions de personnes considérées comme étant au chômage au sens du BIT s'ajoutent 1,9 million de personnes qui souhaitent un emploi sans être considérées comme chômeurs parce qu'elles ne recherchent pas d'emploi ou ne sont pas immédiatement disponibles sur le marché du travail. C'est ce que l'on appelle "le halo autour du chômage".

"Ce nombre est quasi stable sur le trimestre" (+6.000), indique l'Institut.

"Malgré un contexte économique difficile, le marché du travail français résiste. Notre responsabilité est de poursuivre cette dynamique en relevant les trois grands défis de l'emploi", a commenté le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou dans un communiqué.

Il a insisté sur trois priorités: faciliter l'insertion des jeunes, favoriser le maintien en emploi des travailleurs expérimentés et continuer à mieux adapter les compétences aux besoins des entreprises, notamment "dans le nucléaire, la transition écologique ou l'industrie de défense".


Canicules, sécheresse, incendies: un plan "global" pour ne laisser aucun agriculteur "seul"

Un enrouleur d'irrigation asperge d'eau un champ de maïs, alors que la canicule et la sécheresse mettent l'agriculture sous pression à La Réole, dans le sud-ouest de la France, le 8 juillet 2026. (AFP)
Un enrouleur d'irrigation asperge d'eau un champ de maïs, alors que la canicule et la sécheresse mettent l'agriculture sous pression à La Réole, dans le sud-ouest de la France, le 8 juillet 2026. (AFP)
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  • Le gouvernement annonce un plan d'urgence pour aider les agriculteurs touchés par la canicule, la sécheresse et les incendies, avec des aides financières et des mesures de soutien
  • Les syndicats agricoles jugent ces mesures insuffisantes et réclament un soutien financier plus important face aux pertes

PARIS: Un plan "global" pour ne laisser "aucun agriculteur seul" face aux canicules, à la sécheresse et aux incendies: le gouvernement a répondu mercredi aux alertes lancées par l'ensemble du monde agricole, qui devra toutefois attendre des estimations plus précises des pertes pour calibrer les aides.

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé dans un communiqué un "plan global d'accompagnement canicule - sécheresse - incendies" pour qu'aucun agriculteur ne soit "laissé seul face à cette situation".

Il "comportera des mesures d'urgence en faveur de la trésorerie des exploitations, des prises en charge de cotisations sociales, des dispositifs de simplification et de dérogation, ainsi que des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées", indique le ministère dans un communiqué.

Au cas par cas, sur le terrain, le ministère souhaite aussi "adapter les mesures de gestion de l'eau" afin de "concilier la préservation de la ressource en eau avec la continuité des productions agricoles", rappelant que 98 départements sont concernés par la sécheresse, dont 57 en situation de crise, avec des restrictions importantes.

Ce plan est "trop léger pour passer les besoins de trésorerie des paysans jusqu'au printemps", a réagi auprès de l'AFP Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, habitué des actions coup de poing.

Il faut selon lui un "plan massif d'injection de trésorerie dans les exploitations françaises pour soutenir les paysans face aux pertes de production et surtout pour (que) les agriculteurs aient les moyens de produire à nouveau".

- Eté catastrophique -

Depuis fin juin, les agriculteurs sont touchés de plein fouet par les vagues de chaleur successives qui se sont ajoutées à un manque d'eau chronique dû à la sécheresse.

Des millions de volailles ont péri, étouffées par la chaleur, les prairies sont grillées et les vaches produisent moins de lait. La production de maïs devrait être historiquement basse tandis que la récolte de blé, déjà terminée, devrait baisser d'au moins 4%.

Les fruits et légumes souffrent particulièrement, surtout en Bretagne, grosse région maraichère peu habituée au manque d'eau qui ruine les cultures non irriguées.

Les syndicats agricoles et interprofessions ont lancé l'alerte plusieurs fois ces dernières semaines, au fil des réunions régulières au ministère et au niveau des régions, avec les professionnels, les banques et assureurs privés ainsi que la mutualité sociale agricole (MSA).

Une cellule nationale sécheresse est activée au ministère de l'Agriculture et la ministre a demandé à chaque préfet "de désigner un référent sécheresse et de mettre en place, sans délai, une cellule départementale" afin d'établir "un diagnostic précis".

Les aides du plan "en cours de préparation" seront calibrées "sur la base notamment des remontées d'informations" des cellules au niveau des préfectures.

"Les réunions de crise en préfecture sont une perte de temps", estime Bertrand Venteau.

- "Braises de la colère pas éteintes" -

La FNSEA, syndicat agricole dominant, a demandé début juillet un plan de soutien exceptionnel et l'inscription d'une enveloppe de crise dans le budget 2027.

La Coordination rurale a appelé à une suspension des contrôles administratifs dans les fermes, au versement anticipé des aides européennes et une "dérogation pour l'agriculture française concernant les réglementations françaises et européennes contraignantes".

"Les braises de la colère agricole qui se sont exprimées ces derniers mois ne sont pas éteintes", a prévenu mardi la Confédération paysanne dans une lettre ouverte à la ministre.

La Confédération paysanne, troisième syndicat, prône une "bifurcation agroécologique indispensable" et, aux côtés d'ONG, a appelé le Conseil Constitutionnel à censurer la loi d'urgence agricole, adoptée fin juillet et attendue de pied ferme par les deux autres syndicats.

La ministre a aussi annoncé mercredi avoir saisi la Commission européenne pour que la politique agricole commune (PAC) fasse "preuve de pragmatisme".

De nombreuses aides européennes sont conditionnées à des exigences comme des obligations de couverture minimale des sols ou de rotations des cultures. La ministre souhaite un assouplissement pour permettre aux agriculteurs de toucher leurs subventions quand les conditions climatiques les ont contraints à ne pas respecter ces exigences.