L'insaisissable «émir blanc», mentor de djihadistes en Ariège

Aujourd'hui âgé de 75 ans, ce Syrien naturalisé français «a été le personnage clé dans l'endoctrinement et l'affermissement des certitudes qu'a développées Merah» avant ses attaques de mars 2012 à Montauban et Toulouse. (Photo, AFP)
Aujourd'hui âgé de 75 ans, ce Syrien naturalisé français «a été le personnage clé dans l'endoctrinement et l'affermissement des certitudes qu'a développées Merah» avant ses attaques de mars 2012 à Montauban et Toulouse. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 09 mars 2022

L'insaisissable «émir blanc», mentor de djihadistes en Ariège

  • Surveillé par les services de renseignement depuis plus de vingt ans, cible de multiples perquisitions, l'homme à la longue barbe blanche n'a jamais été condamné
  • Ses disciples les plus assidus le retrouvent plus discrètement dans sa maison de l'Ariège, à une heure de route de Toulouse

ARTIGAT : Entouré de ses chevaux dans un décor bucolique, Olivier Corel, surnommé "l'émir blanc", mène une retraite sans histoires à Artigat. C'est pourtant dans sa modeste maison de ce village d'Ariège qu'il a accueilli de nombreux djihadistes, dont Mohamed Merah.


Aujourd'hui âgé de 75 ans, ce Syrien naturalisé français "a été le personnage clé dans l'endoctrinement et l'affermissement des certitudes qu'a développées Merah" avant ses attaques de mars 2012 à Montauban et Toulouse, dit à l'AFP Mohamed Sifaoui, auteur de livres sur l'islam politique et le terrorisme.


Prédicateur djihadiste ou simple guide spirituel? Des jeunes musulmans d'Occitanie, de la région parisienne et même de Belgique l'ont côtoyé de près avant de rejoindre Al-Qaïda ou le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie, selon ce journaliste qui l'a rencontré.


Surveillé par les services de renseignement depuis plus de vingt ans, cible de multiples perquisitions, l'homme à la longue barbe blanche n'a jamais été condamné. 


"A l'exception d'une fois, en novembre 2015, pour détention illégale d'un fusil de chasse", précise M. Sifaoui.


Proche des Frères musulmans dans sa Syrie natale, Abed-al-Illah al Dandachi -devenu Olivier Corel lors de sa naturalisation en 1983- se tourne progressivement vers une doctrine salafiste au début des années 1990.

Imam parallèle et «gourou»

Avec son épouse Nadia et cinq autres familles d'origine syrienne, il s'installe dans un hameau isolé d'Artigat, bourg de 700 âmes au pied des Pyrénées, raconte Patrick Cauhapé, maire de 1989 à 2014.


"Les femmes étaient voilées, les enfants n'allaient pas à l'école du village, une ancienne étable faisait office de salle de prière... Et des tas de vieilleries étaient abandonnées sur le bord de la route", se souvient-il.


A la mosquée de Bellefontaine, dans la cité du Mirail à Toulouse, Olivier Corel "va exercer une sorte d'autorité parallèle à celle de l'imam officiel, en prodiguant des cours de théologie en petit comité", indique M. Sifaoui.


"Les jeunes le percevaient comme un mentor, un gourou", dit-il.


Ses disciples les plus assidus le retrouvent plus discrètement dans sa maison de l'Ariège, à une heure de route de Toulouse. 


Parmi eux, les frères Fabien et Jean-Michel Clain, dont les voix seront identifiées sur un message audio de revendication des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. 


Il y a eu aussi Sabri Essid, qui a fait l'objet en France d'une enquête pour "génocide" et "crime contre l'humanité" envers les Yézidis en Irak.


Mohamed Merah et son frère Abdelkader sont également passés par là.


"Les renseignements généraux me disaient qu'Artigat avait la cabine téléphonique la plus surveillée de France", ironise l'ancien maire.

Mohamed Merah, acte I de la vague d'attentats islamistes en France

Il y a dix ans, les assassinats commis au nom d'Allah par Mohamed Merah annonçaient la vague d'attentats qui a frappé la France dès 2014 et la menace d'actes violents de "revenants", ces Français partis faire le djihad en Irak et en Syrie.


Entre les 11 et 19 mars 2012, Mohamed Merah assassine, avec une arme de poing, trois militaires, trois enfants et un enseignant juifs à Toulouse et à Montauban (sud-ouest). Le 22 mars, il sera tué par la police dans son appartement lors d'un assaut.


La France, qui n'avait plus connu d'attentats depuis 1996, découvre, hébétée, qu'un jeune de 23 ans ayant grandi dans un quartier populaire de Toulouse a frappé sur son sol.


"C'est le premier qui commet des attentats sanglants", note une source proche du dossier.


Commence alors "le début d'une séquence, de cette folie du djihadisme français", considère aujourd'hui auprès de l'AFP un acteur de l'antiterrorisme requérant l'anonymat.


"C'est à partir de Merah qu'on prend conscience d'un risque de massification du phénomène et que le terrorisme ne sera plus importé mais local", souligne-t-il. "Désormais ce sont des Français qui commettent ces actes et non plus des étrangers".


Comment l'assaillant est-il passé sous les radars, alors qu'il avait été interrogé par les services du renseignement intérieur après des séjours à l'étranger ? Le directeur central du renseignement intérieur à l'époque, Bernard Squarcini, avance la thèse du "loup solitaire" ayant fomenté discrètement ses attaques, sans soutien logistique extérieur.


Cette thèse a depuis été battue en brèche à la fois par les enquêteurs et la série d'attaques terroristes commises ensuite en France.

«Loups très solidaires»
"Les actes très graves (que Mohamed Merah) a commis à l'époque auraient dû ouvrir sur une prise de conscience. Or le discours alors des autorités" pointe "+un loup solitaire+, un égaré et un individu qui était fou", relève l'enseignant-chercheur Hugo Micheron, spécialiste du jihadisme.


Au contraire, souligne-t-il, le jeune homme "était le révélateur d'une frange djihadiste qui était en train de s'affirmer en France et qui, à cette époque-là, décide de passer à l'action".


Merah "est le premier passage de témoin", qui "annonce tout ce qui va se passer avec les filières", estime l'acteur de l'antiterrorisme.


L'assassinat de trois enfants dans une école juive suscite l'effroi mais les enquêteurs découvrent dans des supports numériques saisis lors des investigations menées les années suivantes sur des individus radicalisés que Merah "était un modèle" pour nombre d'entre eux.


"Ce passage à l'acte, dont on aurait pu penser qu'il jette un discrédit auprès des jeunes Français, a en réalité constitué un vrai tournant. Merah est passé pour un héros qui a ouvert le bal", résume-t-il.


Outre son aîné, Abdelkader Merah, condamné à trente ans de réclusion pour complicité en 2019, Mohamed Merah a notamment forgé ses convictions auprès de Sabri Essid et des frères Fabien et Jean-Michel Clain - trois djihadistes toulousains présumés morts en zone irako-syrienne. Tous ont fréquenté Olivier Corel, "l'émir blanc" installé à Artigat, à 70 km au sud de Toulouse.


Mohamed Merah "n'est pas du tout un loup solitaire (...), au contraire, il a été entouré par des loups très solidaires", ajoute Hugo Micheron.


Son passage à l'acte "est probablement l'aboutissement d'un processus qui s'est construit" aussi lors de son incarcération en France et ses séjours en Afghanistan, au Pakistan et en Syrie.


"Merah est allé sur zone s'entraîner", précise la source proche.

«Low cost»
Les attaques de Mohamed Merah marquent "un basculement" dans le mode opératoire, observe Hugo Micheron: il ne s'agit plus d'actions planifiées et coûteuses décidées par Al-Qaïda, organisation très hiérarchisée, mais d'attentats "plus low cost" commis par des Français et des Européens.


"Merah, c'est un style de djihadiste qui va s'affirmer un peu partout en Europe au même moment. Ce sont des individus généralement seuls, pas forcément très bien équipés", "qui vont eux-mêmes désigner leurs propres cibles" afin de "choquer, sidérer et provoquer un effet maximal", développe l'enseignant-chercheur.


C'est donc "un djihadisme compliqué à aborder", reconnaît-il.


Au moment des attentats de Merah, les premiers Français partent vers la zone irako-syrienne; un phénomène qui s'intensifiera jusqu'en 2015.


La menace que représentent les "revenants" se concrétise dès 2014 avec l'attaque du musée juif à Bruxelles par un autre Français, Mehdi Nemmouche, qui a reconnu s'être inspiré du Toulousain.


A partir de l'attaque au couteau dans un commissariat de Joué-lès-Tours (centre) en décembre 2014, la France est confrontée à une vague d'attentats islamistes qui a fait jusqu'à aujourd'hui près de 300 morts.


Certains ont été commis par des individus isolés vivant en France, inspirés par la propagande djihadiste et armés d'un simple couteau.


Depuis l'affaire Merah, le renseignement a renforcé ses outils de surveillance. L'effectif des magistrats antiterroristes est passé de 6 en 2012 à 12 en 2020. 

Un homme discret 
"On essayait de trouver des éléments prouvant qu'il avait donné des contacts ou de l'argent à ces jeunes partis rejoindre un groupe terroriste en Irak", relate Marc Trévidic, alors magistrat anti-terroriste chargé de l'enquête sur la "filière d'Artigat".


"On n'a pas réussi à se mettre grand-chose sous la dent. Et dieu sait si on a cherché!", dit-il.


Mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" en 2007, Olivier Corel bénéficiera d'un non-lieu.


Quand il était interrogé sur la teneur de ses conversations avec les jeunes qu'il côtoyait, Olivier Corel, selon M. Sifaoui, répondait: "Je leur dis que le djihad est légitime puisqu'il figure dans le Coran. Mais je n'ai jamais demandé à quiconque de passer à l'acte".


"On n'envoie pas quelqu'un en prison pour terrorisme avec ça", admet M. Trévidic.


Dix ans après les attentats de Mohamed Merah, qui a tué trois militaires, puis trois enfants et un professeur d'une école juive, "l'émir blanc" se fait discret.


Devant sa maison aux murs crépis, ce frêle septuagénaire vêtu d'un sarouel noir s'est muré dans le silence, refusant de répondre aux questions d'une journaliste de l'AFP.


Un camping-car, un mobil home et un camion de transport de chevaux étaient stationnés au portail.


"Que fait-il de ses journées? De quoi vit-il? Nul ne le sait, souffle M. Cauhapé. Mais une chose est sûre, au village, il n'a jamais embêté personne. C'est un homme sympathique qui entretient des relations cordiales avec tous ses voisins."


France Volontaires et l’Institut du monde arabe renforcent leur coopération 

Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires et Anne-Claire Legendre,  présidente de l’Institut du monde arabe. (Photo fournie)
Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires et Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe. (Photo fournie)
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  • Pour l’IMA, le partenariat doit permettre de renforcer les collaborations avec de jeunes professionnels et talents du monde arabe, en les associant à ses équipes et à ses projets
  • Pour France Volontaires, il ouvre un nouveau cadre de coopération avec l’une des principales institutions françaises consacrées aux relations entre la France et le monde arabe

PARIS : France Volontaires et l’Institut du monde arabe (IMA) ont signé lundi 31 août un accord visant à développer les échanges de volontaires entre la France et les pays arabes, avec l’objectif de renforcer les liens entre les sociétés civiles et de favoriser la circulation des compétences et des savoirs.

Cette convention structure leur coopération autour du volontariat international d’échange et de solidarité (V.I.E.S.), avec une attention particulière portée au principe de réciprocité. Celui-ci permet de développer des missions de volontariat dans les deux sens, en accueillant notamment au sein d’organisations françaises des jeunes issus des pays partenaires.

Pour l’IMA, le partenariat doit permettre de renforcer les collaborations avec de jeunes professionnels et talents du monde arabe, en les associant à ses équipes et à ses projets. Pour France Volontaires, il ouvre un nouveau cadre de coopération avec l’une des principales institutions françaises consacrées aux relations entre la France et le monde arabe.

Deux premières missions au sein de l’Institut du monde arabe

La convention prévoit la mise en place de deux premières missions de volontariat au sein de l’IMA.

La première sera confiée à Layan Qarain, une Jordanienne de 28 ans, dans le cadre d’une mission de Volontariat de solidarité internationale (VSI). Trilingue en arabe, français et anglais, elle apportera son expertise à la communication en langue arabe de l’Institut.

Son parcours comprend notamment des expériences à l’Ambassade de France en Jordanie et à l’Institut français de Jordanie, dans des fonctions liées à la communication institutionnelle. Son profil se situe ainsi à la croisée de la coopération internationale, de la culture et du dialogue entre la France et le monde arabe.

Selon France Volontaires, cette mission doit permettre à Qarain de mettre ses compétences au service de projets favorisant les échanges et la compréhension mutuelle entre les sociétés françaises et arabes.

La deuxième mission prévoit l’accueil d’un volontaire dans le cadre du Service Civique de réciprocité. Celui-ci travaillera notamment sur les relations avec les fondations et les acteurs de la philanthropie dans les pays du Golfe.

L’association La Guilde, membre de France Volontaires, accompagnera la mise en œuvre de ces deux missions pour le compte de l’Institut du monde arabe.

Un partenariat inscrit dans la durée

Au-delà de ces deux premières expériences, France Volontaires et l’IMA souhaitent utiliser cette convention pour identifier et développer de nouveaux projets communs.

France Volontaires accompagnera notamment les équipes de l’Institut et ses partenaires dans la découverte des différents dispositifs de volontariat international. Des sessions d’information et des ressources pratiques doivent permettre de faciliter la conception et la mise en œuvre de futures missions.

La convention est conclue pour une durée de quatre ans et fera l’objet d’un suivi annuel. Celui-ci permettra notamment de recenser les projets réalisés, de suivre le nombre de volontaires mobilisés et d’évaluer les résultats de la coopération.

Pour Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe, ce partenariat traduit concrètement la vocation de l’institution à rapprocher la France et le monde arabe.

« La réciprocité et le partage des compétences sont au cœur de cette démarche », a-t-elle déclaré.

De son côté, Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires, considère le volontariat comme un outil permettant de transformer le dialogue entre les sociétés en expériences concrètes.

« Nous souhaitons créer des opportunités d’engagement qui permettent aux jeunes de France et des pays arabes de se rencontrer, de mettre leurs compétences au service de projets communs et de construire ensemble de nouvelles formes de coopération engagée et réciproque », a-t-il affirmé.

À travers cet accord, les deux organisations entendent ainsi donner une dimension plus concrète aux échanges franco-arabes, en misant sur la mobilité des jeunes, le partage d’expertises et la coopération entre les sociétés civiles.


Interdiction du voile: critiqué de toute part, le RN assure ne pas «attaquer un symbole religieux»

Le RN "n'attaque pas un symbole religieux" mais celui d'une "idéologie", avec sa proposition, critiquée de toute part, d'interdire le port du voile islamique en public, a assuré mardi le député Jean-Philippe Tanguy qui a défendu l'organisation d'un référendum en dépit des doutes sur sa constitutionnalité. (Combo/AFP)
Le RN "n'attaque pas un symbole religieux" mais celui d'une "idéologie", avec sa proposition, critiquée de toute part, d'interdire le port du voile islamique en public, a assuré mardi le député Jean-Philippe Tanguy qui a défendu l'organisation d'un référendum en dépit des doutes sur sa constitutionnalité. (Combo/AFP)
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  • La candidate à la présidentielle, Marine Le Pen, a confirmé lundi soir qu'elle proposerait "aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile"
  • Le candidat LR Bruno Retailleau, qui veut interdire le voile dans les compétitions sportives et les sorties scolaires, a dénoncé sur RTL "des populistes" qui "trahiront leurs promesses parce qu'ils savent parfaitement que c'est inapplicable"

PARIS: Le RN "n'attaque pas un symbole religieux" mais celui d'une "idéologie", avec sa proposition, critiquée de toute part, d'interdire le port du voile islamique en public, a assuré mardi le député Jean-Philippe Tanguy qui a défendu l'organisation d'un référendum en dépit des doutes sur sa constitutionnalité.

"Nous n'avons jamais stigmatisé les femmes qui portent le voile" mais "il peut arriver qu'on doive malheureusement parfois abandonner un certain nombre de symboles parce qu'ils ont été accaparés par une idéologie", a justifié sur franceinfo M. Tanguy, qui avait évoqué dimanche le projet de son parti de soumettre à des amendes les femmes portant le voile dans la sphère publique.

La candidate à la présidentielle, Marine Le Pen, a confirmé lundi soir qu'elle proposerait "aux Français par référendum une grande loi de lutte contre les idéologies islamistes avec de nombreuses mesures puissantes, y compris la pénalisation du voile islamiste dans l'espace public".

Cette proposition a été critiquée de toute part à la fois comme une atteinte à la liberté religieuse et pour son applicabilité pratique par les policiers.

Le candidat LR Bruno Retailleau, qui veut interdire le voile dans les compétitions sportives et les sorties scolaires, a dénoncé sur RTL "des populistes" qui "trahiront leurs promesses parce qu'ils savent parfaitement que c'est inapplicable".

"Cela patauge dur au RN entre l'expression de M. Bardella (qui ne veut pas "mettre en place une police du vêtement") et l'expression de Mme Le Pen", a-t-il fait remarquer.

Le candidat Renaissance Gabriel Attal s'est dit "en désaccord radical avec cette proposition" à l'occasion de la visite d'une école de sa circonscription.

"Le respect des valeurs de la République passe aussi par une liberté de croyance, une liberté de culte, et donc le respect du choix qui est fait par certaines femmes", a-t-il estimé.

M. Attal avait aussi suscité la polémique il y a quelques mois en proposant l'interdiction du voile aux moins de 15 ans mais "au nom de la protection de l'enfance".

Un référendum nécessiterait au préalable une révision de la Constitution qui limite le champ du référendum dans son article 11. Mais M. Tanguy considère que "l'article 11 est extensif" et pense que "les Français doivent pouvoir se prononcer sur tous les sujets".

Si elle est élue, Marine Le Pen entend de toute façon procéder dès son arrivée à une grande révision de la Constitution pour y introduire des dispositions sur l'immigration, la nationalité ou la primauté du droit national.

Elle veut réaliser cette révision directement par référendum par cet article 11, ce qui serait probablement dénoncé comme un coup de force par le Conseil constitutionnel.

Celui-ci considère que la seule procédure de la révision de la Constitution est l'article 89 qui exige l'accord des deux chambres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) sur un même texte avant ensuite un Congrès à Versailles ou un référendum.

 


Entre excitation et stress, 11,6 millions d'élèves de retour en classe

Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, regarde à travers une clôture lors d'une visite à l'école primaire publique Annette Zaidman, le jour de la rentrée scolaire de l'année 2025-2026, après les vacances d'été, à Paris, le 1er septembre 2026. (Photo : SIMON WOHLFAHRT / AFP)
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, regarde à travers une clôture lors d'une visite à l'école primaire publique Annette Zaidman, le jour de la rentrée scolaire de l'année 2025-2026, après les vacances d'été, à Paris, le 1er septembre 2026. (Photo : SIMON WOHLFAHRT / AFP)
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  • Après plusieurs années marquées par des réformes successives et quelques mois avant la présidentielle, cette rentrée apparaît toutefois relativement calme
  • "Ça fait un peu l'effet d'une rentrée plan-plan", constate même Aurélie Gagnier, du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire

PARIS: Les cartables ressortent du placard: 11,6 millions d'écoliers, collégiens et lycéens font mardi leur rentrée, marquée par quelques nouveautés, comme l'interdiction du portable au lycée, et pour certains par des perturbations après une importante cyberattaque ayant visé l'Éducation nationale.

Devant le collège Pasteur, à Strasbourg, Zuhal Chams est venue accompagner son fils Elham, qui rentre en sixième. "Je suis un peu stressée et lui aussi", confie la mère de famille.

A quelques mètres de là, Jawhara, 11 ans, arrivée seule pour sa rentrée en sixième, affiche un mélange d'inquiétude et d'impatience. "J'ai un peu peur mais j'ai aussi hâte", dit l'adolescente au sac à dos rose et au jogging gris.

Elham, petit brun de 12 ans, se dit aussi "un peu excité et stressé aussi". Plus habitué aux lieux, Rafi, 16 ans, qui effectue sa rentrée en troisième, assure se sentir "très bien". "J'en avais marre de rester à la maison", explique-t-il, se disant "très content" de retrouver ses camarades.

Pour cette première rentrée en tant que ministre de l'Education, et vraisemblablement sa dernière, Édouard Geffray se rend mardi au lycée Chaptal de Mende (Lozère) avec le président Emmanuel Macron.

Ils échangeront avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, principale nouveauté de cette rentrée.

Son application s'annonce complexe dans certains établissements, qui doivent encore adapter leur règlement intérieur et définir les dérogations autorisant l'usage des smartphones dans certains cas (paiement de la cantine, activités pédagogiques, etc.).

Parmi les autres grandes nouveautés de cette rentrée, des questions sur les violences sexistes et sexuelles seront ajoutées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué chaque année aux élèves, de la grande section à la terminale.

Rentrée "plan-plan" 

Après plusieurs années marquées par des réformes successives et quelques mois avant la présidentielle, cette rentrée apparaît toutefois relativement calme. "Ça fait un peu l'effet d'une rentrée plan-plan", constate même Aurélie Gagnier, du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.

"Il n'y aura pas de réforme Geffray", a répété la semaine dernière lors de première conférence de rentrée le ministre. Cette année, le ministre a mis l'accent sur sur la maîtrise du langage et du raisonnement scientifique.

"Quand on regarde nos évaluations nationales, on a encore beaucoup de travail à faire. Il y a un effritement du niveau notamment sur les années collège depuis maintenant très longtemps", a-t-il reconnu lundi sur France Inter alors que seront dévoilés la semaine prochaine les résultats de l'étude Pisa qui évalue le niveau des élèves de 15 ans en français et en sciences.

Pour cette rentrée, Edouard Geffray met toutefois  en avant une amélioration du recrutement enseignant grâce au déplacement du concours à bac+3. "On a fait le plein cette année" grâce à cette réforme, s'est-il félicité lundi.

Les syndicats appellent néanmoins à la prudence, jugeant ces résultats en partie "en trompe-l'oeil" en raison de la coexistence cette année des concours à bac+3 et à bac+5. Plusieurs disciplines, comme les lettres classiques ou l'allemand, restent en tension.

Cyberattaque 

Cette rentrée est également marquée par les suites d'une importante cyberattaque révélée fin juillet par le ministère. Le piratage a entraîné la suspension préventive de nombreux outils numériques. Si un retour à la normale a été annoncé dans 28 des 30 académies, celles de Toulouse et de Nantes restent fortement perturbées.

"Nous ferons l'appel à partir de listes papier. C'est +Retour vers le futur+", ironise auprès de l'AFP Joeffrey Renaud, professeur d'histoire-géographie dans l'académie de Nantes et représentant du Snes-FSU, principal syndicat dans le second degré.

A Toulouse, les emplois du temps seront distribués en version papier.

Les personnels doivent encore composer avec l'absence d'accès aux messageries professionnelles, aux bases de données des élèves et des familles ou à certaines applications administratives.

Dans les deux académies, "la rentrée se fait dans des conditions techniquement difficiles pour les personnels de direction notamment, mais elle se fait évidemment dans des conditions ordinaires pour les élèves", a assuré lundi M. Geffray.

"Chacun fait de son mieux pour que cette rentrée se déroule dans les meilleures conditions possibles", abonde Yvon Manac'h, secrétaire académique du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d'établissement, dans l'académie de Toulouse.