Soudan: 19 civils tués dans de nouveaux heurts tribaux au Darfour

Au Darfour, le vide sécuritaire créé par le putsch a favorisé une résurgence de la violence, expliquent les experts, avec notamment des pillages de bases de l'ONU, des combats tribaux, des attaques armées et des viols. (Photo, AFP)
Au Darfour, le vide sécuritaire créé par le putsch a favorisé une résurgence de la violence, expliquent les experts, avec notamment des pillages de bases de l'ONU, des combats tribaux, des attaques armées et des viols. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 11 mars 2022

Soudan: 19 civils tués dans de nouveaux heurts tribaux au Darfour

  • Ces décès portent à une quarantaine le bilan des morts en une semaine de combats entre tribus au Darfour
  • Les derniers affrontements ont eu lieu jeudi dans la région montagneuse du Jebel Moun, au Darfour-Ouest frontalier du Tchad

KHARTOUM : Au moins 19 civils ont été tués dans de nouveaux affrontements tribaux au Darfour, a indiqué vendredi un responsable dans cette région de l'ouest du Soudan régulièrement endeuillée par des disputes pour la terre ou l'eau.

Ces décès portent à une quarantaine le bilan des morts en une semaine de combats entre tribus au Darfour.

Les derniers affrontements ont eu lieu jeudi dans la région montagneuse du Jebel Moun, au Darfour-Ouest frontalier du Tchad.

Ils ont fait 19 morts civils et "des dizaines de blessés et de disparus", a indiqué Adam Rejal, porte-parole de la Coordination générale pour les réfugiés et déplacés du Darfour, qui a aussi fait état de quatre villages "entièrement incendiés".

M. Rejal a accusé les Janjawids, des miliciens arabes dont des milliers ont rejoint les Forces de soutien rapide (FSR) intégrées au pouvoir militaire en place depuis le putsch d'octobre 2021, d'avoir commis ces violences.

Depuis le 6 mars "cette milice attaque les villages du Jebel Moun: ils brûlent tout, puis ils tirent à la mitrailleuse et nous ne pouvons toujours pas aller récupérer les corps", a indiqué à l'AFP un dignitaire tribal local.

"Aucune troupe gouvernementale n'est venue et nous vivons dans la peur, en redoutant une nouvelle attaque à tout moment", a-t-il ajouté sous le couvert de l'anonymat.

Entre le 5 et le 7 mars, 16 personnes ont été tuées dans des heurts entre une tribu arabe et des membres d'une ethnie africaine au Jebel Moun, selon un syndicat de médecins prodémocratie.

Et, prévient M. Rejal, "de nouvelles attaques pourraient intervenir".

Des heurts entre éleveurs arabes et agriculteurs africains pour des disputes territoriales ou l'accès à l'eau ont déjà fait d'octobre à décembre près de 250 morts au Darfour, selon le syndicat de médecins.

Un conflit déclenché en 2003 au Darfour entre le régime à majorité arabe et les insurgés issus de minorités ethniques a fait environ 300.000 morts et déplacé près de 2,5 millions de durant les premières années de violences d'après l'ONU.

Le Soudan, sorti en 2019 de trente années de dictature militaro-islamiste, a été le théâtre en octobre d'un coup d'Etat qui a interrompu un processus visant à établir un pouvoir civil, accentuant la crise économique. 

Au Darfour, le vide sécuritaire créé par le putsch a favorisé une résurgence de la violence, expliquent les experts, avec des pillages de bases de l'ONU, des combats tribaux, des attaques armées et des viols.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.